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  <title>Bloc-notes de Jean-Michel Salaün - Bibliothèques</title>
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  <description>Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 13 Feb 2012 08:29:28 -0500</pubDate>
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    <title>Amazon marie bibliothèque et autopublication</title>
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    <pubDate>Sun, 15 Jan 2012 23:38:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>131. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Collections numériques</category><category>52. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; vient de se féliciter du succès de son système de prêts de livres numériques. Pour bien le comprendre, il faut d'abord rappeler le fonctionnement du service&lt;em&gt; KDP Select&lt;/em&gt; lancé en décembre dernier. Le &lt;em&gt;Kindle Direct Publishing&lt;/em&gt; (KDP) est le service d'autopublication d&lt;em&gt;'Amazon&lt;/em&gt;. Extrait du &lt;a href=&quot;http://lejdk.com/amazon-promeut-le-kdp-select-aupres-de-ses-auteurs-francophones/&quot;&gt;communiqué&lt;/a&gt; à destination des auteurs francophones&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Si vous publiez vos livres en exclusivité sur la Boutique Kindle pendant au moins 90 jours, ceux dont vous contrôlez les droits de distribution aux États-Unis sont inclus automatiquement dans le programme de prêt «&amp;nbsp;Kindle Owners’ Lending Library&amp;nbsp;» et peuvent prétendre à une part d’un fond mensuel. Le montant de ce fond pour le mois de décembre 2011 est de 500 000 dollars américains, et le fond total pour l’année 2012 sera d’au moins 6 millions de dollars. Le «&amp;nbsp;Kindle Owners’ Lending Library&amp;nbsp;» est une collection de livres qui s’étend aux membres du programme Prime sur Amazon.com. Ces clients peuvent emprunter gratuitement un livre par mois, sans échéance.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Votre part sera calculée sur la base d’une part du nombre d’emprunts pour tous les livres KDP inscrits au programme. Par exemple, si le fond pour le mois de décembre est de 500 000 Dollars, si votre livre a été emprunté 1 500 fois et si tous les livres participants ont cumulé 100 000 emprunts, vous recevrez pour votre livre 1,5 % (1 500/100 000 = 1,5 %), soit 7 500 Dollars, pour le mois de décembre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et maintenant, voilà des extraits du dernier communiqué triomphant d'Amazon sur l'expérience (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les clients ont empruntés 295.000 titres de KDP Select dans le simple mois de décembre, et KDP Select a fait monter la collection de la bibliothêque de prêt au-delà de 75.000 titres. Avec le fond de 500.000$, les auteurs de KDP ont reçus 1,70$ par prêt.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;KDP Select fait gagner plus d'argent aux auteurs de deux façons. Nous savions que les clients adoraient avoir les titres de KDP Select dans la bibliothèque de prêt du Kindle. Mais, nous avons été surpris de l'accroissement des ventes de ces mêmes titres, comparées à celles du reste du KDP.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; lui-même gagne de l'argent de trois façons&amp;nbsp;: par le pourçentage sur les Kindles vendus, par celui sur les exemplaires supplémentaires de livres vendus, par les inscriptions au programme Prime. Mais nous l'avons &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/01/Amazon&quot;&gt;vu&lt;/a&gt; l'objectif premier d'Amazon est moins le profit immédiat que la construction d'une clientèle captive.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bertrand Calenge, dans un&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/01/Amazon#c8133&quot;&gt; commentaire récent&lt;/a&gt; s'exclamait&amp;nbsp;: &lt;em&gt;C'est sans doute la (prochaine mais déjà actuelle ?) stratégie la plus redoutable d'empiétement sur l'usage du bien commun&amp;nbsp;: on verra peut-être bientôt une société commerciale offrir à une bibliothèque publique la libre disposition de son catalogue... en échange de la collecte par cette société de toutes informations sur le public et ses habitudes de lecture !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En réalité, il n'est même pas sûr qu&lt;em&gt;'Amazon&lt;/em&gt; ait encore besoin des bibliothèques publiques pour tirer profit du bien commun. Celui-ci lui sert directement à construire sa clientèle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 26 janvier 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi :&lt;a href=&quot;http://www.actualitte.com/actualite/lecture-numerique/usages/la-bibliotheque-d-amazon-augmenterait-les-ventes-d-ebooks-31500.htm&quot;&gt; La bibliothèque d'Amazon augmenterait les ventes d'ebooks&lt;/a&gt;, ActuaLitté 26 janv 2012&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/15/Amazon-marie-biblioth%C3%A8que-et-autopublication#comment-form</comments>
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    <title>Bibliothèque et architecture de l'information</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/18/Biblioth%C3%A8que-et-architecture-de-l-information</link>
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    <pubDate>Tue, 18 Oct 2011 05:12:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>133. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Adaptations ou éclatement</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Voilà une esquisse de Marie Martel sur la bibliothèque comme projet qui entre tout à fait dans la perspective du Master sur l'architecture de l'information que nous sommes en train de monter à l'ENS-Lyon avec la collaboration de Montréal.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://prezi.com/ojhgz4ipmkhp/espace-media-ou-le-nouveau-recit-technologique-des-bibliotheques&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Espace-media-Marie-Martel_m.jpg&quot; alt=&quot;Espace-media-Marie-Martel.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Espace-media-Marie-Martel.jpg, oct. 2011&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cliquer sur l'image pour l'animation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu 21 novembre 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À compléter avec cette &lt;a href=&quot;http://www.slideshare.net/vincentac/espaces-mergents-nouvelles-pratiques-et-bibliothques-publiques&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;présentation&lt;/a&gt; de Vincent Audette-Chapdelaine.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Économie des bibliothèques</title>
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    <pubDate>Wed, 11 May 2011 10:22:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>1. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Avec l'autorisation des éditeurs, j'ai déposé sur les archives ouvertes de l'EBSI la version française non encore révisée d'un chapitre sur l'économie des bibliothèques à paraître en anglais dans &lt;em&gt;Handbook on the Economics of Cultural Heritage&lt;/em&gt;, Ilde Rizzo &amp;amp; Anna Mignosa (éd.). Londres&amp;nbsp;: Elgar Publishing.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’incommensurable économie des bibliothèques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Résumé&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le modèle de la bibliothèque, très ancien, s’est adapté aux évolutions des sociétés démontrant sa souplesse et sa robustesse. Il s’appuie sur un écosystème fondé sur le partage et comprend deux moments, celui de la constitution d’une collection et celui de sa mise en accès et définit un écosystème autonome. Récemment les bibliothécaires ont développé des études pour mesurer le retour sur investissement de leurs services. Malgré l’intérêt de ces calculs, la valeur ajoutée originale de la bibliothèque est difficile à appréhender précisément. Elle s’appuie selon les contextes sur la mutualisation ou sur la capacité à trouver rapidement des informations inattendues et celle de conserver des informations potentiellement importantes. Le modèle et sa valeur peuvent s’interpréter comme mémoire additionnelle d’un individu, capital informationnel d’une organisation, ou empreinte d’une civilisation. Le numérique ébranle la bibliothèque, mais chaque média émergent a obligé celle-ci à se repositionner. Inversement, la bibliothèque a été une des premières sources d’inspiration pour le web dont certains acteurs ont réussi, aujourd’hui, à faire de l’exploitation son modèle une activité très profitable.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Accessible &lt;a href=&quot;https://papyrus.bib.umontreal.ca/jspui/bitstream/1866/4978/1/Salaun-eco-bib-fr-2011.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La bibliothèque, média du temps long</title>
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    <pubDate>Mon, 18 Apr 2011 04:51:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>113. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; L’affirmation d’un modèle ; Le temps long</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Robert Darnton vient de publier un nouvel &lt;a href=&quot;http://chronicle.com/article/5-Myths-About-the-Information/127105/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;article&lt;/a&gt; dans lequel il dénonce cinq mythes au sujet de l'âge de l'information. Voici la traduction du quatrième&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;«Les bibliothèques sont périmées». Partout dans le pays (USA) les bibliothécaires signalent qu'ils n'ont jamais eu autant de public. À Harvard, notre salle de lecture est pleine. Les gens s'entassent dans les 85 antennes du réseau public de bibliothèques de New-York. Les bibliothèques fournissent comme toujours des livres, des vidéos et d'autres documents mais elles remplissent aussi d'autres fonctions&amp;nbsp;: l'accès à l'information pour les petites entreprises, l'aide aux devoirs et autres activités après l'école pour les enfants, les informations pour les offres d'emploi pour les chômeurs (la disparition des petites annonces d'emploi dans les journaux imprimés ont rendu l'accès en ligne par la bibliothèque crucial pour les chômeurs). Les bibliothécaires répondent aux besoins de leurs usagers de nombreuses façons inédites jusqu'ici, par exemple en les guidant dans la jungle du cyberespace jusqu'aux matériaux numériques pertinents et fiables. Les bibliothèques n'ont jamais été des entrepôts de livres. Tout en continuant à fournir des livres, elles seront à l'avenir des centres nerveux pour la communication de l'information numérique aussi bien à l'échelle du quartier que sur les campus universitaires.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cela m'a rappelé un chapitre sur l'économie des bibliothèques que j'ai écris pour un manuel à paraître cet automne sur l'économie du patrimoine. Voici  un cours extrait du début&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«Si l’histoire des bibliothèques ne se confond pas avec celle de l’humanité, elle est néanmoins très longue, bien plus longue que celle des médias classiques, parallèle à celle de l’accumulation et de la transmission des connaissances depuis qu’elles sont consignées sur un support grâce à l’écriture. On trouve les premières traces de bibliothèques dans l’Antiquité dès le début de la construction des civilisations et parallèle à celle des empires en Assyrie, en Égypte, en Grèce, en Chine. Chaque fois, elles furent un lieu de conservation des documents tout autant qu’un lieu de leur production, par la copie des exemplaires, nécessitée par la fragilité des supports qu’il fallait renouveler, et par la volonté de diffuser les documents.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Beaucoup plus tard vers les 12e et 13e siècles pour la Corée et la Chine et le milieu du 15e siècle pour l’Europe, l’invention de l’imprimerie à caractères mobiles a entraîné l’externalisation de la reproduction matérielle des documents qui a quitté alors le giron des bibliothèques pour devenir une des premières industries des temps modernes. Une activité économiquement autonome de production et diffusion des livres s’est organisée progressivement à partir tout d’abord des imprimeurs-libraires. Puis vers la fin du 18e siècle, l’économie commerciale du livre s’est construite autour de la figure de l’éditeur telle que nous la connaissons aujourd’hui (Mollier, &lt;a href=&quot;http://www.imageson.org/document571.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;2003&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’éditeur a pris progressivement une place dominante dans le processus de production-diffusion de l’objet livre, et les bibliothèques ont alors perdu leur monopole sur l’ensemble de la filière. La production intellectuelle du livre et des connaissances en général n’a pas pour autant échappé complètement aux bibliothèques qui sont restées un lieu familier pour les lettrés. Écrivains, professeurs, chercheurs, étudiants les fréquentent pour préparer leurs travaux et construire leurs œuvres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par la suite, l’émergence de nouveaux médias et de nouvelles indus-tries culturelles, la presse populaire au 19e siècle, les disques et la radio au début du 20e, la télévision et la vidéo venant après le cinéma ont élargi l’éventail de l’information et de la distraction pour le public. La place du livre s’est relativisée, mais chaque fois que cela était possible les bibliothèques ont intégré les nouveaux supports dans leurs collections sans modifier leur modèle, ni réduire leur rôle. Parallèlement au développement explosif d’autres médias, l’édition de livres imprimés d’abord, puis la presse, et ensuite la radio ou la télévision, la bibliothèque a bien maintenu son organisation, l’a développée par touches successives, a continué de la perfectionner, a accompagné et parfois devancé la gestion et la diffusion des connaissances dans les sociétés. Il faut ici faire une distinction entre les médias d’information enregistrées comme l’édition en général qui manipule des supports (livre, presse, disques) et les médias de communication qui distribuent du signal (radio, télévision). La production des premiers est intégrée directement dans les bibliothèques, celle des seconds ne peut l’être que dans la mesure où un enregistrement est effectué. Aujourd’hui le web qui mélange les deux modalités pose des questions inédites au modèle de la bibliothèque.
L’évolution des bibliothèques, comme celle des centres d’archives et les musées, est en réalité parallèle à celle des sociétés et de leur rapport aux connaissances enregistrées, participant à la croissance économique. Certains (Hedstrom &amp;amp; King, &lt;a href=&quot;http://jlking.people.si.umich.edu/EpistemicInfrast-MITPress.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;2006&lt;/a&gt;) parlent à leurs sujets d’ «&amp;nbsp;infrastructures épistémiques&amp;nbsp;» (Epistemics Infrastuctures), c’est-à-dire d’institutions facilitant l’organisation des connaissances.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans une société où les connaissances circulent de plus en plus vite, cette force tranquille a un avantage. Média le plus ancien, c’est aussi celui où l’on peut s’abstraire du cycle trop rapide des médias modernes qui tend à écraser les informations par leur renouvellement et à perdre l’attention du lecteur dans une surabondance. Le flot des médias contemporains est trop puissant, trop abondant pour autoriser un filtrage efficace. On va aussi à la bibliothèque pour y retrouver dans le calme des documents que les autres médias détruisent ou noient dans le renouvellement insatiable de leur production ou on utilise les services d’un bibliothécaire ou d’un documentaliste pour retrouver les informations utiles perdues dans le chaos général. Ainsi la bibliothèque est-elle le média du temps long s’adaptant à l’évolution des sociétés et tempérant la précipitation des médias plus jeunes, plus tempétueux et plus éphémères. Cette qualité, loin de rendre son économie obsolète est au contraire aujourd’hui un levier sur lequel la bibliothèque peut s’appuyer pour s’adapter aux défis nouveaux du numérique.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/04/18/La-biblioth%C3%A8que%2C-m%C3%A9dia-du-temps-long#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>La redocumentarisation en quatre images</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/30/La-redocumentarisation-en-quatre-images</link>
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    <pubDate>Wed, 30 Mar 2011 10:24:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>311. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau ; L’ordre documentaire</category><category>314. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau ; L’inversion du flux</category><category>315. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau ; Les trois dimensions du Web sémantique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Pour avancer dans les réflexions sur la &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2007/05/05/252-eclairages-sur-la-redocumentarisation&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;redocumentarisation&lt;/a&gt; et la &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/09/15/Th%C3%A9ories-du-document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;théorie du document&lt;/a&gt; dans la continuité du travail collectif sur &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/30/Derniers-jours-pour-Roger&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Roger II&lt;/a&gt;, voici quatre images et quelques réflexions. Tous les commentaires et critiques sont bienvenues, j'avance sur un terrain encore à défricher.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Documentarisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La première image est issue du &lt;a href=&quot;http://www.knowledge-mapping.net/images/stories/otlet/traite_de_documentation/otlet-1.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;livre&lt;/a&gt; testament de P. Otlet, premier théoricien de la documentation, et date de 1934&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Otlet-1934_m.jpg&quot; alt=&quot;Otlet-1934.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Otlet-1934.jpg, mar. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les quatre premières lignes veulent présenter la construction des documents. À partir de l’univers, se forment les représentations grâce aux intelligences humaines particulières qui ensuite s’organisent et se confrontent dans la dynamique de la science et sont consignées dans des livres eux-mêmes réunis dans les bibliothèques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les trois lignes suivantes présentent les principaux éléments de l’ordre documentaire nouveau selon P. Otlet. Il s’agit d’abord de rédiger des notices bibliographiques et de les réunir dans un répertoire bibliographique universel. L’ensemble de ces fiches réunies dans les meubles à tiroirs a constitué le catalogue de la bibliothèque jusqu’à l’arrivée de l’informatisation à la fin des années soixante-dix. Il s’agit d’abord de l’outil de repérage des documents dans une collection de bibliothèque. La notice bibliographique est donc un substitut du document qui le remplace avantageusement dans le système documentaire du fait de son formalisme, aujourd’hui nous dirions qu’il s’agit de ses métadonnées. Le système documentaire est piloté par des catalogues normalisés et reliés entre eux. Pour P. Otlet, il doit même être centralisé dans un répertoire universel.
L’auteur suggère un instrument supplémentaire, l’Encyclopédie, constituée d’une série de dossiers de synthèse sur tous les sujets constituant le savoir humain, réalisés et actualisés par les documentalistes à partir des documents existants et diffusables à la demande. Dernier élément essentiel à l’ordre documentaire&amp;nbsp;: la classification. La classification joue pour P. Otlet un rôle central, organisant et reliant l’ensemble des instruments.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce modèle systématise et justifie le rôle de la bibliothèque qui l'appliquera et le perfectionnera  jusqu'à aujourd'hui. Il sépare clairement la production du livre de la documentarisation qui vient ensuite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Redocumentarisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde image est celle du «cake» du Web sémantique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Web-semantique-2007_m.jpg&quot; alt=&quot;Web-semantique-2007.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Web-semantique-2007.jpg, mar. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le schéma de P. Otlet, on trouvait tout en haut les auteurs qui pensaient le monde, le représentaient en concepts grâce à la science et le consignaient dans des documents. Le schéma du W3C met à leur place des utilisateurs qui, plutôt que représenter le monde, vont reconstruire selon leurs besoins des réponses à leurs questions à partir des ressources documentaires existantes. On pourrait dire en raccourci le monde n’est plus représenté par un travail scientifique préalable, mais chacun se représente le monde à partir de données récoltées préalablement. On pourrait discuter longtemps de la pertinence épistémologique de l’une ou l’autre posture. Là n’est pas mon propos, je voulais simplement souligner que d’un point de vue documentaire celles-ci sont inversées&amp;nbsp;: l’une part des producteurs de documents et classe ces derniers&amp;nbsp;; l’autre part des lecteurs qui reconstruisent les documents à partir de ressources classées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les trois dimensions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De plus sans discuter les détails d’un schéma qui n’est pour ses auteurs même qu’illustratif,  on peut remarquer que l’on retrouve dans la succession des couches les trois dimensions du document . Déjà présentées pour le livre ainsi&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/3-dimensions-document.jpg&quot; alt=&quot;3-dimensions-document.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;3-dimensions-document.jpg, sept. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les couches les plus basses (URL/URI, XML, RDF) concernent les adresses et les formats des ressources, c’est à dire le repérage par la forme. Les couches intermédiaires (SPARQL, OWL, RDFS, RIF) s’occupent de la recherche, de l’indexation, de la sémantique, de la représentation des connaissances, c’est à dire un traitement à partir du contenu, du texte. Enfin les couches supérieures supportent des règles sociales (Unifying logic, Proof, Trust), celles-là même qui supportent la fonction du document, transmission et preuve.
J’ai donc découpé le «&amp;nbsp;cake&amp;nbsp;» en tranche que j’ai redistribué sur les trois dimensions du document. Cette présentation, comparée à celle que j’avais présenté pour le livre souligne l’ampleur de la réingénierie documentaire. Précédemment nous trouvions une représentation du livre sur chacun des sommets du triangle, même si la différence de perspective soulignait les différences de dimensions. Cette fois, le document n’apparait plus qu’au centre, comme un navigateur qui le reconstruira à la demande de l’internaute.
On pourrait dire que le système documentaire a réintégré la construction du document. La notion «&amp;nbsp;parenthèse Gutenberg&amp;nbsp;» prend alors une tout autre ampleur. L’imprimerie avait sorti la production documentaire des bibliothèques, des infrastructures épistémiques de l’époque. Le numérique réintègre la production documentaire dans l’infrastructure épistémique contemporaine&amp;nbsp;: le web.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.WS-dimensions-document_m.jpg&quot; alt=&quot;WS-dimensions-document.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;WS-dimensions-document.jpg, mar. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette représentation triangulaire a la vertu supplémentaire de casser l’empilement et sa lecture linéaire en montrant notamment les liaisons fortes qui existent entre les formats et les adresses et la confiance et la preuve.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/30/La-redocumentarisation-en-quatre-images#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Bibliothèques publiques et développement local</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/07/Biblioth%C3%A8ques-publiques-et-d%C3%A9veloppement-local</link>
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    <pubDate>Mon, 07 Mar 2011 10:49:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>121. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée ; Le retour sur investissement</category><category>133. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Adaptations ou éclatement</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Sans doute on aurait du mal à trouver l'équivalent dans le monde francophone où l'articulation de la culture avec l'économie est souvent considérée comme un blasphème. Et pourtant..&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un rapport américain, intitulé &lt;em&gt;Making Cities Stronger: Public Library Contributions to Local Economic Development&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.urban.org/publications/1001075.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), publié en 2007 apporte un éclairage intéressant sur la contribution des bibliothèques publiques des villes américaines au développement local. Il souligne quatre apports essentiels&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Les services de lecture pour les jeunes qui sont le premier maillon d’une chaîne d’investissements indispensables pour construire une force de travail éduquée qui assurera une compétitivité locale dans l’industrie de la connaissance.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les ressources sur l’emploi et les carrières préparent les travailleurs aux nouvelles technologies. Grâce à leurs ordinateurs en accès libre, les bibliothèques sont le premier point d’entrée aux nouvelles technologies pour nombre d’usagers. Maintenant que la recherche d’emploi se fait en ligne, les bibliothèques se sont organisées, souvent en collaboration avec les agences locales, pour fournir des formations aux nouvelles technologies.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Des ressources et des programmes pour les petites entreprises pour abaisser les barrières à l’entrée sur les marchés. Une des plus grandes difficultés classiques des petites entreprises est l’accès courant et clair aux données sur les produits, les fournisseurs et le financement. Les bibliothèques sont un point d’entrée permanent pour ces bases de données maintenant en ligne.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les bibliothèques, comme lieu, servent de catalyse pour le développement local. Par leur fréquentation importante, les bibliothèques animent des zones de chalandise.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Le rapport conclut (trad JMS) &lt;em&gt;que les bibliothèques publiques sont bien placées pour alimenter non seulement la nouvelle, mais aussi la prochaine économie par leur rôle dans la construction des compétences technologiques, l’activité entrepreneuriale et leurs lieux vivants et accueillants. La combinaison entre un rôle plus important dans les stratégies de développement économique et leur omniprésence – 16.000 antennes dans plus de 9.000 systèmes – fait des bibliothèques publiques des outils stables et puissants pour les villes qui cherchent à construire une économie solide et résistante.&lt;/em&gt;  (p.3)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour avancer dans ces directions le rapport propose aussi des outils d'analyse stratégique.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/07/Biblioth%C3%A8ques-publiques-et-d%C3%A9veloppement-local#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>L'impact des bibliothèques en temps de crise et de numérique</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/02/14/L-impact-des-biblioth%C3%A8ques-en-temps-de-crise-et-de-num%C3%A9rique</link>
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    <pubDate>Mon, 14 Feb 2011 11:59:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>122. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée ; La valeur ajoutée</category><category>123. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée ; Modèle bibliothéconomique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;OCLC a publié un nouveau rapport sur la perception des bibliothèques qui actualise les résultats de 2005 (&lt;a href=&quot;http://www.oclc.org/reports/2010perceptions.htm&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Il est bourré d'informations, de chiffres et graphiques sur les avis et attitudes des Américains face à leur bibliothèque. La partie la plus intéressante à mon avis est l'analyse fine des perceptions des populations les plus touchées par la crise économique qui baissent leurs dépenses culturelles, mais augmentent leur fréquentation de la bibliothèque, à la fois pour leurs loisirs et pour les informations sociales qui y sont accessibles, notamment par l'accès libre à l'internet.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voici quelques uns des résultats les plus significatifs&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;La principale raison de l'augmentation de l'usage de la bibliothèque en 2010 est de faire des économies. Les dépenses de livres, CDs et DVDs ont baissé pour 76% de ceux pour lesquels la récession a eu un impact négatif sur le travail. La bibliothèque comble le fossé. 1/3 de cette population utilise plus la bibliothèque et 75% de ceux-là disent qu'ils empruntent maintenant des livres ou des CD plutôt que d'en acheter.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les moteurs tiennent toujours le haut du pavé pour la recherche d'information. Mais les taux de satisfaction baissent pour tous les services de recherche en ligne. Le succès des moteurs ne tient pas seulement à leur rapidité mais aussi à leur fiabilité à fournir une information utile, crédible et gratuite.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les réseaux sociaux concernent tous les âges.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Rester connecté est une priorité. Les consommateurs paient pour cela.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les consommateurs d'information ont confiance dans leur capacité à trouver l'information. S'ils doutent, ils font d'autres recherches.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;l'utilisation des services de questions à un expert a fort augmenté de 15% en 2005 à 43% en 2010. Mais les services de questions à un bibliothécaire (ask-a-librarian) n'ont pas décollé.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le «&amp;nbsp;livre&amp;nbsp;» est plus que jamais l'image de marque de la bibliothèque. 69% le mettait en premier en 2005, 75% en 2010.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Pour les plus jeunes (14-17) la bibliothèque est d'abord un lieu pour lire, pour tous les autres c'est d'abord un lieu pour avoir des livres, de la vidéo et de la musique.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La préoccupation principale en 2005 était que les bibliothèques ajoutent du contenu, en 2010, c'est&amp;nbsp;: ouvrez plus longtemps.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Moins de personnes recherchent de l'aide (68% en 2005, 51% en 2010).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La bibliothèque en ligne ne s'est pas substituée à la bibliothèque physique. Les usages de la bibliothèques ont fortement augmenté en 2010, pas les consultations des sites web de bibliothèques.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Seuls 17% des usagers pensent que les bibliothécaires font de la publicité pour leurs services.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les usagers sont conscient de la valeur ajoutée par les bibliothécaires.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;De quoi méditer, mais pas vraiment de quoi être pessimiste.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/02/14/L-impact-des-biblioth%C3%A8ques-en-temps-de-crise-et-de-num%C3%A9rique#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Arts et industries de la mémoire</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/12/Arts-et-industries-de-la-m%C3%A9moire</link>
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    <pubDate>Wed, 12 Jan 2011 05:11:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>212. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Des documens du Moyen Âge…</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Suite à mon billet précédent, Jacques Faule, merci à lui, attire mon attention sur le livre&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mary Carruthers, Le livre de la mémoire. Une étude de la mémoire dans la culture médiévale, trad. de l’anglais par Diane Meur, Paris, Macula, 2002, 429 p.
ISBN 2-86589-069-4 (critique&lt;a href=&quot;http://crm.revues.org/index264.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt; CRMH&lt;/a&gt;, le livre a une réédition anglaise en 2008 entièrement révisée, extraits sur &lt;a href=&quot;http://books.google.ca/books?id=gPaJTL2ZFakC&amp;amp;printsec=frontcover&amp;amp;dq=mary+carruther&amp;amp;source=bl&amp;amp;ots=0J9-kh8V3r&amp;amp;sig=H44-JBjB7OQI8QvHOYdj-3k0rqE&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ei=0mwtTauyKMKBlAfnqLnxCg&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;resnum=1&amp;amp;ved=0CBYQ6AEwADgK#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;GB&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il a raison et cela me donne aussi l'occasion de justifier mon intérêt pour l'histoire du document. Je reprends d'abord les citations soulignées par J. Faule&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Mary Carruthers soutient que la culture médiévale était fondamentalement mémorielle à un degré aussi écrasant que la culture moderne de l’Occident est documentaire (page 18). Elle insiste (page 25)&amp;nbsp;: c’était une question d’éthique. Un être sans mémoire, si tant est que la chose fût possible, était un être sans caractère moral et, au sens premier, sans humanité. Et explique (page 51)&amp;nbsp;: «Le grec ancien ne possédait aucun verbe signifiant proprement lire&amp;nbsp;; celui dont on se servait, anagignosco, signifie savoir de nouveau, se remémorer. Il renvoie à une procédure mnésique. De même, le verbe latin signifiant la lecture est lego, littéralement cueillir ou rassembler.»&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quand nous disons que la bibliothèque est lieu de mémoire nous le disons par métaphore. Mais les lieux de mémoire sont dans notre tête. Carruthers renverse la perspective quand elle écrit&amp;nbsp;:  «Il est trompeur selon moi de présenter la culture littéraire comme une version de la culture lettrée. La mémoire (au sens de pédagogie mnémonique), dit-elle, est l’objet ultime d’une éducation médiévale.»&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;A chacune des 400 pages du livre, la tentation est irrésistible de remplacer le mot mémoire par le mot bibliothèque car les analogies sont nombreuses et Carruthers ne s’en prive pas de multiplier les parallélismes quand elle écrit par exemple page 69&amp;nbsp;: «La mémoire n’est pas un coffre ou une boîte quelconque – elle est, plus précisément, une boîte à ranger les livres, une formidable bibliothèque portative. De fait, comme écrivait Jean de Salisbury, la mémoire est en quelque sorte une bibliothèque mentale, une gardienne sûre et fidèle de nos perceptions.»&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;«J’ai déjà longuement traité de la bibliothèque comme image (si tenace) de la mémoire bien entraînée&amp;nbsp;; pour conclure ce chapitre, j’aimerais évoquer brièvement le parallélisme de leurs systèmes de catalogage. Le meuble dans lequel étaient conservés les livres au Moyen Age pouvait être appelé armarium, armoire, ou columna, colonne, mot qui figure dans un catalogue de bibliothèque de 1400. Les livres, dans ces arcae ou armaria médiévaux, étaient classés selon des systèmes de lettres et de chiffres utilisés parfois séparément, parfois conjointement.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En règle générale, chaque armoire portait une lettre et chaque rayon (gradus) de l’armoire, un chiffre, la numérotation partant du rayon inférieur pour permettre des ajouts ultérieurs. Parfois un chiffre subsidiaire était attribué à chaque volume pour indiquer sa place sur le gradus. L’heuristique alphabétique, dans les bibliothèques, remonte au moins à la Bibliothèque d’Alexandrie. Mais la disposition de la bibliothèque, comme je l’ai montré plus haut, reproduit la structure de la mémoire des érudits&amp;nbsp;; une des meilleures preuves de la similitude que je perçois entre ce qui est lu ou écrit dans la mémoire et ce qui l’est dans les livres, c’est que les dispositifs heuristiques servant à ordonner l’arca mémorielle aient également été appliqués à l’organisation des codices dans leurs arcae de bois.»&lt;/em&gt; p.182&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Mary-Carruthers.bmp&quot; alt=&quot;Mary-Carruthers.bmp&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Mary-Carruthers.bmp, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi on comprend mieux pourquoi le terme «document» est resté très longtemps relié à la mémoire humaine, comme leçon ou enseignement éventuellement oral. Le livre n'est qu'un adjuvant d'une pratique, d'un exercice mémoriel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les choses changent à partir du 18e. La relation à la mémoire se modifie avec l'explosion des savoirs scientifiques et techniques et la montée de l'espace public médiatique. Dès lors, de nouveaux outils doivent se construire et la bibliothéconomie se perfectionne pour aboutir fin 19e au processus de documentarisation (Dewey, Otlet), l'ambition de classer tous les documents du monde, compris comme le classement des savoirs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Boston-Public-Library-Pere-Ubu_m.jpg&quot; alt=&quot;Boston-Public-Library-Pere-Ubu.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Boston-Public-Library-Pere-Ubu.png, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'agit d'une première industrialisation des outils de la mémoire par leur externalisation et, en quelque sorte, leur taylorisation. Mais nous n'en sommes encore qu'au stade de la manufacture. Chaque bibliothèque reproduit les mêmes gestes en échangeant et rationalisant les procédures.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La fin du 20e est l'occasion avec le numérique et le web d'une redocumentarisation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Google-Data-Center-Pays-Bas-ErWin-Boogert_m.jpg&quot; alt=&quot;Google-Data-Center-Pays-Bas-ErWin-Boogert.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Google-Data-Center-Pays-Bas-ErWin-Boogert.png, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai déjà eu l'occasion de beaucoup disserter là-dessus sans qu'il soit besoin d'y revenir ici, sinon pour dire que nous sommes maintenant complètement dans l'industrialisation de la mémoire avec son automatisation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mary Carruthers dans la préface de la nouvelle édition de son livre insiste d'ailleurs sur le caractère logique des outils des arts de la mémoire et fait une analogie avec l'ordinateur. Elle s'est entrainée à mémoriser des textes anciens et en conclut  (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je faisais ainsi la démonstration de la puissance de ces dispositifs mentaux comme des outils de recherche plutôt que des outils de retenue. En réalité, il m'était facile d'imposer ces schémas sur le matériel que je connaissais déjà par cœur (en anglais du roi Jean) parce que, avec une petite révision et de la pratique, les repères fournit à ma mémoire simplement par quelques mots du texte que je savais si sûrement me ramenaient l'ensemble de la citation. Une fois démarré, le par cœur a pris le dessus et par habitude consciente produit ce dont j'avais besoin, tout à fait à la manière de la mémoire morte (ROM) d'un ordinateur. Les dispositifs mnemotechiques, comme une structure d'accès aléatoire, m'ont amenée là où je voulais aller, dans l'ordre que j'avais choisi et dans le sens que mon esprit s'était lui-même donné.&lt;/em&gt; p.XIII-XIV&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En poussant le raisonnement de la redocumentarisation, on pourrait en conclure que les instruments de la maîtrise de l'information (&lt;em&gt;information litteratie&lt;/em&gt;) sont les équivalents de ceux de l'art médiéval de la mémoire appliqués aux industries actuelles de la mémoire et en paraphrasant l'auteur dire&amp;nbsp;: c’est une question d’éthique. Un être sans maîtrise de l'information, si tant est que la chose fût possible, est un être sans caractère moral et, au sens premier, sans humanité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 17 mai 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Intéressante relation de la production et circulation des documents dans l'antiquité romaine et comparaison avec aujourd'hui par F. Cario &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/12/Le rapport entre l’auteur et son livre dans l’antiquité romaine&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/12/Arts-et-industries-de-la-m%C3%A9moire#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>BU US : Comment économiser 2M $..</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/07/BU-US-%3A-Comment-%C3%A9conomiser-2M-%24..</link>
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    <pubDate>Fri, 07 Jan 2011 12:34:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>131. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Collections numériques</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Jean-Daniel Zeller, merci à lui, m'a signalé la sortie d'un nouveau rapport de l'OCLC qui mérite en effet qu'on s'y arrête&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Constance Malpas, Cloud-sourcing Research Collections: Managing Print in the Mass-digitized Library Environment (OCLC, Janvier 2011) &lt;a href=&quot;http://www.oclc.org/research/publications/library/2011/2011-01.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'ensemble est une étude chiffrée sur la possibilité d'externaliser la fourniture de documents pour les bibliothèques universitaires américaines dans le nouveau contexte issu de &lt;em&gt;Google Book&lt;/em&gt; et l&lt;em&gt;'&lt;a href=&quot;http://www.hathitrust.org/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;HathiTrust&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. Extraits (les passages en italiques sont une traduction directe du résumé, le reste une synthèse rapide et très schématique de mon cru)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'objectif du projet était d'examiner la faisabilité de l'externalisation de la gestion des livres imprimés à faible utilisation dans les bibliothèques universitaires vers des fournisseurs de services partagés, y compris les larges collections d'imprimé et les dépôts numériques.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'hypothèse suivante a fourni un cadre global pour notre enquête :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;* L'émergence d'un corpus de masse de livres numérisés doit transformer l'activité de la bibliothèque universitaire, permettant une optimisation des collections imprimées patrimoniales qui augmentera sensiblement l'efficacité des activités des bibliothèques et facilitant une réorientation des ressources de la bibliothèque vers un portefeuille de services rénovés.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'idée des responsables de bibliothèques universitaires nord-Américaines était de combiner 1) le dépôt géant de documents numérisés, &lt;em&gt;HathiTrust&lt;/em&gt;,  mutualisation des livres numérisés des bibliothèques par &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; et récupérés par celles-là 2) avec des réseaux de fournitures de documents imprimés. Le premier permet de naviguer dans les livres et de repérer des éléments, sinon toujours d'avoir accès à l'ensemble du texte du fait du copyright, le second de se procurer le document imprimé si le besoin s'en fait sentir. De là, un certain nombre de questions de recherche ont émergé&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Quelle est la portée du corpus de la masse de livres numérisés dans la bibliothèque numérique HathiTrust et jusqu'à quel degré recouvre-t-il les collections imprimées conservés dans les bibliothèques de recherche universitaire ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Le contenu du domaine public dans la bibliothèque numérique HathiTrust fournit-il un substitut approprié pour les collections imprimées à faible utilisation des bibliothèques universitaires ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt; Y a-t-il recouvrement suffisant entre les collections partagées d'imprimés et la Bibliothèque numérique HathiTrust pour permettre à un nombre important de bibliothèques universitaires d'optimiser et de réduire les dépenses des opérations locales des imprimés ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Quels gains opérationnels pourraient être obtenus par une externalisation sélective des activités de gestion des collections ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;L’hypothèse centrale a été confirmée avec succès&amp;nbsp;: il y a suffisamment de matériaux dans le &lt;em&gt;HathiTrust&lt;/em&gt; pour recouvrir une importante (et croissante) partie de la collection de pratiquement toutes les bibliothèques universitaires aux États-Unis, et il y a un chevauchement suffisant entre les dépôts numériques et les grandes collections imprimés pour autoriser un grand nombre de bibliothèques universitaires à reconsidérer leur gestion locale des imprimés. De plus, un nombre relativement restreint de fournisseurs de documents imprimés, y compris la Bibliothèque du Congrès, est suffisant pour atteindre plus de 70% de couverture de la collection de livres numérisés, ce qui suggère que le service partagé peut ne pas reposer sur un très grand réseau. La comparaison en terme de matière montre aussi que le &lt;em&gt;HathiTrust&lt;/em&gt; est largement représentatif des collections des bibliothèques universitaires. Les livres en SHS constituent la majeure part des ressources numérisées, ce qui pourrait favoriser des disciplines jusqu’ici sous-représentées. De plus des économies substantielles pourraient être réalisées sur les espaces et les coûts de gestion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les principaux obstacles relevés sont les suivants&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;La proportion des documents dans le domaine public est faible (16% des titres en juin 2010) et représente des matériaux peu largement représentés. Aussi, il y a peu d’économie à attendre de ce côté.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Aucun fournisseur de document imprimé ne peut prétendre pouvoir répondre à lui seul à la demande de chaque bibliothèque. Il faut donc envisager un réseau partagé de coordonné de fournisseurs.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L’absence d’un service robuste de découverte et de fourniture fondé sur une réserve collective d’imprimés est un obstacle pour changer la stratégie de gestion des imprimés, particulièrement pour les titres imprimés sous copyright.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;C’est notre ferme conviction, fondée sur les conclusions ci-dessus, que les bibliothèques universitaires aux États-Unis (et ailleurs) doivent réunir les ressources et la volonté nécessaires pour mettre en œuvre une stratégie de transition pour maximiser les bénéfices des années d'investissement dans les collections d'imprimés tout en reconnaissant la bascule rapide vers la fourniture et la recherche d’information en ligne. Même, et peut-être surtout, avant tout résultat juridique sur le règlement &lt;/em&gt;Google Book Search&lt;em&gt;, les bibliothèques universitaires ont une occasion unique de reconfigurer les chaînes d'approvisionnement des imprimés pour assurer une continuité pertinente. En l'absence d'une licence claire, l'accès en ligne à la plus grande part de la littérature rétrospective numérisés sera sérieusement entravée. La demande pour les versions imprimées des livres numérisés continuera d'exister et les bibliothèques seront incitées y répondre, mais elles devront le faire de manière plus rentable. En l'absence d’éditions en ligne totalement disponibles, l'indexation en texte intégral des documents numériques sous droits d'auteur fournit un moyen de modérer et de préciser la demande pour les versions imprimées et devrait faciliter le transfert d'une partie croissante des documents vers des entrepôts rationalisés. Vu sous cet angle, des dépôts d’imprimés partagés autoriseraient un changement significatif pour orienter les ressources de la bibliothèque vers un portefeuille de services plus pertinent pour l’institution.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les économies annuelles réalisées seraient de 500.000 $ et 2 millions $ par bibliothèque de l'Association américaine des bibliothèques de recherche (ARL) , en fonction de la solution choisie.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/07/BU-US-%3A-Comment-%C3%A9conomiser-2M-%24..#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Document, information, une histoire de mots</title>
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    <pubDate>Tue, 04 Jan 2011 09:11:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>213. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; ... aux documents de la révolution scientifique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;On le sait &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; a mis à la disposition des chercheurs la base des textes les livres qu'il a numérisés, ce qui donne le plus grand corpus linguistique de tous les temps, 500 milliards de mots et 4% des livres publiés sur terre, et fait rêver les linguistes (&lt;a href=&quot;http://blog.veronis.fr/2010/12/google-le-plus-grand-corpus.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et&lt;a href=&quot;http://www.sciencemag.org/content/early/2010/12/15/science.1199644&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt; là&lt;/a&gt;). Je ne suis pas linguiste, mais pour les béotiens comme moi, la firme a mis en ligne un étonnant petit outil, baptisé &lt;a href=&quot;http://ngrams.googlelabs.com/graph?content=biblioth%C3%A9caire%2Cdocumentaliste&amp;amp;year_start=1800&amp;amp;year_end=2000&amp;amp;corpus=7&amp;amp;smoothing=3&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;NGram&lt;/a&gt;, permettant de représenter l'évolution des occurrences de mots dans le temps. Sans bouger de mon fauteuil, voici donc quelques leçons que j'en ai déjà en tiré sur les sujets de ce blogue.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Document&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On considère généralement que le mot «document» est apparu en Français en 1214 dans la &lt;em&gt;Vie de S Grégoire&lt;/em&gt; par le frère Anger (&lt;a href=&quot;http://www.cnrtl.fr/definition/document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). J'ai quelques doutes là dessus, peut-être bientôt du nouveau sur ce blogue, mais en attendant, le NGram nous montre clairement l'évolution quantitative de son utilisation dans les livres, en français, puis en anglais depuis 1800.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Ngram-document-fr-4-01-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Ngram-document-fr-4-01-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Ngram-document-fr-4-01-2011.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Ngram-document-eng-04-01-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Ngram-document-eng-04-01-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Ngram-document-eng-04-01-2011.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Que constate-t-on&amp;nbsp;?
L'utilisation du mot en français ne décolle que vers 1820 pour augmenter régulièrement jusqu'au tournant du siècle où elle arrive à un palier. Puis elle repart brutalement vers les années cinquante sans défaillance. Le démarrage du mot anglais est antérieur, sa croissance est d'abord plus lente, mais elle augmente brusquement vers les années soixante pour finir au même niveau que le mot français avant de chuter, semble-t-il, au début des années 2000.
L'interprétation de ces courbes reste à faire, sans doute en relation avec la place du document dans l'organisation sociale, mais les tendances sont trop nettes pour qu'elles ne soient significatives.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Information&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La notion d'information a progressivement remplacé celle de document chez nombre de professionnels, écoles et chercheurs du domaine à partir des années soixante-dix. Il était donc intéressant de comparer son histoire à celle du précédent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Ngram-doc-info-04-01-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Ngram-doc-info-04-01-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Ngram-doc-info-04-01-2011.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Ngram-doc-info-eng-04-01-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Ngram-doc-info-eng-04-01-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Ngram-doc-info-eng-04-01-2011.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Information était plus utilisée que document en français au début du 19e, sans doute dans un usage courant. Document la dépasse vers 1830. À partir des débuts du 20e l'utilisation du mot s'accélère progressivement pour décoller à la seconde guerre mondiale, sans doute en lien avec le rôle croissant des médias. On observe un palier à partir des années 70 puis un nouveau décollage dans les années 90 et enfin une chute pour la première fois au début du millénaire. L'évolution du mot anglais montre une différence quantitative importante, avec un démarrage au niveau où le mot français termine son envol et donc une fin proportionnellement quatre fois plus haut.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Là encore, l'interprétation reste à faire, mais on peut déjà en tirer deux leçons claires. L'utilisation du mot information parait plus corrélée à l'évolution des médias qu'à celle des professionnels du même nom qui devraient peut-être y réfléchir. Par ailleurs, les mots français et anglais ne  présentent peut-être pas la même signification, à moins que la place de l'information soit considérablement différente dans l'une et l'autre culture.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Données&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai ajouté aussi une troisième variable puisqu'aujourd'hui la mode n'est plus à l'information, mais aux données.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Ngram-inf-doc-don-04-01-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Ngram-inf-doc-don-04-01-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Ngram-inf-doc-don-04-01-2011.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Ngram-inf-doc-data-04-01-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Ngram-inf-doc-data-04-01-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Ngram-inf-doc-data-04-01-2011.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La hauteur de la courbe dans le diagramme français doit tenir compte de la polysémie du mot. «Données» est aussi le participe passé féminin pluriel de «donner». Mais le parallélisme des courbes données et information après la seconde guerre mondiale est assez remarquable dans les deux langues.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliothèque - documentation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour terminer, j'ai comparé les mots «bibliothèque» et «documentation».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Ngram-bib-doc-fr-04-01-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Ngram-bib-doc-fr-04-01-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Ngram-bib-doc-fr-04-01-2011.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ces courbes sont celles qui m'ont le plus étonné, et je dois dire réjoui. L'utilisation du mot bibliothèque se maintient largement sur deux siècles, malgré tous les bouleversement que son environnement a connu, même si cela reste à un niveau modeste. Je serai curieux de comprendre la nature des pics que l'on peut observer. Sans surprise, le mot «documentation» apparait au début du 20e. Il connait son apogée vers 1960 et chute ensuite brutalement. Là encore les mots «bibliothèque» et «documentation» ont un usage pluriel. On le trouve aussi bien l'un pour des étagères ou des bibliothèques privées et l'autre dans «centre de documentation» dans «une documentation» ou encore dans «la documentation de quelque chose». Malgré cela, leur usage subit une variation très nette.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/04/Document%2C-information%2C-une-histoire-de-mots#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Rêver sa bibliothèque et réaliser ses rêves.. à Montréal</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/11/17/R%C3%AAver-sa-biblioth%C3%A8que-et-r%C3%A9aliser-ses-r%C3%AAves..-%C3%A0-Montr%C3%A9al</link>
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    <pubDate>Wed, 17 Nov 2010 11:26:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>111. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; L’affirmation d’un modèle ; Un succès qui compte</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Qui a dit que les bibliothèques n'avaient plus d'avenir&amp;nbsp;? Sûrement pas un Québécois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après la Grande bibliothèque qui fêtait son cinquième anniversaire en avril dernier avec plus de 15 millions de visiteurs recensés (&lt;a href=&quot;http://www.banq.qc.ca/nouvelles/video-5e-anniversaire.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), après les bibliothèques publiques de Montréal qui dessinent la bibliothèque du XXIème siècle et défendent leur projet à la Mairie en septembre (&lt;a href=&quot;http://encyclo.bibliomontreal.com/?p=1307&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;), voici la direction des bibliothèques de mon université, l'Université de Montréal, qui lance une vaste consultation sur la bibliothèque idéale&amp;nbsp;: après un sondage auquel 7000 personnes ont répondu, une mosaïque de questions et de suggestions sur un site web, une multitude de liens présentant les bonnes pratiques partout dans le monde, et chaque fois un forum ouvert pour recueillir les avis (&lt;a href=&quot;http://www.bib.umontreal.ca/ideale/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, présentation de l'initiative &lt;a href=&quot;http://www.nouvelles.umontreal.ca/campus/bibliotheques/20101115-les-bibliotheques-consultent-place-aux-r-ves.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je n'ose dire que Montréal est en train de devenir la capitale de la bibliothéconomie francophone, on m'accuserait de parti pris&amp;nbsp;! Je me contenterai donc de rappeler que les inscriptions à la &lt;a href=&quot;http://www.ebsi.umontreal.ca/prog/msi.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;maîtrise en sciences de l'information&lt;/a&gt; de l'EBSI démarrent dans un mois et demi...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Vie privée, bibliothèques et Google-Books</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/09/22/Vie-priv%C3%A9e-et-biblioth%C3%A8ques</link>
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    <pubDate>Wed, 22 Sep 2010 05:54:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>131. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Collections numériques</category><category>333. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre ; « Je » est un document</category><category>514. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; Les paradoxes du néodocument ; Mémoire et oubli</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Dans une discussion récente avec Silvère Mercier (&lt;a href=&quot;http://www.bibliobsession.net/2010/09/06/nouvelle-strategie-de-la-presse-en-ligne-faire-payer-le-contribuable/?utm_source=feedburner&amp;amp;utm_medium=feed&amp;amp;utm_campaign=Feed%3A+bibliobsession%2FTKHz+%28Bibliobsession+2.0%29&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), je m'étonnais que les bibliothécaires francophones ne prêtent pas plus d'attention à l'anonymat de la lecture dans le monde numérique. Justement un papier vient de paraitre sur le sujet&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Elisabeth A. Jones et Joseph W. Janes, “Anonymity in a World of Digital Books: Google Books, Privacy and the Freedom to Read,” dans  (présenté au Internet, Politics, Policy 2010: An Impact Assessment, Oxford Internet Institute, 2010). &lt;a href=&quot;http://microsites.oii.ox.ac.uk/ipp2010/system/files/IPP2010_Jones_Janes_Paper.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À vrai dire l'article n'amène pas sur le fond d'autres arguments que ceux déjà connus (voir par ex &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/08/29/Les-lecteurs-des-biblioth%C3%A8ques-sous-surveillance&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Mais il appuie son raisonnement sur un livre de Helen Bissenbaum paru en 2009 que je ne connaissais pas et qui m'a bien intéressé, du moins par sa présentation dans l'article et les extraits et commentaires que j'ai pu en lire jusqu'ici&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Helen Nissenbaum, &lt;em&gt;Privacy in Context: Technology, Policy, and the Integrity of Social Life&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt; (Stanford Law Books, 2009).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le concept clé de Nissenbaum est «l'intégrité contextuelle» (&lt;em&gt;contextual integrity&lt;/em&gt;) qui n'est pas une définition de ce qui serait privé vs ce qui serait public, mais une construction à partir de normes informationnelles d'une situation appropriée, c'est-à-dire moralement acceptable dans un contexte donné. Les normes sont évolutives et leurs paramètres sont précisés (contextes, acteurs, attributs et principes de transmission). Enfin un cheminement par étapes est proposé pour juger de la validité d'une nouvelle intégrité contextuelle qui peut être résumé en deux phases&amp;nbsp;: Les nouvelles pratiques sont-elles conformes aux normes de l'ancien contexte&amp;nbsp;? La négative ne signifie pas qu'il faille nécessairement les rejeter, tout dépend des risques encourus par rapport aux bénéfices généraux. Cette mesure en termes moraux fait l'objet de la seconde phase.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est facile de montrer ainsi que les pratiques de &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; violent les principes de l'anonymat de la lecture édictés dans le contexte des bibliothèques publiques des États-Unis (phase 1) et les auteurs suggèrent que le nouveau contexte créé ne répond pas non plus aux considérations morales de liberté, d'autonomie et de justice. Ce deuxième point est  discuté dans l'article à mon avis un peu rapidement, même si je suis d'accord avec la conclusion. La difficulté à trancher sur la deuxième phase montre peut-être la limite de la méthode de Nissenbaum. Néanmoins, il paraît difficile d'éviter un débat moral et politique lorsque l'on aborde les notions de sphères privée et publique, toutes deux indispensables à notre humanité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voici, pour finir un extrait d'une interview d'H Nissenbaum du 18 janvier 2010 (&lt;a href=&quot;http://www.concurringopinions.com/archives/2010/01/bright-ideas-helen-nissenbaums-privacy-in-context-technology-policy-and-the-integrity-of-social-life.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les questions les plus urgentes soulevées par le livre sont à mon avis :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;D'abord de démontrer que la distinction entre privé et public, aussi utiles qu'elles soient dans d'autres espaces de la philosophie du droit et de la politique,  est une impasse complète pour conceptualiser un droit à la vie privée et pour édicter une politique. De mon point de vue, on a perdu bien trop de temps à décider si telle ou telle information, tel ou tel lieu étaient privés ou publics quand, en réalité, ce qui comptait au final était quelles contraintes devaient être imposées sur la circulation de cette information dans cet espace. Nous pourrions faire des progrès beaucoup plus rapides si nous prenions de front cette dernière question plutôt que de nous enfermer dans la première.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ensuite de contester la définition de la vie privée comme un contrôle sur les informations qui nous concernent, qui domine le monde politique aujourd'hui, même si elle est moins répandue dans le monde académique. Le problème de cette définition est qu'elle met immédiatement la vie privée en contradiction avec d'autres valeurs, présentées comme plus pro-sociales. Si le droit de la vie privée est le droit de contrôle, alors, il doit être évidemment limité, négocié, modéré par l'intérêt général&amp;nbsp;! De plus, il n'est même pas évident que le contrôle offrira une meilleure protection au sujet. Imaginez, par exemple, que tout ce qui concerne le dossier santé d'un individu soit soumis à son consentement pour sa divulgation et mettez cet individu dans une situation où on lui offre en échange un emploi, un prêt ou un gain à la loterie.. Heureusement, la loi des États-Unis reconnait le besoin de réelles contraintes pour la circulation de l'information selon les lieux et les contextes de la vie et, bien que des critiques ont été émises sur les faiblesses de certains termes de ces lois, je crois que l'approche globale est bonne.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/09/22/Vie-priv%C3%A9e-et-biblioth%C3%A8ques#comment-form</comments>
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    <title>Bibliothèques et Web de données au W3C</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/05/26/Biblioth%C3%A8ques-et-Web-de-donn%C3%A9es-au-W3C</link>
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    <pubDate>Wed, 26 May 2010 03:39:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;À l'initiative de Tom Baker, Emanuelle Bermès et Antoine Isaac un nouveau groupe d'incubation vient de s'ouvrir au W3C sur&lt;em&gt; Library linked data&lt;/em&gt;. Tout est expliqué &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/2005/Incubator/lld/Overview.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et en français sur le blogue d'Emmanuelle Bermès &lt;a href=&quot;http://www.figoblog.org/node/1985&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est une nouvelle potentiellement très importante pour plusieurs raisons&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Tout d'abord, il s'agit, sauf erreur de ma part, du premier groupe à prendre de front la problématique des bibliothèques au W3C qui est le principal lieu de discussion et de consensus sur les normes du web. C'est un lieu un peu étrange, sans jeu de mots «hors normes» et fondamental, où les préconisations de normes justement se prennent au consensus entre experts. Les principaux industriels y sont évidemment très actifs et omniprésents. Il est essentiel que les bibliothèques, premières institutions impactées par le Web, y aient enfin la parole.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le sujet du groupe est au cœur des sciences de l'information, si l'on pense comme à l'EBSI que ce cœur est bien constitué des compétences sur l'organisation de l'information consignée (classification, indexation, métadonnées) et celles sur la recherche d'information. Dans ces conditions, le dit &lt;em&gt;Web des données&lt;/em&gt;, y compris dans ses ambiguïtés, se trouve bien au cœur de la problématique des sciences de l'information.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les tentatives actuelles des industriels pour verrouiller, à leur profit et de diverses manières, les usages du Web doivent laisser place à des initiatives d'institutions prônant l'intérêt général. En espérant qu'il ne soit pas trop tard.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Bien sûr les groupes du W3C sont très techniques et accessibles seulement aux initiés. Emmanuelle Bermès mérite toute notre reconnaissance et nos encouragements pour cette initiative en souhaitant qu'elle soit soutenue et puisse déboucher sur d'importantes décisions pour les institutions documentaires.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>«La pierre angulaire de la ville de savoir»</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/05/13/%C2%ABLa-pierre-angulaire-de-la-ville-de-savoir%C2%BB</link>
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    <pubDate>Thu, 13 May 2010 20:57:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>122. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée ; La valeur ajoutée</category><category>133. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Adaptations ou éclatement</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La ville de Montréal vient de publier un document-manifeste d'une trentaine de pages sur la &lt;a href=&quot;http://encyclo.bibliomontreal.com/actualites/html/commission/commission-biblio-XXI.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Bibliothèque du XXIème siècle&lt;/a&gt;. C'est un document étonnant, constat, projet et même rêve, dans sa formulation à la fois analytique, précise, prospective et lyrique qui positionne la bibliothèque publique au centre des enjeux éducatifs, culturels et sociaux de la ville de demain.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Clairement Montréal, après avoir fêté les 5 ans de la très grande bibliothèque (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/04/29/Lire-dans-un-%C3%A9crin&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), aime ses bibliothèques et a pris la mesure de leur impact sur le développement urbain.  Ci-dessous la page de conclusion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Bib-XXI-Montreal.jpg&quot; alt=&quot;Bib-XXI-Montreal.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Bib-XXI-Montreal.jpg, mai 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'étude sera présentée à la Commission permanente sur le développement culturel et la qualité du milieu de vie en séance publique le 3 juin à 19h à l'Hotel de ville (&lt;a href=&quot;http://encyclo.bibliomontreal.com/actualites/html/commission/invitation-commission-biblio-XXle-siecle.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'EBSI participe à cet élan, des nouvelles prochainement à ce sujet.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Lire dans un écrin</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/04/29/Lire-dans-un-%C3%A9crin</link>
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    <pubDate>Thu, 29 Apr 2010 19:39:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>113. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; L’affirmation d’un modèle ; Le temps long</category><category>123. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée ; Modèle bibliothéconomique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Hier c'était le cinquième anniversaire de l'ouverture la Grande bibliothèque à Montréal qui vient de fêter son trois millionième visiteur annuel. La Grande bibliothèque est une des pièces maîtresses de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Une réussite incomparable. Tout est dit ici dans ces vidéos&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.banq.qc.ca/nouvelles/video-5e-anniversaire.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Anniversaire-BAnQ_m.jpg&quot; alt=&quot;Anniversaire-BAnQ.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Anniversaire-BAnQ.jpg, avr. 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rien à ajouter sinon Bravo&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux petits commentaires&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si la Grande bibliothèque est très ouverte sur le numérique, c'est avant tout une bibliothèque classique, dont le modèle est porté ici à son meilleur. Ainsi faut-il relativiser les discours de rupture qui foisonnent sur le web.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'Ebsi, par l'augmentation des cohortes d'étudiants et la révision de ses programmes, entend bien, modestement et à sa place, participer au renouveau des professions de l'information où le Québec a, à l'évidence, son mot à dire.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>A very short conversation..</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/11/26/A-very-short-conversation..</link>
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    <pubDate>Thu, 26 Nov 2009 10:35:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>131. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Collections numériques</category><category>522. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie du texte : Google</category>    
    <description>    &lt;p&gt;À lire absolument, le point fait par Lionel Maurel sur le feuilleton juridico-politique &lt;em&gt;Google Books&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;http://scinfolex.wordpress.com/2009/11/25/reglement-google-book-2-0-le-grand-bal-des-chimeres-1/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Il fait une lecture documentée et fine de la dialectique entre la stratégie industrielle et la construction du droit. On voit l'Histoire de la construction du Web-média s'écrire sous nos yeux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous n’en sommes qu’au tout début. Le jeu de rôle entre les industriels, la société civile et les pouvoirs publics est essentiel et passionnant à suivre en direct. Mais in fine, on arrivera à un modèle stable comme cela a été le cas pour la presse, le cinéma, la radio. Pour ce média-ci, la maîtrise des données (logs) est sans doute l’enjeu essentiel et il n’est pas étonnant que Google n'ait encore fait aucune concession sur ce point.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Reste que le jeu joué par les bibliothèques américaines a été étrange dans cette affaire et qu’elles paraissent se réveiller un peu tard. Il est ironique avec le recul de relire la genèse du projet, la première «chimère», pour reprendre l'expression de L. Maurel&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Search Me? Google Wants to Digitize Every Book. Publishers Say Read the Fine Print First. By Bob Thompson Washington Post Staff Writer Sunday, August 13, 2006; D01 &lt;a href=&quot;http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/08/12/AR2006081200886_pf.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La bibliothèque de Standford a été la première contactée et ses responsables ont été invités chez &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;. Extrait de l'article&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;In September 2003, Keller and Herkovic drove down to Mountain View to hear a proposition from Page and some other Googlers.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;It was a very short conversation,&quot; Keller says. &quot;Basically they said, 'What do you think about digitizing every book in the library?' And we said, 'Yay!' &quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Bibliothèques : le livre d'abord</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/11/12/Biblioth%C3%A8ques-%3A-le-livre-d-abord</link>
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    <pubDate>Thu, 12 Nov 2009 11:16:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>123. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée ; Modèle bibliothéconomique</category><category>133. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Adaptations ou éclatement</category>    
    <description>    &lt;p&gt;À l'occasion du premier congrès des milieux documentaires du Québec qui se tient en ce moment à Montréal (&lt;a href=&quot;http://congres2009.asted.org/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), les résultats d'une importante enquête sur la perception des bibliothèques ont été présentés&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Table de concertation des bibliothèques québécoises, &lt;em&gt;Perceptions et satisfaction des Québécois à l’égard des bibliothèques&lt;/em&gt;, Léger Marketing, juin 2009, 205p. &lt;a href=&quot;http://www.banq.qc.ca/documents/a_propos_banq/communiques/Rapport_Final_Table_de_concertation_des_bibliotheques.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'agit d'un sondage réalisé en mars dernier &lt;em&gt;auprès d'un échantillon de 1 736 Québécois(es) âgés de 16 ans ou plus, comprenant le français ou l’anglais&lt;/em&gt;. L'objectif était d'évaluer les éléments suivants&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Les habitudes de fréquentation des bibliothèques québécoises&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;La perception des bibliothèques québécoises et de leur rôle&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Les habitudes d’utilisation des services offerts par les bibliothèques&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;La satisfaction à l’égard des bibliothèques&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Les comportements futurs et les pistes d’amélioration&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Les comportements et les styles de vie de ceux qui fréquentent vs ceux qui ne fréquentent pas&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Le profil sociodémographique de ceux qui fréquentent vs ceux qui ne fréquentent pas&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Le résultat est présenté en plus de 150 tableaux déclinant les réponses selon les types de bibliothèques et selon les régions. Plein de leçons dont beaucoup feront leur miel, sachant que &lt;em&gt;43% des Québécois sont actuellement abonnés ou fréquentent une bibliothèque. Parmi eux, 82% ont fréquenté une bibliothèque publique au cours des 12 derniers mois, 15% ont fréquenté la Grande Bibliothèque, 14% une bibliothèque universitaire, 12% une bibliothèque scolaire et 7% une bibliothèque collégiale&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La plus importante leçon me parait être contenue dans l'articulation des trois tableaux ci-dessous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Motiv-bib-Quebec_m.jpg&quot; alt=&quot;Motiv-bib-Quebec.jpg&quot; title=&quot;Motiv-bib-Quebec.jpg, nov. 2009&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Motivation-frequentation-bib-Quebec_m.jpg&quot; alt=&quot;Motivation-frequentation-bib-Quebec.jpg&quot; title=&quot;Motivation-frequentation-bib-Quebec.jpg, nov. 2009&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Leger-Enq-Quebec-1_m.jpg&quot; alt=&quot;Leger-Enq-Quebec-1.jpg&quot; title=&quot;Leger-Enq-Quebec-1.jpg, nov. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi les Québécois viennent principalement à la bibliothèque (en réalité évidemment la bibliothèque publique) pour emprunter d'abord des romans. Mais, c'est sur internet qu'ils se renseignent sur les livres. Un partage des tâches clair qu'il a le mérite de nous rappeler que les services de bases restent solides.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Google Book et la BnF</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/09/18/Google-Book-et-BnF</link>
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    <pubDate>Fri, 18 Sep 2009 19:33:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>131. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Collections numériques</category><category>522. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie du texte : Google</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Alain Pierrot (qu'il soit remercié) m'a fait parvenir le rapport d'audit de l'Inspection générale des finances en France, commandé conjointement par le Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction public et le Ministère de la culture et de la communication, et rendu en janvier 2009. On pourra trouver &lt;a href=&quot;https://www.igf.minefi.gouv.fr/sections/les_rapports_par_ann/2009/la_bibliotheque_nati&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;. Nul doute qu'il sera abondamment commenté. Voir déjà À la Toison d'or (&lt;a href=&quot;http://alatoisondor.wordpress.com/2009/09/15/quand-linspection-des-finances-veut-vendre-les-livres-de-la-bnf/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'apprécie beaucoup les rapports de l'Igf qui fournissent de nombreuses informations et montrent toujours un grand souci du bien public.. et bien entendu des deniers de l'État. Celui-là est un modèle du genre. Il montre clairement les défis d'économie publique auxquels la BnF est confrontée en analysant aussi bien la valeur des collections, le climat social interne, la gestion du patrimoine immobilier, le développement de la bibliothèque numérique, la relance de la fréquentation, insistant chaque fois sur la mission de service public de la bibliothèque nationale. C'est un joli cas d'école qui me servira à coup sûr à l'avenir comme étude de cas pour la mise en pratique de la méthode d'analyse stratégique qui conclut le cours sur l'économie du document (&lt;a href=&quot;http://cours.ebsi.umontreal.ca/blt6355/sequences/07/cours/index.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais pour s'en tenir à une actualité chaude, voici les passages qui concernent les discussions entre la BnF et &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Extrait du rapport p.13-14&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le développement du numérique constitue ainsi un enjeu stratégique pour l’avenir de la bibliothèque, qui aura un impact sur l’ensemble de ses métiers. Il suppose donc de définir une structure cible d’emplois et de compétences à moyen terme et d’actualiser en conséquence la cartographie des métiers de la BnF, afin d’y intégrer son impact transversal. Pour autant, la stratégie de numérisation de la BnF, à vocation encyclopédique par sa volumétrie et ses critères de sélection, apparaît aujourd’hui peu adaptée dans le contexte de développement très rapide de la bibliothèque numérique du moteur de recherche Google. Alors même que ce dernier a déjà numérisé 7 millions d’ouvrages et compte au moins doubler ce chiffre dans les années à venir, la BnF est entrée dans une logique de numérisation «&amp;nbsp;productiviste », qui la conduit à procéder à une sélection avant tout négative fondée sur la simple élimination des ouvrages impropres à la numérisation de masse, selon des critères essentiellement physiques et non en fonction de choix raisonnés de valorisation patrimoniale. En outre, le passage à une numérisation de masse depuis l’an dernier pose d’importants problèmes d’organisation interne à la bibliothèque, qui ne parvient pas à tenir le rythme prévu, alors même qu’un nombre important d’agents (plus de 60 ETP) est mobilisé à cet effet.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Or la BnF ne pourra pas concurrencer Google par le nombre, puisque sa bibliothèque numérique atteindra au mieux la taille du seul fonds ancien de la bibliothèque municipale de Lyon, que Google s’est engagé à numériser dans les années à venir, ce qui représente 5 % du nombre d’ouvrages disponibles sur Google Book Search. De surcroît, cette politique conduit la BnF à négliger la numérisation des collections de presse (malgré un plan spécifique, qui n’aura couvert que 2 % des collections de presse de la bibliothèque sur sept ans d’ici 2012) et de l’audiovisuel, supports pourtant éminemment fragiles7 et dont la consultation en ligne correspond à une attente forte du public.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;2. La BnF doit passer d’une logique quantitative à une logique plus qualitative et partenariale, davantage tournée vers les urgences et les attentes du public&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;La bibliothèque devrait donc chercher à se différencier davantage par la qualité de sa bibliothèque numérique et l’accompagnement éditorial qu’elle peut proposer, à la différence de Google. La sortie d’une logique de masse permettrait en effet à la fois de renforcer la diversité documentaire de Gallica, de remédier aux dysfonctionnements induits par la logique actuelle de flux tendus et de libérer des crédits pour les réallouer à un nombre plus restreint d’ouvrages, mais mieux choisis et présentant une qualité de numérisation accrue.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dès lors, il apparaît nécessaire de renforcer la logique de sélection qualitative, en ciblant davantage la numérisation sur les pièces les plus précieuses et distinctives de la BnF (ouvrages de la réserve, collections spécialisées), ainsi que sur les collections les plus demandées et/ou les supports les plus menacés, en particulier l’audiovisuel et la presse. Une telle évolution suppose entre autres d’étendre l’éligibilité des projets financés par les crédits du centre national du livre à l’ensemble des supports de la BnF, afin de renforcer la pertinence de la numérisation et de l’orienter en priorité vers les supports les plus fragiles et/ou les plus demandés.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Note 7 À titre d’illustration de cette fragilité, la BnF estime que 90 % des articles de presse relatifs à l’affaire Dreyfus ne sont plus immédiatement communicables au public du fait de leur état de dégradation.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Extrait de la réponse du président de la BNF sur ce point (p.11-12)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;S'agissant d'une possibilité d'ouvrir des discussions avec Google sur la numérisation d'une partie des collections de la BnF, il convient de rappeler que les contacts avec la firme californienne, comme avec Microsoft, ont été réguliers et pourraient connaître de nouveaux développements.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il y a lieu également de souligner que le projet Google Book Search et Gallica ne sont pas concurrents mais complémentaires. Alors que le premier vise à constituer un gigantesque réservoir de données, Gallica entend développer une véritable bibliothèque, reposant sur une organisation du savoir, une diversité des fonds numérisés et une éditorialisation des contenus.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Microsoft s'étant retiré, une éventuelle coopération avec Google ne pourrait s'inscrire que dans le cadre suivant :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;porter uniquement sur les œuvres du domaine public, compte tenu des différends opposant Google aux éditeurs, non encore réglés par le projet d'accord intervenu aux États-Unis :&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;venir en complément des programmes de numérisation de massa financés par le CNL, quitte à réorienter ces derniers, de manière à ne pas se placer dans une situation de dépendance ;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;limiter les restrictions d'accès éventuelles aux seuls acteurs commerciaux, de manière à préserver Europeana et le réseau des bibliothèques numériques francophones.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dans ce cadre, la BnF pourrait confier à Google la numérisation de la collection des doubles naguère conservée à Versailles et aujourd'hui stockée sur le site François-Mitterrand, ce qui aurait l'avantage de ne pas interférer avec le fonctionnement des départements puisque ces ouvrages ne sont pas communiqués, ainsi qu'une partie des microfilms de la presse du XXIème siècle.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En échange, Google serait prêt à confier à la BnF, en vue de leur intégration dans Gallica, les fichiers des ouvrages du domaine public de langue française déjà numérisés dans les bibliothèques américaines partenaires mais aussi de ceux qui seraient numérisés en Europe, par exemple, à la Bibliothèque municipale de Lyon.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Si tel était le cas, les programmes de numérisation de masse financés par le CNL (actuellement 100 000 documents par an jusqu'en 2010) pourraient voir leur voilure ajustée par la suite en ce qui concerne les collections de la BnF et pourraient s'ouvrir beaucoup plus largement aux autres bibliothèques françaises dans le cadre du futur schéma national numérique.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;La stratégie à moyen terme pourrait donc être la suivante :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;numérisation de masse des monographies et des périodiques de la BnF et de ses pôles associés financée par les crédits CNL et, de manière complémentaire, par Google,&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;numérisation d'envergure de la presse, pour laquelle un financement pérenne reste à trouver,&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;numérisation méthodique des collections uniques ou rares de la BnF (livres rares, manuscrits, estampes...) financée sur fonds propres de l'établissement ou sur subvention spécifique (y compris le CNL pour la réserve des livres rares).&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Relevons rapidement plusieurs point&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;De façon anecdotique, on peut sourire à voir le président de la BnF se comporter en Ministre de la culture et définir une politique nationale de numérisation. Plus encore à constater que la BnF récupèrerait des collections numérisées d'autres bibliothèques, américaines ou française (Lyon) via une firme privée (&lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;) sans même qu'il soit envisagé, ni obligatoire, de demander leur consentement.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le processus de numérisation des collections comprend clairement aujourd'hui deux logiques&amp;nbsp;: une industrielle, une manufacturière (plutôt qu'artisanale car on vise malgré tout les grands nombres). Savoir si ces deux logiques sont compatibles reste une question ouverte. L'expérience malheureuse de l'augmentation des cadences à la BnF montre en tous cas que les bibliothèques ne sont pas armées pour l'industriel. La BM de Lyon a fait le pari que Google saura faire du manufacturier en lui confiant ses collections précieuses. La BnF parait tentée de suivre la même voie.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le financement public (ou la volonté publique) parait insuffisant(e) pour financer y compris les collections patrimoniales et ceci dans tous les pays. Le recours à Google dans ce contexte est peut-être inéluctable. Cette situation est exceptionnelle, due à la réussite insolente de la firme et à son cash-flow. Il est probable qu'elle ne se reproduise pas. Comme par définition la numérisation du patrimoine est aussi exceptionnelle et ne devrait pas en principe se reproduire, il y a là un effet d'aubaine fort.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Mais la stratégie de la firme est de viser l'industriel, c'est un peu comme une troisième édition du livre après l'originale puis le livre de poche. Et c'est un des enjeux de la discussion de la firme avec les éditeurs-auteurs aux US&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; renouera-t-il avec le métier d'imprimeur-libraire en réimprimant des livres à la carte ou les diffusant sous format numérique qui plus est en position de monopole sur certains créneaux (livres épuisés)&amp;nbsp;? Il est ironique que des bibliothèques aient été les involontaires complices de l'opération. Il serait juste qu'elles obtiennent en retour quelques compensations ou que soit clairement confié à &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; une mission de service public comprenant des devoirs.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L'idée selon laquelle &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; viserait à faire un vaste entrepôt de données alors que les bibliothèques seraient préoccupées de collection confond deux raisonnements&amp;nbsp;: l'architecture informatique sera toujours au plus bas niveau un entrepôt de données et l'organisation des informations se trouve sur une couche supérieure. Rien n'empêche &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; d'organiser, s'il le souhaite, des collections ou les bibliothèques de se servir des mêmes données pour le même objectif. Qui sait ce qui se passera demain&amp;nbsp;?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L'autre intérêt de la firme est de constituer un immense corpus de texte édité sur lequel il pourra et peut déjà faire tourner ses outils de traitement de la langue et de traçage des lecteurs. Sur ce point, la stratégie est plutôt défensive&amp;nbsp;: occuper le terrain pour capter les internautes que commercialement offensive (pas ou peu de publicité contextuelle).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Tout cela me conforte encore dans la présentation des modèles de média sous forme de pentagone. Goggle Book s'est installé entre le modèle de la bibliothèque en récupérant ses collections et celui de la radio-TV par une logique de flux. Et elle cherche à se diversifier en se positionnant sur le modèle éditorial en bousculant ses acteurs. Voilà de quoi actualiser la séance correspondante du cours (&lt;a href=&quot;http://cours.ebsi.umontreal.ca/blt6355/sequences/03/01.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;) pour un superbe exemple.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 12 oct 2009&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sergey Brin, “A Library to Last Forever,” The New York Times, Octobre 9, 2009, sec. Opinion &lt;a href=&quot;http://www.nytimes.com/2009/10/09/opinion/09brin.html?_r=1&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/09/18/Google-Book-et-BnF#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les lecteurs des bibliothèques sous surveillance</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/08/29/Les-lecteurs-des-biblioth%C3%A8ques-sous-surveillance</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0c81c4315921d6de88eb886205beb97a</guid>
    <pubDate>Sat, 29 Aug 2009 12:48:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
        <category>133. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Adaptations ou éclatement</category><category>6. CONCLUSION - ARCHITECTES ET ARCHITHEQUES</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Voici donc le second article signalé par Paulette Bernard&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Trina Magi, “A Content Analysis of Library Vendor Privacy Policies: Do They Meet Our Standards?” , à paraître dans College &amp;amp; Research Libraries. &lt;a href=&quot;http://bit.ly/DJZO4&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Pre-print&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le titre annonce clairement la couleur. Les bibliothèques aux États-Unis (et ailleurs) ont un grand sens de l'éthique. Un Code de l'éthique a été publié par l'American Library Association (&lt;a href=&quot;http://www.ala.org/ala/aboutala/offices/oif/statementspols/codeofethics/codeethics.cfm&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Parmi les éléments essentiels de ce dernier figure la confidentialité des lectures, dont on comprend facilement l'importance pour une démocratie. Les bibliothécaires américains ont mené plusieurs combats importants en ce sens, tout particulièrement ces dernières années contre le &lt;em&gt;Patriot Act&lt;/em&gt;. L'auteure de l'article a d'ailleurs gagné un prix à cette occasion. Mais, fait-elle remarquer, il se pourrait bien qu'aujourd'hui par manque de vigilance, les bibliothécaires ne puissent plus assumer leurs devoirs d'anonymisation des lectures. Leurs fournisseurs en ligne ne sont pas tenus par le même sens des responsabilités. Ayant perdu la maîtrise des collections, les bibliothécaires n'ont plus la possibilité de contrôler l'éthique de leur utilisation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Extraits de la conclusion de l'article (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette recherche montre que la politique de protection des données privées des principaux fournisseurs de ressources en ligne des bibliothèques ne tient pas compte de nombreuses normes construites par les bibliothécaires et l'industrie de l'information sur la manipulation et la protection des informations sur les utilisateurs (..)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il est aussi clair selon leur politique affichée que la plupart des fournisseurs ne suit pas le code d'éthique de l'ALA concernant la protection de la vie privée des utilisateurs et partage les informations sur les utilisateurs avec des tiers pour des raisons variées, certaines aussi vagues que «&amp;nbsp;protéger le bien-être de la société commerciale». Ceci est particulièrement inquiétant dans la mesure où le gouvernement s'appuie sur les sociétés privées pour l'aider dans son effort de collectes de données. (..)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les étudiants qui ont confiance dans les bibliothèques et dans leurs promesses de confidentialité peuvent être incités à divulguer facilement des informations personnelles pendant qu'ils utilisent les bases de données proposées par celles-ci. Si les bibliothécaires veulent rester en accord avec le Code d'Éthique et avec les principes qui font des bibliothèques des lieux particuliers pour des recherches libres et ouvertes, ils doivent examiner avec attention les politiques qui régissent ces bases de données, défendre la protection des données personnelles des utilisateurs et former ceux-ci qui ont mis toute leur confiance dans la bibliothèque.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ajouterai quelques éléments en résonance avec les préoccupations de ce blogue&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Au delà des bibliothèques, les universités devraient être beaucoup plus attentives à ces questions, en interne comme à l'externe. En interne, elles devraient aussi se doter de code d'éthique sur la non-divulgation des pratiques de lecture des étudiants, qui ne passent plus nécessairement aujourd'hui seulement par les bibliothèques. La tentation est forte, par exemple, pour un professeur de vérifier qui est allé lire les pages qu'il a conseillé dans son cours et mises en ligne sur le site particulier de ce dernier. En externe, la traçabilité autorise théoriquement des études scientométriques sur les lectures et non plus seulement sur les publications. Est-on vraiment sûr qu'il soit sain de surveiller qui lit quoi dans la science&amp;nbsp;?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les bibliothèques, qui ont confié sans toujours trop réfléchir leurs collections à numériser à Google, ont dans le même élan autorisé cette firme à surveiller les lectures de ces collections. Ceci est clairement en violation avec leur code d'éthique. Ces interrogations commencent à poindre avec le débat sur l'accord en discussion avec les auteurs et les éditeurs aux US. On pourra consulter sur ce sujet et d'autres le compte rendu par Mark Liberman de tables rondes organisées récemment à Berkeley sur cet accord  (&lt;a href=&quot;http://languagelog.ldc.upenn.edu/nll/?p=1698#more-1698&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Enfin, tout cela me conforte dans ma catégorisation des modèles de médias. Dans le modèle éditorial, le lecteur ne fait pas qu'acheter un objet, il achète aussi sa liberté de lecture. Il peut alors lire et faire lire sans demander la permission à personne, ni être surveillé par personne. Inversement, le Web-média fait «payer» sa pseudo-gratuité par un encadrement et une suveillance du lecteur qu'il monnaiera sur d'autres marchés. Pour approfondir cette dernière question voir les développements autour du pentagone (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2006/11/29/127-le-pentagone-de-l-industrialisation-de-la-memoire&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;court&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cours.ebsi.umontreal.ca/blt6355/sequences/03/03.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;long&lt;/a&gt;)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 1 septembre 2009&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir sur ce sujet le billet du blogue LibraryLaw du 28 août, repéré grâce à Calimaq&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;How to negotiate with web 2.0 services for better terms of service - yes we can &lt;a href=&quot;http://blog.librarylaw.com/librarylaw/2009/08/how-to-negotiate-with-web-20-services-for-better-terms-of-service-yes-we-can.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/08/29/Les-lecteurs-des-biblioth%C3%A8ques-sous-surveillance#comment-form</comments>
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    <title>17792</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/06/08/17792</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a5ac3d8ebd24e1e6be435f237df9ab2f</guid>
    <pubDate>Mon, 08 Jun 2009 13:15:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Bibliothèques</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Depuis l'annonce de sa fermeture, la liste Biblio-fr a 33 nouveaux abonnés (voir &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/06/03/17769&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Difficile de croire à un média moribond ou dépassé. Les professionnels votent en s'inscrivant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En alignant les lecteurs réguliers de tous les bibliologues (euh.. biblioblogues, voir ci-dessous commentaire d'Olivier ;-), pages Facebooks, univers Netvibes, abonnés Twitter du petit monde des bibliothèques, on arriverait à combien&amp;nbsp;? Peut-être en comptant très large 3000&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais il est bien difficile de l'évaluer, et rien que pour cela, fermer la liste serait absurde.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/06/08/17792#comment-form</comments>
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