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    <title>Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün) - Édition</title>
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    <description>Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique</description>
    <language>fr</language>
    <pubDate>Thu, 23 Feb 2023 18:35:44 -0500</pubDate>
    <copyright>Creative Commons BY-NC</copyright>
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        <title>Intégralité des publications INRIA dans HAL</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2013/02/19/Integralite-des-publications-INRIA-dans-HAL</link>
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        <pubDate>Tue, 19 Feb 2013 10:55:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                        <description>          &lt;p&gt;Extrait d'un message envoyé par le directeur de l'INRIA aux responsables des équipes de recherche  et à diffuser aux chercheurs&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il est devenu indispensable de développer le libre accès et donc de dépasser ce seuil (70% de publications de l'INRIA déposées) pour atteindre l'intégralité des dépôts dans HAL. Après en avoir débattu en Comité de direction de l'Institut, je souhaite que l'intégralité de notre production scientifique publique soit disponible sur l'archive ouverte HAL, je vous demande donc de déposer systématiquement les publications des membres de vos équipes-projets dans HAL et je prends les mesures d'accompagnement suivantes :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;dès octobre 2013, seules les publications déposées dans HAL seront prises en compte dans les fiches de synthèse rédigées par les équipes-projet qui sont remises aux experts dans nos séminaires d'évaluation,&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;dès novembre 2013, seules les publications déposées dans HAL seront prises en compte dans les rapports d'activité annuels (RAWeb),&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;les thèses préparées au sein de nos équipes-projets devront elles aussi être systématiquement déposées dans une archive ouverte.&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>C'est l'éditeur qui fait la littérature... politique</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/07/04/La-connivence-des-editeurs-et-politiciens-fran%C3%A7ais</link>
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        <pubDate>Wed, 04 Jul 2012 03:41:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                <description>          &lt;p&gt;La nouvelle ministre de la culture aurait affirmé dans une récente réunion du Syndicat national de l'édition (&lt;a href=&quot;http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/societe/exclusif-filippetti-c-est-l-editeur-qui-fait-la-litterature-35044.htm&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;)&amp;nbsp;: &quot;C'est l'éditeur qui fait la littérature&quot;. Il s'agit évidemment d'une grosse sottise, qui a donné lieu à de nombreux commentaires et railleries. Il suffit de remarquer que selon cette affirmation la littérature n'aurait alors que deux cents ans, âge de la fonction d'éditeur... Mais ce n'est pas la pertinence du propos qui m'intéresse mais plutôt les circonstances de son énonciation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La remise en contexte de la phrase atténue sa brutalité. Toujours selon le même site, la ministre aurait expliqué&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;L'éditeur a un rôle éminent dans le processus de création. C'est une question passionnante. Et sans entrer dans un débat philosophique sur le processus de création, quand on écrit, chez soi, on a besoin d'avoir le regard d'un éditeur, pour venir sanctionner, dans le bon sens du terme. C'est-à-dire, donner le jugement d'un professionnel, sur le texte que l'on est en train de rédiger. Et sans cela, même si on se publie soi-même, et que l'on peut toucher un public au travers des réseaux, on n'a pas cette reconnaissance de se sentir écrivain. L'écrivain ne naît qu'au travers du regard de l'éditeur. Et moi je l'ai ressenti en tant qu'auteur&amp;nbsp;: j'aurais pu écrire le même livre que celui que j'ai rédigé… si je n'avais pas eu Jean-Marc Roberts &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/07/04/NdR&amp;nbsp;: patron de la maison Stock, filiale du groupe Hachette&quot; title=&quot;NdR&amp;nbsp;: patron de la maison Stock, filiale du groupe Hachette&quot;&gt;NdR&amp;nbsp;: patron de la maison Stock, fi...&lt;/a&gt;, le résultat n'aurait pas été le même.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un bon éditeur joue, en effet, un rôle éminent dans la production d'un livre et je puis aussi, à ma modeste place, en témoigner. Même si bien des expériences différentes d'écriture coexistent sur tous les supports et que l'on peut multiplier les témoignages de déconvenue dans la relation auteur-éditeur, les hérauts du web méconnaissent souvent la temporalité et l'interaction indispensable à une écriture lente bien différente de la leur qui s'approcherait plutôt de la vitesse de la pensée. Mais une nouvelle fois, ce n'est pas ce qui m'intéresse dans ce débat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La dernière phrase de la citation me parait la plus révélatrice. La ministre, elle-même auteur de romans, a l'expérience du travail avec un éditeur jusqu'à l'organisation de la promotion à la sortie du livre (&lt;a href=&quot;http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/3078004001/aurelie-filippetti-un-homme-dans-la-poche.fr.html&quot;&gt;itw&lt;/a&gt;). Comme la plupart de ses prédécesseurs à ce poste, c'est une littéraire, familière du petit monde français de l'édition. Cela est plutôt heureux au ministère de la culture.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La familiarité des politiques avec les éditeurs dépasse pourtant très largement en France ce ministère. Un homme politique se doit d'avoir écrit, ou au moins signé, des livres et c'est encore mieux s'ils ont un peu de style. L'écriture d'un livre ne garantit pas carrière politique, mais l'absence de son nom sur la couverture de livres y est une anomalie. Un homme politique français &quot;normal&quot; doit (devrait) être un écrivain et l'éditeur est le mieux placé pour lui rendre ce service. Voici quelques exemples dans le gouvernement actuel&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_0_7?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=ayrault&amp;amp;sprefix=ayrault%2Cstripbooks%2C166&quot;&gt;Ayrault&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_0_7?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=ayrault&amp;amp;sprefix=ayrault%2Cstripbooks%2C166#/ref=nb_sb_noss_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=fabius&amp;amp;rh=n%3A301061%2Ck%3Afabius&quot;&gt;Fabius&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_0_7?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=ayrault&amp;amp;sprefix=ayrault%2Cstripbooks%2C166#/ref=nb_sb_noss_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=peillon&amp;amp;rh=n%3A301061%2Ck%3Apeillon&quot;&gt;Peillon&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_0_7?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=ayrault&amp;amp;sprefix=ayrault%2Cstripbooks%2C166#/ref=nb_sb_noss_2?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=taubira&amp;amp;rh=n%3A301061%2Ck%3Ataubira&quot;&gt;Taubira&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_0_7?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=ayrault&amp;amp;sprefix=ayrault%2Cstripbooks%2C166#/ref=nb_sb_ss_i_2_9?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=moscovici+pierre&amp;amp;sprefix=moscovici%2Cstripbooks%2C166&amp;amp;rh=n%3A301061%2Ck%3Amoscovici+pierre&quot;&gt;Moscovici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_0_7?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=ayrault&amp;amp;sprefix=ayrault%2Cstripbooks%2C166#/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=duflot+c%C3%A9cile&amp;amp;sprefix=moscovici%2Cstripbooks%2C166&amp;amp;rh=n%3A301061%2Ck%3Aduflot+c%C3%A9cile&quot;&gt;Duflot&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_0_7?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=ayrault&amp;amp;sprefix=ayrault%2Cstripbooks%2C166#/ref=nb_sb_noss_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=valls&amp;amp;sprefix=moscovici%2Cstripbooks%2C166&amp;amp;rh=n%3A301061%2Ck%3Avalls&quot;&gt;Valls&lt;/a&gt;, etc... sans oublier &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_0_7?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=ayrault&amp;amp;sprefix=ayrault%2Cstripbooks%2C166#/ref=nb_sb_noss_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&amp;amp;url=search-alias%3Dstripbooks&amp;amp;field-keywords=filippetti&amp;amp;rh=n%3A301061%2Ck%3Afilippetti&quot;&gt;Filippetti&lt;/a&gt; bien sûr. Le même exercice dans l'opposition donnerait évidemment un résultat équivalent. On peut être sûr que, même s'ils n'ont pas toujours écrit eux-mêmes leurs livres, les hommes politiques les ont initiés, relus et ont suivi l'avancement de leur publication. Ils ont ainsi tous engagés un rapport de familiarité avec l'édition.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi plus peut-être que dans d'autres pays, le livre est en France un média politique et, dans cette tradition, l'éditeur joue un rôle clé. On manque de recherche dans ce domaine pour étayer une thèse, mais j'ai l'intuition que cette connivence avec les politiques pèse sur la sur-représentation du point de vue traditionnel des éditeurs et induit une myopie sur le rôle des bibliothèques, réduites à un rôle de distribution (à la remarquable exception près de la période &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Gatt%C3%A9gno&quot;&gt;Jean Gattégno&lt;/a&gt;), et aujourd'hui quelques contresens sur le numérique, compris comme un simple vecteur de diffusion d'oeuvres.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Publier, partager, ouvrir : 1. Publier</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/05/10/Publier--partager--ouvrir</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:0e2ecd6c1f4aad76e367b3666ea87731</guid>
        <pubDate>Thu, 10 May 2012 03:42:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>41. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document</category>
                  <category>52. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial</category>
                <description>          &lt;p&gt;Cette réflexion m'est venue à la suite de la lecture d'un &lt;a href=&quot;http://opendatarennes.wordpress.com/2012/05/09/partager-ne-veut-pas-dire-ouvrir/&quot;&gt;billet&lt;/a&gt; sur Open data Rennes, de discussions dans un dernier &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/04/20/Gouvernance-et-donn%C3%A9es-ouvertes&quot;&gt;séminaire&lt;/a&gt; à l'ENS de Lyon et aussi, il faut avouer, d'un certain malaise à la lecture d'analyses toujours plus rapides et plus radicales du tout petit monde de la biblioblogosphère.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les verbes &quot;publier&quot;, &quot;partager&quot; et &quot;ouvrir&quot; pourraient être pris comme synonymes dans le contexte du web, mais il est sans doute préférable de bien distinguer la réalité qu'ils recouvrent, qui renvoie à des logiques et raisonnements sensiblement différents et parfois contradictoires. Compte-tenu de la longueur d'écriture et de lecture du développement, ce billet se rapporte seulement au premier des trois verbes&amp;nbsp;: publier. Il est le premier d'une série de trois ou quatre. Le billet sur &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/05/13/Publier%2C-partager%2C-ouvrir-%3A-2.-partager&quot;&gt;Partager&lt;/a&gt; est accessible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voici donc, de mon point de vue et sur le seul exemple du livre, quelques propositions pour préciser ce terme et, le cas échéant en étant un peu optimiste, réduire quelques difficultés des débats actuels.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Publier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Publier signifie &quot;rendre public&quot;. En ce sens, un auteur et l'éditeur, qui a permis de donner la forme d'un livre à son oeuvre, &quot;partagent&quot; l'oeuvre avec les lecteurs. Ce partage n'est pas anodin, fondamental pour la démocratie, constitutif de ce qu'on appelle à la suite de J. Habermas &quot;l'espace public&quot; (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Espace_public&quot;&gt;wkp&lt;/a&gt;). Mais la notion de partage est d'une certaine façon, bridé la première dimension du document, la forme, du créateur vers le lecteur et réglée par le droit d'auteur. Le lecteur peut s'approprier les idées de l'auteur et en débattre, il ne peut en diffuser la forme. Pour une petite discussion de cette question, voir &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/09/Les-trois-%C3%A9conomies-du-ebook&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, pour plus de détails&lt;a href=&quot;http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/13/les-trois-dimensions-de-leconomie-de-la-publication/&quot;&gt; là&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Vu__lu__su-9782707171351.html&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme le précise F. Benhamou, dans un &lt;a href=&quot;http://www.cae.gouv.fr/La-mondialisation-immaterielle,59.html&quot;&gt;rapport&lt;/a&gt; du Conseil d'analyse économique, déjà &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2008/08/21/516-livre-telechargeables-au-bout-de-10-ans-economiquement-logique&quot;&gt;commenté&lt;/a&gt; sur ce blogue, l'objectif du droit d'auteur est bien d'interdire d'autres initiatives de partage à grande échelle (à quelques exceptions dûment encadrées près)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;La fonction du droit d’auteur est d’empêcher ces comportements de «&amp;nbsp;passagers clandestins&amp;nbsp;» par la création d’un monopole de l’auteur (ou des ayants-droit) sur sa création. Telle est la fonction d’incitation à la création, à l’innovation, à la prise de risque du droit d’auteur. Mais ce monopole a un revers&amp;nbsp;: il implique une moindre diffusion, puisqu’il établit un prix – éventuellement élevé – là où pouvait régner la gratuité ou la quasi-gratuité. Le mode de résolution de cette tension entre incitation et diffusion réside dans le caractère temporaire du droit conféré. Or l’histoire du droit d’auteur montre que l’on assiste à un allongement progressif de sa durée&amp;nbsp;; on peut en déduire que, dans le conflit entre efficacité statique (rémunération de la création) et efficacité dynamique (diffusion), c’est la première qui s’est montrée gagnante tout au long de l’histoire.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le web, on le sait, autorise une publication plus rapide et plus simple. Dès lors, il est tentant d'imaginer un revers de balancier vers l'efficacité dynamique. Bien des promoteurs du web proposent des solutions radicales visant à une libre circulation des oeuvres numériques, accompagnées de divers modes de rémunération rompant avec la logique éditoriale. Ils sont en cela en cohérence avec la philosophie implicite du fondateur de la toile, qui ne distingue pas auteur et lecteur, mais en contradiction avec l'histoire de l'édition, marquée par un combat continu contre les contrefaçons et aussi avec sa logique économique qui mutualise les rentrées financières entre les succès très peu nombreux et l'ensemble des titres non rentables.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En réalité sous couvert de grands principes, se cachent aussi des intérêts particuliers&amp;nbsp;: construction d'une rente éloignée de toute prise de risque du côté des éditeurs, et, de l'autre, une récupération sauvage de produits culturels pour un groupe de consommateurs branchés et bruyants alliés à la constitution de bases de données comportementales par de très gros acteurs industriels du web. Dès lors entre les deux camps, le dialogue est un dialogue de sourds où les arguments n'ont pour effet que de conforter les convictions du camp qui les présente.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est vraisemblable qu'un nouvel équilibre se trouvera et qu'il ne viendra pas d'une victoire d'un camp sur l'autre, mais bien plutôt d'un compromis issu des leçons des expériences et de l'addition de micronégociations. Un bon exemple de compromis est suggéré dans le rapport cité. F Benhamou y a fait une proposition intéressante qui n'a pas reçu grand écho. Je ne prétends pas qu'il s'agisse de la panacée, mais cela me semble une bonne façon de raisonner&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;On pourrait considérer qu’après dix ans, un livre puisse être numérisé et téléchargeable (sous réserve des accords des ayants droit). Le manque à gagner, a priori faible, serait reversé par le ministère de la Culture aux éditeurs et aux auteurs au prorata des téléchargements ou des ventes effectives des dix premières années.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La proposition s'appuie sur une étude de la vente des livres de littérature pour l'année 2005 qui montre que &lt;em&gt;16 % des titres  représentent 83 % des ventes. Pour 43 % des titres, les ventes moyennes s’établissent à 293 exemplaires, tandis qu’elles se montent en moyenne pour l’ensemble des titres à 5 903 exemplaires, avec un maximum de 253 068 ventes et un minimum d’une seule vente&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette proposition, dont on peut discuter les détails, a bien des avantages. Elle sort des pétitions de principe qui figent aujourd'hui les positions des acteurs. Les principes doivent être relativisés par la réalité économique. Elle ne s'appuie pas, non plus, sur une réglementation contraignante, mais incitative dont l'histoire des industries culturelles en France a montré l'efficacité. Elle laisse l'initiative aux principaux acteurs de la publication, les créateurs et ayant-droits. Elle pourrait aussi, cerise sur le gâteau, donner un rôle intéressant aux bibliothèques comme vecteur de la mise en ligne des livres ainsi numérisés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ne s'agit sans doute pas d'une solution miracle et bien des variantes pourraient être proposées. Mais elle a le mérite de nous sortir des guerres de tranchées. Il sera temps ensuite de réviser les positions sur des bases plus raisonnables.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Edition et fin de parenthèse Gutenberg</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/04/12/Edition-et-parenthese-Gutenberg</link>
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        <pubDate>Thu, 12 Apr 2012 03:05:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                        <description>          &lt;p&gt;Voici donc une seconde initiative (après &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/03/08/Copy-party-et-fin-de-parenth%C3%A8se-Gutenberg&quot;&gt;celle-là&lt;/a&gt;) qui me rend optimiste. On commence enfin à penser une économie du document renouvelée transformant radicalement les anciennes pratiques, sans vouloir faire du web une nouvelle économie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Bon a une âme de pionnier et il a mis en place une belle coopérative d'édition numérique, &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;. Jusqu'ici il s'agissait d'une expérimentation pleine d'enseignements pour la littérature et la diffusion sur support numérique, soutenue par l'énergie de son promoteur et le tissu de sympathie qu'il avait su bâtir. Sa portée restait limitée du fait d'une économie structurellement précaire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aujourd'hui, FB, retrouvant le papier en ouvrant son activité à l'impression à la demande, referme paradoxalement à son tour la parenthèse Gutenberg, mais cette fois pour le métier d'éditeur. Comme à son habitude, il ne fait pas les choses à moitié. L'articulation économique, juridique et technique, entre le fichier numérique, considéré comme la matrice, et l'exemplaire imprimé, considéré lui comme un produit dérivé, est cohérente. Le rôle des libraires et celui des bibliothèques sont intégrés au modèle. Tous les détails sont à lire &lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2856&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;. C'est encore un chantier et bien des points doivent être précisés, mais la direction est clairement exposée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne sais si son intiative rencontrera le succès et améliorera son bilan financier, je lui souhaite évidemment. Mais c'est pour moi une des toutes premières initiatives sérieuses, y compris dans sa dimension économique, ouvrant la voie à un vrai modèle éditorial renouvelé, celui du 21e siècle. Et je suis persuadé qu'elle sera observée de près par bien du monde.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Stupide Gallimardise</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/02/17/Stupide-Gallimardise</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:f21abf864a8e678cdac3f935b9618956</guid>
        <pubDate>Fri, 17 Feb 2012 09:38:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                        <description>          &lt;p&gt;Bien stupide cette querelle faite à F. Bon par Gallimard sur les droits de traduction du &lt;em&gt;Vieil homme et la mer&lt;/em&gt; d'Hemingway Voir &lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2788&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.numerama.com/magazine/21718-gallimard-pousse-un-passionne-de-litterature-a-tout-arreter-maj.html&quot;&gt;là&lt;/a&gt;. Difficile de faire pire pour creuser encore le fossé entre éditeurs traditionnels et innovateurs du Web.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je peux comprendre que l'éditeur s'inquiète du risque de voir ses &quot;classiques&quot; sortir de façon sauvage de son portefeuille. Mais la longueur des droits US transforme aujourd'hui les éditeurs en rentiers sans vision. On attendrait de leur part moins de crispation et plus d'ouverture.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit de la réalité juridique de cette affaire, la manière est indigne, ridicule, de la part d'un éditeur considéré comme un des fleurons de la culture nationale vis-à-vis d'un des pionniers français de la diffusion de la littérature numérique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une suggestion, naïve mais élégante s'il est encore temps&amp;nbsp;: pourquoi ne pas publier chez Gallimard la nouvelle traduction de F. Bon en imprimé, et laisser à Publie.net la version électronique&amp;nbsp;? Et ensuite discuter plus sereinement de la suite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 février 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir l'analyse d'H. Guillaud sur&lt;a href=&quot;http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/02/17/nous-nechapperons-pas-a-reposer-la-question-du-droit/&quot;&gt; La Feuille&lt;/a&gt; qui pose bien les enjeux en mettant en avant le bien commun. D'accord à une importante nuance près&amp;nbsp;: la dénonciation des &quot;industries du copyright&quot; me parait peu efficiente quand elle ne s'accompagne pas en parallèle d'une critique des &quot;industries du fair use&quot;. Sinon on tombe de Charybde en Scylla, &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/06/08/%C2%ABIndustries-du-copyright%C2%BB-et-fair-use&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Récupérer le Web, version Apple</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/22/Recuperer-le-Web--version-Apple</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:a741c360f1b30baf39a0267f517ae272</guid>
        <pubDate>Tue, 24 Jan 2012 17:53:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                  <category>521. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie de la forme : Apple</category>
                <description>          &lt;p&gt;Nous le savons, la vitalité de &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; repose entièrement sur sa maîtrise de la première dimension du document, la forme. Cette tendance s'est encore accentuée en 2011. Voici le graphique actualisé, la courbe du chiffre d'affaires est maintenant presque verticale&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Revenus-Apple-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Revenus-Apple-2011.png&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Revenus-Apple-2011.png, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Le chiffre d'affaires a dépassé les 100 Mds de $ (108,25) pour un bénéfice de 43,8 Mds, soit une rentabilité commerciale de 40,5% pratiquement inchangée depuis trois ans, très supérieure à celle de &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Plus précisément, cet envol est du à deux produits&amp;nbsp;: la vente de iPad a triplé entre 2010 et 2011 (311%) et celle de iPhone presque doublé (87%). La vente de ces deux matériels représente respectivement 19% et 43% du chiffre d'affaires global de la firme en 2011, soit au total plus de la moitié de celui-ci. Par comparaison, la vente de contenu a augmenté de 28% d'une année sur l'autre et compte pour 6% dans le chiffre d'affaires, pourcentage en baisse régulière (8% en 2010 et 9% en 2009).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Source&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://investor.apple.com/secfiling.cfm?filingID=1193125-11-282113&amp;amp;CIK=320193&quot;&gt;rapport d'activité 2011&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette réussite est en même temps une fragilité pour la firme qui ne peut compter pour maintenir une telle croissance que sur l'augmentation du parc par l'ouverture de nouveaux marchés ou sur des innovations de produit, aujourd'hui incertaines.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre le lancement par &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; de son service &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.apple.com/ibooks-author/&quot;&gt;iBook Autor&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; entièrement tourné vers le manuel scolaire, où une nouvelle fois il a mis tout son savoirfaire en design en refusant toute interopérabilité. On le sait, le projet était déjà dans les cartons de Steve Jobs et n'est pas une simple application supplémentaire. Pour la firme, ce n'est pas tant le manuel scolaire en lui-même qui est intéressant que sa capacité à habituer (formater) les jeunes lecteurs à la pratique de la tablette.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le meilleur outil de marketing du livre est l'école. Nous avons appris à lire et à écrire sur un objet extraordinaire&amp;nbsp;: le codex. Cette forme nous est depuis familière, naturelle. Si demain nos enfants apprennent à lire, écrire et compter sur un nouvel objet aux fonctionnalités tout aussi décoiffantes&amp;nbsp;: un iPad ou son successeur, il y a fort à parier qu'ils ne pourront plus s'en passer en grandissant. La tablette remplacera alors définitivement le codex dans la vie quotidienne des générations à venir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Reste que ces stratégies de verrouillage du Web au profit d'une seule firme, qu'elle s'appelle &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt;, risquent de rencontrer de fortes résistances politiques et éthiques. On voit mal des Etats laisser la maîtrise des documents, essentiels dans la régulation des sociétés humaines à un oligopole de sociétés privées, quoique, si l'on fait un parallèle avec ce qui se passe du côté de la finance, on puisse s'interroger...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu 25 janvier 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi les &lt;a href=&quot;http://www.apple.com/pr/library/2012/01/24Apple-Reports-First-Quarter-Results.html&quot;&gt;résultats du premier trimestre&lt;/a&gt; suivant, qui amplifient encore la tendance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 janvier 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;aKa, « &lt;a href=&quot;http://www.framablog.org/index.php/post/2012/01/17/apple-iphone-ipad-chine-enfant&quot;&gt;L’iPhone et l’enfant de 13 ans travaillant 16h par jour pour 0,70 dollars de l’heure&lt;/a&gt; », text, janvier 17, 2012.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Amazon, l'hybride</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/01/Amazon</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:ce70930af16fc5668ccca9d17a0ca9f9</guid>
        <pubDate>Sun, 01 Jan 2012 08:32:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>52. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial</category>
                <description>          &lt;p&gt;La politique de prêt de ebooks via &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt;, relancée par son alliance avec &lt;em&gt;Overdrive&lt;/em&gt;, a fait l'objet d'analyses et inquiétudes récentes (v. la &lt;a href=&quot;http://www.inaglobal.fr/edition/article/amazon-ouvre-encore-le-debat-sur-le-pret-de-livres-numeriques&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;synthèse par INA-Global&lt;/a&gt;, commentée par &lt;a href=&quot;http://www.bibliobsession.net/2012/01/02/livre-numerique-2012-une-annee-charniere&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;S. Mercier&lt;/a&gt;, sur ce blogue le&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/06/14/Emprunter-un-bon-livre-num%C3%A9rique&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt; billet de Ch. Lalonde&lt;/a&gt;). Avant d'y revenir, il est utile de comprendre la stratégie d&lt;em&gt;'Amazon&lt;/em&gt; et de la placer parmi les &lt;em&gt;Internet Big Five&lt;/em&gt;, telles que J. Battelle les appelle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.InternetBigFiveChartv1_m.jpg&quot; alt=&quot;InternetBigFiveChartv1.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;InternetBigFiveChartv1.png, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ces cinq sociétés ont été sélectionnées par JB sur la base de leur capitalisation boursière, le cash disponible, les internautes touchés, l'engagement par rapport aux données (les données des utilisateurs récoltées), l'expérience d'une plateforme, les deux derniers critères étant notés par JB lui-même sur la base de ses connaissances des sociétés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourtant, il n'est pas sûr qu&lt;em&gt;'Amazon&lt;/em&gt; joue dans la même catégorie. En réalité, il s'agit plutôt d'une société commerciale hybride entre le numérique et le physique. Pour bien le comprendre, il est utile de faire un détour par l'évolution de son chiffre d'affaires et de son bénéfice.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.CA-Amazon_m.jpg&quot; alt=&quot;CA-Amazon.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;CA-Amazon.png, janv. 2012&quot; /&gt;
Source&amp;nbsp;: Bilans annuels&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On y constate d'évidence une évolution radicalement différente entre le volume des ventes qui s'envole de plus en plus rapidement et le bénéfice, plus capicieux et bien modeste. Il semble que l'année 2011 ait encore accentué la tendance&amp;nbsp;: son bénéfice aurait baissé alors que les ventes auraient encore grandement augmenté grâce en particulier à une politique commerciale agressive sur les prix du Kindle, puis le lancement du Kindle Fire. Voici déjà une première différence avec les trois premiers du tableau dont les chiffres d'affaires &lt;ins&gt;et&lt;/ins&gt; les bénéfices sont conséquents.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour comprendre cette stratégie, car cette évolution structurelle est voulue et non subie, il ne faut pas raisonner à court terme, comme l'indique bien un &lt;a href=&quot;http://www.dailyfinance.com/2011/12/31/amazons-2011-a-blueprint-for-the-next-decade-of-gr/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;observateur&lt;/a&gt; du &lt;em&gt;Daily Finance&lt;/em&gt;. Selon lui, la firme aurait même mis en place en 2011 son programme pour les dix ans à venir. &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; serait définitivement un hybride entre (trad. JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;WalMart, un supermarché dominant, mais en ligne...&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Cotsco, au travers un continuum de ventes liées par Amazon Prime, qui lui fournit un flux de revenus annuels...&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Apple en proposant un matériel qui est intégré verticalement avec les logiciels verrouillés.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cotsco&lt;/em&gt; est une chaîne de magasins réservés aux détenteurs d'une carte de membre offrant toute une série d'avantages commerciaux. Actuellement &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; perdrait 11 $  par adhérent annuel à son programme &lt;em&gt;Prime&lt;/em&gt; qui est pourtant un énorme succès public (&lt;a href=&quot;http://moneyland.time.com/2011/11/14/amazon-prime-loses-11-annually-per-member-%E2%80%A6-and-its-a-huge-success/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Le parallèle avec &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; vient évidemment de la comparaison et la concurrence entre l'Ipad et le Kindle et leur écosystème. Pourtant le parallèle a aussi quelques limites. Dans le couple indissociable contenant/contenu, &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/08/25/Apple%2C-la-strat%C3%A9gie-de-la-forme&quot;&gt;la priorité d'''Apple''&lt;/a&gt; est sur le premier terme, tandis que celle d'Amazon est sur le second.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi, &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; est bien une firme hybride et non un &lt;em&gt;pure player&lt;/em&gt;, comme les autres participants au club  des &lt;em&gt;Big Five&lt;/em&gt;. Mieux, contrairement aux autres, Amazon n'a pas construit son succès sur une technologie en rupture avec l'existant, mais bien par une stratégie marketing classique, utilisant au mieux les spécificités du numérique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Regardons de plus près les conséquences de cette stratégie dans son premier marché historique, le livre touché à tous les niveaux de sa production-distribution par le numérique. On y constate que l'objectif d&lt;em&gt;'Amazon&lt;/em&gt; est de couvrir l'ensemble de la chaîne économique et non seulement le maillon final de la distribution et de la vente,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un analyste de &lt;em&gt;Forbes&lt;/em&gt; a fait l'inventaire des principales décisions de la firme sur les dix dernières années et le marché américain, dans un article récent au titre révélateur, &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.forbes.com/sites/venkateshrao/2011/12/14/the-amazon-playbook/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Why Amazon Is The Best Strategic Player In Tech&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; (trad. JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;L'achat en un clic.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;La livraison gratuite au delà de 25$.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Le premier à proposer la commercialisation, astucieuse et pratique, mais prédatrice, de l'autopublication, à une époque (fin 90) où il était pratiquement impossible de se faire distribuer, même pour un petit éditeur.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Création d'un marché du livre d'occasion qui est passé de 4% à 30% du marché total en quelques années (chiffre déjà ancien).&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Combat contre les imprimeurs à la demande en utilisant son modèle d'expédition en 24h comme une arme pour amener les volumes imprimés à BookSurge dans ses opérations internes.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Couper l'herbe sous les pieds de Lulu, le pionnier de l'autopublication, avec l'offre Createspace, proposant aux auteurs une meilleure marge.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Démarrage du programme d'affiliation (qui selon des sources non-vérifiées représenterait 40% des ventes).&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Rendre la publication sur Kindle ultra-simple.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Proposition pour les éditeurs de droits attractifs sur le Kindle, 70% entre 2,99$ et 9,99$, difficile à refuser pour cette gamme de prix&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Une fois que la chaîne traditionnelle d'approvisionnement est suffisamment affaiblie pour que les éditeurs traditionnels ne soient plus très utiles, montée en puissance de la discussion directe avec les auteurs.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Commencer par une expérience ebook la plus proche possible des livres traditionnels, mais pousser aussi vite que les lecteurs puissent tenir vers des formats numériques plus flexibles (blogues sur le Kindle, Kindle &quot;single&quot;, et avec les fonctionnalités récemment annoncées, des images de bonne qualité).&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Pousser résolument le pion Kindle vers la reine avec le modèle de prêt de livres et la récente offre-que-vous-ne-pouvez-pas-refuser pour les éditeurs d'exclusivité sur les Kindles pendant au moins les 90 premiers jours (l'année prochaine on basculera sans doute vers une priorité ou une exclusivité pour beaucoup de petits éditeurs&amp;nbsp;; jusqu'à présent les ebooks ne sont considérés que comme un marché supplémentaire).&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Et pendant tout ce temps, maintenir l'expérience d'achat familière, mais en enlevant tous les obstacles pour accroitre les conversions et les ventes au cours de la même visite avec des mécanismes allant du feuilletage jusqu'aux recommandations de lectures comparables et le regroupement des recommendations.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;On peut relire facilement cette histoire à partir des 4P (Product, Price, Place, Promotion) du marketing stratégique le plus basique, bien loin des ruptures qu'ont constitué le lancement du programme Google-book et son feuilleton ou encore celui de l'iPad et la guerre des brevets.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelques mots pour finir sur le nouveau service de prêts et les bibliothèques. Sans reprendre les analyses rappelées au début de billet, juste quatre nuances ou insistances&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Une bibliothèque s'adresse d'abord à la communauté locale qui la finance. Dans ce contexte, la liseuse et les logiciels associés jouent le même rôle de repérage et contrôle que l'entrée sur le domaine de l'université de l'étudiant quand il se connecte par son identifiant. C'est pourquoi, il me parait peu raisonnable d'imaginer un système ouvert, sauf à vouloir changer radicalement le modèle éditorial et le modèle bibliothéconomique pour ce qui n'est pour le moment qu'une chimère.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La fracture numérique n'est pas une chimère. Il est du devoir des bibliothèques de la combattre et ce combat risque de durer longtemps. C'est pourquoi il est important de prêter aussi des liseuses et pas seulement des fichiers.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Par construction, la mission des bibliothèques est de retirer les contenus des contraintes commerciales pour les proposer au public. Il est donc contradictoire pour elles qu'un prêt se conclut par une offre commerciale exclusive. Mais les bibliothèques francophones, même en consortium, ne pèsent pas lourd vis-à-vis des stratégies des &lt;em&gt;Big Five&lt;/em&gt;. Aussi la seule voie pour préserver le service public de la lecture semble la voie légale ou réglementaire qui devrait interdire ce genre de pratique. Je ne suis pas juriste, mais il ne m'étonnerait pas que des textes appuyant cette interdiction existent déjà.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Enfin, les bibliothèques devraient mener un combat plus affirmé pour l'anonymat de la lecture et ce type de service de prêts pourrait être une occasion d'avancer en ce sens grâce à une interface de la bibliothèque entre &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; et le lecteur.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 7 janvier 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A lire la suite de la réflexion de J Battelle &lt;a href=&quot;http://battellemedia.com/archives/2012/01/the-internet-big-five-by-product-strength.php&quot;&gt;The Internet Big Five By Product Strength&lt;/a&gt;, qui confirme la situation décalée d&lt;em&gt;'Amazon&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 16 janvier 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lire &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/01/www.smartinsights.com/digital-marketing-strategy/online-business-revenue-models/amazon-case-study/&quot;&gt;Amazon.com case study&lt;/a&gt;, Smart Inside, 16 janvier 2012.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 fév 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0201874234062-amazon-deroule-sa-strategie-en-ignorant-la-bourse-282575.php&quot;&gt;Amazon déroule sa stratégie en ignorant la Bourse&lt;/a&gt;, Les Echos 31 janv 2012&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17-04-2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;« &lt;a href=&quot;http://seattletimes.nwsource.com/html/localnews/2017895493_amazonsalestax03.html&quot;&gt;States fight back against Amazon.com’s tax deals&lt;/a&gt; ». The Seattle Times.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Série d'articles sur l'organisation d'Amazon.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Apple, la stratégie de la forme</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/08/25/Apple--la-strategie-de-la-forme</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:65eae7fb9e1dba2fd7927a46803a064b</guid>
        <pubDate>Thu, 25 Aug 2011 11:50:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>521. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie de la forme : Apple</category>
                <description>          &lt;p&gt;À l'occasion du départ de S. Jobs, voici une petite analyse de la stratégie de Apple à partir de la théorie du document qui synthétise plusieurs billets de ce blogue. Pour un bref rappel de cette dernière, voir la &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=5ICyFJouHv4&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;vidéo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Steve Jobs déclarait dans la dernière présentation des comptes de la firme dont il était le Pdg «&amp;nbsp;Nous sommes ravis de présenter notre meilleur trimestre depuis la fondation de la firme, avec des revenus en hausse de 82% et des bénéfices en hausse de 125% .&amp;nbsp;» Apple était un fabricant d’ordinateur, concurrent en difficulté de Microsoft sur la bureautique, malgré de fortes compétences en design. Apple est aujourd'hui la deuxième capitalisation boursière mondiale après être passée devant Microsoft en janvier 2011. Voici l'évolution de la répartition de son chiffre d'affaires ces dernières années.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.CA-Apple_m.jpg&quot; alt=&quot;CA-Apple.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;CA-Apple.png, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On peut tirer deux constats de ce graphique. Tout d’abord, la vente de documents, quasi nulle en 2003 (36 millions de dollars) début de iTunes, avoisine aujourd’hui les 5 milliards et concerne aussi bien la musique que l’écrit ou l’image. Pour important que soit ce chiffre, il ne pèse pourtant pas lourd devant celui de la vente de machines qui explique à lui seul l’orientation spectaculaire de la courbe. Parti de 5,5 milliards en 2003, le chiffre d’affaires du matériel est multiplié par dix en 2010 avec les succès du iPod, puis du iPhone et enfin de l’iPad. Poursuivant sa tradition de fabricant, l’intérêt d’Apple pour les documents du web est motivé par la vente des terminaux. La firme s’assure un monopole sur l’accès aux documents numériques, soit en les distribuant lui-même, soit en gardant l’exclusivité des applications de navigation sur le web proposées par des développeurs extérieurs, pour favoriser l’achat de son matériel. Ainsi un cercle vertueux s’engage entre documents et terminaux sous la marque Apple.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Utilisant son savoir-faire sur le design, Apple a construit son avantage concurrentiel sur la première dimension du document, la forme. Pour le document numérique la forme se dessine par l’articulation de plusieurs éléments&amp;nbsp;: le design du terminal, l'affichage du fichier et, le cas échéant, le rendu sonore. Le génie d'Apple est d'avoir perçu la valeur de la forme pour les documents numériques et d’avoir su répondre à l’attente des usagers dans ce domaine. L’iPod, l’iPhone et maintenant l’iPad sont, comme le livre, des objets transitionnels, des promesses. Tout comme le livre, ils sont maniables, transportables, appropriables par l’individu. Ces caractéristiques, qui ont fait la supériorité du codex sur le volumen au début de notre ère, soulignent aujourd’hui celle de ces nouveaux objets nomades (smartphones, tablettes) sur les micro-ordinateurs pour la consommation courante de documents numériques. Les documents numériques ont conquis le quotidien des populations, il faut des outils simples et intuitifs pour y accéder. Les promesses sont d'autant plus importantes que le web est une caverne d'Ali Baba dont l’internaute a entr’ouvert la porte et dont la profondeur semble infinie. Dès lors, celui qui détient le sésame du contrat de lecture de cette première dimension, les règles plus ou moins explicites du repérage des documents, se trouve dans une position privilégiée, comme l’était l’imprimeur-libraire au XVIIIe siècle quand le livre imprimé a trouvé un marché de masse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est naturel que les internautes les plus avertis et les plus cultivés aient été les premiers séduits. Souvent ils étaient déjà familiers de l’univers bureautique d’Apple. Ils mesurent la valeur du contenu du web et sont sensibles par leur éducation à l'esthétique proposée. Ces premiers acheteurs ont entraîné les autres. Le soin mis au graphisme, au tactile et à l'image animée captive aussi les plus jeunes générations. L’ergonomie, la maniabilité des récents outils d’Apple pourraient conduire au premier ébranlement sérieux des fondations de la citadelle livre s’ils sont adoptés à l'école, car le meilleur outil de marketing du livre est bien l'école obligatoire où l'on apprend à lire, à écrire, à compter et à accéder au savoir sur des codex.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le monde du livre, la valeur économique est passée progressivement de l'imprimeur-libraire à l'éditeur, c'est à dire de la dimension forme à la dimension texte, au fur et à mesure que les savoir-faire d'impression et de mise en page se sont stabilisés et que leurs coûts ont été internalisés dans l'ensemble de la filière. Pour suivre l'analogie, on pourrait dire qu’Apple a un temps d'avance sur l'impression et la reliure (le terminal et son administration) et a réussi à affermer une armée de typographes indépendants (les producteurs d'applications). Mais l’évolution n’est pas terminée. Sur le moyen terme il n’est pas sûr que le nouveau contrat de lecture formel qui s'invente aujourd’hui sur le numérique, et qui progressivement s'internalisera, puisse être approprié par une seule firme, même protégée par toutes sortes de brevets. La forme des documents est une dimension trop essentielle de notre relation au savoir pour être confisquée par un seul joueur. La stratégie d’Apple n'est gagnante que tant que l'innovation interdit à la concurrence de prendre place.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour la suite, tout dépendra donc de la position de la firme sur le marché des documents numériques qu’Apple tente de conquérir et verrouiller. Cette stratégie poursuit en l'adaptant l’ordre documentaire antérieur dominé par l’édition qui vend des objets et protège le contenu par la propriété intellectuelle. Les discussions avec les éditeurs sont délicates. Ceux-ci craignent à juste titre les conséquences sur leur marge d’un monopole de la distribution. Mais ces négociations difficiles ne remettent pas apparement, pour le moment, en cause leur modèle. En devenant distributeur de document, Apple préserve la propriété intellectuelle. Et en ouvrant, par ailleurs, ses terminaux largement sur le web, il autorise aussi le partage. Tout cela dans l’intérêt bien compris de la firme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il existe pourtant une différence fondamentale entre le modèle traditionnel de l’édition et celui que met en place Apple pour la consommation de biens culturels. Robert Stallman l’a bien &lt;a href=&quot;http://stallman.org/articles/ebooks.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;souligné&lt;/a&gt;, même s’il s’exprimait sur son concurrent Amazon. Aucune de ces caractéristiques du produit de l’édition, le livre, n’est maintenue dans le ebook&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;On peut l’acheter de façon anonyme en payant comptant.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Il vous appartient.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On n’est pas obligé de signer une license qui en restreint l’usage.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Son format est connu, aucune technologie propriétaire n’est nécessaire pour le lire.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On peut le donner, le prêter ou le vendre à quelqu’un d’autre.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On peut concrètement numériser et copier le livre, et c’est même parfois autorisé malgré la propriété intellectuelle.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Personne n’a le pouvoir de détruire votre livre.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Quelques avantages du livre imprimé sont aussi rappelés dans cette délicieuse vidéo espagnole qui met bien en valeur la dimension «&amp;nbsp;forme&amp;nbsp;» du document livre&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object width=&quot;640&quot; height=&quot;360&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/5QH-MG6gw5A?version=3&quot;&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/5QH-MG6gw5A?version=3&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;640&quot; height=&quot;360&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;/div&gt;



&lt;p&gt;Avec Apple ne sommes plus, en réalité, dans le modèle traditionnel de l’édition, qui vend définitivement un bien, du contenu inscrit sur un objet, mais déjà passé dans celui du web média basé sur le service qui vend un accès large et immédiat au contenu.. sous contrôle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi la concurrence Amazon/Apple&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://owni.fr/2011/08/24/nouvelle-bataille-dans-la-guerre-entre-apple-et-amazon-ebook-ipad/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Apple à livre ouvert&lt;/a&gt; sur OWNI&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 1er sept 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir le billet d'O. Ezratty&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.oezratty.net/wordpress/2011/les-dessous-de-la-bataille-entre-apple-et-google/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Les dessous de la bataille entre Apple et Google&lt;/a&gt;, 24 aout 2011&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Actu du 5 sept 2011&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi le NYT&amp;nbsp;:
&lt;a href=&quot;http://www.nytimes.com/2011/08/29/business/media/steve-jobs-reigned-in-a-kingdom-of-altered-landscapes.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Steve Jobs Reigned in a Kingdom of Altered Landscapes&lt;/a&gt;
By DAVID CARR
Published: August 27, 2011&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 20 sept 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir la jolie infographie de Rue 89&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/2011/09/20/la-guerre-des-geants-du-web-dans-une-application-rue89-221996&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;La guerre du web&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 3 oct 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir ce billet de &lt;em&gt;The Future of Reading&lt;/em&gt;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://billhillsblog.blogspot.com/2011/10/should-apple-and-amazon-really-control.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Should Apple and Amazon REALLY Control eBook Design?&lt;/a&gt; , 2 oct 2011.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 4 janv 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi ce rappel &lt;a href=&quot;http://www.tomsguide.fr/article/apple-design-macintosh,5-47.html&quot;&gt;Apple&amp;nbsp;: une histoire de design&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>le ebook est une menace pour la liberté (Stallman)</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/06/10/le-ebook-est-une-menace-pour-la-liberte-%28Stallman%29</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:609e6a3690c4f63459757063bdb9a254</guid>
        <pubDate>Fri, 10 Jun 2011 03:07:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                  <category>521. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie de la forme : Apple</category>
                <description>          &lt;p&gt;À lire l'intéressant &lt;a href=&quot;http://www.actualitte.com/dossiers/1500-stallman-ebook-numerique-livre-liberte.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;entretien&lt;/a&gt; de R. Stallman, toujours aussi radical, sur &lt;em&gt;Actualitté&lt;/em&gt;. Extraits&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les livres numériques sont une menace aux libertés traditionnelles des lecteurs. Le meilleur exemple en est le Kindle, qui attaque les libertés traditionnelles. Pour acquérir une copie d’une œuvre, le droit à l'anonymat, par le paiement en liquide par exemple, est impossible. Amazon garde trace de tout ce que les utilisateurs ont lu.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il y a aussi la liberté de donner, prêter ou vendre les livres à quelqu'un d'autre. Mais Amazon élimine ces libertés par les menottes numériques du Kindle et par son mépris de la propriété privée. (..)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il y a aussi la liberté de garder les livres et de les transmettre à ses héritiers. Mais là encore, Amazon élimine cette possibilité par une porte dérobée dans le Kindle, qui a été utilisée en 2009 pour supprimer des milliers d'exemplaires de copies autorisées du 1984 d'Orwell. (..)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;La menace à la liberté est le problème principal. Donc les autres bienfaits possibles sont sans importance.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Stallman est ainsi nostalgique du modèle traditionnel de l'édition (voir cours &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/dotclear/admin/post.php?id=722&amp;amp;upd=1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Module 4&lt;/a&gt; en particulier diapo 7 et 20.). Le problème est que le modèle d'affaires du web s'affirme de plus en plus comme celui de la trace. Il y aurait là une place à prendre pour les bibliothèques à condition qu'elles sachent s'affranchir des contraintes des poids lourds du web pour préserver l'anonymat de la lecture (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/09/22/Vie-priv%C3%A9e-et-biblioth%C3%A8ques&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 12 juin 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le point de vue de Stallman directement par lui-même &lt;a href=&quot;http://stallman.org/articles/ebooks.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, repéré par Lorenzo Soccavo &lt;a href=&quot;http://ple-consulting.blogspot.com/2011/06/des-lecteurs-de-terrain-plus-proches-de.html?spref=fb&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;. et traduit en Français par H. Bienvault &lt;a href=&quot;http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2011/06/richard-stallmann-la-lutte-a-d%C3%A9j%C3%A0-commenc%C3%A9.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 14 juin 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour élargir la question, on peut remarquer que le traçage des personnes a tendance à les enfermer dans une bulle informationnelle, selon l'expression d'Eli Pariser. Voir critique de son livre sur &lt;a href=&quot;http://www.internetactu.net/2011/06/13/le-risque-de-lindividualisation-de-linternet/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;InternetActu&lt;/a&gt; et chez &lt;a href=&quot;http://www.culturelibre.ca/2011/06/13/google-relatif/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Olivier Charbonneau&lt;/a&gt;, et sa conférence à TED ci-dessous&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;div&gt;&lt;object width=&quot;446&quot; height=&quot;326&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot;/&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;bgColor&quot; value=&quot;#ffffff&quot;&gt;&lt;/param&gt; &lt;param name=&quot;flashvars&quot; value=&quot;vu=http://video.ted.com/talk/stream/2011/Blank/EliPariser_2011-320k.mp4&amp;su=http://images.ted.com/images/ted/tedindex/embed-posters/EliPariser-2011.embed_thumbnail.jpg&amp;vw=432&amp;vh=240&amp;ap=0&amp;ti=1091&amp;lang=eng&amp;introDuration=15330&amp;adDuration=4000&amp;postAdDuration=830&amp;adKeys=talk=eli_pariser_beware_online_filter_bubbles;year=2011;theme=new_on_ted_com;theme=a_taste_of_ted2011;theme=bold_predictions_stern_warnings;theme=what_s_next_in_tech;event=TED2011;tag=Culture;tag=Global+Issues;tag=Technology;tag=journalism;tag=politics;&amp;preAdTag=tconf.ted/embed;tile=1;sz=512x288;&quot; /&gt;&lt;embed src=&quot;http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf&quot; pluginspace=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; bgColor=&quot;#ffffff&quot; width=&quot;446&quot; height=&quot;326&quot; allowFullScreen=&quot;true&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot; flashvars=&quot;vu=http://video.ted.com/talk/stream/2011/Blank/EliPariser_2011-320k.mp4&amp;su=http://images.ted.com/images/ted/tedindex/embed-posters/EliPariser-2011.embed_thumbnail.jpg&amp;vw=432&amp;vh=240&amp;ap=0&amp;ti=1091&amp;lang=eng&amp;introDuration=15330&amp;adDuration=4000&amp;postAdDuration=830&amp;adKeys=talk=eli_pariser_beware_online_filter_bubbles;year=2011;theme=new_on_ted_com;theme=a_taste_of_ted2011;theme=bold_predictions_stern_warnings;theme=what_s_next_in_tech;event=TED2011;tag=Culture;tag=Global+Issues;tag=Technology;tag=journalism;tag=politics;&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;



&lt;p&gt;La tendance à l'entre-soi est naturelle sur les réseaux sociaux.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Le livre toujours</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/05/25/Le-livre-toujours</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:5880a0fbd4f68d459eefc1523550af6b</guid>
        <pubDate>Wed, 25 May 2011 08:16:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                  <category>423. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; Immédiateté et mémoire</category>
                <description>          &lt;p&gt;À contrecourant de l'opinion ou du souhait d'un bon nombre de blogueurs, il se confirme que, pour le moment, le livre résiste aux assauts du numérique. C'est à dire que le livre se maintient dans l'unité de ses trois dimensions (forme-texte-médium), avec une transposition numérique. De nouveaux acteurs importants ont émergé en aval de la filière (&lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;), celle-ci est toujours dominée par l'acteur principal de l'amont, l'éditeur. Les expériences de livres augmentés, livres inscriptibles, livres-réseau ou même auto-édition restent marginales, quantitativement et économiquement, même si elles sont importantes, comme éclaireurs, inventions de nouvelles formes, nouvelles littératures, nouvelles relations. La comparaison souvent faites avec le destin de l'industrie musicale ne parait pas pertinente.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'affirmation peut paraître brutale, elle ne surprendra pas les lecteurs assidus de ce blogue (p. ex. &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2007/11/17/369-la-resistance-du-livre&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Trois documents récents la confortent aujourd'hui. Les trois proposent une synthèse, de pertinence variable nous le verrons, sur un point clé de l'évolution de la filière.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Achats et ventes de droits de livres numériques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Perceval Pradelle, &lt;em&gt;Achats et ventes de droits de livres numériques&amp;nbsp;: panorama de pratiques internationales (Bureau international de l’édition française&lt;/em&gt;, mars 10, 2011). &lt;a href=&quot;http://www.bief.org/fichiers/publication/3188/media/7764/ETUDE%20NUMERIQUE%20MARS%202011.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;le BIEF a réalisé une enquête auprès de professionnels du livre à Munich, Milan, Madrid, Londres, Barcelone, New York, São Paulo et Tokyo. 32 entretiens ont été menés de novembre à décembre 2010. Sans doute, les résultats d'une enquête pilotée par un organisme défendant les éditeurs doivent être interprétés avec prudence. Néanmoins, ils sont très radicaux, montrant qu'aujourd'hui l'édition numérique n'est qu'une déclinaison supplémentaire de l'édition traditionnelle, comme il y en a déjà eu souvent dans l'histoire. Extraits&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les éditeurs anglo-saxons ou japonais acquièrent ainsi les droits numériques depuis une dizaine d’années. Bien souvent, obtenir ces droits est une condition sine qua non à l’achat des droits papier chez les éditeurs anglo-saxons rencontrés (dealbreaker). Sur les autres marchés (européens et brésiliens), l’achat systématique des droits numériques est plus récent, remontant à une ou quelques années, dans tous les cas moins de dix.&lt;/em&gt; p.15&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Autoédition&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En examinant la question de plus près, il apparaît que le refus de céder les droits est plus souvent le fait des agents que des auteurs.&lt;/em&gt;  (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Plusieurs raisons peuvent expliquer le choix de conserver les droits. Bien souvent, les auteurs souhaitent simplement attendre de voir comment évolue le marché et les rémunérations. L’autoédition attire certains d’entre eux et, en raison de la tentation que celle-ci représente, tout éditeur est désormais en droit de craindre le départ d’auteurs phares, dont la production assurait jusque-là une part importante des revenus de la maison.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Un des agents interrogés rappelle toutefois que, dans le cas précis des auteurs célèbres, dont les titres drainent les ventes, l’avance qui leur est versée en contrepartie de la cession des droits papier représente souvent des montants colossaux, à six ou sept chiffres, et constitue donc un revenu sûr – face à des ventes numériques hypothétiques – ainsi qu’un argument de poids pour convaincre les auteurs de céder leurs droits.&lt;/em&gt; p.19&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Au Japon enfin, les éditeurs rencontrés disent avoir, en comparaison avec les pays occidentaux, un lien plus direct et plus fort avec leurs auteurs, lien qui se caractérise notamment par une large prise en charge financière de la phase de rédaction des manuscrits. Aussi, les auteurs sont-ils plus fidèles à leur éditeur et moins enclins à couper les liens mutuels. Quelques rares cas de refus sont néanmoins rapportés. Ils sont justifiés par des projets d’autoédition et, phénomène singulier, il arrive que des auteurs s’associent en petits groupes de 3 ou 4 personnes pour exploiter conjointement leurs œuvres sous forme numérique.&lt;/em&gt; p.20&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Livres augmentés&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;À l’exception du Japon, où le genre d’édition numérique prédominant est le manga, les maisons interrogées proposent essentiellement des livres numériques constitués de textes, copies homothétiques de l’édition papier. Les illustrés et livres pour enfants sont fréquemment exclus de l’offre numérique, tout au moins temporairement, ou, lorsqu’ils en font partie, ne représentent qu’une part mineure de celle-ci. En effet, d’une numérisation complexe sur le plan technique, les livres illustrés requièrent également de la part de l’éditeur de s’assurer de la possession des droits numériques pour chacune des images, un processus souvent long et aux résultats incertains.&lt;/em&gt; p.30-31&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sans surprise, la production de contenus enrichis demeure marginale parmi les éditeurs interrogés. Cela s’est vérifié dans chacune des villes visitées. Citons pour illustrer une enquête récente tentant de quantifier ce phénomène sur le marché américain – enquête réalisée au mois de décembre 2010 auprès de 600 maisons d’édition par le cabinet Aptara3 – et faisant apparaître que seules 7 % d’entre elles ont déjà produit des livres numériques augmentés. Si la production reste faible, plusieurs expérimentations sont réalisées toutefois dans ce sens, quelques unes connaissant même un certain succès.&lt;/em&gt; p.31&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Ventes&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Si toutes les maisons pratiquent la vente de livres numériques à l’unité, certaines, une minorité, envisagent de développer en parallèle la formule par abonnement, permettant de télécharger un nombre limité de titres pour une somme forfaitaire mensuelle. Ce système de commercialisation est déjà bien implanté au Japon pour la vente de magazines et de mangas sur téléphones portables, et les éditeurs japonais qui y recourent réfléchissent à une extension de ce modèle sur lecteurs numériques (liseuses et tablettes).&lt;/em&gt; p.32&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Google et les éditeurs français&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Matthieu Reboul, «&amp;nbsp;Google et les éditeurs français&amp;nbsp;: les raisons de la colère », &lt;em&gt;INA Global&lt;/em&gt;, mai 23, 2011, &lt;a href=&quot;http://www.inaglobal.fr/edition/article/google-et-les-editeurs-francais-les-raisons-de-la-colere&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;INA-Global&lt;/em&gt; propose une remarquable synthèse du feuilleton de &lt;em&gt;Google-Books&lt;/em&gt; et des relations orageuses entre &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; et les éditeurs français et des jeux entre les règles et les systèmes juridiques différents des deux côtés de l'Atlantique. La bataille n'est pas terminée, mais il est déjà sûr que le livre, dans son acception traditionnelle, en sortira gagnant. Son intégrité n'est plus remise en cause, ni la pertinence de la propriété intellectuelle sur l’œuvre. La question qui se pose aujourd'hui est celle de l'entrée de &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; sur le marché du livre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'agit pour la firme d'une diversification qui souligne un renoncement. Son métier de base est, en effet, de traiter les textes, indépendamment des documents, autrement dit ici de déconstruire les livres. Même si quelques timides applications sont proposées (p. ex. N-Gram), on ne voit pas de ce côté de grandes ambitions poindre. &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; semble avoir admis l'ordre des livres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La stratégie d&lt;em&gt;'Amazon&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Amazon.com&amp;nbsp;: l’Empire caché&lt;/em&gt; FaberNovel, mai 2011. &lt;a href=&quot;http://www.slideshare.net/faberNovel/amazoncom-lempire-cach&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Diapos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La stratégie d' &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; a fait l'objet de moins d'analyses que celle d'autres firmes en vue du Nasdaq aussi ce diaporama était bienvenu. Malheureusement, il pêche par manque de rigueur et privilégie l'effet sur les faits. Ainsi par exemple, les chiffres d'affaires des cinq premières années de &lt;em&gt;ebay&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; sur la diapositive 6 sont farfelus comme on pourra le constater facilement sur les bilans des entreprises (&lt;a href=&quot;http://files.shareholder.com/downloads/ebay/1270901460x0x43758/0419EAD1-4C54-4DD3-9AB6-069A75D40340/2000_annual_10K.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Ebay2000&lt;/a&gt; p.22), &lt;a href=&quot;http://investor.google.com/pdf/2004_google_annual_report.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Google2004&lt;/a&gt; p.19, &lt;a href=&quot;http://media.corporate-ir.net/media_files/irol/97/97664/reports/00ar.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Amazon2000&lt;/a&gt; p.19).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Néanmoins oublions les premières diapositives, l'analyse proposée a le mérite de pointer les stratégies complémentaires et emboitées de la première librairie mondiale&amp;nbsp;: la distribution classique élargie à toutes sortes de produits, tirant partie de toutes les économies qu'autorise le réseau pour un nouveau venu&amp;nbsp;; le suivi des clients&amp;nbsp;; la bascule vers les produits numériques (&lt;em&gt;Kindle&lt;/em&gt;) et la vente d'espace machine (&lt;em&gt;cloud&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; est bien une des plus belle réussite économique sur le web, à partir du plus traditionnel des produits culturels, le livre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 31 mai 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur Google-Book voir&amp;nbsp;:
What next for Google after the Google Books Settlement rejection, eReport, 31 mai 2011, &lt;a href=&quot;http://activitypress.com/2011/05/31/what-next-for-google-after-the-google-books-settlement-rejection/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Les trois économies du ebook</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/09/Les-trois-economies-du-ebook</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:859552a72d1b46cadfaf23f0054e2aed</guid>
        <pubDate>Wed, 09 Mar 2011 03:19:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>41. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document</category>
                  <category>424. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; Les cinq industries de la mémoire</category>
                <description>          &lt;p&gt;Je ne dirai jamais assez combien je suis redevable de la veille effectuée par Jose Afonso Furtado (&lt;a href=&quot;http://twitter.com/jafurtado&quot; hreflang=&quot;pt&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). La majorité des billets de ce blogue sur l'actualité du numérique sont sans doute issus de son repérage. Merci donc à lui&amp;nbsp;! Dans la moisson d'hier, deux articles ont attiré mon attention car ils illustrent les dilemmes de l'industrie du livre dans son passage au numérique et expliquent sa résistance (pour la résistance du livre imprimé, voir aussi &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2007/11/17/369-la-resistance-du-livre&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2007/11/20/373-la-resistance-du-livre-2&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;). Ils seront ici le prétexte pour avancer encore d'un petit pas dans l'analyse de l'économie du &lt;em&gt;e-book&lt;/em&gt;, sans prétendre tout régler, les commentaires sont bienvenus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;“Ebooks: durability is a feature, not a bug | Technology | guardian.co.uk,” Mars 8, 2011, &lt;a href=&quot;http://www.guardian.co.uk/technology/2011/mar/08/ebooks-harpercollins-26-times&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Morris Rosenthal, “Is Google Books Destroying Publisher Website Visibility?,” Self Publishing 2.0, Mars 8, 2011, &lt;a href=&quot;http://www.fonerbooks.com/selfpublishing/?p=873&amp;amp;utm_source=feedburner&amp;amp;utm_medium=feed&amp;amp;utm_campaign=Feed%3A+SelfPublishing20+%28Self+Publishing+2.0%29&amp;amp;utm_content=Google+Reader&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le premier article, l'éditorialiste, Cory Doctorw (par ailleurs responsable du blogue&lt;em&gt; Boing Boing&lt;/em&gt;) s'insurge contre la prétention de &lt;em&gt;HarperCollins&lt;/em&gt; à vendre aux bibliothèques des copies de livres numériques qui s'autodétruiraient au bout de 26 consultations. Il conclut (trad JMS)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Celui qui croit que cela pourrait arriver n'a jamais passé un peu de temps avec un bibliothécaire&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le second billet, un petit éditeur numérique constate que son site devient invisible dans les recherches par &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;, au profit principalement de &lt;em&gt;Google-Books&lt;/em&gt; qui détient une copie de ses livres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour bien interpréter toutes ces interrogations et hésitations dont nous n'avons ici que deux anecdotes parmi beaucoup, beaucoup d'autres, il faut revenir à la théorie du document (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/09/15/Th%C3%A9ories-du-document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) que j'ai traduit en termes économiques pour l'exemple du livre dans le tableau ci-dessous&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Les_3_economies_du_livre_m.jpg&quot; alt=&quot;Les_3_economies_du_livre.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Les_3_economies_du_livre.png, mar. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un livre, quelque soit son format, a comme tout document trois dimensions indissociables, présentées sur le tableau en trois lignes. Et à chacune de ses dimensions est associée une économie qui privilégie un élément de valeur concurremment aux deux autres. Mais, il faut toujours avoir en mémoire que privilégier une dimension n'efface pas les deux autres qu'il faudra impérativement prendre en compte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si l'on raisonne par rapport à l'objet, la forme première ligne du tableau, alors nous sommes devant une marchandise ordinaire, même si elle a des caractéristiques originales, et une économie classique de vente de biens rivaux. L'édition s'est construite sur cette dimension. Elle a résolu le problème des deux autres dimensions d'une part par le droit de propriété intellectuelle (réduisant la non-rivalité de la deuxième dimension) et la saisonnalité des publications (pour gérer le temps de la troisième).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Maintenant si l'on raisonne par rapport au texte, nous sommes devant un bien non-rival. Seule une économie publique, collective peut se construire. Ce fut, et c'est encore, le domaine des bibliothèques qui mutualisent l'accès aux textes. Cette économie a réduit les difficultés liées aux deux autres dimensions par d'une part la réunion d'exemplaire (ici des prototypes) en un seul lieu et d'autre part les prêts ou consultations limitées dans le temps pour permettre le partage pour une collectivité donnée et limitée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Concernant la troisième dimension, celle de la lecture, nous retombons dans une économie de biens (ou plutôt de services) rivaux, puisque l'attention du lecteur est limitée. Le livre imprimé gérant un temps long, n'était que peu concernée sinon du fait de la concurrence des autres médias sur le temps de loisir et donc de l'érosion lente de la lecture de livre. L'économie de l'attention a été exploitée à partir de la mise en place des médias modernes, presse d'abord, puis radio-télévision qui ont géré l'espace temps de «lecture» pour pouvoir le vendre à des annonceurs. Les choses ont changé sur le web qui est fondé sur une économie de l'attention à partir de l'activité de lecture elle-même (voir &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2007/03/15/199-diffusion-vs-acces-deux-economies-antagoniques&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) et autorise aussi la diffusion de livres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Beaucoup considèrent que le &lt;em&gt;ebook&lt;/em&gt;, comme d'ailleurs l'ensemble des médias numériques, privilégierait la seconde dimension. Mais cette position suppose alors une économie publique ou au moins collective peu vraisemblable à l'échelle du web, sauf à refermer des écosystèmes sur des collectivités particulières capables de l'entretenir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les deux anecdotes citées en introduction illustrent les tâtonnements pour trouver d'autres voies. &lt;em&gt;HarperCollins&lt;/em&gt; tente de décliner la première dimension sur les bibliothèques, ce qui est clairement absurde. La seule voie réaliste pour l'articulation entre l'édition numérique et les bibliothèques parait celle de la license sans restriction d'accès qui préserve le caractère de bien commun du livre à l'intérieur de la communauté desservie sans épuiser le marché pour l'éditeur à l'extérieur. Quant au positionnement des éditeurs par rapport à &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;, il faut comprendre que ce dernier tend progressivement à accaparer l'économie de l'attention à son seul profit (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/20/Google-et-les-d%C3%A9placements-de-valeur&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; est un média qui devra bien un jour rémunérer les producteurs.. mais le plus tard et le moins possible.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Apple et le marché du contenu</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/29/Apple-et-le-marche-du-contenu</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:6e7ef959904a7e3614bd25a043083eb2</guid>
        <pubDate>Sat, 29 Jan 2011 02:55:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>521. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie de la forme : Apple</category>
                <description>          &lt;p&gt;En lisant un intéressant billet de H. Guillaud qui s'interroge sur la stratégie de &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/01/28/logre-amazon-aux-pieds-dargile/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), je me suis aperçu que je n'avais pas encore publié ce graphique de l'évolution du chiffre d'affaires de son concurrent sur les tablettes&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt;, réalisé à partir de la compilation de ses bilans financiers.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.CA-Apple_m.jpg&quot; alt=&quot;CA-Apple.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;CA-Apple.png, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On y voit clairement que le métier de &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; est la vente de contenant, de machine et OS, et non du contenu, de fichiers et Apps. Le contenu n'est là que pour stimuler le marché principal, même si sa stratégie a un fort impact sur ce dernier. En cela, &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; ressemble à &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; pour qui le contenu sert à alimenter le marché publicitaire (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/20/Google-et-les-d%C3%A9placements-de-valeur&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi il me parait difficile de comparer &lt;em&gt;iTune&lt;/em&gt; et les &lt;em&gt;Kindle Singles&lt;/em&gt; comme le propose O. Ertzscheid (&lt;a href=&quot;http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2011/01/amazon-invente-le-livre-single.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 3 mars 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Intéressante comparaison du WSJ entre la patience d'un S Jobs et la précipitation d'un Messier pour le lancement d'un nouveau produit &lt;a href=&quot;http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704754304576096180952188772.html?KEYWORDS=%22Steve+Jobs%22+%22foot-dragging%22&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>On n'achète pas une bibliothèque comme un livre</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/16/On-n-achete-pas-une-bibliotheque-comme-un-livre</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:12e8a3d5661adb4240b01f32e0c2776b</guid>
        <pubDate>Sun, 16 Jan 2011 12:25:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                  <category>412. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Lu : Bibliothèque</category>
                <description>          &lt;p&gt;François Bon vient de baisser de façon conséquente le prix des livres sur &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.publie.net/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. Un livre téléchargé chez lui coûte désormais 3,49 Euros contre 5,99 auparavant (et même un peu moins pour les Québécois exonérés de TVA). Parmi ses &lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2408&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;explications&lt;/a&gt;, la plus trivialement économique qui est sans doute secondaire pour lui, mais nous intéresse ici au premier chef est celle-ci&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En baissant de façon conséquente ce prix standard de 5,99 à 3,49 (et 2,99 pour les formes brèves), j’ai l’intuition que ce ne sera pas pénaliser les auteurs – au demeurant, même sur un téléchargement à 3,49, une fois enlevés les 57 cts de TVA, reste 1,46 à l’auteur en vente directe, et 0,85 en vente avec intermédiaire - , mais au contraire déplafonner notre distribution, passer à une autre échelle.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cela m'a rappelé deux autres billets assez spectaculaires. Le premier d'un auteur de roman policier américain prolifique, Joe Konrath, qui &lt;a href=&quot;http://jakonrath.blogspot.com/2010_09_22_archive.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;explique&lt;/a&gt; le 22 septembre 2010 comment il a vendu 103.864 ebooks. Extraits (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Aujourd'hui, je vends une moyenne 7.000 e-books auto-édités sur le Kindle. Ces chiffres concernent les 19 titres auto-publiés, bien que les six premiers comptent pour plus de 75%, en gros 5000 par mois.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cela signifie que ces six ont une moyenne de 833 ventes, ou rapportent 1.700$ par mois, chacun. Cela équivaut à 20.400$ par an et par livre pour mes meilleures ventes.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il poursuit son exposé détaillé en expliquant comment il est arrivé à ce chiffre. En résumé, il a choisi de s'auto-éditer en réduisant drastiquement le prix de vente de ses livres à 2,99$. De ce fait, ses droits en pourcentage ont augmenté car ils sont partagés en moins d'acteurs, et en même temps l'augmentation des exemplaires vendus augmente mécaniquement les revenus de façon spectaculairement plus importante que le manque à gagner de la baisse du prix.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette aventure débute à peine. À la fin de 2010 j'aurai gagné plus de 100.000 $ sur mes livres auto-édités, et ce n'est rien comparé à ce que j'attends pour 2011. Et j'y réussis sans tournée, sans promotion non-stop, sans dépenser beaucoup d'argent, et sans compter sur personne d'autre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sans doute même s'il est exemplaire en particulier par la forte activité sur le web qui favorise certainement l'accès à ses œuvres, le cas de J. Konrath ne peut être reproduit pour l'ensemble des auteurs. C'est un auteur reconnu, expérimenté à succès de littérature populaire. Mais au delà du cas particulier, l'exemple pose la question de ce que l'on vend, sans doute un livre, mais un livre dans un écosystème fort différent et par là même dans un système de valeur très différent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avant d'y venir, il est utile de consulter un troisième &lt;a href=&quot;http://www.evilgeniuschronicles.org/wordpress/2011/01/12/ebook-pricing-vs-revenue/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;billet&lt;/a&gt;, celui d'Evil Genius qui s'appuyant sur les chiffres de J. Konrath propose un petit modèle économétrique, dont le schéma ci-dessous résume bien la conclusion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Evil-Genius-12-01-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Evil-Genius-12-01-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Evil-Genius-12-01-2011.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bien sûr la construction du modèle est critiquable, ne s'appuyant que sur un exemple. Mais la démarche est utile et pourrait être menée de façon systématique avec les chiffres des grands acteurs. Le modèle est d'autant plus simple que les coûts variables de distribution dans le numérique sont très réduits. On peut même ajouter que la constitution de la maquette pour les livres récents ont été aussi très réduits par le numérique comme le montre l'&lt;a href=&quot;http://www.google.com/url?sa=t&amp;amp;source=web&amp;amp;cd=1&amp;amp;ved=0CB0QFjAA&amp;amp;url=http%3A%2F%2Fwww.lemotif.fr%2Ffr%2Fetudes-et-analyses%2Fetudes-du-motif%2Fcout-d-un-livre-numerique%2F&amp;amp;rct=j&amp;amp;q=Le%20co%C3%BBt%20d%E2%80%99un%20livre%20num%C3%A9rique&amp;amp;ei=iP83TcSHJNLpgAe7u4DyCA&amp;amp;usg=AFQjCNEbSvdzjyDwAdEc308PpSpZ-erIpg&amp;amp;cad=rja&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;étude&lt;/a&gt; de H Bienvault pour le MOTif.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En réalité ce modèle pose une question de fond qui est une petite révolution par rapport à la conception actuelle de la valeur éditoriale d'un livre. Il suppose de mesurer l'élasticité de la demande globale de livres par rapport à leur prix. Autrement dit, de supposer qu'un livre, ou plutôt un titre, est concurrent d'un autre en fonction de son prix, que les livres sont peu ou prou interchangeables.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On a tendance au contraire à penser qu'un livre, comme œuvre unique, est une sorte de monopole. On souhaite lire tel livre de tel auteur et on ne sera pas satisfait si on nous en propose un autre à la place. Et le droit d'auteur confère bien à ce dernier un monopole sur l'exploitation de son livre, qu'il peut ou non déléguer. Cette conception trouve sa traduction économique dans le modèle éditorial qui permet d'équilibrer le système global par une sorte de péréquation entre les revenus des titres à succès et ceux plus confidentiels. L'élasticité de la demande par rapport au prix serait faible dans le livre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais l'arrivée du web et surtout la montée des tablettes modifient considérablement la donne et l'attitude du lecteur. Sur un &lt;em&gt;Kindle&lt;/em&gt; ou un &lt;em&gt;iPad&lt;/em&gt;, on n'achète pas un livre, on se constitue une bibliothèque. On peut lire un livre de la première à la dernière page, mais on en lit souvent plusieurs en même temps et on pourra y revenir à tout moment, à la bonne page&amp;nbsp;; ou encore on se contentera de feuilleter un grand nombre de livres, zappant de l'un à l'autre, faisant des recherches. Et tout cela en tout lieu, à tout moment, du fait de la portabilité de sa bibliothèque réduite à une tablette. Nous retrouvons un propos souvent tenu ici&amp;nbsp;: le modèle du web est hybride entre celui de la bibliothèque et celui de la télévision.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dès lors, sans doute le lecteur sera attiré par tel ou tel titre particulier, mais la valeur principale est constituée par l'ampleur et l'adaptation de la collection qu'il pourra constituer et par la vitesse et la commodité de l'accès aux pages. Cette donnée nouvelle modifie vraisemblablement considérablement la sensibilité au prix et donc l'élasticité de la demande, d'autant que le web tend à tirer les prix du contenu vers le bas par l'abondance des ressources accessibles gratuitement et que constituer une collection est un investissement de départ non négligeable pour un e-lecteur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Conclusion si cette analyse est juste, F. Bon a eu bien raison de baisser drastiquement ses prix.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Codicille&amp;nbsp;: cela pose aussi des questions sur la place et l'économie des ebooks dans les bibliothèques comme institution. Il faudrait que j'y revienne.
Voir aussi la table ronde de la SACD du 17 janvier &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xgmmhx_l-ecrivain-au-cyur-du-numerique_creation#from=embed&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 21 janv 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur le contrat d'édition, voir la &lt;a href=&quot;http://paralipomenes.net/wordpress/archives/3539&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;synthèse&lt;/a&gt; de M de Battisti.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Tout (ou presque) sur l'économie du e-book</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/11/08/Tout-%28ou-presque%29-sur-l-economie-du-e-book</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:d959ed0bf19aab80be8c4596bb962e82</guid>
        <pubDate>Mon, 08 Nov 2010 00:50:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                  <category>521. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie de la forme : Apple</category>
                <description>          &lt;p&gt;Un étudiant qui prépare aujourd'hui un mémoire ou une thèse sur l'économie du livre numérique ne manquera pas de références. Le nombre de rapport, études, enquêtes sur le sujet est impressionnant. Pour démarrer son sujet, je lui suggérerai deux lectures synthétiques et complémentaires toutes chaudes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La première est un livre numérique justement, une réflexion ample, stimulante et plaisante par deux grands connaisseurs de l'édition, du livre et du numérique. Ce livre là pose les bonnes questions, clairement mais sans simplisme, sur la notion d'œuvre, sur la place des auteurs, des éditeurs, des libraires, des bibliothèques ou sur le rôle du lecteur. Il relativise quelques fausses évidences parfois proférées par les évangélistes du numérique sans pour autant sousestimer l'importance des changements.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jean Sarzana et Alain Pierrot, Impressions numériques, Publie.net., 2010. &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503748/impressions-num%C3%A9riques&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde lecture est une enquête réalisée pour le Forum d'Avignon. Les enquêteurs se sont intéressés aux comportements d'achat et de lecture numérique dans six pays (Corée, États-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne et Japon).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bain &amp;amp; Cie, Les écrits à l'heure du numérique (Forum d'Avignon, 2010), &lt;a href=&quot;http://www.forum-avignon.org/sites/default/files/editeur/2010_Etude_Bain_FR.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Pdf&lt;/a&gt;. Une quarantaine de références, une mine, accompagnent l'étude (&lt;a href=&quot;http://www.forum-avignon.org/fr/edition-2010/etudes-2010/etude-bain-cie-pour-le-forum-d-avignon&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La principale leçon n'étonnera pas les lecteurs réguliers de ce blogue. Extrait (p.6-7)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le livre ne devrait pas connaître de scénario catastrophe similaire à celui de l’industrie musicale. Plusieurs indicateurs émanant de l’étude étayent ce constat. Les lecteurs qui ont effectué leur migration vers le numérique restent profondément attachés à la lecture papier, et trouvent à l’ebook des usages complémentaires. Cet ancrage dans la lecture du papier se vérifie également au sein des nouvelles générations, pourtant nées avec le numérique. En parallèle, des facteurs sousjacents assurent à l’industrie du livre une stabilité au moins temporaire sur laquelle l’industrie musicale n’a pas pu compter&amp;nbsp;: une fragmentation des contenus limitée, en particulier pour la littérature, et un piratage modéré même parmi les jeunes lecteurs, au moins en ce qui concerne la “première vague” d’utilisateurs.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;L’appétit pour le numérique est cependant bien réel, et les ebooks pourraient représenter de 15 à 25 % du marché du livre à l’horizon 2015. Les marchés les plus avancés comme les États-Unis et la Corée ont peu de temps pour se mettre en ordre de marche&amp;nbsp;: environ 5 % des volumes y sont déjà vendus en numérique. Cette mutation devrait s’accélérer pour atteindre 20 à 25 % du marché dans les cinq prochaines années, à mesure que le numérique dématérialisé se substitue notamment aux volumes commercialisés par internet aujourd’hui. Les pays comme la France migreront plus graduellement avant que le numérique n’atteigne autour de 15 % du marché à l’horizon 2015 - en partie du fait de réseaux de distribution physiques encore denses, rendant le produit papier plus immédiatement accessible.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;La migration vers les lectures numériques s’accompagne de deux tendances de fond qui pourraient animer une industrie à la croissance limitée depuis plusieurs années.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Première bonne nouvelle, la migration vers le numérique présente une opportunité de renverser les tendances de marché. La simplification de l’acte d’achat et la portabilité de la bibliothèque représentent en effet des facteurs de consommation supplémentaire. Plus de 40 % des lecteurs équipés de support numérique déclarent lire plus qu’auparavant. Certes, les écrits numériques bénéficient d’un effet de nouveauté qui pourrait s’estomper au cours du temps. Mais quand bien même il s’agirait d’un phénomène de court terme, la constitution de “bibliothèques numériques” par les lecteurs pourrait s’avérer bénéfique pour l’industrie du livre, tout comme le renouvellement des audiothèques fut l’un des moteurs de croissance du Disque Compact.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;De plus, une majorité de consommateurs se disent prêts à payer pour les ebooks qu’ils consomment, et 70 % des utilisateurs de tablettes et autres liseuses déclarent acheter aujourd’hui la majorité de leurs ebooks alors que la consommation d’ebooks sur ordinateur n’a jamais déclenché d’acte d’achat significatif.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ces remarques sont à confronter avec deux schémas tirés de la même étude. L'industrie du livre ne peut se comparer à celle de la musique ou de la presse, comme veulent encore nous le faire croire des observateurs trop pressés. Pour celles-là, le numérique a été un véritable traumatisme économique. Pour le livre, la transition devrait être plus douce.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Ind-musique-Brain-Forum-Avignon-2010_m.jpg&quot; alt=&quot;Ind-musique-Brain-Forum-Avignon-2010.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Ind-musique-Brain-Forum-Avignon-2010.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Presse-Brain-Forum-Avignon-2010_m.jpg&quot; alt=&quot;Presse-Brain-Forum-Avignon-2010.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Presse-Brain-Forum-Avignon-2010.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 9 novembre 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Contre-argument&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;“Negroponte&amp;nbsp;: “Le livre est mort. Dans 5 ans, il aura disparu.”,” ebouquin, Novembre 8, 2010, &lt;a href=&quot;http://www.ebouquin.fr/2010/11/08/negroponte-le-livre-est-mort-dans-5-ans-il-aura-disparu/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Negroponte fait allusion ici à l'utilisation de son ordinateur XO distribué aux enfants dans les pays en développement. S'il est vrai que la déstabilisation du livre imprimé sera vraiment effective quand les enfants n'apprendront plus à lire et écrire sur des codex, deux remarques&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- malgré les très nombreux avantages du numérique, il n'est pas sûr que remplacer complètement le papier ou l'ardoise par un écran électronique pour l'apprentissage élémentaire de la lecture/écriture soit sans danger pour l'autonomie des lecteurs. Ils deviennent alors dépendants de technologies dont la maîtrise complète leur échappe. Ceci est une question particulièrement cruciale pour les pays en développement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- L'annonce de la mort du livre est un marronnier, au congrès de l'IPA en 2000, Dick Brass de &lt;em&gt;Microsoft&lt;/em&gt; indiquait déjà&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;En 2005 les ventes de livres et journaux électroniques atteindront un milliard de dollars, en 2008 elles égaleront celles des livres imprimés, en 2010 les auteurs seront leurs propres éditeurs, en 2012 commenceront les campagnes de publicité en faveur de cet objet en voie de disparition que sera le livre imprimé, en 2015 toutes les collections de la Bibliothèque du Congrès seront numérisées; en 2018 paraîtra le dernier numéro du dernier journal imprimé, en 2019 la première définition du livre dans les dictionnaires sera défini comme &quot;un substantiel morceau d'écriture (&lt;em&gt;a substantial piece of writing&lt;/em&gt;) généralement accessible sur un ordinateur ou un objet électronique personnel&quot;&amp;nbsp;» rapporté par R. Chartier, cité par Julie Roy (&lt;a href=&quot;http://www.ebsi.umontreal.ca/cursus/vol8no1/jroy.html#n2&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). En 2010, &lt;em&gt;Forrester&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://blogs.forrester.com/james_mcquivey/10-11-08-ebooks_ready_to_climb_past_1_billion&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;prévoit&lt;/a&gt; un marché de 1 milliard de $ pour le ebook pour bientôt..&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 24 novembre 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi l'itw de l'auteur du livre-enquête sur l'édition US et UK&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;“Is Publishing Doomed? JOHN B. THOMPSON with Williams Cole - The Brooklyn Rail,” Novembre 2010, http://www.brooklynrail.org/2010/11/express/is-publishing-doomed-john-b-thompson-with-williams-cole. &lt;a href=&quot;http://www.brooklynrail.org/2010/11/express/is-publishing-doomed-john-b-thompson-with-williams-cole&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il montre que les transformations actuelles de l'édition sont dues d'abord à la concentration et la pression des actionnaires sur les grands groupes pour une plus forte rentabilité et à la montée des agents littéraires. Cela conduisant à des stratégies concentrées sur quelques titres phares (&lt;em&gt;big books&lt;/em&gt;). Le e-book arrive dans ce contexte qui s'est construit indépendamment. Extrait (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il n'y a pas de consensus sur cette question. J'ai interrogé beaucoup, beaucoup de responsables dans les départements numériques de tous les grands éditeurs, aussi bien que des moyennes et des petites et tous étaient très intéressés par le sujet, mais chacun avait une opinion différente sur ce qui pouvait arriver dans le futur. Les uns croient qu'il va balayer livre imprimé qui ne sera plus qu'une relique que l'on ne trouvera que sur les étagères des collectionneurs. D'autres pensent qu'il va se stabiliser à un certain niveau. Certain disent qu'il fera 10% des lecteurs, d'autres 20%, d'autres 50%. Chacun a une opinion différente sur le sujet. Mon point de vue est que le marché va se segmenter. Les lecteurs et les consommateurs ont des valeurs, des croyances, des préférences diverses et certains seront très content de lire sur l'un ou l'autre appareil électronique. D'autres voudront rester à l'imprimé et voudront des livres sous cette forme. Celle-ci est profondément ancrée dans les pratiques culturelles de lecture et d'écriture et cela ne changera ni vite, ni facilement.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>La demande de livres piratés stagnerait</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/28/La-demande-de-livres-pirates-stagnerait</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:7595aad05450f7b77d539706a77aedcb</guid>
        <pubDate>Thu, 28 Oct 2010 02:45:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                  <category>511. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; Les paradoxes du néodocument ; Propriété et partage</category>
                <description>          &lt;p&gt;Éric Hellmann a tenté par &lt;em&gt;Google Trends&lt;/em&gt; une mesure de l'évolution de la demande de livres «piratés» (&lt;a href=&quot;http://go-to-hellman.blogspot.com/2010/10/consumer-demand-for-pirated-ebooks.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Le résultat, qu'il faut prendre avec prudence compte tenu de l'outil, est néanmoins suffisamment spectaculaire pour être significatif.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour sa mesure, il a utilisé l'interrogation suivante&amp;nbsp;: &lt;em&gt;ebook rapidshare,ebook torrent,ebook megaupload,ebook hotfile,ebook 4shared&lt;/em&gt;. On peut voir &lt;a href=&quot;http://www.google.com/trends?q=ebook+rapidshare%2Cebook+torrent%2Cebook+megaupload%2Cebook+hotfile%2Cebook+4shared&amp;amp;ctab=0&amp;amp;geo=all&amp;amp;date=all&amp;amp;sort=0&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; le résultat brut.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il en a tiré la courbe ci-dessous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.piratedemand-E-Hellmann_m.jpg&quot; alt=&quot;piratedemand-E-Hellmann.png&quot; title=&quot;piratedemand-E-Hellmann.png, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Extraits (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Après quelques années d'une croissance à 100%, 2008 montre un net ralentissement de la croissance. Le ralentissement se poursuit jusqu'au début de 2010 et puis c'est le calme plat. Depuis février 2010, la croissance de l'intérêt pour les livres piratés s'est complètement arrêtée.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;On peut remarquer que cette stabilisation est arrivée au moment des fortes ventes de liseuses, dont les Kindles, Nooks et les iPads. En réalité, le lancement de l'iPad a coïncidé avec la stabilisation de la demande pour les livres piratés.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il est difficile de savoir ce qui se passe réellement, mais une interprétation de ces comportements est que la forte augmentation d'une disponibilité conviviale de livres électroniques avec une licence appropriée dans les deux dernières années a écrasé la croissance de la demande illicite pour les livres. Selon ce point de vue, la demande restante peut-être interprétée comme le signe d'une faible disponibilité de livres électroniques à des prix abordables sur les campus et dans les pays en développement.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi si cette hypothèse se vérifiait, les imprimeurs-libraires du troisième millénaire (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/11/Apple-et-les-d%C3%A9placements-de-valeur&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) seraient en train de gagner leur pari.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À confronter avec l'étude du Motif &lt;em&gt;Portrait des cyberpirates du livre&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.lemotif.fr/fichier/motif_fichier/196/fichier_fichier_portrait_pirates.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;pdf&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Apple et les déplacements de valeur</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/11/Apple-et-les-deplacements-de-valeur</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:30aaebcb2d193c68f0addb9f7f24418d</guid>
        <pubDate>Mon, 11 Oct 2010 06:16:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>521. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie de la forme : Apple</category>
                <description>          &lt;p&gt;Voici quelques réflexions sur les déplacements de la valeur induits par &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt;, à partir de la &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/09/15/Th%C3%A9ories-du-document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;théorie&lt;/a&gt; du document. Il ne s'agit que de suggestions à valider et approfondir ou à contredire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Plusieurs annonces récentes ont souligné l'insolente santé financière de la firme &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt;. C'est aujourd'hui la deuxième capitalisation boursière mondiale après être passée devant son concurrent de toujours &lt;em&gt;Microsoft&lt;/em&gt; en janvier dernier. La valorisation du titre est tellement élevée que certains doutent qu'elle dure et soulignent à raison les limites de la stratégie (&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/imprimer/article/2010/09/07/1407819.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un des secrets du succès financier de la firme est la marge qu'elle prend sur le matériel vendu, une marge considérable, bien plus élevée que celle de ses concurrents (&lt;a href=&quot;http://tech.fortune.cnn.com/2010/09/21/pie-chart-apples-outrageous-share-of-the-mobile-industrys-profits/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;là&lt;/a&gt;). Cette marge n'est possible que grâce à l'accord, on pourrait même dire la complicité, du consommateur, qui n'hésite pas à ouvrir son porte-monnaie pour acheter le petit dernier de la gamme au prix fort. La complicité est d'autant plus paradoxale qu'on trouve en première ligne des consommateurs séduits,  des activistes du web, par ailleurs militants de la gratuité. L'exemple le plus ironique est celui de &lt;em&gt;Wired&lt;/em&gt; et de son rédacteur en chef Chris Anderson annonçant successivement le triomphe de la gratuité, puis la mort du web... pour vendre la nouvelle version de la revue sur l&lt;em&gt;'iPad&lt;/em&gt; (v. par ex l'opinion de &lt;a href=&quot;http://pisani.blog.lemonde.fr/2010/10/07/le-web-nest-pas-mort-linternet-ne-va-pas-bien1/#xtor=RSS-32280322&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;F. Pisani&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À première vue, tout cela n'est pas vraiment conforme à un raisonnement économique rationnel puisque l'on accepte de payer beaucoup plus cher un produit, dont la valeur ajoutée, si elle existe, est très éphémère. L'explication généralement donnée de cet étonnant phénomène est un attachement fort à la marque et la culture qu'elle entretient. Sans doute le talent de communicateur de son président, Steve Jobs, et le savoir-faire marketing de la firme ne sont plus à démontrer, tout comme l'effet de halo que diffusent les différents produits entre eux (&lt;a href=&quot;http://www.macgeneration.com/news/voir/155481/un-effet-halo-pour-l-ipad&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Mais l'explication me parait un peu courte pour un tel succès. Il faudrait alors considérer les consommateurs les plus avertis comme de parfaits gogos. Je voudrais en suggérer une seconde à partir d'une analyse «document».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai déjà eu l'occasion de montrer que &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt;, tout comme &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt;, appuyait sa stratégie sur la première dimension du document, la forme. &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; verrouille le marché des documents numériques en les vendant comme des objets au travers de terminaux dédiés&amp;nbsp;: l’&lt;em&gt;iPod&lt;/em&gt; pour la musique, puis l’&lt;em&gt;iPhone&lt;/em&gt; et aujourd’hui l’&lt;em&gt;iPad&lt;/em&gt;. Cette stratégie poursuit l’ordre documentaire antérieur en l'adaptant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La forme du document est ce qui nous permet de le repérer comme un objet ayant ce statut. Je cite R. Pédauque&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Ici, le document est donc vu comme un objet de communication régit par des règles de mise en formes plus ou moins explicites, qui matérialisent un contrat de lecture entre un producteur et un lecteur. Le document est principalement étudié sous l’angle de ce protocole implicite de communication quel que soit son contenu textuel ou non textuel précis.&lt;/em&gt;  (p.4) &lt;a href=&quot;http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00000511_v1/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Prenons l'exemple du livre. Un livre se repère parce qu'il est un codex, mais pas seulement ce pourrait être un cahier ou un journal intime. Sa couverture, l'ordonnancement des pages imprimées nous renseignent aussi sur son statut. Il n'est alors pas besoin de le lire pour savoir que c'est un livre. La valeur de cette forme ne réside pas seulement dans le simple repérage. Sachant que c'est un livre, nous savons, car nous l'avons appris depuis l'enfance, que c'est aussi une promesse d'ouverture sur un monde réel ou imaginaire, autrement dit un objet transitionnel qui nous permet de tenir dans nos mains un morceau d'un monde encore inconnu et pour le livre mesurable notamment à son épaisseur (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2007/11/17/369-la-resistance-du-livre&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Cette promesse peut avoir selon notre histoire personnelle ou notre personnalité et selon le livre repéré une valeur, grande ou dérisoire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Revenons à &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt;. La forme du document numérique réside, elle aussi, dans plusieurs éléments articulés&amp;nbsp;: le design du terminal, l'affichage du fichier et, le cas échéant, le rendu sonore. Le génie d&lt;em&gt;'Apple&lt;/em&gt; est d'avoir compris l'importance de la valeur que les internautes mettaient dans la forme et réussi à la matérialiser. L&lt;em&gt;'iPod&lt;/em&gt;, l&lt;em&gt;'iPhone&lt;/em&gt; et maintenant l&lt;em&gt;'iPad&lt;/em&gt; sont des objets transitionnels, des promesses, promesses d'autant plus importantes que le web est une caverne d'Ali Baba dont on a entrevu déjà bien des richesses, mais dont on imagine qu'elles ne sont encore rien comparées à celles encore enfouies, notamment dans l'articulation des images animées et du texte. Dès lors, celui qui détient le sésame du contrat de lecture de cette première dimension, c'est à dire des règles plus ou moins explicites de la lecture numérique à venir se trouve dans une position privilégiée. &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; est ainsi un peu dans la position des imprimeurs libraires du 18ème siècle (&lt;a href=&quot;http://www.erudist.net/fr/livre/?GCOI=26000100487920&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est dès lors naturel que ce soit justement les internautes les plus avertis les premiers séduits. Ce sont eux en effet qui connaissent le mieux la valeur du trésor enfoui, donc de la promesse, et qui sont le plus sensibles, par leur éducation, à l'esthétique, essentielle à la réussite de la forme. Mais l'accent mis par &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; sur le graphisme, le tactile et l'image animée touche aussi les jeunes générations. Or, le meilleur outil de marketing du livre dans sa dimension forme est (était) l'école obligatoire où l'on apprend à lire, à écrire et à accéder au savoir sur des codex. La facile prise en main des récents outils de &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; par les plus jeunes générations et leur utilisation éventuelle à l'école pourraient conduire au premier ébranlement sérieux des bases de la citadelle livre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Maintenant voyons les déplacements de valeur. Dans le monde du livre, la valeur économique est passée progressivement de l'imprimeur-libraire à l'éditeur, c'est à dire de la dimension forme à la dimension texte, au fur et à mesure que les savoir-faire d'impression et de mise en page se sont stabilisés et donc que les coûts ont été internalisés dans l'ensemble de la filière. Aujourd'hui, nous assistons à un retour de balancier, mais la situation a bien changé depuis le 18ème siècle&amp;nbsp;: la communication est instantanée et mondiale. Ainsi, il est indispensable que la forme produite soit quasi-universellement acceptée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour filer l'analogie, on pourrait dire que &lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; a toujours un temps d'avance sur l'impression et la reliure (le terminal et son administration) et ainsi réussit à affermer une armée de typographes indépendants (les producteurs d'applications, par ex &lt;a href=&quot;http://mashable.com/2010/10/08/scrollmotion-profile/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Cette stratégie n'est gagnante que tant que l'innovation interdit à la concurrence de prendre place.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour la suite, tout dépend de la position que la firme aura réussi à prendre sur le marché du contenu. La bataille sera chaude, mais sur le moyen terme ceux qui gagneront devront avoir intégré le nouveau contrat de lecture qui s'invente sur le numérique et qui progressivement s'internalisera. D'une part, le lecteur s'habituera à la relation à la forme du document numérique qu'il ne remarquera plus, d'autre part les coûts de développement des formes renouvelées de publication s'effaceront quand celles-là deviendront routinières.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 13 octobre 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir l'article du &lt;em&gt;Los Angeles Times&lt;/em&gt; sur les relations entre &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt;/&lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Kindle&lt;/em&gt;/&lt;em&gt;iPad&lt;/em&gt;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Apple's iPad is good for Amazon's Kindle, which has 76% of eBooks market, says Cowen report &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/11/Updated&quot; title=&quot;Updated&quot;&gt;Updated&lt;/a&gt;, 11 octobre 2010 &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/11/Apple&amp;#039;s iPad is good for Amazon&amp;#039;s Kindle, which has 76% of eBooks market, says Cowen report [Updated&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;|en]&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et un peu plus tard&amp;nbsp;: décidément la problématique des nouveaux typographes est bien d'actualité. Voir sur OWNI deux vidéos sur le futur du livre &lt;a href=&quot;http://owni.fr/2010/10/13/le-futur-du-livre/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 21 octobre 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Étude de Nielsen&amp;nbsp;: comparé à l'iPhone, le iPad profite surtout aux livres, magasines, vidéo, TV et films&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Connected Devices: Does the iPad Change Everything? (Nielsen, Octobre 21, 2010), &lt;a href=&quot;http://blog.nielsen.com/nielsenwire/online_mobile/connected-devices-does-the-ipad-change-everything&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 25 octobre 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi le billet de F. Cavazza, qui sous-estime à mon avis le poids de la forme&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;FredCavazza, Google Chrome OS = iOS + iTunes, 15 octobre 2010 &lt;a href=&quot;http://www.fredcavazza.net/2010/10/15/google-chrome-os-ios-itunes/?utm_source=feedburner&amp;amp;utm_medium=feed&amp;amp;utm_campaign=Feed:+fredcavazza+(FredCavazza.net)&amp;amp;utm_content=Google+Reader&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 28 octobre 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi le rapport annuel (&lt;a href=&quot;http://phx.corporate-ir.net/External.File?item=UGFyZW50SUQ9Njc1MzN8Q2hpbGRJRD0tMXxUeXBlPTM=&amp;amp;t=1&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) et le cr qu'en fait Znet (&lt;a href=&quot;http://www.zdnet.fr/actualites/apple-a-recrute-12-000-salaries-en-un-an-et-alerte-sur-les-composants-electroniques-39755747.htm#xtor=RSS-1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 20 déc 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;John Naughton, “Publishers take note: the iPad is altering the very concept of a 'book',” Guardian, Décembre 19, 2010, &lt;a href=&quot;http://www.guardian.co.uk/technology/2010/dec/19/ipad-publishing-kindle-books-apple&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;et la vidéo présentant le livre sur iPad &lt;em&gt;Why the net matter?&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=o9c7cQuhdv8&amp;amp;NR=1&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Un classement mondial des éditeurs en trompe l'oeil</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/07/Classement-mondial-des-editeurs-2010</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:f011aa3369490cba061457063ff666e1</guid>
        <pubDate>Thu, 07 Oct 2010 10:07:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                  <category>521. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie de la forme : Apple</category>
                <description>          &lt;p&gt;À l'occasion de la foire de Francfort depuis 2007 un classement des éditeurs mondiaux est produit par Livre-Hebdo (France). Il a été présenté hier par son auteur&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rüdiger Wischenbart, “The Global Ranking of the Publishing Industry 2010,” Octobre 6, 2010, &lt;a href=&quot;http://www.wischenbart.com/de/essays__interviews_rw/essays_rw_en/Wischenbart%20analysis%20Global%20Ranking%202010%20final.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Pdf&lt;/a&gt;.
On trouvera les classements précédents &lt;a href=&quot;http://www.wischenbart.com/publishing/index.htm&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voici le résultat principal&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Classement-editeurs-2010_m.jpg&quot; alt=&quot;Classement-editeurs-2010.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Classement-editeurs-2010.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ressort de ce classement une apparente stabilité globale des principaux acteurs dans le temps avec une domination des groupes US et surtout européens et l'arrivée récente de groupes asiatiques comme le japonais &lt;em&gt;Shueisha&lt;/em&gt; à la faveur de l'engouement pour les &lt;em&gt;Mangas&lt;/em&gt; et bientôt le chinois &lt;em&gt;Shanda&lt;/em&gt; par acquisitions successives. On trouve dans le haut de ce classement mondial aussi bien des groupes très investis dans le numérique (éditeurs scientifiques STM) que d'autres plus traditionnels.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais cette relative permanence du classement des chiffres d'affaires cache vraisemblablement des disparités dans les taux de profit difficiles à mesurer. Une indication de ces disparités est fournie par les évolutions contrastés des chiffres d'affaires sur les trois dernières années indiquées sur le graphique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Concernant le numérique, le consultant note d'importantes différences selon les régions (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tandis que les liseuses, en premier lieu le Kindle d'Amazon et le iPad d'Apple, ont rencontré un grand succès aux États-Unis où ils dominent, les téléphones semblent capter l'attention en Asie, notamment au Japon. En Europe, à cause du nombre limité de titres actuellement disponibles dans les langues locales aussi bien chez les éditeurs commerciaux que dans le domaine public, aucune évaluation sérieuse des marchés potentiels ne peut être aujourd'hui produite.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le jeu reste donc très ouvert et bien malin qui prédira celui qui réussira à tirer son épingle du jeu entre les téméraires et les prudents. Et l'auteur de conclure&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;On peut parier néanmoins presque à coup sûr paradoxalement à cause de la trompeuse stabilité de ce haut de classement que d'ici quelques années seulement le paysage global ne ressemblera plus du tout à celui d'aujourd'hui.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Échange inégal</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/03/28/echange-inegal</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:1411a85666da0b05f5804aad0fb2d045</guid>
        <pubDate>Sun, 28 Mar 2010 18:21:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>432. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; L’économie du document ; Le secteur du document</category>
                <description>          &lt;p&gt;L'Unesco a publié en octobre dernier un volumineux et important rapport&amp;nbsp;:
Investir dans la diversité culturelle et le dialogue interculturel (UNESCO, 2009), &lt;a href=&quot;http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=39891&amp;amp;URL_DO=DO_PRINTPAGE&amp;amp;URL_SECTION=201.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;présentation&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001852/185202E.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;rapport&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001847/184755F.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;résumé&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ci-dessous quelques éléments du chapitre 5 sur les médias &lt;em&gt;Communication and cultural contents&lt;/em&gt;. Rien de nouveau, ni de révolutionnaire, mais des faits qu'il est important de rappeler régulièrement, car on les oublie vite et pourtant ils éclairent crûment bien des débats, pressions et polémiques actuelles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En 2006, les industries des médias et de la culture représentaient plus de 7 % du PIB mondial et pesaient environ 1 300 milliards de dollars des États-Unis, soit environ deux fois les recettes du tourisme international, estimées au même moment à 680 milliards de dollars. Dans les années 1990, l’économie de la culture et de la création a connu dans les pays de l’OCDE un taux de croissance annuel deux fois supérieur à celui du secteur tertiaire, et quatre fois supérieur à celui de la production industrielle. Ces dernières années ont vu une concentration du secteur entre les mains de quelques grandes sociétés multimédias transnationales et d’une poignée d’acteurs mondiaux de l’univers des médias.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En réalité les échanges commerciaux de biens et services culturels ne concernent que les pays de l'OCDE, c'est à dire les pays développés (&lt;a href=&quot;http://www.oecd.org/document/1/0,3343,fr_2649_201185_1889409_1_1_1_1,00.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;composition de l'OCDE&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Unesco-export-import-2006_m.jpg&quot; alt=&quot;Unesco-export-import-2006.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Unesco-export-import-2006.jpg, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'Europe est, de loin, le principal exportateur de documents imprimés et de musiques enregistrées. Puis vient l'Amérique du nord et enfin l'extrême Orient, avec là aussi la montée récente de la Chine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.UNESCO-Export-2006_m.jpg&quot; alt=&quot;UNESCO-Export-2006.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;UNESCO-Export-2006.jpg, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les États-Unis dominent le cinéma et l'image animée en général.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Unesco-films-2006_m.jpg&quot; alt=&quot;Unesco-films-2006.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Unesco-films-2006.jpg, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le tableau montre aussi la résistance de certaines cinématographies nationales, comme l'Inde avec Bollywood et la France, grâce à sa politique d'aide.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Maintenant, relisons ces données en pensant aux discussions sur &lt;em&gt;Google-Books&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Amazon-Kindle&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Apple-iPad&lt;/em&gt;, et auparavant celles sur la musique numérique. Une clé de compréhension ne se trouve-t-elle pas aussi dans ces rapports commerciaux, très géographiquement centrés et dans la recherche d'un nouveau partage au dessus de l'Atlantique à partir du numérique&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Hachette Livre en résistance</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/03/25/Hachette-Livre-en-resistance</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:461154679b3e970e6588f7d84b07b420</guid>
        <pubDate>Thu, 25 Mar 2010 01:56:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                  <category>521. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie de la forme : Apple</category>
                <description>          &lt;p&gt;À l'occasion du Salon du livre de Paris, le Pdg d'Hachette livre a donné un intéressant entretien au journal &lt;em&gt;Les Échos&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;“«Le livre est en train de prendre sa revanche» - Entretien avec Arnaud Nourry”, Les Échos, Mars 22, 2010, &lt;a href=&quot;http://www.lesechos.fr/info/comm/020425023554--le-livre-est-en-train-de-prendre-sa-revanche-.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'ensemble est à lire. Extraits&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les gens ont moins d'argent pour les livres les plus chers et il y a probablement une certaine désaffection des consommateurs pour les livres exigeants. Ce qui explique la diminution régulière du nombre de gros lecteurs. A l'inverse, on observe une extension du lectorat des livres les plus commerciaux. Et cette tendance à la «&amp;nbsp;best-sellerisation&amp;nbsp;» est un phénomène mondial.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En dehors du livre dans les pays émergents riches comme le Brésil ou l'Inde, l'édition est partout un marché mature avec une croissance bon an mal an égale à l'inflation. Je ne crois pas que la consolidation soit terminée car la transformation numérique nous met en face d'acteurs nouveaux, tels qu'Amazon, Apple et Google, qui disposent d'une puissance de feu totalement hors de proportion avec celle des éditeurs.&lt;/em&gt;  (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Apple vient de redonner des marges de manoeuvre aux éditeurs américains face à Amazon… Lorsque, en janvier, Apple est sorti du bois avec son iPad, nous nous sommes dit qu'il y avait une véritable fenêtre de tir pour rééquilibrer le rapport de force avec Amazon sur cette question du livre numérique.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Apple apparaît aujourd'hui comme le chevalier blanc de l'édition américaine. D'autant que, malgré sa grande puissance, il n'a jamais cherché à intégrer l'amont, c'est-à-dire la création.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Mais, aujourd'hui, le géant du Net (&lt;/em&gt;Google&lt;em&gt; JMS), dont on dit qu'il veut lancer sa propre tablette à la rentrée, me semble être dans une impasse&amp;nbsp;: les éditeurs se sont dressés sur sa route et il ne peut rien faire de ce fonds formidable au moment précis où le marché décolle. Le risque pour Google, c'est d'être assis sur un trésor impossible à exploiter. Face aux Google  ou Amazon, le livre est en train de prendre sa revanche…&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pour le livre, le numérique est une opportunité. Car, contrairement à la presse, par exemple, nous proposons des contenus exclusifs qui ne sont pas menacés par une offre gratuite. D'ici cinq à sept ans, le numérique pourrait donc peser de 10 à 15 % du marché. Et ce marché sera sans doute réparti dans chacun des principaux pays entre cinq ou six acteurs comme Apple, Google, Amazon et des distributeurs nationaux.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne suis pas sûr qu'il n'y ait encore quelques naïvetés chez ce représentant du deuxième groupe mondial de l'édition. La force de frappe des trois compères du numérique est sans commune mesure avec celle des éditeurs et des retournements d'alliance sont possibles. Face à une telle concentration, la marge de manœuvre est étroite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Repéré grâce à &lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2091&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;F Bon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 26 mars 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi le point de vue du Pdg de Penguin Books dans le même journal quelques jours plus tard &lt;a href=&quot;http://www.lesechos.fr/info/hightec/020439854071-john-makinson-l-ipad-va-prendre-des-parts-de-marche-au-livre-de-poche-.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 29 mars 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour poursuivre la réflexion sur les modèles économiques qui s'esquissent, voir H. Guillaud (&lt;a href=&quot;http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/03/29/les-modeles-de-plateformes-du-livre-numerique/#xtor=RSS-32280322&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) et Cl. Laberge (&lt;a href=&quot;http://remolino.qc.ca/2010/03/25/deux-modeles-economiques-qui-saffrontent/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Sens et contresens sur la lecture des jeunes</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/03/17/Fin-du-livre</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:a21dcd96916ab74e28b42ba7ddde808d</guid>
        <pubDate>Wed, 17 Mar 2010 12:37:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>33. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre</category>
                  <category>6. CONCLUSION - ARCHITECTES ET ARCHITHEQUES</category>
                <description>          &lt;p&gt;Très jolie provocation sur l'incohérence des discours actuels sur le livre et joli hommage à la typographie.&lt;/p&gt;

&lt;div&gt;&lt;object width=&quot;560&quot; height=&quot;340&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/Weq_sHxghcg&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/Weq_sHxghcg&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;560&quot; height=&quot;340&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;/div&gt;



&lt;p&gt;Repéré par l'excellent &lt;em&gt;Étreintes digitales&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://blog.lefigaro.fr/medias/2010/03/lavenir-de-ledition-une-questi.html?xtor=RSS-29&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
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