<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/feed/rss2/xslt" ?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
  <channel>
    <title>Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün) - Sémio</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/</link>
    <atom:link href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/feed/category/Semio/rss2" rel="self" type="application/rss+xml" />
    <description>Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique</description>
    <language>fr</language>
    <pubDate>Thu, 23 Feb 2023 18:35:44 -0500</pubDate>
    <copyright>Creative Commons BY-NC</copyright>
    <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
    <generator>Dotclear</generator>
          <item>
        <title>Information Architecture and French Document Theory</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2013/06/04/Information-Architecture-and-French-Document-Theory</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:89f8f5def19a05bcfc4a6a7939950c20</guid>
        <pubDate>Tue, 04 Jun 2013 05:23:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>6. CONCLUSION - ARCHITECTES ET ARCHITHEQUES</category>
                <description>          &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/metro.png&quot; alt=&quot;Métro - Master in Architettura dell’informazione (Perugia)&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Métro - Master in Architettura dell’informazione (Perugia), juin 2013&quot; /&gt;
This image is the logo of a new Italian &lt;a href=&quot;https://www.unistrapg.it/didattica/master/architettura-informazione&quot;&gt;master &lt;/a&gt; in information architecture. It's a representation of information architecture in a pervasive information environment: the subway, where stations are information units and lines the possible paths and the construction of meaning.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Andrea Resmini and Luca Rosati published in 2011 a book on &lt;a href=&quot;http://pervasiveia.com/&quot;&gt;Pervasive Information Architecture &lt;/a&gt;. A &lt;a href=&quot;http://pervasiveia.com/book/manifesto&quot;&gt;Manifesto&lt;/a&gt; was published at the same time. Here are its subtitles:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1. Information architectures become ecosystems&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2. Users become intermediaries&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3. Static becomes dynamic&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;4. Dynamic becomes hybrid&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;5. Horizontal prevails over vertical&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;6. Product design becomes experience design&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;7. Experiences become cross-media experiences&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;I took these two references to highlight the relationship between the proposals of the authors and the discussions held in the Pédauque group on the evolution of the notion of document (see &lt;a href=&quot;http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/06/22/28/PDF/sic_00000594.pdf&quot;&gt;here&lt;/a&gt; or &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/23/A-documentary-approach-of-the-Web&quot;&gt;there&lt;/a&gt;). Just replace &quot;information architecture&quot; by &quot;document&quot; or better by &quot;neodocument&quot; in the Manifesto, or, conversely, replace &quot;document&quot; by &quot;IA&quot; in Pédauque's texts, and you'll see the similarities. More, the concepts of &quot;UX&quot;and &quot;reading/writing contract&quot; are interchangeable and the subway map is a visualization of this contract, as are codex and typographic rules for the book. So there are possible strong cross-fertilizations between the two movements.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Architecture de l'information omniprésente et Théorie du document</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2013/06/03/Architecture-de-l-information-omnipresente-et-Theorie-du-document</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:a8419164aa747eedb536b6e51d3c13af</guid>
        <pubDate>Mon, 03 Jun 2013 11:44:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>6. CONCLUSION - ARCHITECTES ET ARCHITHEQUES</category>
                <description>          &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/metro.png&quot; alt=&quot;Métro - Master in Architettura dell’informazione (Perugia)&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Métro - Master in Architettura dell’informazione (Perugia), juin 2013&quot; /&gt;
Andrea Resmini et Luca Rosati ont publié en 2011 un livre sur l'architecture de l'information omniprésente (&lt;a href=&quot;http://pervasiveia.com/&quot;&gt;''Pervasive Information Architecture''&lt;/a&gt;). J'ai reproduit ci-dessous, avec leur accord, la traduction du Manifeste qui accompagne le livre. Le Manifeste ne résume pas le propos du livre qui présente une méthode pour développer cette architecture, mais il le positionne dans l'évolution du numérique ubiquitaire. L'image ci-contre est le logo du &lt;a href=&quot;https://www.unistrapg.it/didattica/master/architettura-informazione&quot;&gt;master&lt;/a&gt; en architecture de l'information que Luca Rosati vient d'ouvrir à Pérouse (Italie). Il s'agit d'une représentation en architecture de l'information de la navigation informationnelle&amp;nbsp;: celle du métro (à ne pas confondre avec l'interface de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Windows_8&quot;&gt;Windows 8&lt;/a&gt;) où les stations représentent les unités documentaires et les lignes les parcours possibles ou encore la construction du sens.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai repris ces éléments pour souligner la forte parenté entre les propositions des deux auteurs et les réflexions menées dans le groupe Pédauque sur l'évolution du document (voir &lt;a href=&quot;http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00001741&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.ina-expert.com/e-dossier-de-l-audiovisuel-sciences-humaines-et-sociales-et-patrimoine-numerique/pourquoi-le-document-importe.html&quot;&gt;là&lt;/a&gt;). Il suffit de remplacer &quot;architecture de l'information&quot; par &quot;document&quot; ou mieux par &quot;néodocument&quot; dans le manifeste pour retrouver des formulations quasi-identiques. Dès lors, on peut pousser le parallèle et montrer que les notions &quot;d'expérience-utilisateur&quot; et de &quot;contrat de lecture/écriture&quot; sont interchangeables ou encore que la carte du métro est une visualisation de ce contrat, tout comme le sont le codex et les règles typographiques pour le livre. Ainsi, Il y a de fortes fertilisations croisées à attendre entre les deux mouvements.&lt;/p&gt;


&lt;h2&gt;Pour une architecture de l'information omniprésente - Manifeste&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;concevoir une expérience utilisateur transcanal - Andrea Resmini et Luca Rosatti
&lt;a href=&quot;http://pervasiveia.com/book/manifesto&quot;&gt;Version originale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Le cyberespace n'est pas un lieu où l'on va, mais plutôt une surface étroitement intégrée au monde qui nous entoure&quot; Institute For The Future&lt;/p&gt;


&lt;h3&gt;1. Les architectures d'information deviennent des écosystèmes&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Lorsque différents médias et différents contextes sont étroitement liés, aucun artéfact ne peut plus se présenter comme une entité isolée. Chaque artefact devient l'élément d'un système plus large. Tous ces artéfacts ont des liens et des relations multiples entre eux et doivent être conçus dans le cadre d'un unique et homogène processus d'expérience-utilisateur.&lt;/p&gt;


&lt;h3&gt;2. Les utilisateurs deviennent des intermédiaires&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Les utilisateurs contribuent maintenant en participant à ces écosystèmes et produisent du contenu ou re-médiatisent du contenu par des mash-ups, des commentaires ou des critiques. La distinction traditionnelle entre auteurs et lecteurs, ou producteurs et consommateurs, se réduit au point d'être inutile et vide de sens.
Tout cela construit de nouvelles relations et de nouvelles significations au travers des mash-ups, des agrégateurs et des réseaux sociaux, et tous les agents contribuent au contenu par le &lt;em&gt;crowdsourcing&lt;/em&gt; sur le web, via les wikis, les blogs et les autres outils participatifs et sur les terminaux mobiles.&lt;/p&gt;


&lt;h3&gt;3. Le statique devient dynamique&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;D'un coté, ces architectures agrègent et mélangent du contenu qui peut physiquement être hébergé ailleurs et avoir été réalisé pour des motifs complètement différents. D'un autre coté, le rôle actif des intermédiaires les rend perpétuellement inachevé, en changement continu, toujours ouvert à de futurs ajustements et manipulations.&lt;/p&gt;


&lt;h3&gt;4. Le dynamique devient hybride&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Ces nouvelles architectures comprennent différents supports (physique, numérique et hybrides), différentes entités (données, objets et personnes) et différents médias. Tout comme les frontières entre producteurs et consommateurs s'effacent, celles entre les médias et les genres s'amenuisent. Toutes les expériences sont des ponts trans-canaux reliant les différents environnements.&lt;/p&gt;


&lt;h3&gt;5. L'horizontal l'emporte sur le vertical&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Dans ces architectures nouvelles, la corrélation entre les éléments devient la caractéristique principale, au détriment des hiérarchies descendantes traditionnelles. Dans les architectures ouvertes et en constantes évolution, les modèles hiérarchiques sont difficiles à maintenir et à conforter, car les intermédiaires favorisent la spontanéité, les structures de sens éphémères ou temporaire, et le changement constant.&lt;/p&gt;


&lt;h3&gt;6. Le design de produit devient le design d'expérience&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Quand chaque artefact, qu'il soit du contenu, un produit ou un service, n'est qu'un élément d'un système plus large, on ne se focalise plus sur la conception des produits individuels mais sur celles des expériences couvrant le processus. Les achats quotidiens ne concernent pas que les magasins, mais plutôt une expérience continue qui pourrait commencer sur un média traditionnel comme une télévision commerciale ou une publicité dans un journal, continuer sur le web avec la consultation de commentaires ou le repérage du magasin le plus proche et pratique, se conclure par un achat dans la boutique et finalement revenir au web pour l'assistance, les mises à jour, la personnalisation, l'échange avec d'autres personnes ou terminaux.&lt;/p&gt;


&lt;h3&gt;7. Les expériences deviennent transmédias&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Les expériences relient les multiples médias et les environnements connectés dans des écologies de l'omniprésence. Un processus unique et unifiant où tous les éléments contribuent à une expérience finale et homogène.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Métadonnées et raison numérique</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/12/07/Metadonnees-et-raison-numerique</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:cb11ea3b317e15a9e2d663037a44345e</guid>
        <pubDate>Fri, 07 Dec 2012 08:41:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                        <description>          &lt;p&gt;Les métadonnées sont attachées à un document pour le représenter dans un langage calculable.
Juste une petite réflexion pour ne pas l'oublier, suite à une discussion avec Benoit Habert et les étudiants du master Archinfo sur la notion de &lt;em&gt;métadonnées&lt;/em&gt;. Benoit attire mon attention sur cette citation&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Calculer suppose … essentiellement les trois conditions suivantes&amp;nbsp;: 1) Opérer sur des objets symboliques, en conformité à des règles préétablies. 2) Diriger une procédure vers un résultat, prédéterminé dans sa forme mais non dans son contenu. 3) Posséder des critères de succès ou d'échec de la procédure.&lt;/em&gt;
Gilles Gaston Granger &lt;em&gt;Sciences et réalités&lt;/em&gt; Odile Jacob 2001 Paris, p.75&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voilà qui nous renvoie aussi bien à  T Berners-Lee et P. Otlet (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/06/06/Web-de-donn%C3%A9es%2C-Google%2C-Wikip%C3%A9dia%2C-les-liaisons-dangereuses&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) qu'à la &quot;raison computationnelle&quot; de B. Bachimont, que je préfère appeler raison numérique pour effacer un anglicisme superflu. (&lt;a href=&quot;http://scenari.utc.fr/~stc/pro/ici55/DOCS/cours/co/docUC05.html&quot;&gt;là&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>La redocumentarisation en 50 diapos</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/11/06/La-redocumentarisation-en-50-diapos</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:954ea6e479187edc502b872e7b52142b</guid>
        <pubDate>Tue, 06 Nov 2012 10:44:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>32. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Le document au XXIe siècle</category>
                  <category>321. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Le document au XXIe siècle ; Vu : des sites multiformes</category>
                  <category>51. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; Les paradoxes du néodocument</category>
                <description>          &lt;p&gt;Beaucoup à dire sur ce diaporama de Mary Meeker de mai dernier, mais ce sera pour le cours. Pour ce billet, je retiens déjà une merveilleuse illustration de la redocumentarisation (baptisée de façon imprécise par l'auteur re-Imagination) sur 50 diapositives. La première et la dernière&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Mary-Meeker-1.jpg&quot; alt=&quot;Mary-Meeker-1.jpg&quot; title=&quot;Mary-Meeker-1.jpg, nov. 2012&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Mary-Meeker-2.jpg&quot; alt=&quot;Mary-Meeker-2.jpg&quot; title=&quot;Mary-Meeker-2.jpg, nov. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;En passant, entre autres, par&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Mary-Meeker-4.jpg&quot; alt=&quot;Mary-Meeker-4.jpg&quot; title=&quot;Mary-Meeker-4.jpg, nov. 2012&quot; /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Mary-Meeker-5.jpg&quot; alt=&quot;Mary-Meeker-5.jpg&quot; title=&quot;Mary-Meeker-5.jpg, nov. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;L'ensemble est là (diapos 33 à 84)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;a title=&quot;View KPCB Internet Trends 2012 on Scribd&quot; href=&quot;http://www.scribd.com/doc/95259089&quot; style=&quot;margin: 12px auto 6px auto; font-family: Helvetica,Arial,Sans-serif; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; -x-system-font: none; display: block; text-decoration: underline;&quot;&gt;KPCB Internet Trends 2012&lt;/a&gt;&lt;iframe class=&quot;scribd_iframe_embed&quot; src=&quot;http://www.scribd.com/embeds/95259089/content?start_page=1&amp;view_mode=scroll&quot; data-auto-height=&quot;true&quot; data-aspect-ratio=&quot;&quot; scrolling=&quot;no&quot; id=&quot;doc_6074&quot; width=&quot;100%&quot; height=&quot;600&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;
</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Vu, lu, su et UX</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/08/23/UX-et-theorie-du-document</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:fcb8d4dcc11fa8983faff9a259d3adb4</guid>
        <pubDate>Thu, 23 Aug 2012 03:33:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>23. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions</category>
                  <category>234. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Intégration</category>
                  <category>235. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Définition du document</category>
                <description>          &lt;p&gt;Tout comme j'avais été interpelé par cette affirmation de la designer Jannet Murray (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/02/24/Vu%2C-Lu%2C-Su-par-le-design&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;J'ai deux éclairages sur ce qu'est un média que je peux présenter brièvement ici&amp;nbsp;: le premier est que tout média est composé de trois parties&amp;nbsp;: l'inscription, la transmission et la représentation&amp;nbsp;; le second est que le paradigme le plus productif pour le designer pour penser un média est, de mon point de vue, celui de l'attention captée (focused attention).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je retrouve dans cette lumineuse &lt;a href=&quot;http://www.paris-web.fr/2010/programme/methodologie-du-design-dexperience-utilisateur.php&quot;&gt;présentation&lt;/a&gt; de l'architecture de l'information de Matthieu Mingasson à ParisWeb 2010 (repéré grâce à &lt;a href=&quot;http://www.simpleweb.fr/2012/08/23/la-conception-dexperience-utilisateur-est-une-discipline-pas-une-notion&quot;&gt;F. Cavazza&lt;/a&gt;) un schéma familier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.M._Mingasson-ParisWeb-2010_2__m.jpg&quot; alt=&quot;M._Mingasson-ParisWeb-2010_2_.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;M._Mingasson-ParisWeb-2010_2_.jpg, août 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En effet, on y retrouve les éléments de la théorie du document (présentation &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=5ICyFJouHv4&amp;amp;feature=plcp&quot;&gt;courte&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.ina-sup.com/node/2832&quot;&gt;medium&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Vu__lu__su-9782707171351.html&quot;&gt;longue&lt;/a&gt;)&amp;nbsp;: la forme (vu, design), le texte ou le fond (lu, contenu) et le medium ou la fonction (su, technologie). Nuance tout de même, ici la triade est orientée vers un objectif qui unifie les trois facettes, tandis que dans la théorie du document, il s'agit d'un contrat de lecture. En réalité, la temporalité est simplement différente. La présentation de M. Mingasson présente une méthode pour construire un site web avec une finalité immédiate. Le contrat de lecture est bien alors entièrement compris dans l'objectif. Si l'on raisonne sur un temps plus long, le site devient alors un document dont l'objectif initial peut se diluer, mais son usage est toujours dépendant de la validité d'un contrat de lecture.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est aussi l'occasion pour moi de rappeler que les inscriptions pour le colloque international sur l'architecture de l'information sont ouvertes (&lt;a href=&quot;http://archinfo.ens-lyon.fr/colloque-international-148317.kjsp&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Singulière &quot;data&quot;</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/04/10/Singuliere-data</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:be7061b1531b0fbf408437c83ea4306c</guid>
        <pubDate>Tue, 10 Apr 2012 09:50:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>21. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot</category>
                  <category>315. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau ; Les trois dimensions du Web sémantique</category>
                <description>          &lt;p&gt;Il est parfois des lectures intrigantes et stimulantes. &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://nxg.me.uk/note/2005/singular-data/&quot;&gt;Data is a singular noun&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; est une de celles à marquer d'un tag blanc. Norman Gray, un astronome de l'université de Glasgow, nous propose une balade dans l'histoire du mot &lt;em&gt;data&lt;/em&gt;, en anglais. En chemin, il nous fait découvrir des perspectives inattendues qui, de plus, devrait nous interroger, nous Français, sur des malentendus inconscients dus à une traduction impossible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En résumé l'auteur démontre que le mot &lt;em&gt;data&lt;/em&gt;, s'est paradoxalement imposé en anglais comme un nom au singulier et non au pluriel, comme pourrait le laisser croire une traduction littérale du latin. Il s'apparente à l'hypothèse d'un problème d'algèbre&amp;nbsp;: &quot;étant donnée telle situation, démontrer que...&quot;. L'usage du mot latin singulier &lt;em&gt;datum&lt;/em&gt; a pratiquement disparu en anglais au 19e siècle (au même moment que &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/11/Document%2C-une-histoire-de-mots-%282%29&quot;&gt;documens&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; en français, tiens, tiens..). Et c'est dans les années 60 que l'ambiguïté entre le singulier et le pluriel de &lt;em&gt;data&lt;/em&gt; s'estompe. Extrait de la conclusion (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le mot duquel &quot;data&quot; est prétendument le pluriel a tout simplement disparu. Cela veut dire deux choses. Tout d'abord, il a créé un espace linguistique dans lequel &quot;data&quot; a sa place, il n'y a pas d'ambiguïté à utiliser &quot;data&quot; comme un mot au singulier. Ensuite et principalement, si &quot;datum&quot; a effectivement disparu, cela signifie que &quot;data&quot; ne peut être simplement son pluriel. Privé d'ancrage, il s'est éloigné de ce simple sens dérivé pour un sens en soi distinct et indépendant. Il a alors construit des règles d'usage pour lui-même, sans être entravé par son passé latin.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Data ne signifie plus juste une (foutu) datum après une autre. &quot;Data&quot; au vingtième siècle renvoie à une masse d'informations brutes (mass of raw information), que nous mesurons plutôt que nous comptons, et c'est aussi vrai maintenant que cela l'était au moment où le mot a fait ses débuts, en 1646. Cette acception universelle de data comme mesurable plutôt que comptable met sans ambiguïté le mot dans la même catégorie grammaticale que le &quot;charbon&quot;, le &quot;blé&quot; ou le &quot;minerai&quot;, qui est celle des noms de masse ou d'agrégat. Comme tel, il est toujours et inévitablement grammaticalement singulier. Nous ne saurions demander&amp;nbsp;:  ‘how many wheat do you have?’ (Quel nombre de blé avez-vous ?) ou dire ‘the ore are in the train’ (le minerai sont dans le train) si nous voulons être perçu comme des locuteurs anglais compétents. De la même manière et dans la même mesure, nous ne pouvons demander ‘how many data do you have?’ (quel nombre de data avez-vous ?) ou dire ‘the data are in the file’ (la data sont dans le fichier) sans faire une erreur grammaticale.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Beaucoup de choses à méditer, suite à cette découverte pour moi, par exemple&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;la confusion entre mesurer et compter explique peut être bien des malentendus sur la mesure de l'information sur le web (p ex i&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/02/11/Paradoxes-de-la-mesure-de-l-information&quot;&gt;ci&lt;/a&gt;),&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;En français, nous ne faisons pas une différence aussi nette entre les deux verbes (combien traduit aussi bien &lt;em&gt;how many&lt;/em&gt; que &lt;em&gt;how much&lt;/em&gt;) et la traduction obligatoire du singulier anglais &lt;em&gt;data&lt;/em&gt; par le pluriel français &lt;em&gt;données&lt;/em&gt; (ajouté au fait qu'en anglais l'article &lt;em&gt;the&lt;/em&gt; est invariable), réintroduit la confusion qui s'était effacée et est sans doute la source d'autres malentendus,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;le &lt;em&gt;Web of data&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Web de données&lt;/em&gt;, raisonne sur des données discrètes et joue sur l'ambiguïté sans le dire. D'une certaine façon, l'anglais réintroduit en contrebande le sémantique qui n'apparaît pas dans le français alors qu'à l'inverse le français l'avait inclus dans &lt;em&gt;informatique&lt;/em&gt;, contrairement à l'anglais &lt;em&gt;computing&lt;/em&gt;...&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Pour les promoteurs du Web de données, ces dernières jouent peut-être, inconsciemment ou non, le même rôle que les hypothèses dans un problème d'algèbre, et se rapportent à une certaine conception du monde qu'il faudrait peut-être mieux décrypter avant qu'elle nous envahisse.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Le document à l'Académie (dictionnaire)</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/03/14/Le-document-a-l-Academie-%28dictionnaire%29</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:eb3cde8d156e14e949a8c7ad379a972e</guid>
        <pubDate>Wed, 14 Mar 2012 10:20:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>212. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Des documens du Moyen Âge…</category>
                  <category>213. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; ... aux documents de la révolution scientifique</category>
                <description>          &lt;p&gt;Mon collègue de l'ENS-Lyon, Jean-Philippe Magué (merci à lui), vient d'attirer mon attention sur l'évolution de la définition du mot document dans les différentes éditions du &lt;a href=&quot;http://www.academie-francaise.fr/dictionnaire/&quot;&gt;dictionnaire de l'Académie française&lt;/a&gt; depuis l'origine. Voilà le résultat qu'il a compilé&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;1ère édition (1694)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Enseignement. Vieux Documents. anciens documents. titres &amp;amp; documents. Ce mot vieillit.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;2ème édition (1718)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Terme de pratique. titres, preuves par escrit. enseignement. Vieux documents. anciens documents. titres et documents.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;3ème édition (1740)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Terme de Pratique. Titres, preuves par écrit, enseignement. Vieux Documens. anciens documens. titres &amp;amp; documens.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;4ème édition (1762)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Terme de Pratique. Titres, preuves par écrit, enseignement. Vieux documens. Anciens documens. Titres &amp;amp; documens.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;5ème édition (1798)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Terme de Pratique. Titres, preuves par écrit, enseignement. Vieux documens. Anciens documens. Titres &amp;amp; documens.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;6ème édition (1835)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Terme de Pratique. Titres, preuves par écrit, renseignement. Vieux documents. Anciens documents. Titres &amp;amp; documents. Un document précieux. Recueillir les documents qui peuvent servir à la composition d'une histoire.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;7ème édition (1878)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Titres, preuves par écrit, renseignement. Vieux documents. Anciens documents. Titres et documents. Un document précieux. Recueillir les documents qui peuvent servir à la composition d'une histoire.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;8ème édition (1932)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Titre, pièce écrite qui sert de preuve ou de renseignement. Titres et documents. Un document précieux. Réunir des documents en vue d'un travail, d'un livre d'histoire.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;9ème édition (1992)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;XIIIe siècle. Emprunté du latin documentum, «&amp;nbsp;exemple, modèle », «&amp;nbsp;enseignement, ce qui sert à instruire », puis «&amp;nbsp;acte écrit qui sert de témoignage, preuve ».&lt;/em&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;1. Écrit ou, par ext., tout objet pouvant apporter un renseignement, établir ou infirmer un fait. Réunir des documents en vue d'un exposé. Document original. Document officiel. Document administratif. Documents photographiques. Ce sont là de précieux documents. Classer des documents. DROIT. Écrit ou objet susceptible de contribuer à établir la vérité au cours d'une instruction judiciaire ou d'un procès. Voici le dossier avec tous les documents. Des documents accablants. Un document établissant l'innocence de l'inculpé.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;2. COMMERCE. Pièce, titre accompagnant une marchandise en cours de transport et permettant son identification.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;(On trouvera tous les liens sur &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Dictionnaire_de_l%27Acad%C3%A9mie_fran%C3%A7aise&quot;&gt;Wikipédia&lt;/a&gt;. Pour la 2ème édition, seule le tome 2 est numérisé pour une raison que j'ignore. Si un des lecteurs de la BNF peut jeter un oeil sur la micro-fiche et compléter en commentaire... Complété, cf. commentaire)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nos immortels ont écrit ainsi une petite histoire du mot qui vient compléter celle déjà &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/tag/212.%20LES%20MUTATIONS%20DU%20DOCUMENT%20%3B%20Petite%20histoire%20du%20mot%20%3B%20Des%20documens%20du%20Moyen%20%C3%82ge%E2%80%A6&quot;&gt;notée&lt;/a&gt;. On constate qu'au 17ème siècle ils étaient prêts à l'enterrer, mais qu'il résiste. Ce n'est qu'à partir du 19ème que sa définition commence à s'élargir, pour brutalement prendre une vraie importance dans la dernière édition.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et, consécration !, aujourd'hui le dictionnaire lui-même est devenu officiellement &lt;em&gt;document&lt;/em&gt; puisque &lt;em&gt;La matière du quatrième tome est publiée en fascicules dans les «&amp;nbsp;Documents administratifs&amp;nbsp;» du Journal officiel, au fur et à mesure de l'avancement des travaux.&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.academie-francaise.fr/dictionnaire/&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La prégnance récente de la notion est ainsi confirmée ainsi que son importance actuelle. Le document est devenu essentiel à la régulation de nos sociétés. Il paraît alors difficile d'imaginer qu'il se dilue dans un Web qui ne serait plus que de &lt;em&gt;données&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Séminaire AI : Algorithmes, données et sens (9 mars Lyon)</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/02/28/Seminaire-AI-%3A-Algorithmes--donnees-et-sens-%289-mars-Lyon%29</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:54caa0ddb65ad668b097896dd377098b</guid>
        <pubDate>Tue, 28 Feb 2012 05:53:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                        <description>          &lt;p&gt;Le prochain séminaire sur l'architecture de l'information se tiendra à Lyon le 9 mars 13h30 à l'&lt;a href=&quot;http://www.ixxi.fr/?page_id=41&amp;amp;lang=fr&quot;&gt;IXXI&lt;/a&gt; à Lyon. Entrée libre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Programe alléchant comme d'habitude&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une sociologie des algorithmes&lt;/strong&gt; (Toward a Sociology of Algorithms, présentation en anglais),
Tarleton Gillespie, Cornell University&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les algorithmes jouent un rôle de plus en plus important dans la façon dont nous trouvons les informations les plus importantes pour nous. L'algorithme de recherche de Google, le Newsfeed de Facebook, les recommandations d'Amazon et les Trends de Twitter, tous les jours nous nous tournons vers des algoritmes informatiques conçus pour nous dire ce qui est le plus important pour nous et pour les autres. En réalité, les ressources informatiques que nous avons créées sont maintenant trop vastes et trop complexes. Seuls des algorithmes peuvent les gérer.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pourtant cette emprise des algorithmes s'accompagne d'une vulnérabilité. Les algorithmes décident des informations à mettre en évidence, de quelles relations à faire ou ne pas faire entre elles. Et leur logique est opaque, construite dans des outils dont nous pouvons nous servir mais pas démonter. Les conclusions qu'ils dessinent ont des implications sociales et politiques pour les gens, les communautés et les organisations qui dépendent d'eux.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Nous avons besoin d'une sociologie des algorithmes. Cela va au delà des questions leur marche et leur perfectionnement. C'est une caractéristique essentielle de notre écosystème informationnel, et il faut se demander comment ces algorithmes façonnent la production et la mise à l'écart de l'information, de la connaissance et de la culture. A quelles obligations les designers et les développeurs d'algorithmes doivent faire face, puisque que leurs outils rendent de plus en plus de services vitaux pour des fonctions publiques dans la détermination de ce qui est vu et perçu comme pertinent et de comment nous nous reconnaissons nous même comme un public ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner du sens aux données&lt;/strong&gt;, Gautier Poupeau, Antidot&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Open Data, Linked Data, Big Data, Data journalism... autant d'expressions qui ont remplacé sous les feux des projecteurs des professionnels du numérique le Web 2.0 et le Web social entré peu à peu dans leur pratique quotidienne, mais qu'en est-il réellement et, surtout, que faut-il attendre de ces concepts et des avancées sous-jacentes&amp;nbsp;? S'agit-il d'un effet de mode engendré par le buzz et le besoin de nouveautés constantes de ce milieu ou d'une tendance lourde qui marquerait un tournant dans la place accordée à la donnée et plus généralement à l'attention à l'information dans le système d'information ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En définissant chacune de ces visions, nous en dresserons une cartographie pour mieux les critiquer et montrer leurs apports et leurs limites. Nous les analyserons en particulier à la lumière de la place accordée à la donnée elle-même et à sa logique. Ainsi, nous tenterons de montrer la nécessité d'accorder une place prépondérante à la question du sens que les données véhiculent, tant dans leur modélisation, leur mise à disposition, leur traitement, leur croisement, leur usage que leur visualisation.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Vu, Lu, Su par le design</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/02/24/Vu--Lu--Su-par-le-design</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:9b4b57b3b68a3c7f1ad2a0d45e172827</guid>
        <pubDate>Fri, 24 Feb 2012 09:29:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>23. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions</category>
                  <category>235. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Définition du document</category>
                  <category>421. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; La gestion de l’attention</category>
                  <category>6. CONCLUSION - ARCHITECTES ET ARCHITHEQUES</category>
                <description>          &lt;p&gt;Janet Murray, professeur design à Georgia Tech, vient de publier aux Presses du MIT un important livre sur le design du numérique&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Inventing the Medium: Principals of Interaction Design as a Cultural Practice&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://mitpress.mit.edu/catalog/item/default.asp?ttype=2&amp;amp;tid=12666&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;. Elle tient aussi un blog qui accompagne et actualise le livre (&lt;a href=&quot;http://inventingthemedium.wordpress.com&quot;&gt;là&lt;/a&gt;). On peut lire enfin un long et passionnant entretien avec H. Jenkins (&lt;a href=&quot;http://henryjenkins.org/2012/02/an_interview_with_janet_murray.html&quot;&gt;là&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je retiens entre autres ceci dans l'entretien (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;J'ai deux éclairages sur ce qu'est un média que je peux présenter brièvement ici&amp;nbsp;: le premier est que tout média est composé de trois parties&amp;nbsp;: l'inscription, la transmission et la représentation&amp;nbsp;; le second est que le paradigme le plus productif pour le designer pour penser un média est, de mon point de vue, celui de l'attention captée (focused attention).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On retrouve ainsi sous sa plume les trois facettes Vu (inscription), Lu (représentation) et Su (transmission), ainsi que l'insistance sur l'économie de l'attention. Je suis heureux de constater cette convergence de la réflexion sur le design des médias avec mes propres réflexions, ce qui me conforte dans l'insistance sur la notion d'architecture de l'information.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voici comment J. Murray décline sur le numérique les&lt;a href=&quot;http://inventingthemedium.wordpress.com&quot;&gt; trois principes&lt;/a&gt; sur son blog (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Toutes choses faites de bits et de codes informatiques relèvent d'un seul média, le média numérique avec ses affordances originales.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Concevoir un élément quelconque dans ce nouveau médium relève d'un effort collectif plus large consistant à construire du sens au travers de l'invention et de l'affinement de conventions du média numérique.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;En élargissant les conventions de construction du sens qui composent la culture humaine, nous élargissons notre capacité à comprendre le monde et à entrer en relation avec les autres.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;On y  retrouve aussi la notion de contrat de lecture.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Le monde selon Facebook et selon Google</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/02/07/Le-monde-selon-Facebook-et-selon-Google</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:b0b944388335b62857a5a4ea31d43598</guid>
        <pubDate>Tue, 07 Feb 2012 02:14:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>422. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; Le Web entre flot et bibliothèque</category>
                  <category>522. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie du texte : Google</category>
                  <category>523. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie du médium : Facebook</category>
                <description>          &lt;p&gt;Pour rebondir sur la discussion d'un &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/02/03/L-%C3%A9vangile-selon-Saint-Marc-%28Zuckerberg%29&quot;&gt;précédent billet&lt;/a&gt; voici deux images révélatrices des conceptions documentaires du monde par &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt; et par &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;. Il reste à trouver celle qui représenterait le monde d&lt;em&gt;'Apple&lt;/em&gt;. La comparaison des deux images est en effet instructive.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Facebook-P-Butler-14-12-2010_m.jpg&quot; alt=&quot;Facebook-P-Butler-14-12-2010.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Facebook-P-Butler-14-12-2010.jpg, fév. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.WebGL-Globe-Search-2012_m.jpg&quot; alt=&quot;WebGL-Globe-Search-2012.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;WebGL-Globe-Search-2012.jpg, fév. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On connait l'&lt;a href=&quot;https://www.facebook.com/note.php?note_id=469716398919&amp;amp;id=9445547199&quot;&gt;emblématique image&lt;/a&gt; des relations de &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt;, qui ressemble à une carte des lignes aériennes que l'on trouve dans les magazines disponibles dans les avions ou encore à celles des flux migratoires ou des échanges commerciaux des manuels de géographie de ma jeunesse. &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt;, chantre de la connexion, représente son activité sur une carte par des flux d'échanges.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; propose de son côté un service expérimental de visualisation de données géolocalisées sur un globe terrestre, &lt;em&gt;The WebGL Globe&lt;/em&gt;, et, comme exemple, il présente les recherches sur son moteur (&lt;em&gt;search&lt;/em&gt;) colorée par langue dans le monde. On trouvera ci-contre une copie d'écran, mais l'&lt;a href=&quot;http://workshop.chromeexperiments.com/globe-search&quot;&gt;image animée en 3D&lt;/a&gt; est beaucoup plus spectaculaire. &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; présente ici son activité comme cumulative. Il ne s'agit plus de flux, mais de stock. La richesse d'informations accumulées en un lieu. Sans doute, la représentation est contrainte par l'algorithme qui organise de cette façon la visualisation des données, mais l'exemple n'est pas du au hasard, c'est aussi une image fidèle du modèle d'origine de la firme, issu de la bibliothéconomie. Dans la construction du modèle de Webmédia qui croise télé (-phone et -vision) et bibliothèque ou archives. &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt; penche plus, lui, vers la première origine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les deux cas, sur les deux cartes, on peut aussi visualiser l'implantation comparable des deux firmes américaines avec des déserts pourtant habités dus soit à l'absence d'activité sur l'internet dans ces zônes (Afrique), soit à l'existence de concurrents mieux implantés (Russie, Chine).&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Le papier est un terminal comme un autre</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/09/Le-papier-est-un-terminal-comme-un-autre</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:db2e1ee3a9f336fc5c1a61de5fa55f66</guid>
        <pubDate>Wed, 11 Jan 2012 01:31:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                  <category>231. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Vu : forme</category>
                <description>          &lt;p&gt;Début 2012, on est loin des &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2006/07/31/51-papier-terminal-biodegradable-ou-biodegradant&quot;&gt;prédictions apocalyptiques de Pierre-Marie de Biasi&lt;/a&gt; sur l'explosion de la demande de papier et plus encore de leur contraire sur le bureau sans papier (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mat%C3%A9rialisation&quot;&gt;wkp&lt;/a&gt;). La consommation de papier graphique a fortement augmenté jusqu'aux années 2000 et aurait plutôt tendance à stagner et reculer ces toutes dernières années, mais il est difficile de dire s'il s'agit du résultat immédiat de la crise (qui réduit les échanges, et donc les documents) ou de l'effet à retardement du numérique (dont les effets sur les pratiques sont plus lents que l'implantation des systèmes), sans doute une combinaison des deux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un observateur attentif,&lt;a href=&quot;http://cerig.efpg.inpg.fr/nouvelle/2011/rotalier_rebond-papetier_2011.htm&quot;&gt; Jacques de Rotalier&lt;/a&gt;, note que sur les prévisions mondiales 2010-2015 &lt;em&gt;globalement, les zones développées devraient voir leur consommation diminuer légèrement (-1,5%) tandis que celle des zones émergentes devrait augmenter de 4 à 5%. La fusion de ces chiffres donnerait un supplément de consommation mondiale de 2,5 à 3% l’an&amp;nbsp;: on est loin du développement exponentiel du numérique !&lt;/em&gt;. On ne dispose pas encore des chiffres pour 2011, mais en France la production de papier à usage graphique a diminué de 3,9% sur les dix premiers mois de l'année, d'après le &lt;a href=&quot;http://cerig.efpg.inpg.fr/nouvelle/2011/rotalier_rebond-papetier_2011.htm&quot;&gt;recueil mensuel de la COPACEL&lt;/a&gt;. J'actualiserai les chiffres quand ils seront connus. En résumé la consommation de papier graphique reste en chiffres absolus très forte, même si elle a tendance à se tasser ces dernières années, notamment à cause de la réduction du papier journal.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Actualisation,&lt;a href=&quot;http://www.copacel.fr/site/IMG/pdf/Conjoncture_generale_en_2011-2.pdf&quot;&gt; conférence de presse&lt;/a&gt; de la COPACEL (signalée par J de Rotalier, merci à lui)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Donsommation-papier-France_m.jpg&quot; alt=&quot;Donsommation-papier-France.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Donsommation-papier-France.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Consommation-papier-France-2.bmp&quot; alt=&quot;Consommation-papier-France-2.bmp&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Consommation-papier-France-2.bmp, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;La problématique courante qui tend à faire du numérique un substitut au papier est ambigüe. En réalité, la question est moins celle du numérique que de l'affichage ou de la sortie, de l'artefact qui autorise la lecture, du support sur lequel s'affichent les signes, qui bascule selon les usages et les opportunités entre l'écran ou le papier imprimé. Pour bien analyser les positions respectives de l'un et de l'autre, il faut admettre qu'il ne s'agit plus aujourd'hui que de deux modalités complémentaires, éventuellement concurrentes, d'affichage de documents tous numériques. On peut, pour commencer, visionner cette petite vidéo qui m'a donné l'idée de ce billet&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://player.vimeo.com/video/32796535?byline=0&amp;amp;portrait=0&amp;amp;color=ffffff&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; frameborder=&quot;0&quot; webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://vimeo.com/32796535&quot;&gt;Hello Little Printer, available 2012&lt;/a&gt; from &lt;a href=&quot;http://vimeo.com/bergstudio&quot;&gt;BERG&lt;/a&gt; on &lt;a href=&quot;http://vimeo.com&quot;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Repéré par &lt;a href=&quot;http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2012/01/des-impressions-pour-nos-envies.html&quot;&gt;H. Bienvault&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a plus de formats différents de papier imprimé correspondant à des usages différents que de types d'écran. Délà le codex du livre n'est pas celui du journal, l'un et l'autre, se déclinant en diverses familles selon le genre ou la régularité des publications. Mais le codex n'est pas, non plus, la seule forme possible pour des documents imprimés. La feuille simple connait aussi divers formats depuis l'affiche jusqu'au Post-it en passant par la liste de course et surtout l'explosion de la feuille A4, sortie d'imprimante, agrafée ou non. La vidéo nous montre que les imprimantes ne sont pas, non plus, condamnées à ce seul format et que les messages instantanés peuvent aussi se distribuer sur papier, y compris à distance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui les documents, quels que soient leur format et leur modalité d'affichages sont tous à l'origine numériques, à de rares exceptions près. Sachant que l'écran et le papier restent privilégiés la question devient&amp;nbsp;: quel est le support le plus opportun pour un usage donné&amp;nbsp;? Entre l'écran et le papier, chacun à ses avantages. Sans prétendre faire le tour de la question, on peut remarquer déjà des avantages contrastés entre l'un et l'autre selon trois critères de base&amp;nbsp;: la permanence, la portabilité et la lecture. Je les ai résumés sur un petit tableau.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Papier-vs-ecran_m.jpg&quot; alt=&quot;Papier-vs-ecran.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Papier-vs-ecran.png, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le papier imprimé l'emporte sur l'écran sur la permanence à court terme, tout simplement parce qu'il ne risque pas de s'effacer contrairement à l'écran, c'est cet avantage qui est mis en avant dans la vidéo. Mais à moyen terme, l'écran l'emporte car le papier est encombrant et devient vite difficile à retrouver, tandis que les serveurs gardent en permanence l'accessibilité immédiate des documents sur écran. Nul ne connait à long terme la possibilité de réafficher un document sur écran, tandis que le papier a fait ses preuves pour la conservation, pour peu que l'on prenne les bonnes mesures.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un document individuel est en général plus facile à transporter sur papier, pourvu qu'il ne soit pas trop volumineux. Inversement, dès que le nombre de documents s'accroit, l'écran qui facilite l'ubiquité reprend l'avantage.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin les modalités de lecture ont des avantages aussi contrastés dans les deux cas. Le feuilletage est plus simple sur papier, car il autorise la vue simultanée des feuilles sans trop d'encombrement de l'espace. Par contre s'il s'agit de naviguer d'un document à l'autre de façon plus ou moins aléatoire et d'y exécuter des traitements, l'écran est plus performant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sans doute on pourrait discuter ces affirmations et proposer d'autres critères. Je voulais juste ici suggérer des pistes de raisonnement. Celles-ci me permettent de compléter par une ligne mon tableau des différents modèles de publication déjà présenté dans un &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/11/14/Les-cinq-mod%C3%A8les-de-l-industrie-de-la-m%C3%A9moire&quot;&gt;précédent billet&lt;/a&gt;. Je n'ai pas le temps de commenter. Ce sera pour une autre fois. Mais j'attire votre attention sur le critère de l'espace et du temps pour expliquer aussi bien les différents formats papiers (y compris l'impossibilité de rendre compte directement du flot) que les formats d'écran.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/5-modeles-Industries-memoires-3.png&quot; alt=&quot;Le papier et les cinq modèles d&amp;#039;industries de la mémoire&quot; title=&quot;Le papier et les cinq modèles d&amp;#039;industries de la mémoire, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>«Record» et «data»</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/17/%C2%ABRecord%C2%BB-et-%C2%ABdata%C2%BB</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:5d5091781ae1f911452e2b1995a70313</guid>
        <pubDate>Mon, 17 Oct 2011 11:19:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>21. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot</category>
                  <category>212. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Des documens du Moyen Âge…</category>
                  <category>213. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; ... aux documents de la révolution scientifique</category>
                <description>          &lt;p&gt;Pour poursuivre la réflexion amorcée dans le &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/13/%C2%AB-Record-%C2%BB%2C-document%2C-information%2C-donn%C3%A9es&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;précédent billet&lt;/a&gt;, voici une interrogation sur le corpus anglophone de N-Gram des mots &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;records&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.N-Gram_Records-Record_m.jpg&quot; alt=&quot;N-Gram_Records-Record.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;N-Gram_Records-Record.jpg, oct. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On peut faire plusieurs constats&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le mot est nettement plus utilisé dans la littérature anglophone que &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/07/28/Histoires-de-mots-%283%29-et-th%C3%A9orie-du-document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;«&amp;nbsp;document&amp;nbsp;» dans la littérature francophone&lt;/a&gt; en 1800, sans doute à cause de la différence de culture juridique des deux mondes.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Au cours du 19e &lt;em&gt;document&lt;/em&gt; rattrape &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; et les deux mots ont une fréquence comparable, chacun dans leur bassin linguistique.(&lt;em&gt;document&lt;/em&gt; est beaucoup moins usité dans le monde anglophone).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Enfin, on aperçoit nettement l'arrivée de l'enregistrement sonore et visuel à partir de 1900.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Maintenant pour ajouter à la &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/13/%C2%AB-Record-%C2%BB%2C-document%2C-information%2C-donn%C3%A9es#c8034&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;perplexité de Jean-Daniel&lt;/a&gt;, voici ce que cela donne lorsqu'on ajoute le mot &lt;em&gt;data&lt;/em&gt;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.N-Gram-records-record-data_m.jpg&quot; alt=&quot;N-Gram-records-record-data.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;N-Gram-records-record-data.jpg, oct. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le mot n'apparait qu'au début du 20e pour exploser après la seconde guerre mondiale, et il s'impose immédiatement dans la littérature, montrant à quel point l'informatique occupe brutalement nos écrits, du moins ceux récoltés par les bibliothèques, sinon nos pensées. Juste avec ce paramètre indirect, on subodore qu'il n'est pas anodin de passer du «&amp;nbsp;web des documents&amp;nbsp;» au «&amp;nbsp;web des données&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>« Record », document, information, données</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/13/%C2%AB-Record-%C2%BB--document--information--donnees</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:54166ddda02e4c6d2327d7f59aedf551</guid>
        <pubDate>Thu, 13 Oct 2011 03:39:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>212. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Des documens du Moyen Âge…</category>
                  <category>213. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; ... aux documents de la révolution scientifique</category>
                  <category>222. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion ; Bibliothécaires et documentalistes</category>
                <description>          &lt;p&gt;Ce billet m'a été inspiré par &lt;a href=&quot;http://www.marieannechabin.fr/2011/10/traductibilite/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;celui très stimulant&lt;/a&gt; de Marie-Anne Chabin sur la difficulté de traduction de l'anglais &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; en français et de la discussion nourrie qu'il a suscité. Le débat a tourné principalement autour de la validité de l'équivalence entre &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; et document, décliné en plusieurs langues, russe, espagnol, allemand, roumain...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En réalité, le débat entre archivistes avait une vocation opérationnelle immédiate et essentielle&amp;nbsp;: comment nommer les objets que l'on manipule pour bien se faire comprendre et lever les ambiguïtés. Dans ce contexte, il a toute sa légitimité. Mais vu de l'extérieur de ce monde il prend une tournure différente et est révélateur d'autres questions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le postulat de départ est que l'anglais &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; a une signification précise de «&amp;nbsp;document probant », illustrée par la différence entre la liste de course et le ticket de caisse qui valide l'acte d'achat. Si l'on se réfère à l'&lt;a href=&quot;http://oxforddictionaries.com/definition/record&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;''Oxford Dictionnary''&lt;/a&gt;, on retrouve bien cet accent mis d'abord sur la preuve (même s'il faut ajouter l'élargissement à toutes formes d'enregistrement, comme le disque).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est intéressant de constater qu'il a donné en français le «&amp;nbsp;record sportif&amp;nbsp;» :&lt;em&gt; Empr. à l'angl. record «&amp;nbsp;enregistrement, document écrit (pour conserver un témoignage)&amp;nbsp;» (av. 1300 ds NED), d'où «&amp;nbsp;fait exceptionnel (notamment un exploit sportif) digne d'être enregistré&amp;nbsp;» (1883, ibid.), de l'a. fr. recort, record (v. recors).&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=2389831185;&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ATILF&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais l'aller et retour entre les deux langues est plus ancien. Voilà ce que nous dit sur l'étymologie du mot l&lt;em&gt;'Oxford Dictionnary&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Middle English: from Old French record 'remembrance', from recorder 'bring to remembrance', from Latin recordari 'remember', based on cor, cord- 'heart'. The noun was earliest used in law to denote the fact of being written down as evidence. The verb originally meant ‘narrate orally or in writing’, also ‘repeat so as to commit to memory’&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On peut comparer cette étymologie avec celle du mot «&amp;nbsp;document ». Voilà ce que nous dit l'ATILF à &lt;a href=&quot;http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?36;s=2389831185;r=2;nat=;sol=0;&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ce sujet&lt;/a&gt;&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Empr. au lat. class. documentum «&amp;nbsp;enseignement », b. lat. «&amp;nbsp;acte écrit qui sert de témoignage, preuve », dér. de docere «&amp;nbsp;enseigner, informer ».&lt;/em&gt; Le même article signale comme première signification&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Enseignement, oral ou écrit, transmis par une personne.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi selon leur étymologie, le «&amp;nbsp;&lt;em&gt;record&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» anglais et le «&amp;nbsp;document&amp;nbsp;» français ont quasiment la même signification, mais proviennent de deux mots latins différents&amp;nbsp;: le premier fait référence à la mémoire et la preuve, le second à la transmission et la leçon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai déjà eu l'&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/07/28/Histoires-de-mots-%283%29-et-th%C3%A9orie-du-document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;occasion&lt;/a&gt; de montrer que la popularisation du mot «&amp;nbsp;document&amp;nbsp;»  s'est accomplie au XIXe siècle, très vraisemblablement sous la poussée de la révolution scientifique qui avait besoin d'artefacts qui confondent justement ces deux fonctions. La preuve est une leçon pour l'avancement de la science et mémoire et transmission vont de pair. Le mot à partir de ce moment a pris un sens plus large et de plus en plus vague, qui après la seconde guerre mondiale a été de plus en plus remplacé par le polymorphe «&amp;nbsp;information », privilégiant toujours la transmission plutôt que la mémoire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; anglais n'a guère trouvé que dans les techniques d'enregistrement du son et de l'image, apparues à la fin du XIXe, l'occasion d'élargir ses horizons. Ainsi, mis à part le disque et la bande magnétique, le &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; a gardé son sens précis attaché à la preuve qui sied aux archivistes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aujourd'hui avec le numérique et la relation différente à la vérité qui l'accompagne, d'autres notions émergent en phase avec les capacités de calcul comme ressources (&lt;em&gt;resources&lt;/em&gt;) puis surtout données (&lt;em&gt;data&lt;/em&gt;), directement traduites de l'anglais par les échanges entre informaticiens. Ces mots ne sont pas anodins non plus. Ils font référence à des entités déjà existantes, déposées, neutres, sans plus de relations avec les fonctions de mémoire et preuve, ni transmission et leçon. Il y a là matière à réflexion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 7 décembre 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi la discussion sur «&amp;nbsp;document d'ativité&amp;nbsp;» sur la page &lt;a href=&quot;http://www.linkedin.com/groups/Que-pensez-lexpression-gestion-documents-3942187.S.81128938?qid=8cc7d306-92ed-490e-8593-46333b1f0e25&amp;amp;trk=group_most_popular-0-b-ttl&amp;amp;goback=.gmp_3942187&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;GSI&lt;/a&gt; de Linked'in&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Protodocument, document et néodocument</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/04/Protodocument--document-et-neodocument</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:3381e97a55611950e95e477181a524ee</guid>
        <pubDate>Tue, 04 Oct 2011 05:32:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>235. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Définition du document</category>
                  <category>432. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; L’économie du document ; Le secteur du document</category>
                <description>          &lt;p&gt;Hervé Le Crosnier dans le &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/19/Document-et-protodocument#c8027&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;commentaire&lt;/a&gt; d'un billet récent me reproche d'avoir détourné la notion de protodocument telle qu'initiée par Pédauque. Je plaide (presque) coupable, pour la bonne cause. Mais le commentaire de Hervé et le rebond de Jean-Daniel Zeller qui le suit ouvre, à mon avis, d'autres questions, non sur le(proto)document mais plutôt sur le (néo)document qui nait sous nos yeux et au sujet duquel l'analyse reste encore bien faible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je reprends les propos de Hervé (en italiques) suivis de mes réponses&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;D'après ma lecture de Pédauque, j'avais une autre vision du &quot;protodocument&quot;. Non pas le prototype qui sera soumis au processus industriel de la duplication, mais un ensemble informel de &quot;sources&quot; (un terme utilisé par les historiens et les éditeurs de classiques, curieusement absent de ton texte), regroupés par un(e) &quot;auteur(e)&quot; (i.e. une entité responsable de la création du document, si l'on reprend la formule abstraite de définition du Dublin Core... qui peut donc être machinique, créative-personnelle, ou anonyme, notamment &quot;par excès d'auteurs&quot;, comme dans Wikipédia) en vue de produire un &quot;document&quot; (une trace &quot;intentionnelle&quot; portant mémoire d'un événement ou de son interprétation).&lt;/em&gt;
&lt;em&gt;Tu proposes ici une autre définition (en tout cas différente de celle que j'avais compris/interprété), qui me semble peu opérationnelle.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, j'ai peut-être employé le terme protodocument dans un sens (légèrement) différent de celui de Pédauque. Le terme est apparu dans le &lt;a href=&quot;http://hal.inria.fr/docs/00/06/28/26/PDF/Pedauque3-V4.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;3ème texte de Pédauque&lt;/a&gt; qui distinguait les &lt;em&gt;proto-documents (collection de matériels documentaires, plus ou moins cohérents et organisés)&lt;/em&gt; du &lt;em&gt;document (entité transmissible et socialement instituée)&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais non, le terme ne se réduit pas dans mon esprit à la notion de prototype nécessairement reproduit industriellement. Bien des protodocuments, dans le sens que je suggère, ne seront pas reproduits. Les sources d'un historien, comme les tessons d'un archéologue, sont bien pour ces derniers des protodocuments, c'est à dire des entités uniques qu'ils sont capables de «lire» car ils ont acquis les compétences nécessaires à cet effet, intégré le contrat de lecture commun à leur spécialité. Le protodocument est ici le document de S. Briet, celui qui fait preuve. Dès lors, mon acception est surtout plus précise et plus claire que celle de Pédauque qui laisse largement place à l'interprétation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai compris dans cette notion aussi la première épreuve d'un texte car elle est bien aussi la preuve de la production de son auteur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon premier objectif était de comprendre et non d'être opérationnel. Néanmoins, cette distinction éclaire, par exemple, la proximité et la différence entre l'archivistique et la muséologie, d'un côté, qui s'occupent de protodocuments et la bibliothéconomie, de l'autre, qui privilégie les documents et donc tous les outils associés aux uns et aux autres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les FRBR (Functional Requirements for Bibliographic Records) distinguent une frontière qui ne vaut pas forcément pour une définition globale, mais qui semble opérationnelle dans le monde des &quot;documents édités&quot;&amp;nbsp;: il y aurait d'un côté les travaux &quot;intellectuels&quot; de création du document (ce qui au passage signifie que les bibliothèques ne considère comme tels, i.e. comme méritant l'insertion dans un catalogue de bibliothèque, que les &quot;lus&quot; qui relèvent d'une production &quot;intellectuelle&quot;), dans laquelle on distinguerait les &quot;œuvres&quot; (en général l'original) et ses &quot;expressions&quot; (par exemple les diverses traductions)... et de l'autre côté les &quot;incarnations&quot; de ce travail intellectuel dans des &quot;manifestations&quot;, éventuellement multiples (&quot;items&quot;).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On trouvera &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cifications_fonctionnelles_des_notices_bibliographiques&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.figoblog.org/document594.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt; une bonne présentation des FRBR. Les FRBR marquent en fait, mais de façon partielle en mettant en avant la notion d’œuvre et celle de manifestation, la différence entre les dimensions du document (Vu, lu, su), et non celle entre un protodocument et un document. Ces derniers ont bien toujours les trois dimensions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui les bibliothèques mettent plutôt l'accent dans leur modèle sur le «lu», le contenu, du fait de l'utilisation de la non-rivalité de l’œuvre, c'est-à-dire des possibilités de partage des documents. C'est ce que j'ai tenté de montrer dans le &lt;a href=&quot;http://www.adbs.fr/revue-docsi-volume-48-n-3-septembre-2011-dossier-acces-a-l-information-les-nouveaux-modeles-economiques-108284.htm?RH=REVUE&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;dernier numéro du Documentaliste&lt;/a&gt; ou à &lt;a href=&quot;http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/13/les-trois-dimensions-de-leconomie-de-la-publication&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Marseille&lt;/a&gt; récemment.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;La tendance à confondre traces/protodocuments (i.e. recueil organisé de traces ou de sources, ou encore de &quot;témoins&quot;) et &quot;documents&quot; (relevant d'une &quot;décision&quot; auctoriale, fut-elle machinique et algorithmique) ne me semble pas porteuse. Notamment quand on regarde les effets du côté du &quot;su&quot;&amp;nbsp;: quels sont les droits (y compris le droit d'appartenir au Domaine public) associés à de tels &quot;documents&quot; sans &quot;intention&quot;&amp;nbsp;? Comment va-t-on leur associer un &quot;droit moral&quot;, surtout si'l est &quot;inaliénable&quot;&amp;nbsp;? N'est-ce pas trop dangereux pour l'avenir tant du domaine public que du partage &quot;volontaire&quot; de la connaissance&amp;nbsp;? (..)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de confondre traces et protodocuments. Si toute trace, comme tout objet, peut devenir un protodocument, toutes les traces et tous les objets ne sont pas des protodocuments. Au contraire, rares sont celles et ceux qui ont acquis ce statut. Pour cela il faut bien, en effet, qu'il y ait eu une intention, c'est à dire un auteur ou un «inventeur» qui ait intégré la trace ou l'objet dans un système documentaire par un contrat de lecture lui donnant une signification pour une communauté. Donc la question du droit moral ou du domaine public n'est pas différente de celle qui est débattue aujourd'hui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il me semble néanmoins que les réactions de Hervé comme de Jean-Daniel soulignent d'une autre difficulté de plus en plus manifeste avec les développements du web (web 2.0 et web des données) et que ne lève en effet pas la distinction entre protodocument et document.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En réalité nous sommes de plus en plus confrontés à des néodocuments construits à la volée à partir de sources diverses et visant à répondre à nos requêtes ou même à les prévenir grâce aux calculs réalisés sur les traces que nous laissons. Dans ce nouveau régime documentaire, l'intention, l'auteur ou l'inventeur est le lecteur lui-même. Il gagne en efficacité et surtout en dépenses cognitives, du moins c'est l'objectif, mais il est pris dans un processus qui lui échappe et dont il ne peut mesurer les termes car il lui reste opaque.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une version radicale de ce mouvement vers des néodocuments est présentée par le rapport sur les &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://cdn.oreilly.com/radar/2011/09/Evolution-of-Data-Products.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;produits de données&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; signalé et &lt;a href=&quot;http://www.internetactu.net/2011/10/04/vers-des-produits-de-donnees/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;commenté&lt;/a&gt; récemment par Hubert Guillaud.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans cet horizon, les protodocuments sont réduits à des unités documentaires, les données, réunies en bases de données. Il s'agit bien ici de traces intentionnellement collectées et réunies selon un protocole qui s'apparente à un contrat de lecture permettant de les interpréter en croisant les bases entre elles. Mais les documents s'effacent progressivement pour un pilotage de services censés répondre à nos besoins sans dépense cognitive de notre part. L'exemple le plus parlant est peut-être celui de la carte géographique pour piloter une automobile. Celle-ci est remplacée d'abord par un GPS qui calcule la position et les itinéraires en temps réel et l'affiche sur un écran, puis par une voiture automatique &lt;a href=&quot;http://www.nytimes.com/2010/10/10/science/10google.html?pagewanted=all&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;capable&lt;/a&gt; de se rendre toute seule d'un point A à un point B, en tenant compte du trafic.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Intégrer un processus complexe et donc effacer les documents qui le décrivait n'est pas nouveau, c'est le propre même d'une machine. La différence est qu'aujourd'hui, la machine est une machine documentaire, c'est à dire une machine qui s'appuie directement sur des protodocuments qu'elle lit et interprète toute seule pour engager l'avenir. Il y a là matière à réflexions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 12 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À lire absolument le billet de A-M Chabin et la discussion qui le suit sur la traduction de &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; en français, russe, espagnol, allemand, roumain. Une superbe discussion sur la notion de document d'archive.
&lt;a href=&quot;http://www.marieannechabin.fr/2011/10/traductibilite/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Traductibilité&lt;/a&gt;, 10 oct 2011&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Vu enfermé, lu décontenancé (Biennale de Lyon)</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/26/Vu-enferme--lu-decontenance</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:a3bf1446349b78fb9fd1992f22753838</guid>
        <pubDate>Mon, 26 Sep 2011 03:30:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>231. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Vu : forme</category>
                  <category>232. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Lu : texte</category>
                <description>          &lt;p&gt;Dédicace spéciale à Pauline. Petite promenade documentaire à la Biennale de Lyon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les œuvres d'art sont des &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/19/Document-et-protodocument&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;protodocuments&lt;/a&gt; et peuvent être analysées à partir des trois dimensions (vu, lu, su). Il est possible même que la valeur artistique d'une œuvre vienne justement de la subversion des places respectives des trois dimensions. Quoi qu'il en soit certains artistes utilisent, plus ou moins consciemment, directement cette grille pour construire leur œuvre. À la &lt;a href=&quot;http://www.biennaledelyon.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Biennale de l'art contemporain de Lyon&lt;/a&gt;, deux œuvres, en contraste radical, illustrent chacune à leur manière combien le jeu entre les dimensions peut être stimulant et dérangeant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le premier &lt;a href=&quot;http://www.biennaledelyon.com/biennale/edition/artistes/kusmirowski,39.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Robert Kusmirowski&lt;/a&gt; présente une œuvre monumentale. Au premier niveau du lieu d'exposition on ne voit qu'un mur sinistre surmonté de barbelés délimitant un espace circulaire inaccessible. Le niveau supérieur offre une vue plongeante au-dessus du mur et voilà ce que l'on découvre&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Robert_Kusmirowski-Biennale_Lyon_2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Robert_Kusmirowski-Biennale_Lyon_2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Robert_Kusmirowski-Biennale_Lyon_2011.jpg, sept. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout dans les couleurs, dans l'organisation des lieux, dans les objets, bibliothèques monumentales, livres, machines crasseuses, bidons, casiers de typographes, renvoie à une organisation documentaire mi-XIXe à mi-XXe avec la suggestion d'un scénario sinistre d'incinération de livres.. On brule les objets (vu), on interdit la transmission (su) par la circularité du mur et le contenu (lu) est absent, déchiré, éparpillé sur le sol. L'ensemble de l’œuvre est construite sur la primauté de la première dimension qui, enfermée et détruite interdit le déploiement des deux autres. Par ailleurs, c'est bien parce que la scène renvoie à un décor familier et qu'elle est exposée à la Biennale que je peux en suggérer une interprétation. En tant qu’œuvre, il s'agit d'un protodocument articulant bien les trois dimensions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde œuvre, due à &lt;a href=&quot;http://www.biennaledelyon.com/biennale/edition/artistes/petitgand,81.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Dominique Petitgand&lt;/a&gt;, est minimaliste&amp;nbsp;: &lt;em&gt;À la merci (At the mercy)&lt;/em&gt;. Dans une pièce nue, il n'y a qu'un haut-parleur et un écran de télévision. Dans le haut-parleur une voix de petit garçon lit des mots que répète à sa suite un adulte. L'ensemble forme une longue phrase française qu'il est impossible de comprendre à cause du caractère haché de la lecture ânonnée. Sur l'écran défile les mêmes mots, mais en anglais, que l'on comprend avec un minimum de compétence de cette langue et grâce à la traduction sonore, mais qui sonnent différemment. Les mots les plus longs sont coupés en deux, aussi bien à l'oral qu'à l'écrit, mais nécessairement sur des prononciations différentes, accentuant le caractère déconcertant de l'exercice de lecture. Ici l'accent est mis à l'évidence sur le «lu», perturbé par la triple forme (vu) constituée des deux voix et de l'image des mots redondantes et embrouillantes, car on lit aussi avec les sons (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Neurones_de_la_lecture&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;S Dehaene&lt;/a&gt;). Le «su» est alors bloqué. Mais, par ailleurs, comme dans l'exemple précédent l'ensemble forme un joli et émouvant poème dont les trois dimensions sont articulées dans un protodocument.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Document et protodocument</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/19/Document-et-protodocument</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:768749efa548f9ca0880337a23f7180a</guid>
        <pubDate>Mon, 19 Sep 2011 07:41:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>235. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Définition du document</category>
                <description>          &lt;p&gt;Il semble que la théorie du document commence à agiter un peu la blogosphère (&lt;a href=&quot;http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/13/les-trois-dimensions-de-leconomie-de-la-publication/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2011/09/solomo-et-vulusu.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;). Il paraît alors utile de se mettre d'accord parce qu'on entend par «&amp;nbsp;document ». C'est une discussion ancienne, qui je crois peut être maintenant tranchée. J'y consacre tout un chapitre dans le livre à venir, mais pour alimenter dès à présent les discussions qui s'amorcent, voici quelques éléments de définition.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Inspirée de Bruno Bachimont, qui dans un &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/19/Archivistique audiovisuelle et numérique&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;cours récent&lt;/a&gt; à l'EBSI tente de préciser les conséquences de la bascule du document vers le numérique, une première définition du document pourrait être la suivante&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Un document est une trace permettant d’interpréter un évènement passé à partir d’un contrat de lecture&lt;/em&gt;. Nous retrouvons bien les trois dimensions, matérielle avec la trace (vu), intellectuelle avec l’interprétation (lu), mémorielle avec l’évènement passé (su), ainsi que la nécessaire construction sociale avec le contrat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La notion de trace permet d’élargir la définition du document à toutes sortes d’objets comme l’avait proposé &lt;a href=&quot;http://martinetl.free.fr/suzannebriet/questcequeladocumentation/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Suzanne Briet&lt;/a&gt; dans les années 50. Une étoile dans le ciel, une antilope, pour reprendre ses exemples, peuvent être des documents pourvu qu’elles soient les témoins d’un savoir inscrit dans un système documentaire. Ainsi les documents sont très divers, depuis les contrats, factures, bulletins de paie, bordereaux, circulaires, lois et règlements, cartes d’identité, permis variés, jusqu’aux romans, albums, films, photos d’actualité en passant par les pièces archéologiques, les données scientifiques, les articles de revues, les objets muséaux et aussi les cartes de visite, les faire-parts, les petites annonces, les affiches publicitaires et l’on pourrait naturellement prolonger indéfiniment cette liste à la Prévert. L’interprétation de chacun passe par le régime documentaire auquel est rattachée la trace. Celui-ci peut être très varié, juridique, fictionnel, scientifique, coutumier, amical, etc. Pour interpréter un document correctement, il est nécessaire d’avoir assimilé les clés d’entrée de ces régimes. Enfin, la référence à un évènement passé ne signifie pas nécessairement la relation de cet évènement, mais bien que le document fait le lien entre quelque chose qui s’est déroulé dans le passé dont il est la trace et aujourd’hui. La trace peut être fortuite, un indice, ou construite, un texte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le document est une façon de retrouver notre passé et, nécessairement, de le reconstruire en fonction de notre présent pour orienter notre futur. Ce billet que vous consultez est un document, il est la trace de l’analyse que j’ai construite à un moment donné et que vous réinterprétez par rapport à votre présent, à partir de nos habitudes partagées de l’écriture-lecture d’un billet de blogue. Son objectif est d'esquisser une définition du document utile pour nous orienter à l'avenir sur ces questions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais cette première définition ne permet pas de rendre compte d’une qualité essentielle du document ordinaire qui autorise sa mise en système&amp;nbsp;: sa reproductibilité, sa plasticité, son traitement. Sans doute n’importe quel objet peut devenir un document, mais il reste alors unique. C’est en quelque sorte un prototype documentaire, disons un protodocument. Le document ordinaire est un texte, une représentation formelle de ce prototype sur un support maniable. Si le protodocument est déjà d’ordre textuel, il pourra être directement la matrice du document, comme dans le cas de la copie des scribes ou de l’imprimé. Dans le cas contraire, des textes viendront documenter le protodocument, jusqu’à parfois le remplacer, depuis les notices jusqu’aux enregistrements analogiques. Le numérique a démultiplié ces possibilités manupulatoires, c'est l'essentiel de sa force.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La définition du célèbre bibliothécaire indien Shiyali Ramamrita Ranganathan insiste, elle, sur ses qualités manipulatoires&amp;nbsp;: &lt;em&gt;un document est une micro-pensée enregistrée (embodied micro thought) sur papier ou sur un autre support, qui permet une manipulation physique facile, un transport dans l’espace et une préservation dans le temps&lt;/em&gt; (cité par &lt;a href=&quot;http://people.ischool.berkeley.edu/~buckland/whatdoc.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Buckland&lt;/a&gt;, trad JMS). Mais cette définition a le défaut inverse d’oublier les protodocuments et ne rend pas compte de la valeur sociale du processus documentaire. Nous pouvons alors articuler les deux définitions&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Un protodocument est une trace permettant d’interpréter un évènement passé à partir d’un contrat de lecture. Un document est la représentation d’un protodocument sur un support, pour une manipulation physique facile, un transport dans l’espace et une préservation dans le temps&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si l’on poursuit le raisonnement, la multiplication des documents et des genres dans toutes sortes de registres et leur transformation témoignent d’une relation fiévreuse à notre passé, une sorte d’interrogation existentielle sur notre présent face à un futur angoissant dont les termes se renouvellent sous nos yeux. Mieux ou pire, le numérique par ses capacités calculatoires permet de reconstruire des documents à la demande et nous donne l'illusion d'avoir toutes les réponses à nos questions avant même qu'elles ne soient posées, comme si notre futur était un destin déjà inscrit dans les machines.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Dutronc et la théorie du document</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/17/Dutronc-et-la-theorie-du-document</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:29291c853a1709cc7b7c0297e2eb3b62</guid>
        <pubDate>Sat, 17 Sep 2011 04:57:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>23. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions</category>
                <description>          &lt;p&gt;Les artistes sont visionnaires, ils sentent les choses avant tout le monde. C'est pour cela que l'on a besoin d'eux et de Jacques Dutronc en particulier qui dans ses chansons a souvent perçu les bascules de l'air du temps. En 1967, il se moque des intellectuels, un an avant que la spontanéïté envahisse (provisoirement) la rue.&lt;/p&gt;

&lt;iframe width=&quot;420&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/embed/NROcaVrS2zU&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;



&lt;p&gt;Plus de quarante ans plus tard, sa chanson mérite d'être réécoutée à l'époque des &lt;a href=&quot;http://arsindustrialis.org/node/2879&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;lectures industrielles&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.internetactu.net/2009/01/23/nicolas-carr-est-ce-que-google-nous-rend-idiot/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Google qui nous rendrait idiot&lt;/a&gt; et de la&lt;a href=&quot;http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/13/les-trois-dimensions-de-leconomie-de-la-publication/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt; théorie du document&lt;/a&gt;, elle prend un nouveau relief. Un petit bol d'air et un peu d'autodérision.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.musikiwi.com/paroles/jacques-dutronc-j,ai-tout-lu,tout-vu-tout,bu,799767.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Paroles de la chanson&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>La matrice du néodocument</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/07/La-matrice-du-neodocument</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:5415ed5aaccb36d980e7f18c0c312459</guid>
        <pubDate>Wed, 07 Sep 2011 02:39:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>315. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau ; Les trois dimensions du Web sémantique</category>
                  <category>321. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Le document au XXIe siècle ; Vu : des sites multiformes</category>
                  <category>52. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial</category>
                <description>          &lt;p&gt;Extrait d'un billet publié au printemps &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/30/La-redocumentarisation-en-quatre-images&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Précédemment nous trouvions une représentation du livre sur chacun des sommets du triangle, même si la différence de perspective soulignait les différences de dimensions. Cette fois, le document n’apparait plus qu’au centre, comme un navigateur qui le reconstruira à la demande de l’internaute.&lt;/em&gt;
&lt;em&gt;On pourrait dire que le système documentaire a réintégré la construction du document. La notion «&amp;nbsp;parenthèse Gutenberg&amp;nbsp;» prend alors une tout autre ampleur. L’imprimerie avait sorti la production documentaire des bibliothèques, des infrastructures épistémiques de l’époque. Le numérique réintègre la production documentaire dans l’infrastructure épistémique contemporaine&amp;nbsp;: le web.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.WS-dimensions-document_m.jpg&quot; alt=&quot;WS-dimensions-document.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;WS-dimensions-document.jpg, mar. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Il y aurait une thèse à écrire sur l'émergence et l'évolution du navigateur. En attendant qu'un étudiant futé s'y mette, voici une superbe infographie aussi intéressante par ce qu'elle présente que parce qu'elle cache. &lt;a href=&quot;http://evolutionofweb.appspot.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;L'évolution du web&lt;/a&gt;, réalisée par une équipe de développeurs de &lt;em&gt;Google Chrome&lt;/em&gt;. L'objectif est évidemment de montrer que le dernier né des navigateurs est celui qui s'appuie sur les technologies les plus performantes parce que les plus actuelles.&lt;/p&gt;


&lt;div&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;349&quot; src=&quot;http://evolutionofweb.appspot.com/&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;




&lt;p&gt;L'infographie a l'avantage de résumer l'évolution des navigateurs et des langages, méthodes et logiciels qui les portent. Depuis l’ancêtre &lt;em&gt;Mosaïc&lt;/em&gt;, qui a posé le concept, seuls six navigateurs se sont imposés, dont cinq sont encore en fonction. Les dernières &lt;a href=&quot;http://www.pcinpact.com/actu/news/65418-navigateurs-google-chrome-firefox-internet-explorer.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;tendances&lt;/a&gt; montreraient une montée de &lt;em&gt;Chrome&lt;/em&gt; au détriment d&lt;em&gt;'Explorer&lt;/em&gt;, toujours leader, et surtout de &lt;em&gt;Firefox&lt;/em&gt;. Le navigateur est le principal instrument de la constitution du néodocument du nouveau millénaire, sa matrice.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelles leçons tirer de ce graphique&amp;nbsp;? En voici quelques-unes sans prétendre du tout épuiser le sujet&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le très petit nombre d'alternatives et l'énorme succès de quelques-unes souligne l'importance de la normalisation de fait. Le néodocument remplace de plus en plus les anciens documents qui règlent notre vie en société et il a naturellement a envahi notre quotidien et suppose un contrat de lecture pour être repéré, décrypté et éventuellement transmis. Il nous serait insupportable d'avoir à apprendre plusieurs contrats de lecture. Passer d'un navigateur à un autre, aux fonctionnalités pourtant très proches est souvent agaçant, sans compter que nous devons aussi apprendre à gérer d'autres services concurrents (messageries, applications des mobiles, etc.).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Tous les navigateurs sont gratuits, et pourtant, ils sont le fruit d'un intense travail de recherche-développement, d'ajustements et d'intégration de fonctionnalités continues. Cette gratuité est significative. On paye sa connexion, mais on n'imagine pas payer la matrice du néodocument.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La difficulté du navigateur &lt;em&gt;Opéra&lt;/em&gt;, un des plus anciens et, on le voit bien sur l'animation, un des plus innovants, souligne l'importance d'un écosystème pour le développement du néodocument. &lt;em&gt;Explorer&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Safari&lt;/em&gt; et tout récemment &lt;em&gt;Chrome&lt;/em&gt; profitent de leur inclusion de fait dans le système documentaire de l'internaute, par la bureautique, le design ou la recherche. Firefox se place dans une position d'alternative libre, mais était de fait soutenu par Google. L'arrivée de Chrome le fragilise.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L'inclusion progressive des services au navigateur mériterait d'être étudiée de près. Depuis le multimédia, la dynamique, l'interactif, le partage, etc., elle marque l'évolution de la typographie numérique, du texte et de la fonction de transmission, les trois dimensions du néodocument.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Histoires de mots (3) et théorie du document</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/07/28/Histoires-de-mots-%283%29-et-theorie-du-document</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:c31bcbce7434ee00b36b13fa685cc8eb</guid>
        <pubDate>Thu, 28 Jul 2011 04:15:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>213. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; ... aux documents de la révolution scientifique</category>
                  <category>23. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions</category>
                <description>          &lt;p&gt;Voilà un billet qui pourrait intéresser mes collègues français des sciences de l'information et de la communication. Je me suis interrogé sur les termes du langage courant qui pouvait rendre compte le plus clairement des&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/09/15/Th%C3%A9ories-du-document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt; trois dimensions&lt;/a&gt; du document et sur leur usage. Il me semble que les trois termes sont les suivants&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;«&amp;nbsp;Document&amp;nbsp;» lui-même pour la forme, le vu&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;«&amp;nbsp;Information&amp;nbsp;» pour le texte ou le contenu, le lu&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;«&amp;nbsp;Média&amp;nbsp;» pour la relation ou la transmission, le su&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Maintenant regardons l'évolution de leur occurrence dans le corpus français des livres numérisés par &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;, grâce à &lt;a href=&quot;http://ngrams.googlelabs.com/graph?content=documents%2Cinformations%2Cm%C3%A9dias&amp;amp;year_start=1800&amp;amp;year_end=2000&amp;amp;corpus=7&amp;amp;smoothing=3&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;N-Gram&lt;/a&gt; (un rapide sondage aléatoire semble montrer que la très grande majorité des monographies comprenant ces mots sont des bulletins, des études et des revues). Voici le résultat pour les mots au pluriel (l'addition du singulier creuse encore la tendance, mais complique le &lt;a href=&quot;http://ngrams.googlelabs.com/graph?content=documents%2Cinformations%2Cm%C3%A9dias%2Cdocument%2Cinformation%2Cm%C3%A9dia&amp;amp;year_start=1800&amp;amp;year_end=2000&amp;amp;corpus=7&amp;amp;smoothing=3&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;graphique&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Ngram-documents-informations-medias_m.jpg&quot; alt=&quot;Ngram-documents-informations-medias.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Ngram-documents-informations-medias.jpg, juil. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'avais déjà noté la &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/11/Document%2C-une-histoire-de-mots-%282%29&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;montée du terme «&amp;nbsp;document&amp;nbsp;» au 19e&lt;/a&gt;. Il est intéressant de constater que le terme «&amp;nbsp;information&amp;nbsp;» ne décolle vraiment qu'après la seconde guerre mondiale, tandis que celui de «&amp;nbsp;média&amp;nbsp;» ne démarre que dans les années 80.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout se passe comme si, selon cet indicateur, la prise en compte dans le langage écrit, ou leur révélation comme phénomène analysable, des trois dimensions s'était faite de façon progressive. La traduction de &lt;em&gt;Pour comprendre les médias&lt;/em&gt; de McLuhan date de 1968, l'édition de &lt;em&gt;La société du spectacle&lt;/em&gt; de Debord de 1967.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>La redocumentarisation (du journalisme) en deux citations</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/04/05/La-redocumentarisation-%28du-journalisme%29-en-deux-citations</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:ec7c29bdebe72a4f697132db7a318c90</guid>
        <pubDate>Tue, 05 Apr 2011 04:44:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>223. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion ; Journalistes</category>
                  <category>331. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre ; Objectivité et réflexivité</category>
                <description>          &lt;p&gt;Après les quatre images du &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/30/La-redocumentarisation-en-quatre-images&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;billet&lt;/a&gt; précédent, voici deux citations pour illustrer la redocumentarisation. Il s'agit de montrer l'inversion de la perspective du rapport à la vérité qui s'est opéré entre le début du 20e et celui du millénaire en prenant l'exemple du journalisme. Comme précédemment les commentaires sont bienvenus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La première citation m'a déjà servi dans un précédent &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/12/06/De-la-transparence..&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;billet&lt;/a&gt;. Elle est tirée du livre de P. Starr &lt;em&gt;The Creation of The Media&lt;/em&gt; (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Lippmann {en 1920} exhortait les journalistes à être plus «objectifs», un mot qui venait d'apparaître pour décrire le journalisme. Les critiques aujourd'hui dénoncent l'objectivité comme une idéologie professionnelle, mais il est important de comprendre les pratiques professionnelles que Lippmann voulait faire adopter aux journalistes. Il voulait que les journalistes s'inspirent de la science en développant un «sens de la preuve» et en reconnaissant franchement les limites de l'information disponible&amp;nbsp;: il les exhortait de démonter les idées reçues et les abstractions et de refuser de laisser de côté des nouvelles ou de mettre la morale ou n'importe quelle autre cause avant la véracité. Ce que Lippmann demandait avant tout aux journalistes était la responsabilité (accountability)&lt;/em&gt;. p.396&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde citation est tirée d'un &lt;a href=&quot;http://www.rslnmag.fr/blog/2011/2/25/_c-est-une-periode-excitante-pour-l-open-data_entretien-avec-michael-cross/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;entretien&lt;/a&gt; sur RSLN avec Michael Cross du &lt;em&gt;Guardian&lt;/em&gt;, un des plus avancés dans le journalisme de données&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;(..) Que va t-il se passer si les données sont mal comprises et interprétées&amp;nbsp;? J’ai peur que nous ne puissions pas y faire grand chose et qu’il faille faire avec.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dans le même temps, &lt;strong&gt;plus les données sont disponibles, plus il y a de chances pour que les gens en parlent,&lt;/strong&gt; les analysent, les croisent&amp;nbsp;: la discussion offre une chance de réinterpréter les données de manière efficace et fiable, même si elles sont peut-être utilisées pour servir un certain agenda.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les données sont accessibles et, avec la puissance du web, nous pouvons faire en sorte que &lt;strong&gt;l’interprétation la plus fiable se retrouve mise en avant&lt;/strong&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Reprenons les mots clés de l'une et l'autre citations sur un tableau pour les mettre en perspective. 1920 correspond à l'organisation systématique des systèmes documentaires qui a pour modèle la science positive. 2010 correspond à la transformation de notre rapport au document sur un tout autre modèle de rapport à la vérité. Le tableau montre l'écho de ce mouvement dans les pratiques journalistiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Redocumentarisation-journalisme_m.jpg&quot; alt=&quot;Redocumentarisation-journalisme.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Redocumentarisation-journalisme.jpg, avr. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
      </channel>
</rss>
