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  <title>Bloc-notes de Jean-Michel Salaün - Sémio</title>
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  <description>Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 13 Feb 2012 08:29:28 -0500</pubDate>
  <copyright></copyright>
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    <title>Le monde selon Facebook et selon Google</title>
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    <pubDate>Tue, 07 Feb 2012 02:14:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>422. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; Le Web entre flot et bibliothèque</category><category>522. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie du texte : Google</category><category>523. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie du médium : Facebook</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Pour rebondir sur la discussion d'un &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/02/03/L-%C3%A9vangile-selon-Saint-Marc-%28Zuckerberg%29&quot;&gt;précédent billet&lt;/a&gt; voici deux images révélatrices des conceptions documentaires du monde par &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt; et par &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;. Il reste à trouver celle qui représenterait le monde d&lt;em&gt;'Apple&lt;/em&gt;. La comparaison des deux images est en effet instructive.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Facebook-P-Butler-14-12-2010_m.jpg&quot; alt=&quot;Facebook-P-Butler-14-12-2010.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Facebook-P-Butler-14-12-2010.jpg, fév. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.WebGL-Globe-Search-2012_m.jpg&quot; alt=&quot;WebGL-Globe-Search-2012.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;WebGL-Globe-Search-2012.jpg, fév. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On connait l'&lt;a href=&quot;https://www.facebook.com/note.php?note_id=469716398919&amp;amp;id=9445547199&quot;&gt;emblématique image&lt;/a&gt; des relations de &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt;, qui ressemble à une carte des lignes aériennes que l'on trouve dans les magazines disponibles dans les avions ou encore à celles des flux migratoires ou des échanges commerciaux des manuels de géographie de ma jeunesse. &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt;, chantre de la connexion, représente son activité sur une carte par des flux d'échanges.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; propose de son côté un service expérimental de visualisation de données géolocalisées sur un globe terrestre, &lt;em&gt;The WebGL Globe&lt;/em&gt;, et, comme exemple, il présente les recherches sur son moteur (&lt;em&gt;search&lt;/em&gt;) colorée par langue dans le monde. On trouvera ci-contre une copie d'écran, mais l'&lt;a href=&quot;http://workshop.chromeexperiments.com/globe-search&quot;&gt;image animée en 3D&lt;/a&gt; est beaucoup plus spectaculaire. &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt; présente ici son activité comme cumulative. Il ne s'agit plus de flux, mais de stock. La richesse d'informations accumulées en un lieu. Sans doute, la représentation est contrainte par l'algorithme qui organise de cette façon la visualisation des données, mais l'exemple n'est pas du au hasard, c'est aussi une image fidèle du modèle d'origine de la firme, issu de la bibliothéconomie. Dans la construction du modèle de Webmédia qui croise télé (-phone et -vision) et bibliothèque ou archives. &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt; penche plus, lui, vers la première origine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les deux cas, sur les deux cartes, on peut aussi visualiser l'implantation comparable des deux firmes américaines avec des déserts pourtant habités dus soit à l'absence d'activité sur l'internet dans ces zônes (Afrique), soit à l'existence de concurrents mieux implantés (Russie, Chine).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le papier est un terminal comme un autre</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/09/Le-papier-est-un-terminal-comme-un-autre</link>
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    <pubDate>Wed, 11 Jan 2012 01:31:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category><category>231. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Vu : forme</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Début 2012, on est loin des &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2006/07/31/51-papier-terminal-biodegradable-ou-biodegradant&quot;&gt;prédictions apocalyptiques de Pierre-Marie de Biasi&lt;/a&gt; sur l'explosion de la demande de papier et plus encore de leur contraire sur le bureau sans papier (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mat%C3%A9rialisation&quot;&gt;wkp&lt;/a&gt;). La consommation de papier graphique a fortement augmenté jusqu'aux années 2000 et aurait plutôt tendance à stagner et reculer ces toutes dernières années, mais il est difficile de dire s'il s'agit du résultat immédiat de la crise (qui réduit les échanges, et donc les documents) ou de l'effet à retardement du numérique (dont les effets sur les pratiques sont plus lents que l'implantation des systèmes), sans doute une combinaison des deux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un observateur attentif,&lt;a href=&quot;http://cerig.efpg.inpg.fr/nouvelle/2011/rotalier_rebond-papetier_2011.htm&quot;&gt; Jacques de Rotalier&lt;/a&gt;, note que sur les prévisions mondiales 2010-2015 &lt;em&gt;globalement, les zones développées devraient voir leur consommation diminuer légèrement (-1,5%) tandis que celle des zones émergentes devrait augmenter de 4 à 5%. La fusion de ces chiffres donnerait un supplément de consommation mondiale de 2,5 à 3% l’an&amp;nbsp;: on est loin du développement exponentiel du numérique !&lt;/em&gt;. On ne dispose pas encore des chiffres pour 2011, mais en France la production de papier à usage graphique a diminué de 3,9% sur les dix premiers mois de l'année, d'après le &lt;a href=&quot;http://cerig.efpg.inpg.fr/nouvelle/2011/rotalier_rebond-papetier_2011.htm&quot;&gt;recueil mensuel de la COPACEL&lt;/a&gt;. J'actualiserai les chiffres quand ils seront connus. En résumé la consommation de papier graphique reste en chiffres absolus très forte, même si elle a tendance à se tasser ces dernières années, notamment à cause de la réduction du papier journal.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Actualisation,&lt;a href=&quot;http://www.copacel.fr/site/IMG/pdf/Conjoncture_generale_en_2011-2.pdf&quot;&gt; conférence de presse&lt;/a&gt; de la COPACEL (signalée par J de Rotalier, merci à lui)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Donsommation-papier-France_m.jpg&quot; alt=&quot;Donsommation-papier-France.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Donsommation-papier-France.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Consommation-papier-France-2.bmp&quot; alt=&quot;Consommation-papier-France-2.bmp&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Consommation-papier-France-2.bmp, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;La problématique courante qui tend à faire du numérique un substitut au papier est ambigüe. En réalité, la question est moins celle du numérique que de l'affichage ou de la sortie, de l'artefact qui autorise la lecture, du support sur lequel s'affichent les signes, qui bascule selon les usages et les opportunités entre l'écran ou le papier imprimé. Pour bien analyser les positions respectives de l'un et de l'autre, il faut admettre qu'il ne s'agit plus aujourd'hui que de deux modalités complémentaires, éventuellement concurrentes, d'affichage de documents tous numériques. On peut, pour commencer, visionner cette petite vidéo qui m'a donné l'idée de ce billet&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://player.vimeo.com/video/32796535?byline=0&amp;amp;portrait=0&amp;amp;color=ffffff&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; frameborder=&quot;0&quot; webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://vimeo.com/32796535&quot;&gt;Hello Little Printer, available 2012&lt;/a&gt; from &lt;a href=&quot;http://vimeo.com/bergstudio&quot;&gt;BERG&lt;/a&gt; on &lt;a href=&quot;http://vimeo.com&quot;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Repéré par &lt;a href=&quot;http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2012/01/des-impressions-pour-nos-envies.html&quot;&gt;H. Bienvault&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a plus de formats différents de papier imprimé correspondant à des usages différents que de types d'écran. Délà le codex du livre n'est pas celui du journal, l'un et l'autre, se déclinant en diverses familles selon le genre ou la régularité des publications. Mais le codex n'est pas, non plus, la seule forme possible pour des documents imprimés. La feuille simple connait aussi divers formats depuis l'affiche jusqu'au Post-it en passant par la liste de course et surtout l'explosion de la feuille A4, sortie d'imprimante, agrafée ou non. La vidéo nous montre que les imprimantes ne sont pas, non plus, condamnées à ce seul format et que les messages instantanés peuvent aussi se distribuer sur papier, y compris à distance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui les documents, quels que soient leur format et leur modalité d'affichages sont tous à l'origine numériques, à de rares exceptions près. Sachant que l'écran et le papier restent privilégiés la question devient&amp;nbsp;: quel est le support le plus opportun pour un usage donné&amp;nbsp;? Entre l'écran et le papier, chacun à ses avantages. Sans prétendre faire le tour de la question, on peut remarquer déjà des avantages contrastés entre l'un et l'autre selon trois critères de base&amp;nbsp;: la permanence, la portabilité et la lecture. Je les ai résumés sur un petit tableau.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Papier-vs-ecran_m.jpg&quot; alt=&quot;Papier-vs-ecran.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Papier-vs-ecran.png, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le papier imprimé l'emporte sur l'écran sur la permanence à court terme, tout simplement parce qu'il ne risque pas de s'effacer contrairement à l'écran, c'est cet avantage qui est mis en avant dans la vidéo. Mais à moyen terme, l'écran l'emporte car le papier est encombrant et devient vite difficile à retrouver, tandis que les serveurs gardent en permanence l'accessibilité immédiate des documents sur écran. Nul ne connait à long terme la possibilité de réafficher un document sur écran, tandis que le papier a fait ses preuves pour la conservation, pour peu que l'on prenne les bonnes mesures.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un document individuel est en général plus facile à transporter sur papier, pourvu qu'il ne soit pas trop volumineux. Inversement, dès que le nombre de documents s'accroit, l'écran qui facilite l'ubiquité reprend l'avantage.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin les modalités de lecture ont des avantages aussi contrastés dans les deux cas. Le feuilletage est plus simple sur papier, car il autorise la vue simultanée des feuilles sans trop d'encombrement de l'espace. Par contre s'il s'agit de naviguer d'un document à l'autre de façon plus ou moins aléatoire et d'y exécuter des traitements, l'écran est plus performant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sans doute on pourrait discuter ces affirmations et proposer d'autres critères. Je voulais juste ici suggérer des pistes de raisonnement. Celles-ci me permettent de compléter par une ligne mon tableau des différents modèles de publication déjà présenté dans un &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/11/14/Les-cinq-mod%C3%A8les-de-l-industrie-de-la-m%C3%A9moire&quot;&gt;précédent billet&lt;/a&gt;. Je n'ai pas le temps de commenter. Ce sera pour une autre fois. Mais j'attire votre attention sur le critère de l'espace et du temps pour expliquer aussi bien les différents formats papiers (y compris l'impossibilité de rendre compte directement du flot) que les formats d'écran.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/5-modeles-Industries-memoires-3.png&quot; alt=&quot;Le papier et les cinq modèles d&amp;#039;industries de la mémoire&quot; title=&quot;Le papier et les cinq modèles d&amp;#039;industries de la mémoire, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>«Record» et «data»</title>
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    <pubDate>Mon, 17 Oct 2011 11:19:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>21. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot</category><category>212. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Des documens du Moyen Âge…</category><category>213. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; ... aux documents de la révolution scientifique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Pour poursuivre la réflexion amorcée dans le &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/13/%C2%AB-Record-%C2%BB%2C-document%2C-information%2C-donn%C3%A9es&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;précédent billet&lt;/a&gt;, voici une interrogation sur le corpus anglophone de N-Gram des mots &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;records&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.N-Gram_Records-Record_m.jpg&quot; alt=&quot;N-Gram_Records-Record.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;N-Gram_Records-Record.jpg, oct. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On peut faire plusieurs constats&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le mot est nettement plus utilisé dans la littérature anglophone que &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/07/28/Histoires-de-mots-%283%29-et-th%C3%A9orie-du-document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;«&amp;nbsp;document&amp;nbsp;» dans la littérature francophone&lt;/a&gt; en 1800, sans doute à cause de la différence de culture juridique des deux mondes.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Au cours du 19e &lt;em&gt;document&lt;/em&gt; rattrape &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; et les deux mots ont une fréquence comparable, chacun dans leur bassin linguistique.(&lt;em&gt;document&lt;/em&gt; est beaucoup moins usité dans le monde anglophone).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Enfin, on aperçoit nettement l'arrivée de l'enregistrement sonore et visuel à partir de 1900.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Maintenant pour ajouter à la &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/13/%C2%AB-Record-%C2%BB%2C-document%2C-information%2C-donn%C3%A9es#c8034&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;perplexité de Jean-Daniel&lt;/a&gt;, voici ce que cela donne lorsqu'on ajoute le mot &lt;em&gt;data&lt;/em&gt;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.N-Gram-records-record-data_m.jpg&quot; alt=&quot;N-Gram-records-record-data.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;N-Gram-records-record-data.jpg, oct. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le mot n'apparait qu'au début du 20e pour exploser après la seconde guerre mondiale, et il s'impose immédiatement dans la littérature, montrant à quel point l'informatique occupe brutalement nos écrits, du moins ceux récoltés par les bibliothèques, sinon nos pensées. Juste avec ce paramètre indirect, on subodore qu'il n'est pas anodin de passer du «&amp;nbsp;web des documents&amp;nbsp;» au «&amp;nbsp;web des données&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/17/%C2%ABRecord%C2%BB-et-%C2%ABdata%C2%BB#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>« Record », document, information, données</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/13/%C2%AB-Record-%C2%BB%2C-document%2C-information%2C-donn%C3%A9es</link>
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    <pubDate>Thu, 13 Oct 2011 03:39:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>212. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Des documens du Moyen Âge…</category><category>213. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; ... aux documents de la révolution scientifique</category><category>222. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion ; Bibliothécaires et documentalistes</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Ce billet m'a été inspiré par &lt;a href=&quot;http://www.marieannechabin.fr/2011/10/traductibilite/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;celui très stimulant&lt;/a&gt; de Marie-Anne Chabin sur la difficulté de traduction de l'anglais &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; en français et de la discussion nourrie qu'il a suscité. Le débat a tourné principalement autour de la validité de l'équivalence entre &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; et document, décliné en plusieurs langues, russe, espagnol, allemand, roumain...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En réalité, le débat entre archivistes avait une vocation opérationnelle immédiate et essentielle&amp;nbsp;: comment nommer les objets que l'on manipule pour bien se faire comprendre et lever les ambiguïtés. Dans ce contexte, il a toute sa légitimité. Mais vu de l'extérieur de ce monde il prend une tournure différente et est révélateur d'autres questions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le postulat de départ est que l'anglais &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; a une signification précise de «&amp;nbsp;document probant », illustrée par la différence entre la liste de course et le ticket de caisse qui valide l'acte d'achat. Si l'on se réfère à l'&lt;a href=&quot;http://oxforddictionaries.com/definition/record&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;''Oxford Dictionnary''&lt;/a&gt;, on retrouve bien cet accent mis d'abord sur la preuve (même s'il faut ajouter l'élargissement à toutes formes d'enregistrement, comme le disque).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est intéressant de constater qu'il a donné en français le «&amp;nbsp;record sportif&amp;nbsp;» :&lt;em&gt; Empr. à l'angl. record «&amp;nbsp;enregistrement, document écrit (pour conserver un témoignage)&amp;nbsp;» (av. 1300 ds NED), d'où «&amp;nbsp;fait exceptionnel (notamment un exploit sportif) digne d'être enregistré&amp;nbsp;» (1883, ibid.), de l'a. fr. recort, record (v. recors).&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=2389831185;&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ATILF&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais l'aller et retour entre les deux langues est plus ancien. Voilà ce que nous dit sur l'étymologie du mot l&lt;em&gt;'Oxford Dictionnary&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Middle English: from Old French record 'remembrance', from recorder 'bring to remembrance', from Latin recordari 'remember', based on cor, cord- 'heart'. The noun was earliest used in law to denote the fact of being written down as evidence. The verb originally meant ‘narrate orally or in writing’, also ‘repeat so as to commit to memory’&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On peut comparer cette étymologie avec celle du mot «&amp;nbsp;document ». Voilà ce que nous dit l'ATILF à &lt;a href=&quot;http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?36;s=2389831185;r=2;nat=;sol=0;&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ce sujet&lt;/a&gt;&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Empr. au lat. class. documentum «&amp;nbsp;enseignement », b. lat. «&amp;nbsp;acte écrit qui sert de témoignage, preuve », dér. de docere «&amp;nbsp;enseigner, informer ».&lt;/em&gt; Le même article signale comme première signification&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Enseignement, oral ou écrit, transmis par une personne.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi selon leur étymologie, le «&amp;nbsp;&lt;em&gt;record&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» anglais et le «&amp;nbsp;document&amp;nbsp;» français ont quasiment la même signification, mais proviennent de deux mots latins différents&amp;nbsp;: le premier fait référence à la mémoire et la preuve, le second à la transmission et la leçon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai déjà eu l'&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/07/28/Histoires-de-mots-%283%29-et-th%C3%A9orie-du-document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;occasion&lt;/a&gt; de montrer que la popularisation du mot «&amp;nbsp;document&amp;nbsp;»  s'est accomplie au XIXe siècle, très vraisemblablement sous la poussée de la révolution scientifique qui avait besoin d'artefacts qui confondent justement ces deux fonctions. La preuve est une leçon pour l'avancement de la science et mémoire et transmission vont de pair. Le mot à partir de ce moment a pris un sens plus large et de plus en plus vague, qui après la seconde guerre mondiale a été de plus en plus remplacé par le polymorphe «&amp;nbsp;information », privilégiant toujours la transmission plutôt que la mémoire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; anglais n'a guère trouvé que dans les techniques d'enregistrement du son et de l'image, apparues à la fin du XIXe, l'occasion d'élargir ses horizons. Ainsi, mis à part le disque et la bande magnétique, le &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; a gardé son sens précis attaché à la preuve qui sied aux archivistes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aujourd'hui avec le numérique et la relation différente à la vérité qui l'accompagne, d'autres notions émergent en phase avec les capacités de calcul comme ressources (&lt;em&gt;resources&lt;/em&gt;) puis surtout données (&lt;em&gt;data&lt;/em&gt;), directement traduites de l'anglais par les échanges entre informaticiens. Ces mots ne sont pas anodins non plus. Ils font référence à des entités déjà existantes, déposées, neutres, sans plus de relations avec les fonctions de mémoire et preuve, ni transmission et leçon. Il y a là matière à réflexion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 7 décembre 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voir aussi la discussion sur «&amp;nbsp;document d'ativité&amp;nbsp;» sur la page &lt;a href=&quot;http://www.linkedin.com/groups/Que-pensez-lexpression-gestion-documents-3942187.S.81128938?qid=8cc7d306-92ed-490e-8593-46333b1f0e25&amp;amp;trk=group_most_popular-0-b-ttl&amp;amp;goback=.gmp_3942187&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;GSI&lt;/a&gt; de Linked'in&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/13/%C2%AB-Record-%C2%BB%2C-document%2C-information%2C-donn%C3%A9es#comment-form</comments>
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    <title>Protodocument, document et néodocument</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/04/Protodocument%2C-document-et-n%C3%A9odocument</link>
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    <pubDate>Tue, 04 Oct 2011 05:32:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>235. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Définition du document</category><category>432. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; L’économie du document ; Le secteur du document</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Hervé Le Crosnier dans le &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/19/Document-et-protodocument#c8027&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;commentaire&lt;/a&gt; d'un billet récent me reproche d'avoir détourné la notion de protodocument telle qu'initiée par Pédauque. Je plaide (presque) coupable, pour la bonne cause. Mais le commentaire de Hervé et le rebond de Jean-Daniel Zeller qui le suit ouvre, à mon avis, d'autres questions, non sur le(proto)document mais plutôt sur le (néo)document qui nait sous nos yeux et au sujet duquel l'analyse reste encore bien faible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je reprends les propos de Hervé (en italiques) suivis de mes réponses&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;D'après ma lecture de Pédauque, j'avais une autre vision du &quot;protodocument&quot;. Non pas le prototype qui sera soumis au processus industriel de la duplication, mais un ensemble informel de &quot;sources&quot; (un terme utilisé par les historiens et les éditeurs de classiques, curieusement absent de ton texte), regroupés par un(e) &quot;auteur(e)&quot; (i.e. une entité responsable de la création du document, si l'on reprend la formule abstraite de définition du Dublin Core... qui peut donc être machinique, créative-personnelle, ou anonyme, notamment &quot;par excès d'auteurs&quot;, comme dans Wikipédia) en vue de produire un &quot;document&quot; (une trace &quot;intentionnelle&quot; portant mémoire d'un événement ou de son interprétation).&lt;/em&gt;
&lt;em&gt;Tu proposes ici une autre définition (en tout cas différente de celle que j'avais compris/interprété), qui me semble peu opérationnelle.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, j'ai peut-être employé le terme protodocument dans un sens (légèrement) différent de celui de Pédauque. Le terme est apparu dans le &lt;a href=&quot;http://hal.inria.fr/docs/00/06/28/26/PDF/Pedauque3-V4.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;3ème texte de Pédauque&lt;/a&gt; qui distinguait les &lt;em&gt;proto-documents (collection de matériels documentaires, plus ou moins cohérents et organisés)&lt;/em&gt; du &lt;em&gt;document (entité transmissible et socialement instituée)&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais non, le terme ne se réduit pas dans mon esprit à la notion de prototype nécessairement reproduit industriellement. Bien des protodocuments, dans le sens que je suggère, ne seront pas reproduits. Les sources d'un historien, comme les tessons d'un archéologue, sont bien pour ces derniers des protodocuments, c'est à dire des entités uniques qu'ils sont capables de «lire» car ils ont acquis les compétences nécessaires à cet effet, intégré le contrat de lecture commun à leur spécialité. Le protodocument est ici le document de S. Briet, celui qui fait preuve. Dès lors, mon acception est surtout plus précise et plus claire que celle de Pédauque qui laisse largement place à l'interprétation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai compris dans cette notion aussi la première épreuve d'un texte car elle est bien aussi la preuve de la production de son auteur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon premier objectif était de comprendre et non d'être opérationnel. Néanmoins, cette distinction éclaire, par exemple, la proximité et la différence entre l'archivistique et la muséologie, d'un côté, qui s'occupent de protodocuments et la bibliothéconomie, de l'autre, qui privilégie les documents et donc tous les outils associés aux uns et aux autres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les FRBR (Functional Requirements for Bibliographic Records) distinguent une frontière qui ne vaut pas forcément pour une définition globale, mais qui semble opérationnelle dans le monde des &quot;documents édités&quot;&amp;nbsp;: il y aurait d'un côté les travaux &quot;intellectuels&quot; de création du document (ce qui au passage signifie que les bibliothèques ne considère comme tels, i.e. comme méritant l'insertion dans un catalogue de bibliothèque, que les &quot;lus&quot; qui relèvent d'une production &quot;intellectuelle&quot;), dans laquelle on distinguerait les &quot;œuvres&quot; (en général l'original) et ses &quot;expressions&quot; (par exemple les diverses traductions)... et de l'autre côté les &quot;incarnations&quot; de ce travail intellectuel dans des &quot;manifestations&quot;, éventuellement multiples (&quot;items&quot;).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On trouvera &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cifications_fonctionnelles_des_notices_bibliographiques&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.figoblog.org/document594.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt; une bonne présentation des FRBR. Les FRBR marquent en fait, mais de façon partielle en mettant en avant la notion d’œuvre et celle de manifestation, la différence entre les dimensions du document (Vu, lu, su), et non celle entre un protodocument et un document. Ces derniers ont bien toujours les trois dimensions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui les bibliothèques mettent plutôt l'accent dans leur modèle sur le «lu», le contenu, du fait de l'utilisation de la non-rivalité de l’œuvre, c'est-à-dire des possibilités de partage des documents. C'est ce que j'ai tenté de montrer dans le &lt;a href=&quot;http://www.adbs.fr/revue-docsi-volume-48-n-3-septembre-2011-dossier-acces-a-l-information-les-nouveaux-modeles-economiques-108284.htm?RH=REVUE&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;dernier numéro du Documentaliste&lt;/a&gt; ou à &lt;a href=&quot;http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/13/les-trois-dimensions-de-leconomie-de-la-publication&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Marseille&lt;/a&gt; récemment.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;La tendance à confondre traces/protodocuments (i.e. recueil organisé de traces ou de sources, ou encore de &quot;témoins&quot;) et &quot;documents&quot; (relevant d'une &quot;décision&quot; auctoriale, fut-elle machinique et algorithmique) ne me semble pas porteuse. Notamment quand on regarde les effets du côté du &quot;su&quot;&amp;nbsp;: quels sont les droits (y compris le droit d'appartenir au Domaine public) associés à de tels &quot;documents&quot; sans &quot;intention&quot;&amp;nbsp;? Comment va-t-on leur associer un &quot;droit moral&quot;, surtout si'l est &quot;inaliénable&quot;&amp;nbsp;? N'est-ce pas trop dangereux pour l'avenir tant du domaine public que du partage &quot;volontaire&quot; de la connaissance&amp;nbsp;? (..)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de confondre traces et protodocuments. Si toute trace, comme tout objet, peut devenir un protodocument, toutes les traces et tous les objets ne sont pas des protodocuments. Au contraire, rares sont celles et ceux qui ont acquis ce statut. Pour cela il faut bien, en effet, qu'il y ait eu une intention, c'est à dire un auteur ou un «inventeur» qui ait intégré la trace ou l'objet dans un système documentaire par un contrat de lecture lui donnant une signification pour une communauté. Donc la question du droit moral ou du domaine public n'est pas différente de celle qui est débattue aujourd'hui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il me semble néanmoins que les réactions de Hervé comme de Jean-Daniel soulignent d'une autre difficulté de plus en plus manifeste avec les développements du web (web 2.0 et web des données) et que ne lève en effet pas la distinction entre protodocument et document.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En réalité nous sommes de plus en plus confrontés à des néodocuments construits à la volée à partir de sources diverses et visant à répondre à nos requêtes ou même à les prévenir grâce aux calculs réalisés sur les traces que nous laissons. Dans ce nouveau régime documentaire, l'intention, l'auteur ou l'inventeur est le lecteur lui-même. Il gagne en efficacité et surtout en dépenses cognitives, du moins c'est l'objectif, mais il est pris dans un processus qui lui échappe et dont il ne peut mesurer les termes car il lui reste opaque.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une version radicale de ce mouvement vers des néodocuments est présentée par le rapport sur les &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://cdn.oreilly.com/radar/2011/09/Evolution-of-Data-Products.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;produits de données&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; signalé et &lt;a href=&quot;http://www.internetactu.net/2011/10/04/vers-des-produits-de-donnees/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;commenté&lt;/a&gt; récemment par Hubert Guillaud.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans cet horizon, les protodocuments sont réduits à des unités documentaires, les données, réunies en bases de données. Il s'agit bien ici de traces intentionnellement collectées et réunies selon un protocole qui s'apparente à un contrat de lecture permettant de les interpréter en croisant les bases entre elles. Mais les documents s'effacent progressivement pour un pilotage de services censés répondre à nos besoins sans dépense cognitive de notre part. L'exemple le plus parlant est peut-être celui de la carte géographique pour piloter une automobile. Celle-ci est remplacée d'abord par un GPS qui calcule la position et les itinéraires en temps réel et l'affiche sur un écran, puis par une voiture automatique &lt;a href=&quot;http://www.nytimes.com/2010/10/10/science/10google.html?pagewanted=all&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;capable&lt;/a&gt; de se rendre toute seule d'un point A à un point B, en tenant compte du trafic.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Intégrer un processus complexe et donc effacer les documents qui le décrivait n'est pas nouveau, c'est le propre même d'une machine. La différence est qu'aujourd'hui, la machine est une machine documentaire, c'est à dire une machine qui s'appuie directement sur des protodocuments qu'elle lit et interprète toute seule pour engager l'avenir. Il y a là matière à réflexions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 12 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À lire absolument le billet de A-M Chabin et la discussion qui le suit sur la traduction de &lt;em&gt;record&lt;/em&gt; en français, russe, espagnol, allemand, roumain. Une superbe discussion sur la notion de document d'archive.
&lt;a href=&quot;http://www.marieannechabin.fr/2011/10/traductibilite/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Traductibilité&lt;/a&gt;, 10 oct 2011&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/10/04/Protodocument%2C-document-et-n%C3%A9odocument#comment-form</comments>
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    <title>Vu enfermé, lu décontenancé (Biennale de Lyon)</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/26/Vu-enferm%C3%A9%2C-lu-d%C3%A9contenanc%C3%A9</link>
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    <pubDate>Mon, 26 Sep 2011 03:30:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>231. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Vu : forme</category><category>232. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Lu : texte</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Dédicace spéciale à Pauline. Petite promenade documentaire à la Biennale de Lyon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les œuvres d'art sont des &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/19/Document-et-protodocument&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;protodocuments&lt;/a&gt; et peuvent être analysées à partir des trois dimensions (vu, lu, su). Il est possible même que la valeur artistique d'une œuvre vienne justement de la subversion des places respectives des trois dimensions. Quoi qu'il en soit certains artistes utilisent, plus ou moins consciemment, directement cette grille pour construire leur œuvre. À la &lt;a href=&quot;http://www.biennaledelyon.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Biennale de l'art contemporain de Lyon&lt;/a&gt;, deux œuvres, en contraste radical, illustrent chacune à leur manière combien le jeu entre les dimensions peut être stimulant et dérangeant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le premier &lt;a href=&quot;http://www.biennaledelyon.com/biennale/edition/artistes/kusmirowski,39.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Robert Kusmirowski&lt;/a&gt; présente une œuvre monumentale. Au premier niveau du lieu d'exposition on ne voit qu'un mur sinistre surmonté de barbelés délimitant un espace circulaire inaccessible. Le niveau supérieur offre une vue plongeante au-dessus du mur et voilà ce que l'on découvre&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Robert_Kusmirowski-Biennale_Lyon_2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Robert_Kusmirowski-Biennale_Lyon_2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Robert_Kusmirowski-Biennale_Lyon_2011.jpg, sept. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout dans les couleurs, dans l'organisation des lieux, dans les objets, bibliothèques monumentales, livres, machines crasseuses, bidons, casiers de typographes, renvoie à une organisation documentaire mi-XIXe à mi-XXe avec la suggestion d'un scénario sinistre d'incinération de livres.. On brule les objets (vu), on interdit la transmission (su) par la circularité du mur et le contenu (lu) est absent, déchiré, éparpillé sur le sol. L'ensemble de l’œuvre est construite sur la primauté de la première dimension qui, enfermée et détruite interdit le déploiement des deux autres. Par ailleurs, c'est bien parce que la scène renvoie à un décor familier et qu'elle est exposée à la Biennale que je peux en suggérer une interprétation. En tant qu’œuvre, il s'agit d'un protodocument articulant bien les trois dimensions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde œuvre, due à &lt;a href=&quot;http://www.biennaledelyon.com/biennale/edition/artistes/petitgand,81.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Dominique Petitgand&lt;/a&gt;, est minimaliste&amp;nbsp;: &lt;em&gt;À la merci (At the mercy)&lt;/em&gt;. Dans une pièce nue, il n'y a qu'un haut-parleur et un écran de télévision. Dans le haut-parleur une voix de petit garçon lit des mots que répète à sa suite un adulte. L'ensemble forme une longue phrase française qu'il est impossible de comprendre à cause du caractère haché de la lecture ânonnée. Sur l'écran défile les mêmes mots, mais en anglais, que l'on comprend avec un minimum de compétence de cette langue et grâce à la traduction sonore, mais qui sonnent différemment. Les mots les plus longs sont coupés en deux, aussi bien à l'oral qu'à l'écrit, mais nécessairement sur des prononciations différentes, accentuant le caractère déconcertant de l'exercice de lecture. Ici l'accent est mis à l'évidence sur le «lu», perturbé par la triple forme (vu) constituée des deux voix et de l'image des mots redondantes et embrouillantes, car on lit aussi avec les sons (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Neurones_de_la_lecture&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;S Dehaene&lt;/a&gt;). Le «su» est alors bloqué. Mais, par ailleurs, comme dans l'exemple précédent l'ensemble forme un joli et émouvant poème dont les trois dimensions sont articulées dans un protodocument.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Document et protodocument</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/19/Document-et-protodocument</link>
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    <pubDate>Mon, 19 Sep 2011 07:41:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>235. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Définition du document</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Il semble que la théorie du document commence à agiter un peu la blogosphère (&lt;a href=&quot;http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/13/les-trois-dimensions-de-leconomie-de-la-publication/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2011/09/solomo-et-vulusu.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;). Il paraît alors utile de se mettre d'accord parce qu'on entend par «&amp;nbsp;document ». C'est une discussion ancienne, qui je crois peut être maintenant tranchée. J'y consacre tout un chapitre dans le livre à venir, mais pour alimenter dès à présent les discussions qui s'amorcent, voici quelques éléments de définition.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Inspirée de Bruno Bachimont, qui dans un &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/19/Archivistique audiovisuelle et numérique&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;cours récent&lt;/a&gt; à l'EBSI tente de préciser les conséquences de la bascule du document vers le numérique, une première définition du document pourrait être la suivante&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Un document est une trace permettant d’interpréter un évènement passé à partir d’un contrat de lecture&lt;/em&gt;. Nous retrouvons bien les trois dimensions, matérielle avec la trace (vu), intellectuelle avec l’interprétation (lu), mémorielle avec l’évènement passé (su), ainsi que la nécessaire construction sociale avec le contrat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La notion de trace permet d’élargir la définition du document à toutes sortes d’objets comme l’avait proposé &lt;a href=&quot;http://martinetl.free.fr/suzannebriet/questcequeladocumentation/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Suzanne Briet&lt;/a&gt; dans les années 50. Une étoile dans le ciel, une antilope, pour reprendre ses exemples, peuvent être des documents pourvu qu’elles soient les témoins d’un savoir inscrit dans un système documentaire. Ainsi les documents sont très divers, depuis les contrats, factures, bulletins de paie, bordereaux, circulaires, lois et règlements, cartes d’identité, permis variés, jusqu’aux romans, albums, films, photos d’actualité en passant par les pièces archéologiques, les données scientifiques, les articles de revues, les objets muséaux et aussi les cartes de visite, les faire-parts, les petites annonces, les affiches publicitaires et l’on pourrait naturellement prolonger indéfiniment cette liste à la Prévert. L’interprétation de chacun passe par le régime documentaire auquel est rattachée la trace. Celui-ci peut être très varié, juridique, fictionnel, scientifique, coutumier, amical, etc. Pour interpréter un document correctement, il est nécessaire d’avoir assimilé les clés d’entrée de ces régimes. Enfin, la référence à un évènement passé ne signifie pas nécessairement la relation de cet évènement, mais bien que le document fait le lien entre quelque chose qui s’est déroulé dans le passé dont il est la trace et aujourd’hui. La trace peut être fortuite, un indice, ou construite, un texte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le document est une façon de retrouver notre passé et, nécessairement, de le reconstruire en fonction de notre présent pour orienter notre futur. Ce billet que vous consultez est un document, il est la trace de l’analyse que j’ai construite à un moment donné et que vous réinterprétez par rapport à votre présent, à partir de nos habitudes partagées de l’écriture-lecture d’un billet de blogue. Son objectif est d'esquisser une définition du document utile pour nous orienter à l'avenir sur ces questions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais cette première définition ne permet pas de rendre compte d’une qualité essentielle du document ordinaire qui autorise sa mise en système&amp;nbsp;: sa reproductibilité, sa plasticité, son traitement. Sans doute n’importe quel objet peut devenir un document, mais il reste alors unique. C’est en quelque sorte un prototype documentaire, disons un protodocument. Le document ordinaire est un texte, une représentation formelle de ce prototype sur un support maniable. Si le protodocument est déjà d’ordre textuel, il pourra être directement la matrice du document, comme dans le cas de la copie des scribes ou de l’imprimé. Dans le cas contraire, des textes viendront documenter le protodocument, jusqu’à parfois le remplacer, depuis les notices jusqu’aux enregistrements analogiques. Le numérique a démultiplié ces possibilités manupulatoires, c'est l'essentiel de sa force.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La définition du célèbre bibliothécaire indien Shiyali Ramamrita Ranganathan insiste, elle, sur ses qualités manipulatoires&amp;nbsp;: &lt;em&gt;un document est une micro-pensée enregistrée (embodied micro thought) sur papier ou sur un autre support, qui permet une manipulation physique facile, un transport dans l’espace et une préservation dans le temps&lt;/em&gt; (cité par &lt;a href=&quot;http://people.ischool.berkeley.edu/~buckland/whatdoc.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Buckland&lt;/a&gt;, trad JMS). Mais cette définition a le défaut inverse d’oublier les protodocuments et ne rend pas compte de la valeur sociale du processus documentaire. Nous pouvons alors articuler les deux définitions&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Un protodocument est une trace permettant d’interpréter un évènement passé à partir d’un contrat de lecture. Un document est la représentation d’un protodocument sur un support, pour une manipulation physique facile, un transport dans l’espace et une préservation dans le temps&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si l’on poursuit le raisonnement, la multiplication des documents et des genres dans toutes sortes de registres et leur transformation témoignent d’une relation fiévreuse à notre passé, une sorte d’interrogation existentielle sur notre présent face à un futur angoissant dont les termes se renouvellent sous nos yeux. Mieux ou pire, le numérique par ses capacités calculatoires permet de reconstruire des documents à la demande et nous donne l'illusion d'avoir toutes les réponses à nos questions avant même qu'elles ne soient posées, comme si notre futur était un destin déjà inscrit dans les machines.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/19/Document-et-protodocument#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Dutronc et la théorie du document</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/17/Dutronc-et-la-th%C3%A9orie-du-document</link>
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    <pubDate>Sat, 17 Sep 2011 04:57:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>23. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Les artistes sont visionnaires, ils sentent les choses avant tout le monde. C'est pour cela que l'on a besoin d'eux et de Jacques Dutronc en particulier qui dans ses chansons a souvent perçu les bascules de l'air du temps. En 1967, il se moque des intellectuels, un an avant que la spontanéïté envahisse (provisoirement) la rue.&lt;/p&gt;

&lt;iframe width=&quot;420&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/embed/NROcaVrS2zU&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;



&lt;p&gt;Plus de quarante ans plus tard, sa chanson mérite d'être réécoutée à l'époque des &lt;a href=&quot;http://arsindustrialis.org/node/2879&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;lectures industrielles&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.internetactu.net/2009/01/23/nicolas-carr-est-ce-que-google-nous-rend-idiot/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Google qui nous rendrait idiot&lt;/a&gt; et de la&lt;a href=&quot;http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/13/les-trois-dimensions-de-leconomie-de-la-publication/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt; théorie du document&lt;/a&gt;, elle prend un nouveau relief. Un petit bol d'air et un peu d'autodérision.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.musikiwi.com/paroles/jacques-dutronc-j,ai-tout-lu,tout-vu-tout,bu,799767.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Paroles de la chanson&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/17/Dutronc-et-la-th%C3%A9orie-du-document#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>La matrice du néodocument</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/09/07/La-matrice-du-n%C3%A9odocument</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5415ed5aaccb36d980e7f18c0c312459</guid>
    <pubDate>Wed, 07 Sep 2011 02:39:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>315. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau ; Les trois dimensions du Web sémantique</category><category>321. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Le document au XXIe siècle ; Vu : des sites multiformes</category><category>52. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Extrait d'un billet publié au printemps &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/30/La-redocumentarisation-en-quatre-images&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Précédemment nous trouvions une représentation du livre sur chacun des sommets du triangle, même si la différence de perspective soulignait les différences de dimensions. Cette fois, le document n’apparait plus qu’au centre, comme un navigateur qui le reconstruira à la demande de l’internaute.&lt;/em&gt;
&lt;em&gt;On pourrait dire que le système documentaire a réintégré la construction du document. La notion «&amp;nbsp;parenthèse Gutenberg&amp;nbsp;» prend alors une tout autre ampleur. L’imprimerie avait sorti la production documentaire des bibliothèques, des infrastructures épistémiques de l’époque. Le numérique réintègre la production documentaire dans l’infrastructure épistémique contemporaine&amp;nbsp;: le web.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.WS-dimensions-document_m.jpg&quot; alt=&quot;WS-dimensions-document.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;WS-dimensions-document.jpg, mar. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Il y aurait une thèse à écrire sur l'émergence et l'évolution du navigateur. En attendant qu'un étudiant futé s'y mette, voici une superbe infographie aussi intéressante par ce qu'elle présente que parce qu'elle cache. &lt;a href=&quot;http://evolutionofweb.appspot.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;L'évolution du web&lt;/a&gt;, réalisée par une équipe de développeurs de &lt;em&gt;Google Chrome&lt;/em&gt;. L'objectif est évidemment de montrer que le dernier né des navigateurs est celui qui s'appuie sur les technologies les plus performantes parce que les plus actuelles.&lt;/p&gt;


&lt;div&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;349&quot; src=&quot;http://evolutionofweb.appspot.com/&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;




&lt;p&gt;L'infographie a l'avantage de résumer l'évolution des navigateurs et des langages, méthodes et logiciels qui les portent. Depuis l’ancêtre &lt;em&gt;Mosaïc&lt;/em&gt;, qui a posé le concept, seuls six navigateurs se sont imposés, dont cinq sont encore en fonction. Les dernières &lt;a href=&quot;http://www.pcinpact.com/actu/news/65418-navigateurs-google-chrome-firefox-internet-explorer.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;tendances&lt;/a&gt; montreraient une montée de &lt;em&gt;Chrome&lt;/em&gt; au détriment d&lt;em&gt;'Explorer&lt;/em&gt;, toujours leader, et surtout de &lt;em&gt;Firefox&lt;/em&gt;. Le navigateur est le principal instrument de la constitution du néodocument du nouveau millénaire, sa matrice.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelles leçons tirer de ce graphique&amp;nbsp;? En voici quelques-unes sans prétendre du tout épuiser le sujet&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le très petit nombre d'alternatives et l'énorme succès de quelques-unes souligne l'importance de la normalisation de fait. Le néodocument remplace de plus en plus les anciens documents qui règlent notre vie en société et il a naturellement a envahi notre quotidien et suppose un contrat de lecture pour être repéré, décrypté et éventuellement transmis. Il nous serait insupportable d'avoir à apprendre plusieurs contrats de lecture. Passer d'un navigateur à un autre, aux fonctionnalités pourtant très proches est souvent agaçant, sans compter que nous devons aussi apprendre à gérer d'autres services concurrents (messageries, applications des mobiles, etc.).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Tous les navigateurs sont gratuits, et pourtant, ils sont le fruit d'un intense travail de recherche-développement, d'ajustements et d'intégration de fonctionnalités continues. Cette gratuité est significative. On paye sa connexion, mais on n'imagine pas payer la matrice du néodocument.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La difficulté du navigateur &lt;em&gt;Opéra&lt;/em&gt;, un des plus anciens et, on le voit bien sur l'animation, un des plus innovants, souligne l'importance d'un écosystème pour le développement du néodocument. &lt;em&gt;Explorer&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Safari&lt;/em&gt; et tout récemment &lt;em&gt;Chrome&lt;/em&gt; profitent de leur inclusion de fait dans le système documentaire de l'internaute, par la bureautique, le design ou la recherche. Firefox se place dans une position d'alternative libre, mais était de fait soutenu par Google. L'arrivée de Chrome le fragilise.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L'inclusion progressive des services au navigateur mériterait d'être étudiée de près. Depuis le multimédia, la dynamique, l'interactif, le partage, etc., elle marque l'évolution de la typographie numérique, du texte et de la fonction de transmission, les trois dimensions du néodocument.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Histoires de mots (3) et théorie du document</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/07/28/Histoires-de-mots-%283%29-et-th%C3%A9orie-du-document</link>
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    <pubDate>Thu, 28 Jul 2011 04:15:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>213. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; ... aux documents de la révolution scientifique</category><category>23. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Voilà un billet qui pourrait intéresser mes collègues français des sciences de l'information et de la communication. Je me suis interrogé sur les termes du langage courant qui pouvait rendre compte le plus clairement des&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/09/15/Th%C3%A9ories-du-document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt; trois dimensions&lt;/a&gt; du document et sur leur usage. Il me semble que les trois termes sont les suivants&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;«&amp;nbsp;Document&amp;nbsp;» lui-même pour la forme, le vu&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;«&amp;nbsp;Information&amp;nbsp;» pour le texte ou le contenu, le lu&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;«&amp;nbsp;Média&amp;nbsp;» pour la relation ou la transmission, le su&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Maintenant regardons l'évolution de leur occurrence dans le corpus français des livres numérisés par &lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;, grâce à &lt;a href=&quot;http://ngrams.googlelabs.com/graph?content=documents%2Cinformations%2Cm%C3%A9dias&amp;amp;year_start=1800&amp;amp;year_end=2000&amp;amp;corpus=7&amp;amp;smoothing=3&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;N-Gram&lt;/a&gt; (un rapide sondage aléatoire semble montrer que la très grande majorité des monographies comprenant ces mots sont des bulletins, des études et des revues). Voici le résultat pour les mots au pluriel (l'addition du singulier creuse encore la tendance, mais complique le &lt;a href=&quot;http://ngrams.googlelabs.com/graph?content=documents%2Cinformations%2Cm%C3%A9dias%2Cdocument%2Cinformation%2Cm%C3%A9dia&amp;amp;year_start=1800&amp;amp;year_end=2000&amp;amp;corpus=7&amp;amp;smoothing=3&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;graphique&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Ngram-documents-informations-medias_m.jpg&quot; alt=&quot;Ngram-documents-informations-medias.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Ngram-documents-informations-medias.jpg, juil. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'avais déjà noté la &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/11/Document%2C-une-histoire-de-mots-%282%29&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;montée du terme «&amp;nbsp;document&amp;nbsp;» au 19e&lt;/a&gt;. Il est intéressant de constater que le terme «&amp;nbsp;information&amp;nbsp;» ne décolle vraiment qu'après la seconde guerre mondiale, tandis que celui de «&amp;nbsp;média&amp;nbsp;» ne démarre que dans les années 80.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout se passe comme si, selon cet indicateur, la prise en compte dans le langage écrit, ou leur révélation comme phénomène analysable, des trois dimensions s'était faite de façon progressive. La traduction de &lt;em&gt;Pour comprendre les médias&lt;/em&gt; de McLuhan date de 1968, l'édition de &lt;em&gt;La société du spectacle&lt;/em&gt; de Debord de 1967.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/07/28/Histoires-de-mots-%283%29-et-th%C3%A9orie-du-document#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>La redocumentarisation (du journalisme) en deux citations</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/04/05/La-redocumentarisation-%28du-journalisme%29-en-deux-citations</link>
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    <pubDate>Tue, 05 Apr 2011 04:44:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>223. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion ; Journalistes</category><category>331. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre ; Objectivité et réflexivité</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Après les quatre images du &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/03/30/La-redocumentarisation-en-quatre-images&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;billet&lt;/a&gt; précédent, voici deux citations pour illustrer la redocumentarisation. Il s'agit de montrer l'inversion de la perspective du rapport à la vérité qui s'est opéré entre le début du 20e et celui du millénaire en prenant l'exemple du journalisme. Comme précédemment les commentaires sont bienvenus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La première citation m'a déjà servi dans un précédent &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/12/06/De-la-transparence..&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;billet&lt;/a&gt;. Elle est tirée du livre de P. Starr &lt;em&gt;The Creation of The Media&lt;/em&gt; (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Lippmann {en 1920} exhortait les journalistes à être plus «objectifs», un mot qui venait d'apparaître pour décrire le journalisme. Les critiques aujourd'hui dénoncent l'objectivité comme une idéologie professionnelle, mais il est important de comprendre les pratiques professionnelles que Lippmann voulait faire adopter aux journalistes. Il voulait que les journalistes s'inspirent de la science en développant un «sens de la preuve» et en reconnaissant franchement les limites de l'information disponible&amp;nbsp;: il les exhortait de démonter les idées reçues et les abstractions et de refuser de laisser de côté des nouvelles ou de mettre la morale ou n'importe quelle autre cause avant la véracité. Ce que Lippmann demandait avant tout aux journalistes était la responsabilité (accountability)&lt;/em&gt;. p.396&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde citation est tirée d'un &lt;a href=&quot;http://www.rslnmag.fr/blog/2011/2/25/_c-est-une-periode-excitante-pour-l-open-data_entretien-avec-michael-cross/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;entretien&lt;/a&gt; sur RSLN avec Michael Cross du &lt;em&gt;Guardian&lt;/em&gt;, un des plus avancés dans le journalisme de données&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;(..) Que va t-il se passer si les données sont mal comprises et interprétées&amp;nbsp;? J’ai peur que nous ne puissions pas y faire grand chose et qu’il faille faire avec.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dans le même temps, &lt;strong&gt;plus les données sont disponibles, plus il y a de chances pour que les gens en parlent,&lt;/strong&gt; les analysent, les croisent&amp;nbsp;: la discussion offre une chance de réinterpréter les données de manière efficace et fiable, même si elles sont peut-être utilisées pour servir un certain agenda.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les données sont accessibles et, avec la puissance du web, nous pouvons faire en sorte que &lt;strong&gt;l’interprétation la plus fiable se retrouve mise en avant&lt;/strong&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Reprenons les mots clés de l'une et l'autre citations sur un tableau pour les mettre en perspective. 1920 correspond à l'organisation systématique des systèmes documentaires qui a pour modèle la science positive. 2010 correspond à la transformation de notre rapport au document sur un tout autre modèle de rapport à la vérité. Le tableau montre l'écho de ce mouvement dans les pratiques journalistiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Redocumentarisation-journalisme_m.jpg&quot; alt=&quot;Redocumentarisation-journalisme.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Redocumentarisation-journalisme.jpg, avr. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/04/05/La-redocumentarisation-%28du-journalisme%29-en-deux-citations#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Paradoxes de la mesure de l'information</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/02/11/Paradoxes-de-la-mesure-de-l-information</link>
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    <pubDate>Fri, 11 Feb 2011 05:44:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>231. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Vu : forme</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Le numéro de &lt;em&gt;Science&lt;/em&gt; qui vient de sortir (&lt;a href=&quot;http://www.sciencemag.org/content/331/6018/692.full&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) est entièrement consacré aux questions posées par l'explosion quantitative des flux de données pour la recherche. Les articles concernent autant les transformations sur des disciplines (climat, écologie, neuroscience, santé, sciences sociales, biologie, génomique, physique des particules, astrophysique..) que des problématiques transversales (visualisation 3D, théorisation des capteurs et du signal, métaconnaissances, mesure de l'information). Un numéro très riche donc, essentiel témoignant d'un tournant fondamental dans la construction et l'exposition de nos savoirs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avant de présenter dans un futur billet un article particulièrement stimulant sur le traitement des métaconnaissances dans les articles scientifiques (&lt;a href=&quot;http://www.sciencemag.org/content/331/6018/721.full&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), je voudrais alerter sur les interprétations trop rapides que l'on peut faire d'un autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Martin Hilbert et Priscilla Lopez, “The World's Technological Capacity to Store, Communicate, and Compute Information,” Science Express (Février 11, 2011): 692-693. (&lt;a href=&quot;http://www.sciencemag.org/content/early/2011/02/09/science.1200970.full.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;là&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Celui-ci reprend un leitmotiv des sciences de l'information&amp;nbsp;: la mesure de l'explosion de l'information. Sans surprise car il fait image et paraît illustrer ou même démontrer scientifiquement d'une situation que chacun pressent, il a déjà été largement signalé et commenté par la presse (par ex &lt;a href=&quot;http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5g8-BytQ3rdJ6QZqA3bcP6ATKNqmQ?docId=CNG.3987ac51bf230ca74bb0e0f8446553db.41&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2011/02/10/AR2011021004916.html?wprss=rss_technology&quot; hreflang=&quot;eng&quot;&gt;là&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.bbc.co.uk/news/technology-12419672&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;là&lt;/a&gt;, ou pour être en résonance avec mon sujet &lt;a href=&quot;http://deskbar.google.com/news/section?pz=1&amp;amp;cf=all&amp;amp;ned=us&amp;amp;hl=en&amp;amp;q=topic:martin_hilbert&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;là&lt;/a&gt;). Il tente, en effet, de mesurer l'information enregistrée, l'information communiquée et l'activité de calcul. Ici je ne reprendrai que le raisonnement concernant l'information enregistrée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'ensemble peut-être résumé par cette diapo et trois citations&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Hilbert-Lopez-Science-11-02-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;Hilbert-Lopez-Science-11-02-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Hilbert-Lopez-Science-11-02-2011.jpg, fév. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Extraits (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le montant total d'information s'est accru de 2,6 exaoctets (10 puissance 20) compressés de façon optimale en 1986 à 15,6 en 1993, plus de 54,5 en 2000, à 295 en 2007. C'est l'équivalent de pas moins d'un cédérom de 730 Mo par personne en 1986 (539 Mo), en gros 4 cédéroms par personne en 1993, 12 l'année 2000 et presque 61 en 2007.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En 1986, les disques vinyles comptaient encore pour une part significative (14%), tout comme les cassettes audio analogiques (12%) et la photo (5 et 8%). Ce n'est qu'à partir de 2000 que le numérique a commencé à compter pour notre mémoire technologique, représentant 25% du total. Les disques durs se taillent la part du lion en 2007 (52%), les disques optiques font plus du quart (28%) et les bandes numériques environ 11%. Les solutions de stockage sur papier prennent une part décroissante (0,33% en 1986 et 0,007% en 2007), bien que leur capacité n'a pas cessé d'augmenter en terme absolu de 8,7 à 19,4 Petaoctets compressés de façon optimale.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si leur démonstration me parait bien illustrer la rapidité de la bascule vers le numérique, elle pose une question préalable quant à l'étalon de mesure et donc son interprétation. Voici donc les éléments à ce sujet, qu'on ne retrouve malheureusement pas dans les comte-rendus de presse&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'information dans sa conception théorique est l'opposée de l'incertitude. Shannon a défini un octet comme la quantité d'information qui réduisait l'incertitude de moitié (dans un espace de probabilité comme des lettres de l'alphabet ou des pixels sur une échelle de couleur). Cette définition est indépendante de la tâche spécifique ou du contenu. Après normalisation en octets compressés nous pouvons dire par exemple «&amp;nbsp;une image de journal carrée de 6cm de côté est équivalente à 1.000 mots », parce que les deux demandent le même nombre moyen de décisions binaires oui/non pour résoudre le même montant d'incertitude.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cet étalon est classique, c'est celui de la théorie générale de l'information de Shannon (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_l%27information&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;wkp&lt;/a&gt;). Il a déjà été beaucoup discuté, car il fait référence à concept d'information particulier, qui sert à l'optimisation du signal. Certains, notamment  Weaver par la cybernétique, ont voulu l'étendre à toute situation de communication, non sans ambiguïtés (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Communication#Mod.C3.A8le_de_Shannon_et_Weaver&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;wkp&lt;/a&gt;). Mais s'il est dans cet article cohérent de l'employer pour mesurer les capacités de stockage informatique, cela devient plus problématique lorsque que l'on déborde sur d'autres domaines et la polysémie du mot information nous fait vite déraper. Les auteurs de l'article ne manquent pas de tomber dans ce travers.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Même en restant dans la perspective mécaniste qui est la leur, deux objections viennent rapidement à l'esprit&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Mesurer l'information contenue sur un support analogique avec un étalon numérique préjuge déjà que l'ensemble de celle-ci sera converti en numérique. Supposons un instant que nous fassions l'inverse, mesurer l'information numérique par un étalon papier, c'est à dire tout simplement mesurer la surface de la sortie imprimante ramenée à un format moyen (comme les auteurs ont pris une compression optimale pour le signal). Nous aurions alors approximativement le résultat suivant pour le même exemple&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;une image de journal carrée de 6cm de côté est équivalente à 76 mots&amp;nbsp;» avec une mesure indépendante de la tâche spécifique ou du contenu. Le rapport quantitatif entre l'image et l'écrit est totalement inversé.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Plus problématique encore, les auteurs concluent leur article par une comparaison entre la capacité humaine à traiter l'information par les neurones et la capacité des ordinateurs. Mais nous savons aujourd'hui la captation et le traitement du signal par les sens et un cerveau humain pour la lecture par exemple (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Neurones_de_la_lecture&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;wkp&lt;/a&gt;), n'a pas grand chose à voir avec celle d'un ordinateur. Et que penser de l'image vidéo à 25 images par seconde, traitée à l'évidence complètement différemment par l'œil humain, la persistance rétinienne et notre cerveau, et par un signal numérique et un ordinateur analysant séparément chaque image&amp;nbsp;?&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Dès lors que mesurent vraiment les auteurs de l'article&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 15 février&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voilà un bel exemple de ce que devient l'étude revisitée par la presse, et réduite à un schéma sans référence à la pertinence de la mesure &lt;a href=&quot;http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/graphic/2011/02/11/GR2011021100614.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; le Washington Post&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/02/11/Paradoxes-de-la-mesure-de-l-information#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Document, une histoire de mots (maj) (2)</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/11/Document%2C-une-histoire-de-mots-%282%29</link>
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    <pubDate>Tue, 11 Jan 2011 11:35:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category><category>212. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Des documens du Moyen Âge…</category>    
    <description>    &lt;p&gt;J'avais &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/04/Document%2C-information%2C-une-histoire-de-mots&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;dit&lt;/a&gt; que je reviendrais sur la première occurrence du mot «document» dans la langue française, car j'avais quelque doute sur sa pertinence. J'ai pu le faire grâce aux conseils de Céline Guillot, chercheure à &lt;a href=&quot;http://icar.univ-lyon2.fr/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ICAR&lt;/a&gt;, merci à elle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La plupart des auteurs la situe en 1214. Ils s'appuient vraisemblablement tous sur la &lt;a href=&quot;http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/affart.exe?19;s=1587637650;?b=0;&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;notice&lt;/a&gt; du Trésor de la langue française de l'ATILF qui indique à ce mot&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Étymol. et Hist. 1214 (Frère ANGER, Vie de S. Grégoire, éd. P. Meyer, 1231). Empr. au lat. class. documentum «&amp;nbsp;enseignement », b. lat. «&amp;nbsp;acte écrit qui sert de témoignage, preuve », dér. de docere «&amp;nbsp;enseigner, informer ».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Malheureusement cette référence est &lt;del&gt;doublement&lt;/del&gt; fausse. Tout d'abord le texte en question est de Frère Ang&lt;ins&gt;i&lt;/ins&gt;er et on peut le retrouver dans le T12 de la revue &lt;em&gt;Romania&lt;/em&gt; (1883) exactement &lt;a href=&quot;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k16021k/f152.tableDesMatieres&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&amp;nbsp;; &lt;del&gt;ensuite et surtout, il n'y est nullement fait mention du mot «document», son éditeur n'aurait pas manqué de le signaler &lt;a href=&quot;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k16021k/f214.pagination&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/del&gt; Une autre collègue linguiste de l'ATILF, Hiltrud Gerner me signale mon erreur. Le mot figure bien dans le texte en question à la page 168 , au vers1231. L'ATILF n'est pas coupable, c'est moi qui suis négligent..&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il semble en tous cas que le terme existait au 15e, sous la forme «documens», comme l'indique les nombreuses citations de cette &lt;a href=&quot;http://atilf.atilf.fr/gsouvay/scripts/dmfX.exe?LEX_ENTREE_FILTRE;BALISE=LEM;BACK;;ISIS=isis_dmf2010.txt;OUVRIR_MENU=2;s=s11230858;&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;notice&lt;/a&gt; du Dictionnaire du Moyen Français de l'ATILF sous les deux acceptions de A. -&quot;Leçon, enseignement&quot;, semble-t-il la plus courante&amp;nbsp;;  B. -&quot;Acte écrit qui sert de preuve&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Niels Lund écrit dans son article &lt;em&gt;Document Theory&lt;/em&gt; de l'ARIST &lt;a href=&quot;http://www.asis.org/Publications/ARIST/vol43.php&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;2009&lt;/a&gt; (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Beaucoup considèrent la conception légale du document comme étant la conception originelle, qui remonterait à l'antiquité. Cependant, cette signification particulière est reliée à l'émergence de la bureaucratie dans les États européens depuis le 17e et ensuite.&lt;/em&gt; (399-400)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si on peut le suivre dans son affirmation que la première acception du document était bien l'enseignement, il semble que la seconde acception soit bien antérieure au 17e.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Ajout 14 janv 2011&lt;/ins&gt; À ce sujet le livre ci dessous apporte des précisions importantes&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M.T. Clancy, From memory to written record. England. 1066-1307, Blackwell Publishers Ltd. (Oxford, 1999). &lt;a href=&quot;http://books.google.ca/books?id=FMtNaLEHjeQC&amp;amp;printsec=frontcover&amp;amp;dq=from+memory+to+written+record&amp;amp;source=bl&amp;amp;ots=Gq4ODFS4gb&amp;amp;sig=gWzDUp-ovkJeIrjEUT3A6KGqJWk&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ei=znowTf3nBpK0hAeN-9HNCw&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;resnum=7&amp;amp;ved=0CFsQ6AEwBg#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;GB&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1981_num_36_2_282730_t1_0234_0000_000&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;critique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il montre la très grande importance des chartes écrites en Angleterre dès le début du premier millénaire.
Citation p.2 (trad JMS)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;une estimation  dans cet ouvrage suggère que huit millions de chartes pourraient avoir été écrites au XIIIe siècle seulement pour les petits exploitants et les serfs.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il semble donc que les documents légaux, notamment pour fixer la propriété, aient été très développés, très tôt. Mais ils n'avaient pas vocation à être diffusés. Le statut de document pourrait résulter du lent croisement de ces pratiques légales et des pratiques monastiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;fin de l'ajout&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mieux, il n'est pas même sûr qu'elle ait été très développée à la fin du 18e. En effet, une recherche des occurrences du mot dans l&lt;em&gt;'Encyclopédie&lt;/em&gt; de Diderot et d'Alembert donne un résultat surprenant. On pouvait s'attendre à une multiplication d'un mot synonyme de preuve et renseignement dans ce genre d'ouvrage. On y trouve cette très courte définition&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;DOCUMENS, s. m. pl. (Jurisprud.) sont tous les titres, pieces, &amp;amp; autres preuves qui peuvent donner quelque connoissance d'une chose. (A)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;ainsi que seulement deux occurrences une dans «&lt;a href=&quot;http://artfl.uchicago.edu/cgi-bin/philologic31/getobject.pl?c.66:17.encyclopedie1108.91825&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Langue&lt;/a&gt;» et une dans «&lt;a href=&quot;http://artfl.uchicago.edu/cgi-bin/philologic31/getobject.pl?c.112:43.encyclopedie1108.426210&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Sensibilité,sentiment&lt;/a&gt;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dès lors, il semble difficile de penser que la montée du mot soit parallèle à celle des États européens et au juridique. Il est plus probable qu'elle soit liée à la révolution scientifique et industrielle. L'utilisation courante du mot ne démarre vraiment qu'au 18e siècle. J'ai précisé mon interrogation sur NGram en ajoutant le mot dans son orthographe ancienne (documens) ainsi que le pluriel. Le résultat est, je crois, très probant&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.NGram-documens-document-documents-11-01-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;NGram-documens-document-documents-11-01-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;NGram-documens-document-documents-11-01-2011.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On trouve 15281 fois le mot «document» dans la version française de Wikipédia au moment où j'écris ce billet (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sp%C3%A9cial%3ARecherche&amp;amp;search=document&amp;amp;fulltext=1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;)..&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout cela aurait pris des mois auparavant, peut-être ici trois heures, merci internet&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/11/Document%2C-une-histoire-de-mots-%282%29#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Apple, Google, Facebook, décryptage en images</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/11/09/Apple%2C-Google%2C-Facebook%2C-d%C3%A9cryptage-en-images</link>
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    <pubDate>Tue, 09 Nov 2010 12:00:00 -0500</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>52. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial</category><category>521. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie de la forme : Apple</category><category>522. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie du texte : Google</category><category>523. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie du médium : Facebook</category>    
    <description>    &lt;p&gt;J'ai déjà eu l'occasion de montrer que les &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/04/07/Probl%C3%A9matiques-et-strat%C3%A9gies-sur-le-document-num%C3%A9rique&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;stratégies&lt;/a&gt; de &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/11/Apple-et-les-d%C3%A9placements-de-valeur&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Apple&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;,&lt;em&gt; &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/20/Google-et-les-d%C3%A9placements-de-valeur&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Google&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/21/Facebook-et-les-d%C3%A9placements-de-valeur&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Facebook&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; pouvaient se lire à partir d'une &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/09/15/Th%C3%A9ories-du-document&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;théorie&lt;/a&gt; du document. Voici une petite illustration en images.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rappel du schéma théorique des trois dimensions du document&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/3-dimensions-document.jpg&quot; alt=&quot;3-dimensions-document.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;3-dimensions-document.jpg, sept. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai pris chaque fois la page d'accueil de la firme de ce jour.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Apple&lt;/em&gt;, la stratégie de la forme&lt;/strong&gt;
&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Apple-nov-2010_m.jpg&quot; alt=&quot;Apple-nov-2010.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Apple-nov-2010.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;..difficile de mieux illustrer le caractère anthropologique de la relation au document.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Google&lt;/em&gt;, la stratégie du texte&lt;/strong&gt;
&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Page-accueil-Google-nov-2010_m.jpg&quot; alt=&quot;Page-accueil-Google-nov-2010.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Page-accueil-Google-nov-2010.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;.. ici le corps a totalement disparu pour laisser toute la place aux mots que l'on attend.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt;, la stratégie du médium&lt;/strong&gt;
&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Facebook-Pedauque-nov-2010_m.jpg&quot; alt=&quot;Facebook-Pedauque-nov-2010.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Facebook-Pedauque-nov-2010.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;.. là le désordre des relations, des conversations, des attentes, des sollicitations est mis en scène.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Voilà comment le schéma initial peut alors se décliner&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.3-dimensions-strategies_m.jpg&quot; alt=&quot;3-dimensions-strategies.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;3-dimensions-strategies.png, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/11/09/Apple%2C-Google%2C-Facebook%2C-d%C3%A9cryptage-en-images#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Théories du document</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/09/15/Th%C3%A9ories-du-document</link>
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    <pubDate>Wed, 15 Sep 2010 04:43:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>22. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion</category><category>224. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion ; Philosophes-historiens-sociologues</category><category>235. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Définition du document</category>    
    <description>    &lt;p&gt;À la lecture de l'actualité, générale ou celle des &lt;em&gt;Digital Humanities&lt;/em&gt;, je me disais que décidément on manquait d'une meilleure compréhension de la notion de document. Niels Lund a fait avec une collègue une excellente recension des théories à ce sujet dans laquelle il insiste sur l'originalité des apports francophones. Paradoxalement ceux-là paraissent bien méconnus au Québec ou dans l'Hexagone. Cela n'est pas nouveau. P. Otlet ou S. Briet ont été «&amp;nbsp;redécouverts&amp;nbsp;» par un professeur de Berkeley M. Buckland et la dernière rééditée en anglais, mais jamais en français..&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Niels Windfeld Lund et Roswitha Skare, “Document Theory,” dans Encyclopedia of Library and Information Sciences, Third Edition, vol. 1, 1 vol., 2010, 1632-1639. (&lt;a href=&quot;http://www.informaworld.com/smpp/content~db=all~content=a917633074~frm=abslink&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; sur abonnement)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voici la traduction du résumé de l'article&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article donne une vue d'ensemble du développement historique des réflexions théoriques sur le document et de la formulation des théories du document. Partant de son prédécesseur latin documentum et des pratiques de la bureaucratie des États européens depuis le dix-septième siècle, le premier intérêt pour une théorie du document a été professionnel et se repère au début du vingtième siècle avec les noms de Paul Otlet et Suzanne Briet. Tandis que la notion de document et de documentation a été bien établie vers 1930, elle a été remplacée par celle d'information après la seconde guerre mondiale, au moins chez les anglophones. Néanmoins, à la même époque, une autre sorte de théorie du document a vu le jour, une théorie critique où l'on retrouve les noms de Michel Foucault, Harold Garfinkel et Dorothy E. Smith. Tandis que la théorie du document «&amp;nbsp;professionnelle&amp;nbsp;» développée par Paul Otlet et les autres insistait sur les connaissances plus ou moins contenus dans les documents et sur la façon dont quelque chose pouvait devenir document, la théorie générale développée par les théoriciens critiques comme Michel Foucault se préoccupait plus de ce qu'était et faisait un document. Depuis les années quatre-vingt-dix, on observe un renouveau de l'intérêt pour la notion de document et de documentation toujours à l'intérieur des sciences de l'information et des bibliothèques, avec des auteurs comme Michael Buckland, Ronald Day, and Bernd Frohmann. Ensemble avec un accent mis sur le document numérique, des théoriciens du document en Amérique du nord, en Scandinavie et en France ont souligné la complexité d'une théorie du document et la nécessité d'approches complémentaires articulant les dimensions physiques, sociales et culturelles pour comprendre ce qu'ils sont et ce qu'ils font.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et voici en complément, quelques éléments de mon cru sur cette question, puisant largement dans l'article ci-dessus et dans les réflexions du RTP-DOC (&lt;a href=&quot;http://rtp-doc.enssib.fr/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour la plupart des textes réglementaires ou des normes, le document est un objet (matériel ou électronique) sur lequel est consignée une information, en anglais on dira un &lt;em&gt;record&lt;/em&gt;, un enregistrement. L’objet a une forme et l’information est un texte, au sens large c'est-à-dire aussi bien de l’écrit que de l’image ou du son représentés par des symboles. De ces premières définitions, il faut surtout retenir le terme «&amp;nbsp;consigné ». Les sciences de l’information se sont construites autour de cette notion d’enregistrement, sans toujours bien le concevoir. Quand on y parle d’information il s’agit implicitement d’une information consignée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais ces définitions officielles, aussi opérationnelles soient-elles pour régler bien des situations, restent à la surface des choses. Un document ne se réduit pas à sa forme et son contenu, sinon tout écrit en serait un. Dire qu'un écrit est document, c'est lui donner un statut, une fonction particulière. Plus précisément, un document a deux fonctions complémentaires qui se sont affirmées au cours des siècles avec la mise en place de procédures spécifiques&amp;nbsp;: transmettre et prouver. La fonction principale du document est donc mémorielle&amp;nbsp;: on enregistre une information sur un objet pour pouvoir la transmettre ou s’y référer. L’ensemble du système documentaire est en quelque sorte notre mémoire externe pour paraphraser M. Serres (&lt;a href=&quot;http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le RTP-DOC, au cours d’une réflexion collective, a proposé une représentation tri-dimensionnelle pour rendre compte de ces différentes facettes&amp;nbsp;: forme, contenu ou texte et médium (&lt;a href=&quot;http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00000511_v1/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Les deux premières dimensions sont les plus communément indiquées, la troisième, le médium, renvoie à sa fonction sociale. En voici un petit résumé rapide que j’ai un peu adapté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La première dimension du document, celle de la forme, est anthropologique. Il s’agit du rapport de notre corps et de nos sens à l’objet document, quelle que soit sa forme ou son support. Elle se traduit par l’équation Document = Support + inscription. L’inscription doit être lisible, c'est-à-dire déchiffrable. L’exemple le plus traditionnel est le livre imprimé. Pour bien des documents aujourd’hui, notamment les documents numériques, cette dimension passe par un appareillage spécial pour permettre leur lecture, et leur forme variera suivant le terminal de lecture. Cette dimension privilégie le repérage, le document doit pouvoir être vu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde dimension est intellectuelle. Il s’agit du rapport de notre cerveau et de ses capacités de raisonnement au contenu du document, au texte donc, quelle que soit la façon dont il est représenté. Elle se traduit par l’équation  Document = Code + représentation. La représentation est préjugée être fidèlement rendue par le code, ce qui suppose donc qu’elle soit transposable et qu’elle existe préalablement. Si l’on reprend l’exemple de notre livre imprimé, l’accent cette fois est mis sur le texte, sur son sens sans se préoccuper de son support. La productivité du code informatique autorise une manipulation inédite des documents sous forme numérique, jusqu’à parfois les faire apparaître à la demande. Cette fois il ne suffit plus de repérer, cette dimension met en avant la signification, le document doit pouvoir être compris ou lu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La troisième dimension est sociale. Il s’agit du rapport de notre humanité, de notre position dans une société, à la fonction du document, à sa capacité de médiation donc, quelle que soit sa forme ou son contenu. Elle se traduit par l’équation Document = Mémoire + transaction. Nous retrouvons alors les fonctions de transmission et de preuve. Dans le cas du livre imprimé, cette transmission passe par l’acte de lecture qui fait que l’information présentée est interprétée par le lecteur qui l’assimile. Le lecteur est transformé par l’information qui a été mise en mémoire sur le livre. Une fois de plus le numérique, cette fois principalement par la capacité des réseaux, modifie considérablement le rapport au temps et à l’espace, à la lecture au sens large et par la même sinon la fonction documentaire, du moins à la place du document dans le social. Cette dernière dimension insiste donc sur la fonction du document, la capacité de son contenu à être assimilé en dépassant le cercle intime et la barrière du temps, autrement à être su.
&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/3-dimensions-document.jpg&quot; alt=&quot;3-dimensions-document.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;3-dimensions-document.jpg, sept. 2010&quot; /&gt;
Chacune de ces dimensions a sa propre logique qui ne réduit pas aux autres et pourtant aucune n’est complètement indépendante des deux autres, et un document doit intégrer et coordonner les trois. &lt;em&gt;Ses modalités anthropologiques (lisibilité-perception, forme-signe), intellectuelles (intelligibilité-assimilation, texte-contenu) et sociales (sociabilité-intégration, médium-relation) doivent non seulement être efficientes prises chacune séparément, mais encore être cohérentes entre elles.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour chacune de ces dimensions, les professions traditionnelles du document, archivistes, bibliothécaires et documentalistes, ont développé des outils adaptés&amp;nbsp;: les classifications pour repérer les documents, l’indexation pour rendre compte du contenu et retrouver l’information, la conservation et les services d’accès pour les partager. Le numérique a fait surgir chaque fois des questions nouvelles qui ont été analysées et traitées par des expertises différentes, aussi bien en informatique que dans les sciences humaines et sociales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai souvent appliqué, sur ce blogue et ailleurs, cette grille de lecture pour analyser les développements actuels et leurs hésitations. Elle me parait tout à fait éclairante. Qu'est-ce que le web, sinon de l'information consignée et donc un système documentaire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Éco, Bouvard et Pécuchet</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/10/12/%C3%89co%2C-Bouvard-et-P%C3%A9cuchet</link>
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    <pubDate>Mon, 12 Oct 2009 08:50:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>231. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Vu : forme</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Interview de Umberto Eco dans &lt;em&gt;Télérama&lt;/em&gt;, délicieux et parfaitement en phase avec ce blogue.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Umberto Eco&amp;nbsp;: Le livre est une invention aussi indépassable que la roue ou le marteau , Télérama, Octobre 11, 2009, &lt;a href=&quot;http://www.telerama.fr/livre/umberto-eco-internet-encourage-la-lecture-de-livres-parce-qu-il-augmente-la-curiosite,47983.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Morceaux choisis&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Robinson Crusoé sur son île aurait eu de quoi lire pendant trente ans avec une bible de Gutenberg. Si elle avait été numérisée dans un e-book, il en aurait profité pendant les trois heures d'autonomie de sa batterie. Vous pouvez jeter un livre du cinquième étage, vous le retrouverez plus ou moins complet en bas. Si vous jetez un e-book, il sera à coup sûr détruit. Nous pouvons encore aujourd'hui lire des livres vieux de cinq cents ans. En revanche, nous n'avons aucune preuve scientifique que le livre électronique puisse durer au-delà de trois ou quatre ans. En tout cas, il est raisonnable de douter, compte tenu de la nature de ses matériaux, qu'il conserve la même intensité magnétique pendant cinq cents ans. Le livre, c'est une invention aussi indépassable que la roue, le marteau ou la cuiller.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'homme d'Internet est un homme de Gutenberg parce qu'il est obligé de lire, énormément. Ce qu'a révolutionné l'imprimerie, c'est la diffusion de l'écrit. Internet aussi. Les gens lisent, et probablement plus vite que leurs ancêtres. Ils passent d'un sujet à l'autre. Selon moi, Internet encourage la lecture de livres parce qu'il augmente la curiosité. Des statistiques ont démontré que ceux qui regardent beaucoup la télévision (mais raisonnablement), qui surfent beaucoup sur Internet (mais pas au point de passer leurs nuits sur des sites pornos), sont aussi ceux qui lisent le plus.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Revendiquer sa propre encyclopédie est typique de la bêtise&amp;nbsp;! La culture est là justement pour empêcher les Bouvard et Pécuchet de triompher.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le codex inscriptible</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/09/23/Le-livre-inscriptible</link>
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    <pubDate>Wed, 23 Sep 2009 01:11:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>321. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Le document au XXIe siècle ; Vu : des sites multiformes</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Les commentaires d'un précédent billet sur une expérience de livre numérique inscriptible (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/09/02/Le-livre-en-ab%C3%AEme&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) en sont restés à la question accessoire du titre anglais (Read/Write Book), que ses défenseurs justifiaient par une référence au code informatique. Ce dernier autoriserait des livres d'un genre nouveau et, pourrait-on dire, inédit, dont les principales caractéristiques originales seraient la possibilité d'intervenir sur le livre en modifiant son contenu (lire/écrire) et d'accéder à partir du livre à bien d'autres ressources (livre-réseau). Une petite histoire montrera que ces fonctionnalités ne sont pas réservées exclusivement au numérique et que l'intégrisme numérique peut faire parfois des dégats.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Suite à notre évaluation de l'année académique dernière à l'EBSI, nous avons décidé d'organiser une formation à l'utilisation des PowerPoints pour les professeurs. Elle a été menée tambour battant par un collègue d'une faculté voisine. Il nous a présenté en conclusion une réalisation pour laquelle il a obtenu un prix de pédagogie du ministère de l'Éducation. A priori rien d'original puisqu'il s'agit du polycopié de son cours, fourni sur un codex papier et sur Pdf aux étudiants. Mais celui-ci est inscriptible, des plages sont réservées pour des notes et des réponses des étudiants, et il autorise des liens avec des séquences Ppt sonorisés, des animations par exemple sur des courbes, des exercices et d'autres sources extérieures. Ainsi le professeur fait son cours en présentiel devant les étudiants qui prennent des notes et font les exercices directement sur le polycopié. Rentrés chez eux, ils disposent de la totalité du matériel du cours, personnalisés, y compris ses extensions en passant en ligne. Le fait d'avoir un codex n'est pas anodin, comme on va le voir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis l'année dernière, sa faculté, convertie à la modernité numérique, a décidé que l'ensemble du matériel pédagogique devrait être uniquement accessible sous format numérique. Le professeur a donc redécoupé en séquences et transformé son matériel pour ne plus fournir de papier aux étudiants. Mais dès la deuxième séance du cours, l'association des étudiants est arrivée avec une caisse comprenant les tirages papiers des fichiers, évidemment non reliés et en désordre pour les distribuer suite aux réclamations qu'elle avait reçues. Les étudiants trouvaient beaucoup plus confortables et sûr d'avoir un support papier pour suivre le cours. Après une vigoureuse protestation, le professeur qui ne manque pas d'énergie a pu revenir au codex originel. Il n'a pas pour autant renoncé au numérique qu'il manipule avec dextérité comme il nous en largement a fait la démonstration au cours de la formation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je crois qu'il faut se méfier des excès. Reconnaître les vertus du codex n'efface pas celles du numérique et vice-versa. Si le papier a des limites, le numérique a les siennes. Les meilleures réalisations sont celles qui savent utiliser au mieux les performances des différents supports.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Éclats de lecture</title>
    <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/08/21/%C3%89clats-de-lecture</link>
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    <pubDate>Fri, 21 Aug 2009 06:14:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category><category>233. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Su : médium</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Christian Vandendorpe a publié une intéressante réflexion sur la lecture contemporaine, qui rejoint et élargit les arguments souvent développés dans ce blogue&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La lecture en éclats,  Arguments, vol. 11, no 1, Automne 2008-Hiver 2009, p. 30-39. &lt;a href=&quot;http://www.lettres.uottawa.ca/vanden/arguments.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En voici quelques éclats particulièrement brillants pour donner l'envie d'une lecture longue ;-)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Aujourd’hui, cependant, la quantité de savoir accumulé est devenue telle qu’elle dépasse de loin les possibilités d’une lecture continue et systématique. Le véritable supplément à la mémoire n’est plus le document ni même la bibliothèque, mais Google. C’est vers lui et des outils comparables que l’on se tourne désormais non seulement pour interroger les milliards de pages d’informations disponibles sur le web, mais aussi pour retrouver un élément précis dans nos archives personnelles&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette façon de lire fortement ciblée n’est pas totalement nouvelle, mais constitue, dans une large mesure, une forme avancée de la lecture savante. L’historien H.-J. Martin a ainsi montré que l’apparition des index au XIIIe siècle avait révolutionné le monde du livre et donné un avantage considérable aux scriptoria parisiens qui en maîtrisaient la technique.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il s’ensuit que la lecture n’est plus une activité entièrement privée, effectuée dans le for intérieur, lieu de la réflexion et de la contemplation&amp;nbsp;? ou de la «théorie», au sens étymologique. La dynamique de l’écrit tend à rejoindre celle de la conversation, abolissant la barrière traditionnelle qui séparait l’auteur de ses lecteurs. Dans certains cas limite, cette conversation se limite à un échange de pures données phatiques comme on en trouve majoritairement dans les SMS&amp;nbsp;: icônes, mots sémantiquement vides mais attestant un contact entre les correspondants. La distance ne fait que se creuser avec l’art de la correspondance telle qu’elle se pratiquait au XVIIIe siècle.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Une distinction est nécessaire, quand on parle de lecture, entre la littérature romanesque et la production savante ou technique. Si le roman s’est montré réfractaire aux diverses tentatives de naturalisation sur écran, cela tient au fait qu’il exige une lecture «en immersion», mobilisant totalement l’imaginaire du lecteur sur une longue période de temps. Outre que cette forme de lecture est peu compatible avec la surface brillante de l’écran, il semble bien que notre culture soit engagée dans un mouvement de fond, qui ébranle les bases mêmes sur lesquelles reposait jusqu’à tout récemment l’art de raconter et, par voie de conséquence, la façon de lire ou d’écouter des histoires. Avec un autre rapport au temps, à la cohérence narrative et à la finitude de l‘existence, le public avide d’une évasion dans l’imaginaire se tourne plutôt vers le monde de l’image et surtout de l’image animée.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Depuis plusieurs années déjà, on a vu se raffiner sur écran des modes de disposition du texte assez proches de ceux du livre imprimé, dans la ligne du format PDF mis en place par Adobe. Longtemps dénigré comme un simple prêt-à-imprimer, ce format gagne maintenant en popularité parce qu’il restitue le livre en tant qu’unité construite par une structure éditoriale et rattachée à un projet de lecture défini, qui s’inscrit dans une temporalité.&lt;/em&gt;(..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tout n’est donc pas joué et on peut dire que la page n’est pas tournée sur l’avenir de la lecture telle que nous la connaissions. La lecture ciblée et fragmentée de l’hypertexte est certes déjà le mode dominant et le plus courant, conséquence logique d’une évolution qui se poursuit depuis l’avènement des journaux voilà deux siècles. Mais il y a lieu d’espérer que la lecture continue dont le format codex est le meilleur support se maintiendra au moins comme modalité secondaire, sinon dans les loisirs de masse, du moins comme discipline intellectuelle hautement valorisée. En effet, cette forme de lecture exige que l’esprit soit totalement ouvert et réceptif au texte, ce qui suppose que le lecteur maîtrise son impatience, qu’il fasse taire ses préconstruits et qu’il accepte de suivre le fil du développement en cours, même si celui-ci est parfois monotone, bref, qu’il remette à plus tard l’exploration des sentiers de traverse qu’il serait tenté de prendre et soit entièrement dédié à l’activité en cours. Tout cela suppose une attitude mentale que le grec désignait par le terme skholè, qui désigne au sens premier le repos, le loisir, la lenteur et, par extension, l’activité studieuse. Ce terme a aussi donné le mot «école».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Éloge du tracé</title>
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    <pubDate>Thu, 11 Jun 2009 16:10:00 -0400</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
        <category>231. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Vu : forme</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Comme me l’a fait justement remarquer une lectrice attentive et critique, ce billet est une sorte d'oxymore&amp;nbsp;: la manière dont il a été écrit en contredit le propos. En tapant avec mes doigts sur un clavier ordinaire d’ordinateur et regardant l’écran où les lettres apparaissaient ou disparaissaient selon les commandes absconses du clavier, que j’ai intégrées avec plus ou moins de dextérité depuis bien des années aujourd’hui, je m’éloigne du «tracé» dont je voudrais pourtant souligner la grande vertu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le billet m’a été inspiré par une collègue de l’EBSI, Christine Dufour, qui a acheté récemment un ordinateur portable muni d’un écran convertible en tablette graphique. Depuis elle en est devenue fan, son nouvel outil ne la quitte pas. En réunion suscitant la curiosité de ses voisins, elle prend des notes directement dessus en écriture cursive avec son stylet, immédiatement reconnue et intégrée par le logiciel. Dans son bureau elle lit les documents typographiés et les annotent de la même façon, comme autrefois le papier à plat sur la table et la main dessus.. sauf qu’il s’agit de documents électroniques et de signes intégrés dans la mémoire de l'ordinateur. Et, tout à la préparation de ses cours à cette époque de l’année, elle expérimente la possibilité d’intervenir avec son stylet directement sur l’image projetée, réglant la difficulté que connaissent bien des professeurs d’avoir à choisir entre projeter un PPT ou écrire au tableau, difficulté aggravée généralement par la superposition de l’écran et du tableau dans les amphithéâtres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On oublie souvent que l’on écrit d’abord avec la main. Je veux dire que pour apprendre l’écriture, il faut domestiquer sa main de façon à ce qu’elle accompagne le mouvement du signe que l’on veut représenter. Les calligraphes le savent et des civilisations entières, comme la chinoise ou l’arabe, ont valorisé fortement la beauté du geste et sa traduction par une trace. Le geste épouse la forme des lettres en les traçant. La lecture, du moins dans sa forme moderne et compétente, réduit l’importante du geste.. sauf dans les annotations à la main qui permettent sa réappropriation en le caressant, pourrait-on dire. Mais l’apprentissage de la lecture passe par l’écriture et les ardoises ou cahiers sur lesquelles les enfants inscrivent et effacent laborieusement des lettres et des mots de mieux en mieux formés. Ces souvenirs restent enfouis dans notre mémoire, mais ils lient définitivement dans notre inconscient geste et écrit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On pourrait aussi refaire l’histoire des documents au travers de cette relation, depuis les scribes, les moines copistes, l’imprimerie qui coupe la relation pour les documents publiés, la machine à écrire qui la coupe pour les documents non publiés.. et les tablettes qui permettent de retrouver le geste dans sa conséquence immédiate sur le signe par le tracé. Et je saute bien des étapes et des dimensions de l’analyse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette dimension numérique nouvelle, au sens où elle entre maintenant dans un quotidien possible, est, je crois, d’une grande importance pour l’analyse documentaire, mais elle me parait oubliée des analyses sémiologiques du domaine numérique focalisées sur les e-books, le papier électronique ou encore l’étude des sites Web.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/06/11/%C3%89loge-du-trac%C3%A9#comment-form</comments>
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    <title>Quel rapport entre un cellulaire et une fiche cartonnée ?</title>
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    <pubDate>Thu, 23 Apr 2009 15:44:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
        <category>Sémio</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Un deuxième (après celui-&lt;a href=&quot;http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/37/74/57/PDF/articledefOE.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;) petit clin d'oeil pour Olivier qui s'interroge toujours pour savoir si l'homme est bien un document comme les autres (&lt;a href=&quot;http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/37/74/57/PDF/articledefOE.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Dans l'affirmative, il faudra bien en effet trouver un moyen d'actualiser les métadonnées d'un document si fantasque, autonome et mobile.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Or il apparait de plus en plus que le téléphone cellulaire ou mobile, objet  physiquement lié à l'individu et en contact avec la centrale documentaire, qui autorise la géolocalisation, la navigation sur le Web, les transactions CB, et fournira donc toutes les indications sur l'identité, le comportement et le réseau de chaque individu, est l'instrument idéal de la documentarisation des humains, tout comme la fiche cartonnée a servi autrefois à P. Otlet, l'homme qui voulait classer le monde (&lt;a href=&quot;http://www.lespierides.com/in/extraits/OTLET2extrait.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;extrait&lt;/a&gt;) pour documentariser l'ensemble des publications de la planète.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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