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    <title>Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün) - Mot-clé - 211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</title>
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    <description>Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique</description>
    <language>fr</language>
    <pubDate>Thu, 23 Feb 2023 18:35:44 -0500</pubDate>
    <copyright>Creative Commons BY-NC</copyright>
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        <title>Le papier est un terminal comme un autre</title>
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        <pubDate>Wed, 11 Jan 2012 01:31:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                  <category>231. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Vu : forme</category>
                <description>          &lt;p&gt;Début 2012, on est loin des &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2006/07/31/51-papier-terminal-biodegradable-ou-biodegradant&quot;&gt;prédictions apocalyptiques de Pierre-Marie de Biasi&lt;/a&gt; sur l'explosion de la demande de papier et plus encore de leur contraire sur le bureau sans papier (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mat%C3%A9rialisation&quot;&gt;wkp&lt;/a&gt;). La consommation de papier graphique a fortement augmenté jusqu'aux années 2000 et aurait plutôt tendance à stagner et reculer ces toutes dernières années, mais il est difficile de dire s'il s'agit du résultat immédiat de la crise (qui réduit les échanges, et donc les documents) ou de l'effet à retardement du numérique (dont les effets sur les pratiques sont plus lents que l'implantation des systèmes), sans doute une combinaison des deux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un observateur attentif,&lt;a href=&quot;http://cerig.efpg.inpg.fr/nouvelle/2011/rotalier_rebond-papetier_2011.htm&quot;&gt; Jacques de Rotalier&lt;/a&gt;, note que sur les prévisions mondiales 2010-2015 &lt;em&gt;globalement, les zones développées devraient voir leur consommation diminuer légèrement (-1,5%) tandis que celle des zones émergentes devrait augmenter de 4 à 5%. La fusion de ces chiffres donnerait un supplément de consommation mondiale de 2,5 à 3% l’an&amp;nbsp;: on est loin du développement exponentiel du numérique !&lt;/em&gt;. On ne dispose pas encore des chiffres pour 2011, mais en France la production de papier à usage graphique a diminué de 3,9% sur les dix premiers mois de l'année, d'après le &lt;a href=&quot;http://cerig.efpg.inpg.fr/nouvelle/2011/rotalier_rebond-papetier_2011.htm&quot;&gt;recueil mensuel de la COPACEL&lt;/a&gt;. J'actualiserai les chiffres quand ils seront connus. En résumé la consommation de papier graphique reste en chiffres absolus très forte, même si elle a tendance à se tasser ces dernières années, notamment à cause de la réduction du papier journal.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Actualisation,&lt;a href=&quot;http://www.copacel.fr/site/IMG/pdf/Conjoncture_generale_en_2011-2.pdf&quot;&gt; conférence de presse&lt;/a&gt; de la COPACEL (signalée par J de Rotalier, merci à lui)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Donsommation-papier-France_m.jpg&quot; alt=&quot;Donsommation-papier-France.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Donsommation-papier-France.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Consommation-papier-France-2.bmp&quot; alt=&quot;Consommation-papier-France-2.bmp&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Consommation-papier-France-2.bmp, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;La problématique courante qui tend à faire du numérique un substitut au papier est ambigüe. En réalité, la question est moins celle du numérique que de l'affichage ou de la sortie, de l'artefact qui autorise la lecture, du support sur lequel s'affichent les signes, qui bascule selon les usages et les opportunités entre l'écran ou le papier imprimé. Pour bien analyser les positions respectives de l'un et de l'autre, il faut admettre qu'il ne s'agit plus aujourd'hui que de deux modalités complémentaires, éventuellement concurrentes, d'affichage de documents tous numériques. On peut, pour commencer, visionner cette petite vidéo qui m'a donné l'idée de ce billet&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://player.vimeo.com/video/32796535?byline=0&amp;amp;portrait=0&amp;amp;color=ffffff&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; frameborder=&quot;0&quot; webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://vimeo.com/32796535&quot;&gt;Hello Little Printer, available 2012&lt;/a&gt; from &lt;a href=&quot;http://vimeo.com/bergstudio&quot;&gt;BERG&lt;/a&gt; on &lt;a href=&quot;http://vimeo.com&quot;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Repéré par &lt;a href=&quot;http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2012/01/des-impressions-pour-nos-envies.html&quot;&gt;H. Bienvault&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a plus de formats différents de papier imprimé correspondant à des usages différents que de types d'écran. Délà le codex du livre n'est pas celui du journal, l'un et l'autre, se déclinant en diverses familles selon le genre ou la régularité des publications. Mais le codex n'est pas, non plus, la seule forme possible pour des documents imprimés. La feuille simple connait aussi divers formats depuis l'affiche jusqu'au Post-it en passant par la liste de course et surtout l'explosion de la feuille A4, sortie d'imprimante, agrafée ou non. La vidéo nous montre que les imprimantes ne sont pas, non plus, condamnées à ce seul format et que les messages instantanés peuvent aussi se distribuer sur papier, y compris à distance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui les documents, quels que soient leur format et leur modalité d'affichages sont tous à l'origine numériques, à de rares exceptions près. Sachant que l'écran et le papier restent privilégiés la question devient&amp;nbsp;: quel est le support le plus opportun pour un usage donné&amp;nbsp;? Entre l'écran et le papier, chacun à ses avantages. Sans prétendre faire le tour de la question, on peut remarquer déjà des avantages contrastés entre l'un et l'autre selon trois critères de base&amp;nbsp;: la permanence, la portabilité et la lecture. Je les ai résumés sur un petit tableau.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Papier-vs-ecran_m.jpg&quot; alt=&quot;Papier-vs-ecran.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Papier-vs-ecran.png, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le papier imprimé l'emporte sur l'écran sur la permanence à court terme, tout simplement parce qu'il ne risque pas de s'effacer contrairement à l'écran, c'est cet avantage qui est mis en avant dans la vidéo. Mais à moyen terme, l'écran l'emporte car le papier est encombrant et devient vite difficile à retrouver, tandis que les serveurs gardent en permanence l'accessibilité immédiate des documents sur écran. Nul ne connait à long terme la possibilité de réafficher un document sur écran, tandis que le papier a fait ses preuves pour la conservation, pour peu que l'on prenne les bonnes mesures.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un document individuel est en général plus facile à transporter sur papier, pourvu qu'il ne soit pas trop volumineux. Inversement, dès que le nombre de documents s'accroit, l'écran qui facilite l'ubiquité reprend l'avantage.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin les modalités de lecture ont des avantages aussi contrastés dans les deux cas. Le feuilletage est plus simple sur papier, car il autorise la vue simultanée des feuilles sans trop d'encombrement de l'espace. Par contre s'il s'agit de naviguer d'un document à l'autre de façon plus ou moins aléatoire et d'y exécuter des traitements, l'écran est plus performant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sans doute on pourrait discuter ces affirmations et proposer d'autres critères. Je voulais juste ici suggérer des pistes de raisonnement. Celles-ci me permettent de compléter par une ligne mon tableau des différents modèles de publication déjà présenté dans un &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/11/14/Les-cinq-mod%C3%A8les-de-l-industrie-de-la-m%C3%A9moire&quot;&gt;précédent billet&lt;/a&gt;. Je n'ai pas le temps de commenter. Ce sera pour une autre fois. Mais j'attire votre attention sur le critère de l'espace et du temps pour expliquer aussi bien les différents formats papiers (y compris l'impossibilité de rendre compte directement du flot) que les formats d'écran.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/5-modeles-Industries-memoires-3.png&quot; alt=&quot;Le papier et les cinq modèles d&amp;#039;industries de la mémoire&quot; title=&quot;Le papier et les cinq modèles d&amp;#039;industries de la mémoire, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Document, une histoire de mots (maj) (2)</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/11/Document--une-histoire-de-mots-%282%29</link>
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        <pubDate>Tue, 11 Jan 2011 11:35:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                  <category>212. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Des documens du Moyen Âge…</category>
                <description>          &lt;p&gt;J'avais &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/01/04/Document%2C-information%2C-une-histoire-de-mots&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;dit&lt;/a&gt; que je reviendrais sur la première occurrence du mot «document» dans la langue française, car j'avais quelque doute sur sa pertinence. J'ai pu le faire grâce aux conseils de Céline Guillot, chercheure à &lt;a href=&quot;http://icar.univ-lyon2.fr/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ICAR&lt;/a&gt;, merci à elle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La plupart des auteurs la situe en 1214. Ils s'appuient vraisemblablement tous sur la &lt;a href=&quot;http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/affart.exe?19;s=1587637650;?b=0;&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;notice&lt;/a&gt; du Trésor de la langue française de l'ATILF qui indique à ce mot&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Étymol. et Hist. 1214 (Frère ANGER, Vie de S. Grégoire, éd. P. Meyer, 1231). Empr. au lat. class. documentum «&amp;nbsp;enseignement », b. lat. «&amp;nbsp;acte écrit qui sert de témoignage, preuve », dér. de docere «&amp;nbsp;enseigner, informer ».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Malheureusement cette référence est &lt;del&gt;doublement&lt;/del&gt; fausse. Tout d'abord le texte en question est de Frère Ang&lt;ins&gt;i&lt;/ins&gt;er et on peut le retrouver dans le T12 de la revue &lt;em&gt;Romania&lt;/em&gt; (1883) exactement &lt;a href=&quot;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k16021k/f152.tableDesMatieres&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&amp;nbsp;; &lt;del&gt;ensuite et surtout, il n'y est nullement fait mention du mot «document», son éditeur n'aurait pas manqué de le signaler &lt;a href=&quot;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k16021k/f214.pagination&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/del&gt; Une autre collègue linguiste de l'ATILF, Hiltrud Gerner me signale mon erreur. Le mot figure bien dans le texte en question à la page 168 , au vers1231. L'ATILF n'est pas coupable, c'est moi qui suis négligent..&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il semble en tous cas que le terme existait au 15e, sous la forme «documens», comme l'indique les nombreuses citations de cette &lt;a href=&quot;http://atilf.atilf.fr/gsouvay/scripts/dmfX.exe?LEX_ENTREE_FILTRE;BALISE=LEM;BACK;;ISIS=isis_dmf2010.txt;OUVRIR_MENU=2;s=s11230858;&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;notice&lt;/a&gt; du Dictionnaire du Moyen Français de l'ATILF sous les deux acceptions de A. -&quot;Leçon, enseignement&quot;, semble-t-il la plus courante&amp;nbsp;;  B. -&quot;Acte écrit qui sert de preuve&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Niels Lund écrit dans son article &lt;em&gt;Document Theory&lt;/em&gt; de l'ARIST &lt;a href=&quot;http://www.asis.org/Publications/ARIST/vol43.php&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;2009&lt;/a&gt; (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Beaucoup considèrent la conception légale du document comme étant la conception originelle, qui remonterait à l'antiquité. Cependant, cette signification particulière est reliée à l'émergence de la bureaucratie dans les États européens depuis le 17e et ensuite.&lt;/em&gt; (399-400)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si on peut le suivre dans son affirmation que la première acception du document était bien l'enseignement, il semble que la seconde acception soit bien antérieure au 17e.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Ajout 14 janv 2011&lt;/ins&gt; À ce sujet le livre ci dessous apporte des précisions importantes&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M.T. Clancy, From memory to written record. England. 1066-1307, Blackwell Publishers Ltd. (Oxford, 1999). &lt;a href=&quot;http://books.google.ca/books?id=FMtNaLEHjeQC&amp;amp;printsec=frontcover&amp;amp;dq=from+memory+to+written+record&amp;amp;source=bl&amp;amp;ots=Gq4ODFS4gb&amp;amp;sig=gWzDUp-ovkJeIrjEUT3A6KGqJWk&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ei=znowTf3nBpK0hAeN-9HNCw&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;resnum=7&amp;amp;ved=0CFsQ6AEwBg#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;GB&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1981_num_36_2_282730_t1_0234_0000_000&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;critique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il montre la très grande importance des chartes écrites en Angleterre dès le début du premier millénaire.
Citation p.2 (trad JMS)&amp;nbsp;: &lt;em&gt;une estimation  dans cet ouvrage suggère que huit millions de chartes pourraient avoir été écrites au XIIIe siècle seulement pour les petits exploitants et les serfs.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il semble donc que les documents légaux, notamment pour fixer la propriété, aient été très développés, très tôt. Mais ils n'avaient pas vocation à être diffusés. Le statut de document pourrait résulter du lent croisement de ces pratiques légales et des pratiques monastiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;fin de l'ajout&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mieux, il n'est pas même sûr qu'elle ait été très développée à la fin du 18e. En effet, une recherche des occurrences du mot dans l&lt;em&gt;'Encyclopédie&lt;/em&gt; de Diderot et d'Alembert donne un résultat surprenant. On pouvait s'attendre à une multiplication d'un mot synonyme de preuve et renseignement dans ce genre d'ouvrage. On y trouve cette très courte définition&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;DOCUMENS, s. m. pl. (Jurisprud.) sont tous les titres, pieces, &amp;amp; autres preuves qui peuvent donner quelque connoissance d'une chose. (A)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;ainsi que seulement deux occurrences une dans «&lt;a href=&quot;http://artfl.uchicago.edu/cgi-bin/philologic31/getobject.pl?c.66:17.encyclopedie1108.91825&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Langue&lt;/a&gt;» et une dans «&lt;a href=&quot;http://artfl.uchicago.edu/cgi-bin/philologic31/getobject.pl?c.112:43.encyclopedie1108.426210&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Sensibilité,sentiment&lt;/a&gt;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dès lors, il semble difficile de penser que la montée du mot soit parallèle à celle des États européens et au juridique. Il est plus probable qu'elle soit liée à la révolution scientifique et industrielle. L'utilisation courante du mot ne démarre vraiment qu'au 18e siècle. J'ai précisé mon interrogation sur NGram en ajoutant le mot dans son orthographe ancienne (documens) ainsi que le pluriel. Le résultat est, je crois, très probant&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.NGram-documens-document-documents-11-01-2011_m.jpg&quot; alt=&quot;NGram-documens-document-documents-11-01-2011.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;NGram-documens-document-documents-11-01-2011.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On trouve 15281 fois le mot «document» dans la version française de Wikipédia au moment où j'écris ce billet (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sp%C3%A9cial%3ARecherche&amp;amp;search=document&amp;amp;fulltext=1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;)..&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout cela aurait pris des mois auparavant, peut-être ici trois heures, merci internet&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Synthèse sur les pratiques culturelles en France</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/10/27/Synthese-sur-les-pratiques-culturelles-en-France</link>
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        <pubDate>Wed, 27 Oct 2010 08:27:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Socio</category>
                          <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                  <category>333. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre ; « Je » est un document</category>
                  <category>334. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre ; Économie de service</category>
                <description>          &lt;p&gt;Compétences de l'auteur et clarté de son propos. Lecture indispensable&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Olivier Donnat, “Les pratiques culturelles à l'ère numérique,” BBF, n°. 5 (2010): 6-12 &lt;a href=&quot;http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2010-05-0006-001&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Résumé&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;La comparaison des résultats de l'enquête 2008 Pratiques culturelles des Français avec ceux de la précédente enquête réalisée onze ans auparavant permet une description générale de l'évolution des pratiques culturelles au cours d'une décennie marquée par la diffusion de l'internet et des nouveaux écrans. Si la révolution numérique n'a pas (jusqu'à présent ?) bouleversé la structure générale des pratiques culturelles ni infléchi la plupart des tendances observées dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, plusieurs indices laissent entrevoir la profondeur des mutations en cours, notamment dans les jeunes générations.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Éclats de lecture</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/08/21/eclats-de-lecture</link>
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        <pubDate>Fri, 21 Aug 2009 06:14:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                  <category>233. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Su : médium</category>
                <description>          &lt;p&gt;Christian Vandendorpe a publié une intéressante réflexion sur la lecture contemporaine, qui rejoint et élargit les arguments souvent développés dans ce blogue&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La lecture en éclats,  Arguments, vol. 11, no 1, Automne 2008-Hiver 2009, p. 30-39. &lt;a href=&quot;http://www.lettres.uottawa.ca/vanden/arguments.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En voici quelques éclats particulièrement brillants pour donner l'envie d'une lecture longue ;-)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Aujourd’hui, cependant, la quantité de savoir accumulé est devenue telle qu’elle dépasse de loin les possibilités d’une lecture continue et systématique. Le véritable supplément à la mémoire n’est plus le document ni même la bibliothèque, mais Google. C’est vers lui et des outils comparables que l’on se tourne désormais non seulement pour interroger les milliards de pages d’informations disponibles sur le web, mais aussi pour retrouver un élément précis dans nos archives personnelles&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette façon de lire fortement ciblée n’est pas totalement nouvelle, mais constitue, dans une large mesure, une forme avancée de la lecture savante. L’historien H.-J. Martin a ainsi montré que l’apparition des index au XIIIe siècle avait révolutionné le monde du livre et donné un avantage considérable aux scriptoria parisiens qui en maîtrisaient la technique.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il s’ensuit que la lecture n’est plus une activité entièrement privée, effectuée dans le for intérieur, lieu de la réflexion et de la contemplation&amp;nbsp;? ou de la «théorie», au sens étymologique. La dynamique de l’écrit tend à rejoindre celle de la conversation, abolissant la barrière traditionnelle qui séparait l’auteur de ses lecteurs. Dans certains cas limite, cette conversation se limite à un échange de pures données phatiques comme on en trouve majoritairement dans les SMS&amp;nbsp;: icônes, mots sémantiquement vides mais attestant un contact entre les correspondants. La distance ne fait que se creuser avec l’art de la correspondance telle qu’elle se pratiquait au XVIIIe siècle.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Une distinction est nécessaire, quand on parle de lecture, entre la littérature romanesque et la production savante ou technique. Si le roman s’est montré réfractaire aux diverses tentatives de naturalisation sur écran, cela tient au fait qu’il exige une lecture «en immersion», mobilisant totalement l’imaginaire du lecteur sur une longue période de temps. Outre que cette forme de lecture est peu compatible avec la surface brillante de l’écran, il semble bien que notre culture soit engagée dans un mouvement de fond, qui ébranle les bases mêmes sur lesquelles reposait jusqu’à tout récemment l’art de raconter et, par voie de conséquence, la façon de lire ou d’écouter des histoires. Avec un autre rapport au temps, à la cohérence narrative et à la finitude de l‘existence, le public avide d’une évasion dans l’imaginaire se tourne plutôt vers le monde de l’image et surtout de l’image animée.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Depuis plusieurs années déjà, on a vu se raffiner sur écran des modes de disposition du texte assez proches de ceux du livre imprimé, dans la ligne du format PDF mis en place par Adobe. Longtemps dénigré comme un simple prêt-à-imprimer, ce format gagne maintenant en popularité parce qu’il restitue le livre en tant qu’unité construite par une structure éditoriale et rattachée à un projet de lecture défini, qui s’inscrit dans une temporalité.&lt;/em&gt;(..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tout n’est donc pas joué et on peut dire que la page n’est pas tournée sur l’avenir de la lecture telle que nous la connaissions. La lecture ciblée et fragmentée de l’hypertexte est certes déjà le mode dominant et le plus courant, conséquence logique d’une évolution qui se poursuit depuis l’avènement des journaux voilà deux siècles. Mais il y a lieu d’espérer que la lecture continue dont le format codex est le meilleur support se maintiendra au moins comme modalité secondaire, sinon dans les loisirs de masse, du moins comme discipline intellectuelle hautement valorisée. En effet, cette forme de lecture exige que l’esprit soit totalement ouvert et réceptif au texte, ce qui suppose que le lecteur maîtrise son impatience, qu’il fasse taire ses préconstruits et qu’il accepte de suivre le fil du développement en cours, même si celui-ci est parfois monotone, bref, qu’il remette à plus tard l’exploration des sentiers de traverse qu’il serait tenté de prendre et soit entièrement dédié à l’activité en cours. Tout cela suppose une attitude mentale que le grec désignait par le terme skholè, qui désigne au sens premier le repos, le loisir, la lenteur et, par extension, l’activité studieuse. Ce terme a aussi donné le mot «école».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Confirmation de l'effet générationnel sur le livre et la presse</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2009/08/05/Confirmation-de-l-effet-generationnel-sur-le-livre-et-la-presse</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:f190194c86c884fb2c322556ae6e3b56</guid>
        <pubDate>Wed, 05 Aug 2009 13:47:00 -0400</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Édition</category>
                          <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                  <category>421. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; La gestion de l’attention</category>
                <description>          &lt;p&gt;L'INSEE en France vient de produire une analyse sur l'évolution de la consommation, en dépenses, de livres et de la presse par les ménages français. L'analyse présente des données sur 20 ans et s'arrête en 2006.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;de Saint Pol Thibaut et Marical François, “Le recul du livre et de la presse dans le budget des ménages,” INSEE Première, no. 1253 (Août 2009), &lt;a href=&quot;http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&amp;amp;ref_id=ip1253&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Html&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1253/ip1253.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt; Pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Celle-ci fournit d'importantes données qui sont croisées avec l'âge, le statut social, le niveau d'études et la région. Pour ce billet, je me contenterai de commenter un tableau et un extrait qui résument à mon avis la leçon la plus importante.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Part de la presse et du livre dans le budget des ménages&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/.Cosommation-Presse-Livre-France-Insee_m.jpg&quot; alt=&quot;Part de la presse et du livre dans le budget des ménages&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Part de la presse et du livre dans le budget des ménages, août 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Lecture&amp;nbsp;: en prenant comme référence un indice 100 en 1970, la part du livre se situait, en 1995, à un indice de 89 et celle de la presse à un niveau de 94. Source&amp;nbsp;: Insee, comptes nationaux.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Extrait&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Contrairement à ce qui se passe pour la presse, le recul du livre n’est pas dû à l’arrivée de nouvelles générations qui en achèteraient moins. Les générations les plus jeunes y consacraient même, du moins jusqu’en 2001, une part de leur budget plus élevée que les générations précédentes. Le recul du livre est marqué par une baisse qui touche toutes les générations.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ainsi, en 1985, la part des achats de livres dans le budget des ménages était de 0,5 % si la personne de référence était née entre 1940 et 1959 contre 0,25 % si elle était née entre 1900 et 1919 (graphique 3). Et cette valeur est restée stable pour chaque génération jusqu’en 1995. Mais depuis cette date, le livre recule&amp;nbsp;: d’abord pour toutes les générations (entre 1995 et 2001) puis pour les générations les plus jeunes.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est intéressant de confronter ces éléments avec l'analyse proposée par le DEPS du ministère de la culture qui étudie, elle, l'évolution des pratiques culturelles selon l'âge ou les générations (&lt;a href=&quot;http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/Cprospective07_3.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2007/08/06/287-age-et-generation&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt; pour mon analyse) pour plusieurs raisons. L'étude du DEPS s'étale sur une période beaucoup plus longue, mais ne dispose que de données basées sur quatre enquêtes, laissant dans l'ombre les variations annuelles et surtout la dernière période, celle d'internet. La mesure est aussi différente&amp;nbsp;: dépenses dans un cas, pratiques dans l'autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelles leçons tirer de cette confrontation&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;L'effet générationnel est confirmé aussi bien pour le livre que pour la presse, avec les mêmes nuances dans les deux études. La part du livre diminue aussi bien avec l'âge que la génération, celle de la presse relève plus clairement d'un effet générationnel.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La variable prix masque sans doute en partie la lecture de la baisse des pratiques dans la première période. L'augmentation des prix fait que la baisse des pratiques ne modifie guère le niveau des dépenses des ménages. Mais on constate alors une plus forte élasticité de la demande pour la presse qui décroche nettement plus tôt en terme de dépenses, soit bien avant l'arrivée de l'internet dans le grand public.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L'arrivée de l'internet semble marquer une autre rupture de la courbe aussi bien pour le livre que pour la presse. Reste à savoir s'il s'agit d'un report de budget des ménages sur les dépenses d'équipement et d'abonnement ou une désaffection plus marquée dans les pratiques ou encore les deux. Il n'y a pas en effet de corrélation automatique entre les deux tendances. De ce point de vue, le cas de la musique est spectaculaire&amp;nbsp;: les dépenses chutent (&lt;a href=&quot;http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&amp;amp;ref_id=NATTEF13321&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) pas la pratique semble-t-il.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;En termes de stratégies de branche, j'en conclurais que&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le livre dispose d'une plus grande marge de manœuvre et pourrait bien s'inspirer de l'évolution du cinéma dont la chute de la fréquentation des salles à la fin des années cinquante a été compensée par une augmentation des prix sur un segment de clientèle privilégiée et une diversification des canaux de distribution.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La presse est dans une situation plus délicate car la structure même de son produit est désarticulée sur le web ce qui rend très difficile une diversification contrôlée. La désaffection des jeunes générations est sans doute définitive et il lui faudra inventer un nouveau produit d'information pour les retrouver, les fidéliser et en récupérer les bénéfices financiers, directs ou indirects.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Les raccourcis de l'histoire du document</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2008/06/01/487-les-raccourcis-de-l-histoire-du-document</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:25d46f49e0feb190eee581ed4a113b76</guid>
        <pubDate>Sun, 01 Jun 2008 10:00:00 +0000</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Bibliothèques</category>
                          <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                <description>          &lt;p&gt;Découvert grâce à Alain Pierrot qui le commente (&lt;a href=&quot;http://www.apsed.com/blog/?p=60&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), cet article du célèbre historien du livre R. Darnton mérite lecture et réflexion, à cause d'abord de la limpidité habituelle de la prose et du raisonnement de l'auteur, qui en fait une référence pour les étudiants comme pour les érudits, et aussi pour la thèse qu'il défend que je discuterai brièvement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Robert Darnton, “The Library in the New Age,” The New York Review of Books 55, no. 10 (Juin 12, 2008), &lt;a href=&quot;http://www.nybooks.com/articles/21514&quot; hreflang=&quot;eng&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ironiquement, l'article, dont on verra que les références remontent très loin dans le temps, est accessible avant sa parution le 12 juin prochain, ce qui est déjà un signe&amp;nbsp;: le passé est peut-être en avance sur l'avenir ;-), en vérité l'historien se sert des leçons du passé pour tenter d'éclairer nos décisions à venir. Malgré la qualité de son propos, je ne suis pas sûr qu'il le fasse toujours à bon escient.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Commençons par citer la chronologie qu'il propose en introduction (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;En simplifiant largement, on pourrait dire qu'il y a eu quatre changements fondamentaux dans les technologies de l'information depuis que les hommes ont appris à parler :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quelque part vers 4000 avant JC, les hommes ont appris à écrire. Les hiéroglyphes égyptiens remontent à environ 3200 avant JC, l'écriture alphabétique à 1000 avant JC. Si l'on suit les chercheurs comme J. Goody, l'invention de l'écriture fut la plus importante rupture de l'histoire de l'humanité. Elle a transformé la relation des hommes à leur passé et a ouvert la voie à l'émergence du livre comme une force dans l'histoire.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'histoire du livre conduit à une seconde étape quand le codex a remplacé le rouleau peu après le début de l'ère chrétienne. (..) Cela a transformé l'expérience de lecture&amp;nbsp;: la page est devenue l'unité de perception, et les lecteurs ont pu feuilleter un texte bien construit, qui pouvait inclure des mots différenciés (c'est à dire séparés par des espaces), des paragraphes et des chapitres, tout cela avec une table des matières, des index et d'autres aides à la lecture.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le codex a été transformé à son tour par l'invention de l'imprimerie à caractères mobiles vers 1450. (..) La technologie de l'impression n'a pas changé pendant près de quatre siècles, mais le cercle des lecteurs s'est considérablement élargi grâce aux progrès de l'alphabétisation, de l'éducation et l'accès au monde de l'imprimé. Les prospectus et journaux, tirés sur des presses à vapeur et sur du papier issu de la pulpe de bois plutôt que des chiffons, ont accru le processus de démocratisation jusqu'à ouvrir le lectorat à un public de masse dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le quatrième changement, la communication électronique, c'était hier, ou la veille selon la façon dont vous le mesurez. L'internet date de 1974, au moins comme nom. (..)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Enchainé de cette façon, le rythme du changement coupe le souffle&amp;nbsp;: de l'écriture au codex, 4.300 ans&amp;nbsp;; du codex aux caractères mobiles, 1150 ans&amp;nbsp;; des caractères mobiles à internet, 524 ans&amp;nbsp;; d'internet aux moteurs, 19 ans&amp;nbsp;; des moteurs à l'algorithme de Google pour un classement pertinent, 7 ans&amp;nbsp;; et qui sait ce qui nous attend demain et est peut-être déjà dans les tuyaux ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On peut faire un rapprochement entre cette chronologie et celle des quatre âges de l'imprimé (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2006/10/13/94-les-quatre-ages-de-l-imprime&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), en remarquant néanmoins que R. Darnton ne différencie pas l'âge de la presse de celui de la paperasse, contrairement à A. Marshall. Cette différence n'est pas anodine. En effet, les machines légères à imprimer ont sorti l'imprimé d'une production industrielle pour l'entrer dans notre quotidien, d'abord professionnel puis domestique, et cela modifie sensiblement la pertinence de la suite de l'article de R. Darnton.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans celle-ci, l'auteur fait d'abord remarquer que l'information n'a jamais été stable et que son inscription sur des artefacts, soumise à de nombreuses contraintes, matérielles, professionnelles et sociales, varie suivant les circonstances. Il prend pour cela avec beaucoup de verve notamment des exemples dans son expérience propre, comme journaliste ou comme historien du livre (en particulier sur les différentes versions de l'Encyclopédie dont il est un expert). Il relativise ainsi les discours communs sur l'instabilité de l'information sur le Web, allant jusqu'à inverser le propos. Puisque cette instabilité est maintenant clairement visible, nous pourrions mieux la gérer&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Au lieu de documents solidement fixés, nous devons jouer avec des textes multiples et instables. En les étudiant avec un esprit critique sur l'écran de notre ordinateur, nous pouvons apprendre à lire de façon plus pertinente notre journal quotidien, et même à apprécier les livres anciens.&lt;/em&gt; (trad JMS)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais cet argumentaire, séparant l'écriture réservée à quelques clercs de la lecture démocratisée, n'est pas vraiment pour moi convaincant. En sautant l'âge de la paperasse, l'auteur ne peut plus percevoir que l'imprimé s'est démocratisé aussi dans son écriture, avant même l'arrivée du micro-ordinateur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et alors, on peut renverser son raisonnement&amp;nbsp;: sans doute l'information n'a jamais été stable dans l'histoire, mais sa fixation sur des documents peu nombreux et industriellement reproductibles en avait stabilisé des versions, à tort ou à raison socialement admises comme référence parce que diffusées à l'identique&amp;nbsp;; la diffusion d'un très grand nombre d'informations sur des fichiers mémorisés et donc fixés quoiqu'on en dise, déstabilise notre relation au document. C'est faire preuve d'optimisme de croire que nous en tirons un plus grand esprit critique, on pourrait tout aussi bien dire qu'il en découle une plus grande confusion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;R. Darnton conclut son article par une vibrante défense des bibliothèques de recherche, qui était, comme le titre l'indique, son objectif premier. Je ne reprendrai pas ses huit arguments, qui d'ailleurs n'en prennent que plus de poids depuis l'annonce de l'abandon par &lt;em&gt;Microsoft&lt;/em&gt; de son programme de numérisation de livres. Sans doute l'auteur a raison d'insister sur l'importance de leur rôle traditionnel, fondamental même dans un environnement numérique.. mais doit-on s'en tenir simplement à ce rôle quand justement le rapport au document a changé&amp;nbsp;? je n'ai pas vraiment de réponse à cette question. L'auteur nous exhorte à ne pas les penser comme des &lt;em&gt;entrepôts ou des musées&lt;/em&gt;, mais j'ai peur que son raisonnement nous y conduise tout droit.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>e-Paper : marché de masse pour 2012 ?</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2007/11/21/375-e-paper-marche-de-masse-pour-2012</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:af14d6c479f075cb5d139db44f9e87dd</guid>
        <pubDate>Wed, 21 Nov 2007 02:12:00 +0000</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                  <category>32. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Le document au XXIe siècle</category>
                  <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                <description>          &lt;p&gt;Au moment où on annonce que le papier électronique a l'ambition de supporter la vidéo (voir &lt;a href=&quot;http://www.internetactu.net/?p=7428&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; &lt;em&gt;InternetActu&lt;/em&gt;) et où la tablette de &lt;em&gt;Amazon&lt;/em&gt; est le buzz de la semaine, il est opportun de lire cette interview du père du premier papier électronique, celui de &lt;em&gt;Xerox&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: le &lt;em&gt;Gyricon&lt;/em&gt;, Nick Sheridon.
L'ensemble de l'entretien est passionnant, depuis la genèse de l'idée, jusqu'aux difficultés actuelles non encore résolues, en passant par les applications futures.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;The Future of Electronic Paper, TFOT, 15 oct 2007 &lt;a href=&quot;http://www.tfot.info/articles/1000/the-future-of-electronic-paper.html&quot; hreflang=&quot;eng&quot;&gt;Html&lt;/a&gt; (repéré par &lt;em&gt;Electronic Paper &amp;amp; Communication&lt;/em&gt;, &lt;a href=&quot;http://electronicpapercommunication.blog.20minutes.fr/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Extraits (trad JMS)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Q: &lt;em&gt;L'invention du papier électronique date de près de 35 années. Comment expliquez-vous qu'il prenne tant de temps à entrer sur le marché ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;R: &lt;em&gt;Le papier électronique est entré sur le marché, mais pas encore largement. (..) Aucune technologie est encore suffisamment proche de l'apparence du papier pour s'emparer de l'énorme marché latent que l'on pense exister. D'autres inventions sont nécessaires, Cela ressemble beaucoup aux débuts de la télévision, quand tout le monde savait qu'on en avait besoin, mais que mettre au point la technologie était difficile.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Q: &lt;em&gt;Quels sont les obstacles que vous voyez pour l'adoption généralisée du papier électronique ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;R: &lt;em&gt;Aucune technologie n'est suffisamment proche de l'apparence du papier. Par cela, je veux dire un support d'affichage qui soit fin, flexible, capable de garder des images lisibles sans dépense d'énergie, très lisible en lumière ambiante, et qui a une bonne résolution, avec un haut niveau de blanc et un bon contraste et qui soit bon marché. Une bonne part de cette équation relève de l'électronique&lt;/em&gt; (..).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Q: &lt;em&gt;Quand pensez-vous que nous verrons un usage largement répandu du papier électronique ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Q: &lt;em&gt;Je pense que la révolution sera continue, d'abord un support portable avec un fort contraste qui sera lisible à la lumière du soleil - probablement l'année prochaine ou la suivante - suivi par une tablette de lecture économe en énergie (disponible au Japon, et plus largement quand les problèmes de propriété intellectuelle seront résolus); et dans les cinq prochaines années la signalisation et les panneaux électroniques. Le lecteur de poche prendra plus longtemps.&lt;/em&gt; (..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;J'aime proclamer que le Saint Graal du papier électronique sera contenu dans un tube cylindrique d'environ un centimètre de diamètre et de 15 à 20 centimètres de longueur, qu'une personne pourra porter confortablement dans sa poche. Le tube contiendra une feuille finement roulée de papier électronique qui pourra être tirée à l'extérieur par une fente pour devenir une feuille plane, pour lire et renouveler l'affichage par un bouton. Les informations auront été téléchargées - il y aura une interface simple - d'un satellite, un réseau de cellulaire, ou une puce interne. Ce lecteur de documents sera utilisé pour le courriel, l'internet, les livres téléchargés d'une bibliothèque globale qui se construit actuellement, des manuels techniques, des journaux (peut-être dans un plus grand format), des magasines, et ainsi de suite, n'importe où sur la planète. Il coutera moins de 100$ et presque tout le monde en aura un !&lt;/em&gt;
(..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Q: &lt;em&gt;Quels sont les obstacles à l'adoption massive du papier électronique ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;R: &lt;em&gt;L'obstacle principal est le prix. Notre recherche montre qu'un lecteur sur papier électronique doit tomber en dessous de 100$ avant qu'une partie significative de la population l'adopte. Et même là, ils ne l'achèteront que si un contenu suffisant est accessible à un coût raisonnable. Le deuxième obstacle est l'accessibilité du contenu.&lt;/em&gt;
(..)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Q: &lt;em&gt;Quand prévoyez vous que nous verrons la véritable révolution du papier électronique ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;R: &lt;em&gt;Elle a déjà démarrée, mais cela deviendra vraiment un marché de masse vers 2012.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 23 janv 2008&lt;/strong&gt;  Voir le Readius (&lt;a href=&quot;http://www.polymervision.com/frameset.php?id=&amp;amp;page=&quot; hreflang=&quot;eng&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), mais il serait commercialisé à 6 ou 700 Euros..&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>La résistance du livre</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2007/11/17/369-la-resistance-du-livre</link>
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        <pubDate>Sat, 17 Nov 2007 10:33:00 +0000</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Sémio</category>
                          <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                  <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                  <category>421. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; La gestion de l’attention</category>
                <description>          &lt;p&gt;Puisque c'est le Salon du livre à Montréal, il est opportun de poursuivre l'interrogation sur ce support. J'ai, d'abord, été sensible à trois propos récents&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;F. Pisani a donné un &lt;a href=&quot;http://lafeuille.blogspot.com/2007/11/pisani-sur-lavenir-du-livre.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;entretien&lt;/a&gt; sur l'avenir du livre.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Jeff Gomez a publié un livre papier au titre pour le moins paradoxal&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Print is dead&lt;/em&gt;. &lt;a href=&quot;http://printisdeadbook.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Ici&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Alain Giffard quant à lui s'interroge sur les effets de la Culture du libre sur la culture du livre, &lt;a href=&quot;http://alaingiffard.blogs.com/culture/2007/11/culture-libre-c.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Chacun à sa manière, avec sa position, son expérience, son analyse propre, des orientations parfois opposées, tire la même conclusion&amp;nbsp;: le livre évolue, le livre doit s'adapter à la culture numérique. Mais si évidemment les médias anciens intègrent les formes nouvelles, la vrai question me parait inverse&amp;nbsp;: pourquoi le livre résiste&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Car le livre résiste. Il fut le premier dont le contenu à basculer sur le Web (le &lt;a href=&quot;http://www.gutenberg.org/wiki/Main_Page&quot; hreflang=&quot;eng&quot;&gt;projet Gutenberg&lt;/a&gt; date de 1971). Il fut aussi le premier à disposer de terminaux dédiés (les tablettes &lt;em&gt;eBooks&lt;/em&gt; sont bien antérieures au &lt;em&gt;iPod&lt;/em&gt;). Sans doute certains secteurs n'ont pas résisté (encyclopédies, revues savantes), mais globalement et malgré les nombreuses Cassandres, le livre est encore là et bien là. Les principales maisons d'édition sont même plutôt prospères. Même si les tirages diminuent, le nombre de titres augmente.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette situation est d'autant plus étonnante que l'évolution sur la longue durée des pratiques de lecture ne sont pas encourageantes, que l'on raisonne par âge ou par génération, contrairement aux pratiques de la musique ou de l'audiovisuel, qui sont, elles, en forte croissance alors que leurs industries paraissent plus menacées (&lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2007/08/06/287-age-et-generation&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Faut-il en conclure que les stratèges du livre sont plus habiles que leurs confrères&amp;nbsp;? Sans vexer personne, cela me semble une explication peu convaincante.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sans prétendre avoir la totalité de la réponse, je crois que l'on a négligé jusqu'ici une dimension essentielle de l'explication&amp;nbsp;: la mesure temporelle du livre, inscrite, cristallisée dans sa forme. Un lecteur qui parcourt un codex, lit et tourne les pages, a son attention accaparée par son activité. Autrement dit, un livre peut être mesuré autant par son nombre de pages que par son temps de lecture (qui variera selon l'habileté et la stratégie du lecteur). De ce point de vue, prenons un livre de 300 pages à 400 mots par page. Un lecteur moyen lisant 200 mots par minute, le livre représente, par exemple, 10 heures de temps de son lecteur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette perspective permet de mieux comprendre la supériorité d'un livre papier sur le numérique, même sous forme de tablette, dans un grand nombre de genres. Elle permet aussi de comprendre pourquoi certaines pratiques de lecture sont, à l'inverse, plus adaptées au numérique. Elle permet enfin de comprendre notre attirance à détenir des livres et à les accumuler dans des bibliothèques personnelles, même à l'heure des mémoires numériques et des clés USB, alors que nous nous éloignons des CD audios. D'un point de vue plus théorique, elle autorise l'intégration de l'économie du livre dans l'économie de l'attention (mais je ne le développerai pas dans ce billet).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Contrairement à une idée reçue, on lit très bien sur une tablette, et ceci dès les premières tentatives (Cytale, Gemstar). J'en ai fait personnellement l'expérience et nous l'avions constaté, il y a déjà longtemps dans une expérience de prêts en bibliothèques (le rapport est ici. &lt;a href=&quot;http://isdn.enssib.fr/archives/axe2/contratslecture/Rapport_CLLe.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Pdf&lt;/a&gt;). On met souvent en avant comme avantage pour ces dernières, le fait que l'on dispose alors d'une bibliothèque portative, ou que l'on peut par les liens naviguer d'un texte à l'autre. Mais cet avantage n'est utile que pour un certain type de lecture, pas le plus courant, celui qui demande de passer d'un fragment de texte à un autre. Un livre traditionnel se lit tout seul, en continu du début à la fin. Il est exclusif et fini. Et son temps de lecture est long. L'accompagner d'une bibliothèque n'est en rien un avantage, c'est au contraire une source de distraction. Mieux, l'objet livre est une promesse pour le lecteur&amp;nbsp;: la promesse d'un temps long de plaisir exclusif ou d'enrichissement offert par l'auteur. Comme bien des cadeaux, il gagne à être tangible, il a même son emballage la couverture. La tablette ou le &lt;em&gt;eBook&lt;/em&gt;, en effaçant la promesse, réduit sa potentialité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais dira-t-on le raisonnement est le même pour la musique ou la vidéo et pourtant les conséquences du numérique sont inverses. L'inversion résulte de la temporalité. Le temps de l'écoute de la musique ou de la vidéo est très court par rapport à celui du livre. Il est, au contraire, tout à fait avantageux de disposer une bibliothèque de morceaux musicaux dans son &lt;em&gt;iPod&lt;/em&gt;. Dans le temps long de lecture d'un seul livre, nous pouvons écouter un très grand nombre de morceaux musicaux. Ici le numérique montre sa supériorité. Le même raisonnement vaut pour les livres qui se lisent par séquences comme les encyclopédies, pour lesquels le numérique est un avantage certain pour le lecteur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi lorsque nous achetons des livres pour notre bibliothèque ou pour les offrir, nous achetons une promesse d'heures exclusives de plaisir. Une bibliothèque d'une centaine de livres est pour son propriétaire la promesse de mille heures de plaisir. Sa visibilité n'est pas anodine. En passant devant, il éprouve le frisson de cette promesse. Sa surface, son volume sont proportionnels au potentiel accumulé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors, la littérature évoluera sans doute avec le numérique, mais sommes-nous vraiment prêts à renoncer à ces plaisirs anciens&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 19-11-2007&lt;/strong&gt; Voir, &lt;em&gt;a contrario&lt;/em&gt;, le lancement par Amazon de la prochaine version de tablette chez F. Pisani&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Livre 2.0: nous y sommes presque&lt;/em&gt;, &lt;a href=&quot;http://pisani.blog.lemonde.fr/2007/11/19/livre-20-nous-y-sommes-presque/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.
Voir aussi Lorcan Dempsey et les liens qu'il donne, &lt;a href=&quot;http://orweblog.oclc.org/archives/001493.html&quot; hreflang=&quot;eng&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;. Et plus de détails sur TechCrunch, &lt;a href=&quot;http://fr.techcrunch.com/2007/11/19/presentation-du-kindle-damazon-impressionnant-le-ebook-enfin-lance/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Âge et génération</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2007/08/06/287-age-et-generation</link>
        <guid isPermaLink="false">urn:md5:3e896a1a0e4d6dc8dfb53bc09c740583</guid>
        <pubDate>Mon, 06 Aug 2007 09:09:00 +0000</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>Socio</category>
                          <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                  <category>33. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre</category>
                <description>          &lt;p&gt;De nombreux indicateurs, de nombreuses études laissent penser qu’il existerait une rupture générationnelle dans les pratiques d’information entre ceux qui sont nés avant ou après la popularisation du numérique (v. par ex sur ce blogue&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2007/05/21/262-internet-a-l-ecole-ringard&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2006/12/01/130-generations-divergence-ou-compromis&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2006/10/12/91-jeune-media-ancien-media&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;là&lt;/a&gt;, même en &lt;a href=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2006/08/04/53-le-monopole-de-google&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Chine&lt;/a&gt;). L’article fondateur sur ce thème est sans doute celui de Marc Prensky (2001) au titre clair&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Digital Natives Digital Immigrants&lt;/em&gt; (Pdf&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.marcprensky.com/writing/Prensky%20-%20Digital%20Natives,%20Digital%20Immigrants%20-%20Part1.pdf&quot; hreflang=&quot;eng&quot;&gt;P1&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.marcprensky.com/writing/Prensky%20-%20Digital%20Natives,%20Digital%20Immigrants%20-%20Part2.pdf&quot; hreflang=&quot;eng&quot;&gt;P2&lt;/a&gt;). L'auteur y tire des conclusions radicales en prétendant que la nouvelle génération pense différemment que les précédentes. Même si je le suivrais assez dans son raisonnement, qui fait écho à une modernité nouvelle, il faut reconnaitre qu'il s'agit à ce stade de spéculations. Si on peut constater des pratiques culturelles et informationnelles différentes pour les jeunes nés avec le numérique, rien n'indique qu'elles perdureront avec l'âge.&lt;/p&gt;


&lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actu du 11-08-2007&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: Voir sur ce même thème le spectaculaire diaporama de René Barsolo de la Société des Arts Technologiques de Montréal (repéré grâce à &lt;a href=&quot;http://zeroseconde.blogspot.com/2007/06/chaque-generation-son-ecran.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Martin Lessard&lt;/a&gt;)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Barsalo René, &lt;em&gt;L'influence des nouvelles générations sur les communicateurs&lt;/em&gt;, Forum des communicateurs, Québec, 7 novembre 2006. &lt;a href=&quot;http://www.forumdc.gouv.qc.ca/journee06/presentationsConferenciers/Influence_nouvelles_generations_Rene_Barsalo.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Pdf&lt;/a&gt;, 3,2 Mo)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;et la &lt;a href=&quot;http://www.louves-online.com/articles.php?lng=fr&amp;amp;pg=104&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;traduction&lt;/a&gt; en français de l'article de M. Prensky repérée par JD Zeller dans les commentaires.&lt;/p&gt;


&lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;Nous avons, en effet, tendance trop souvent à confondre deux notions&amp;nbsp;: l’âge et la génération et cette confusion peut être source d’erreurs d’interprétation. Une bonne illustration de cette difficulté est ce tableau d’une étude de &lt;em&gt;Forrester Research&lt;/em&gt;, reproduit malheureusement sans autre précision de réalisation par &lt;em&gt;Business Week&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.businessweek.com/magazine/content/07_24/b4038405.htm&quot; hreflang=&quot;eng&quot;&gt;11-06-2007&lt;/a&gt;, repéré par &lt;a href=&quot;http://www.internetactu.net/?p=7203&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;InternetActu&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Who participates BW-11-06-07.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À supposer que les chiffres soient justes, sur quoi nous renseignent-ils&amp;nbsp;? Ils nous disent à coup sûr que les utilisateurs américains du Web 2.0 sont d’abord les moins de trente ans. Mais ils ne nous informent aucunement sur l’évolution des pratiques des individus avec l’âge. Il est impossible d’en conclure, sauf à spéculer, que les moins de trente ans d’aujourd’hui poursuivront leurs habitudes demain, ni même d'ailleurs que les jeunes de demain auront les mêmes pratiques. Après tout, le Web 2.0 sera peut-être, comme la sortie-cinéma, une pratique sociale simplement juvénile, ou, pire, un simple feu de paille oublié demain. Pourtant vivant dans le présent, nous avons naturellement tendance à considérer que la continuité des pratiques selon l'âge ou selon les générations va de soi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est pourquoi il faut marquer d’une pierre blanche la sortie de la lettre &lt;em&gt;culture et prospective&lt;/em&gt; du ministère de la Culture français intitulée «&amp;nbsp;Approche générationnelle des pratiques culturelles et médiatiques&amp;nbsp;» (&lt;a href=&quot;http://www2.culture.gouv.fr/deps/pdf/prospective/culture_prospective_2007-3.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;N3, juin 2007&lt;/a&gt;, Pdf). L’intérêt de la publication des chercheurs du Deps est double&amp;nbsp;: d’une part, elle expose et illustre clairement la différence entre l’effet de l’âge et celui de la génération, sachant qu’au fil du temps une même génération, réunie par son histoire commune, passera par tous les âges. D’autre part, à partir des statistiques des pratiques culturelles régulièrement collectées par le ministère (cinq enquêtes de 1973 à 2003), elle compare six générations et en tire quelques leçons importantes pour l’évolution des pratiques.
Le tout est synthétisé dans la matrice ci-dessous qui représente schématiquement les tendances des indicateurs de forte consommation culturelle par famille en croisant les effets de l’âge et celui des générations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/images/Culture Prospective 2007-3.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Chaque trait de couleur représente une génération. Le sens de la pente du trait indique si la pratique croît ou décroît avec l'âge dans la génération considérée. La hauteur relative du trait par rapport à un autre indique une pratique plus ou moins forte d'une génération sur l'autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On y constate que la lecture assidue de livres baisse à la fois avec l’âge et les générations, tandis que celle de la presse écrite ne se modifie pas avec l’âge qui passe, mais se raréfie à chaque génération nouvelle. À l’inverse, la pratique de la musique enregistrée s’accroit avec les générations montantes alors que les habitudes varient peu avec le vieillissement de chaque génération. La télévision, quant à elle, bénéficie d’un double effet positif, d’âge et de génération. On y lit clairement le passage d’une culture imprimée à une culture audiovisuelle.
Les statistiques du Ministère ne permettent pas encore de rendre compte de l’effet du numérique, et encore moins de la génération des &lt;em&gt;Digital natives&lt;/em&gt;, même si les auteurs proposent une réflexion prospective jusqu’en 2020, qui m’a moins convaincu que le reste de leur propos. La question ouverte à la suite du premier tableau de ce billet reste donc pour le moment sans réponse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’ajoute deux remarques, importantes pour la thématique de ce blogue, mais qui ne figurent pas dans la publication du ministère&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Il n’y a pas de relation mécanique entre la tendance positive ou négative des pratiques et la santé économique de la filière. Même si l’on peut interpréter ces tendances en termes de cycle de vie d'un produit, tout dépend de la capacité de valorisation mise en place par le jeu des acteurs. Le contraste entre la situation du livre et celle de la musique, dans le rapport valorisation/pratiques, est flagrant. Les acteurs de la première filière ne s’en sortent pas trop mal, malgré des indicateurs de pratiques calamiteux, tandis que les seconds plongent alors même que la pratique de la musique enregistrée ne cesse de croître. Ainsi, la stratégie est un élément fondamental, d’autant plus délicat à manier que le numérique change, de façon inédite à la fois les modes de valorisation et les pratiques.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L’histoire d’une génération est située. Même si la mondialisation, là comme ailleurs, tend à lisser les cultures, l’étude rend compte clairement de générations de Français. Il serait intéressant de pouvoir aussi comparer géographiquement les générations. Au Québec, par exemple, la génération qui a eu 20 ans pendant la Révolution tranquille est contemporaine de celle que les auteurs appellent «&amp;nbsp;Algérie&amp;nbsp;» faisant allusion à la guerre coloniale du même nom. Ces évènements ont, à coup sûr, marqué différemment chacune des générations d’un côté et de l’autre de l’Atlantique. Autre exemple, la question de l’immigration est peu comparable dans l’un ou l’autre pays. Ces histoires différentes ont-elles des conséquences sur les pratiques&amp;nbsp;? sans doute. mais jusqu'à quel point et quels facteurs agissent plus ou moins sur celles-ci&amp;nbsp;?&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description>
        
              </item>
          <item>
        <title>Livre, mots-clés</title>
        <link>http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/01/14/Livre--mots-cles</link>
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        <pubDate>Sat, 01 Apr 2006 20:18:00 -0500</pubDate>
        <dc:creator>Jean-Michel Salaun</dc:creator>
                  <category>General</category>
                          <category>0. INTRODUCTION - UNE APPROCHE DOCUMENTAIRE DU WEB</category>
                  <category>1. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE</category>
                  <category>11. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; L’affirmation d’un modèle</category>
                  <category>111. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; L’affirmation d’un modèle ; Un succès qui compte</category>
                  <category>112. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; L’affirmation d’un modèle ; Le partage</category>
                  <category>113. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; L’affirmation d’un modèle ; Le temps long</category>
                  <category>12. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée</category>
                  <category>121. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée ; Le retour sur investissement</category>
                  <category>122. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée ; La valeur ajoutée</category>
                  <category>123. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée ; Modèle bibliothéconomique</category>
                  <category>13. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques</category>
                  <category>131. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Collections numériques</category>
                  <category>132. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Recherche d’information</category>
                  <category>133. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Adaptations ou éclatement</category>
                  <category>2. LES MUTATIONS DU DOCUMENT</category>
                  <category>21. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot</category>
                  <category>211. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Un enregistrement</category>
                  <category>212. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; Des documens du Moyen Âge…</category>
                  <category>213. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire du mot ; ... aux documents de la révolution scientifique</category>
                  <category>22. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion</category>
                  <category>221. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion ; Auteurs et chercheurs</category>
                  <category>222. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion ; Bibliothécaires et documentalistes</category>
                  <category>223. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion ; Journalistes</category>
                  <category>224. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Petite histoire de la notion ; Philosophes-historiens-sociologues</category>
                  <category>23. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions</category>
                  <category>231. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Vu : forme</category>
                  <category>232. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Lu : texte</category>
                  <category>233. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Su : médium</category>
                  <category>234. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Intégration</category>
                  <category>235. LES MUTATIONS DU DOCUMENT ; Les trois dimensions ; Définition du document</category>
                  <category>3. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES</category>
                  <category>31. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau</category>
                  <category>312. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau ; Le document comme tête de réseau</category>
                  <category>313. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau ; Le Web</category>
                  <category>314. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau ; L’inversion du flux</category>
                  <category>315. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Renouveau ; Les trois dimensions du Web sémantique</category>
                  <category>32. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Le document au XXIe siècle</category>
                  <category>321. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Le document au XXIe siècle ; Vu : des sites multiformes</category>
                  <category>322. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Le document au XXIe siècle ; Lu : homothétie et néodocuments</category>
                  <category>323. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; Le document au XXIe siècle ; Su : la vérité est dans la trace</category>
                  <category>33. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre</category>
                  <category>331. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre ; Objectivité et réflexivité</category>
                  <category>332. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre ; De la neutralité</category>
                  <category>333. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre ; « Je » est un document</category>
                  <category>334. REINGENIERIES DOCUMENTAIRES ; D’une modernité à l’autre ; Économie de service</category>
                  <category>4. L’ECONOMIE DU DOCUMENT</category>
                  <category>41. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document</category>
                  <category>411. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Vu : édition</category>
                  <category>412. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Lu : Bibliothèque</category>
                  <category>413. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Les trois modèles de valorisation du document ; Su : spectacle-dialogue</category>
                  <category>42. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles</category>
                  <category>421. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; La gestion de l’attention</category>
                  <category>422. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; Le Web entre flot et bibliothèque</category>
                  <category>423. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; Immédiateté et mémoire</category>
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                  <category>5. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT</category>
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                  <category>6. CONCLUSION - ARCHITECTES ET ARCHITHEQUES</category>
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