Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün)

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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Mot-clé - 111. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; L’affirmation d’un modèle ; Un succès qui compte

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lundi 10 décembre 2012

Economie de la bibliothèque (COOPT-Enssib-3)

Après avoir repéré et assimilé les particularités économiques du document et avoir compris la logique de la mise en place de modèles économiques pérennes pour le document publié, la troisième séance du cours sur l'écologie du document sera consacrée à l'économie de la bibliothèque, logique puisque je m'adresse prioritairement à des étudiantes de l'Enssib. Elle s'articulera en deux moments : une présentation générale et une étude de cas.

Ci-dessous, on trouvera les éléments de la présentation générale qui propose deux points de vue opposés. Le premier prétend qu'il est quasi-impossible de mesurer la valeur économique d'une bibliothèque, tandis que le second présente, au contraire, quelques études qui cherchent à calculer leur "retour sur investissement".

L'étude de cas sera pour un autre billet.

L'incommensurable économie des bibliothèques

L'économie de la bibliothèque a été pendant longtemps la grande oubliée des économistes de la culture. J'ai essayé de faire le point dans le texte ci-dessous (certaines parties de ce texte ont été reprises dans le premier chapitre du livre Vu, lu, su). Comme pour les sept piliers de l'économie du document de la première séance, je vous suggère de l'annoter afin que nous avancions collectivement sur cette question.

La mesure du retour sur investissement

Récemment des études, issues du monde anglophone, ont cherché à calculer le retour sur investissement des bibliothèques. Ces études, souvent méconnues dans la francophonie, posent de bonnes questions, même si les réponses proposées ont des limites. Elles méritent d'être prises en compte et aussi d'être discutées. Là encore, les commentaires sont donc ouverts.

Pour aller plus loin, on peut suivre les références proposées en bibliographie dans les deux articles. Pour une relation avec des exemples pris dans l'actualité, cliquer sur les mots clés en haut de ce billet.

mercredi 17 novembre 2010

Rêver sa bibliothèque et réaliser ses rêves.. à Montréal

Qui a dit que les bibliothèques n'avaient plus d'avenir ? Sûrement pas un Québécois.

Après la Grande bibliothèque qui fêtait son cinquième anniversaire en avril dernier avec plus de 15 millions de visiteurs recensés (ici), après les bibliothèques publiques de Montréal qui dessinent la bibliothèque du XXIème siècle et défendent leur projet à la Mairie en septembre (), voici la direction des bibliothèques de mon université, l'Université de Montréal, qui lance une vaste consultation sur la bibliothèque idéale : après un sondage auquel 7000 personnes ont répondu, une mosaïque de questions et de suggestions sur un site web, une multitude de liens présentant les bonnes pratiques partout dans le monde, et chaque fois un forum ouvert pour recueillir les avis (ici, présentation de l'initiative ).

Je n'ose dire que Montréal est en train de devenir la capitale de la bibliothéconomie francophone, on m'accuserait de parti pris ! Je me contenterai donc de rappeler que les inscriptions à la maîtrise en sciences de l'information de l'EBSI démarrent dans un mois et demi...

jeudi 09 octobre 2008

Bibliothèques, emploi et crise

J'ai assisté ces derniers temps à plusieurs réunions sur l'avenir des institutions et des professions des bibliothèques et de l'information en Amérique du nord. Voici quelques impressions et réflexions sur le sujet.

Si l'on en croit Don W. King, professeur associé à l'École des sciences de l'information et des bibliothèques en Amérique du nord qui mène une enquête sur l'avenir des bibliothécaires sur le marché du travail aux États-Unis, les bibliothèques ont eu un développement très contrasté selon leur statut ces dernières années. Entre 2002 et 2007, le nombre de bibliothèques publiques a augmenté de 25%, le nombre de bibliothèques universitaires de 7,7%, tandis que le nombre de bibliothèques spécialisées a diminué de 12,2% (Pour mes lecteurs français : une «bibliothèque spécialisée» aux US n'a pas vraiment d'équivalent en France. Le plus proche serait sans doute un gros centre de documentation). On trouvera une présentation de l'étude pour les bibliothèques spécialisées sur un diaporama présenté au dernier congrès de la SLA le 16 juin dernier ici. L'étude de la fréquentation donne des tendances comparables avec une forte augmentation pour les bibliothèques publiques, une augmentation moins importantes pour les bibliothèques universitaires (en réalité une augmentation de la fréquentation des étudiants et une baisse des professeurs et des chercheurs) et une nette baisse de la fréquentation des bibliothèques spécialisées.

Le contraste est donc très fort entre une très bonne santé pour la lecture publique et une crise pour les bibliothèques spécialisées. La crise économique risque d'accentuer encore le fossé. En effet, l'augmentation de la fréquentation des bibliothèques publiques, traditionnelle aux US en temps de crise, est déjà sensible. Ces bibliothèques jouent un important rôle social et, tout simplement, le pouvoir d'achat diminuant les lecteurs préfèrent emprunter ou consulter qu'acheter. Inversement, les entreprises étant amenées à faire des économies, les demandes de documentation spécialisée ou tout simplement les centres de documentation dans les organisations vont se réduire et cette réduction sera encore accentuée par l'offre dans le cloud computing..

L'explication générale est sans doute une nouvelle fois à chercher du côté du numérique. La recherche spécialisée se fait aujourd'hui directement sur le Web. Cela ne signifie pas nécessairement une diminution de la demande de professionnels spécialisés mais à coup sûr une transformation de leurs fonctions et leurs statuts, à vrai dire un éclatement. Le vice-président des services d'information et bibliothécaire de Columbia University (NY) (son titre est déjà révélateur), James G. Neal, présente, par exemple ainsi ses futurs besoins :

Le diaporama complet est accessible ici.

L'opposition des deux tendances est source de tensions déjà sensibles dans les associations professionnelles et la formation. Ainsi l'ASIST, qui représente la partie plus «sciences de l'information» de la profession est tentée de construire son propre système d'agrément des formations pour concurrencer celui de l'ALA qui domine très largement en Amérique du nord. Déjà le mouvement des iSchools qui regroupe plusieurs grosses écoles nord-américaines a montré la voie. Son rêve est sans doute de bâtir un master en information sur le modèle du MBA en management.

Des provinces comme le Québec, quantitativement moins peuplées et où l'intégration des professions depuis les bibliothèques jusqu'aux archives en passant par la documentation et le numérique est effective depuis longtemps déjà, pourraient tirer leur épingle du jeu en se servant de ces tensions non comme une source de division, mais comme une émulation forte. C'est pourquoi l'EBSI a contacté les associations professionnelles et les principaux employeurs en vue de l'organisation d'États Généraux de la profession. Cette proposition a été très bien reçue, j'aurai l'occasion d'en reparler.

samedi 01 avril 2006

Livre, mots-clés

Les mots-clés renvoient aux billets du blogue correspondant aux différents chapitres, parties et sous-parties du livre.