Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün)

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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Mot-clé - 123. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; La valeur créée ; Modèle bibliothéconomique

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lundi 10 décembre 2012

Economie de la bibliothèque (COOPT-Enssib-3)

Après avoir repéré et assimilé les particularités économiques du document et avoir compris la logique de la mise en place de modèles économiques pérennes pour le document publié, la troisième séance du cours sur l'écologie du document sera consacrée à l'économie de la bibliothèque, logique puisque je m'adresse prioritairement à des étudiantes de l'Enssib. Elle s'articulera en deux moments : une présentation générale et une étude de cas.

Ci-dessous, on trouvera les éléments de la présentation générale qui propose deux points de vue opposés. Le premier prétend qu'il est quasi-impossible de mesurer la valeur économique d'une bibliothèque, tandis que le second présente, au contraire, quelques études qui cherchent à calculer leur "retour sur investissement".

L'étude de cas sera pour un autre billet.

L'incommensurable économie des bibliothèques

L'économie de la bibliothèque a été pendant longtemps la grande oubliée des économistes de la culture. J'ai essayé de faire le point dans le texte ci-dessous (certaines parties de ce texte ont été reprises dans le premier chapitre du livre Vu, lu, su). Comme pour les sept piliers de l'économie du document de la première séance, je vous suggère de l'annoter afin que nous avancions collectivement sur cette question.

La mesure du retour sur investissement

Récemment des études, issues du monde anglophone, ont cherché à calculer le retour sur investissement des bibliothèques. Ces études, souvent méconnues dans la francophonie, posent de bonnes questions, même si les réponses proposées ont des limites. Elles méritent d'être prises en compte et aussi d'être discutées. Là encore, les commentaires sont donc ouverts.

Pour aller plus loin, on peut suivre les références proposées en bibliographie dans les deux articles. Pour une relation avec des exemples pris dans l'actualité, cliquer sur les mots clés en haut de ce billet.

lundi 14 février 2011

L'impact des bibliothèques en temps de crise et de numérique

OCLC a publié un nouveau rapport sur la perception des bibliothèques qui actualise les résultats de 2005 (ici). Il est bourré d'informations, de chiffres et graphiques sur les avis et attitudes des Américains face à leur bibliothèque. La partie la plus intéressante à mon avis est l'analyse fine des perceptions des populations les plus touchées par la crise économique qui baissent leurs dépenses culturelles, mais augmentent leur fréquentation de la bibliothèque, à la fois pour leurs loisirs et pour les informations sociales qui y sont accessibles, notamment par l'accès libre à l'internet.

Voici quelques uns des résultats les plus significatifs :

  • La principale raison de l'augmentation de l'usage de la bibliothèque en 2010 est de faire des économies. Les dépenses de livres, CDs et DVDs ont baissé pour 76% de ceux pour lesquels la récession a eu un impact négatif sur le travail. La bibliothèque comble le fossé. 1/3 de cette population utilise plus la bibliothèque et 75% de ceux-là disent qu'ils empruntent maintenant des livres ou des CD plutôt que d'en acheter.
  • Les moteurs tiennent toujours le haut du pavé pour la recherche d'information. Mais les taux de satisfaction baissent pour tous les services de recherche en ligne. Le succès des moteurs ne tient pas seulement à leur rapidité mais aussi à leur fiabilité à fournir une information utile, crédible et gratuite.
  • Les réseaux sociaux concernent tous les âges.
  • Rester connecté est une priorité. Les consommateurs paient pour cela.
  • Les consommateurs d'information ont confiance dans leur capacité à trouver l'information. S'ils doutent, ils font d'autres recherches.
  • l'utilisation des services de questions à un expert a fort augmenté de 15% en 2005 à 43% en 2010. Mais les services de questions à un bibliothécaire (ask-a-librarian) n'ont pas décollé.
  • Le « livre » est plus que jamais l'image de marque de la bibliothèque. 69% le mettait en premier en 2005, 75% en 2010.
  • Pour les plus jeunes (14-17) la bibliothèque est d'abord un lieu pour lire, pour tous les autres c'est d'abord un lieu pour avoir des livres, de la vidéo et de la musique.
  • La préoccupation principale en 2005 était que les bibliothèques ajoutent du contenu, en 2010, c'est : ouvrez plus longtemps.
  • Moins de personnes recherchent de l'aide (68% en 2005, 51% en 2010).
  • La bibliothèque en ligne ne s'est pas substituée à la bibliothèque physique. Les usages de la bibliothèques ont fortement augmenté en 2010, pas les consultations des sites web de bibliothèques.
  • Seuls 17% des usagers pensent que les bibliothécaires font de la publicité pour leurs services.
  • Les usagers sont conscient de la valeur ajoutée par les bibliothécaires.

De quoi méditer, mais pas vraiment de quoi être pessimiste.

jeudi 29 avril 2010

Lire dans un écrin

Hier c'était le cinquième anniversaire de l'ouverture la Grande bibliothèque à Montréal qui vient de fêter son trois millionième visiteur annuel. La Grande bibliothèque est une des pièces maîtresses de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Une réussite incomparable. Tout est dit ici dans ces vidéos :

Anniversaire-BAnQ.jpg

Rien à ajouter sinon Bravo !

Deux petits commentaires :

Si la Grande bibliothèque est très ouverte sur le numérique, c'est avant tout une bibliothèque classique, dont le modèle est porté ici à son meilleur. Ainsi faut-il relativiser les discours de rupture qui foisonnent sur le web.

L'Ebsi, par l'augmentation des cohortes d'étudiants et la révision de ses programmes, entend bien, modestement et à sa place, participer au renouveau des professions de l'information où le Québec a, à l'évidence, son mot à dire.

jeudi 12 novembre 2009

Bibliothèques : le livre d'abord

À l'occasion du premier congrès des milieux documentaires du Québec qui se tient en ce moment à Montréal (ici), les résultats d'une importante enquête sur la perception des bibliothèques ont été présentés :

Table de concertation des bibliothèques québécoises, Perceptions et satisfaction des Québécois à l’égard des bibliothèques, Léger Marketing, juin 2009, 205p. Pdf

Il s'agit d'un sondage réalisé en mars dernier auprès d'un échantillon de 1 736 Québécois(es) âgés de 16 ans ou plus, comprenant le français ou l’anglais. L'objectif était d'évaluer les éléments suivants :

  • Les habitudes de fréquentation des bibliothèques québécoises
  • La perception des bibliothèques québécoises et de leur rôle
  • Les habitudes d’utilisation des services offerts par les bibliothèques
  • La satisfaction à l’égard des bibliothèques
  • Les comportements futurs et les pistes d’amélioration
  • Les comportements et les styles de vie de ceux qui fréquentent vs ceux qui ne fréquentent pas
  • Le profil sociodémographique de ceux qui fréquentent vs ceux qui ne fréquentent pas

Le résultat est présenté en plus de 150 tableaux déclinant les réponses selon les types de bibliothèques et selon les régions. Plein de leçons dont beaucoup feront leur miel, sachant que 43% des Québécois sont actuellement abonnés ou fréquentent une bibliothèque. Parmi eux, 82% ont fréquenté une bibliothèque publique au cours des 12 derniers mois, 15% ont fréquenté la Grande Bibliothèque, 14% une bibliothèque universitaire, 12% une bibliothèque scolaire et 7% une bibliothèque collégiale.

La plus importante leçon me parait être contenue dans l'articulation des trois tableaux ci-dessous.

Motiv-bib-Quebec.jpgMotivation-frequentation-bib-Quebec.jpgLeger-Enq-Quebec-1.jpg

Ainsi les Québécois viennent principalement à la bibliothèque (en réalité évidemment la bibliothèque publique) pour emprunter d'abord des romans. Mais, c'est sur internet qu'ils se renseignent sur les livres. Un partage des tâches clair qu'il a le mérite de nous rappeler que les services de bases restent solides.

lundi 11 août 2008

Grand public, initiés, bibliothécaires et bibliothèque numérique

En commentaire de mon billet d'hier (ici) JD Zeller signale une intéressante étude sur les premiers usages de la première maquette d'Europeana, celle réalisée par la BnF.

Noémie Lesquins, Europeana : rapport de bilan sur les usages et attentes des utilisateurs (Bibliothèque nationale de France, juin 7, 2007), ici.

Sans revenir sur la bibliothèque européenne, j'ai tiré de la conclusion ce tableau qui propose une segmentation rudimentaire, mais essentielle et clairement illustrée des attentes des différents publics pour une bibliothèque numérique patrimoniale. On retrouvera avec intérêt la trilogie pédauquienne, le livre comme : objet, texte, médium (voir par ex ).

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