Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün)

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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Mot-clé - 13. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques

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lundi 10 décembre 2012

Economie de la bibliothèque (COOPT-Enssib-3)

Après avoir repéré et assimilé les particularités économiques du document et avoir compris la logique de la mise en place de modèles économiques pérennes pour le document publié, la troisième séance du cours sur l'écologie du document sera consacrée à l'économie de la bibliothèque, logique puisque je m'adresse prioritairement à des étudiantes de l'Enssib. Elle s'articulera en deux moments : une présentation générale et une étude de cas.

Ci-dessous, on trouvera les éléments de la présentation générale qui propose deux points de vue opposés. Le premier prétend qu'il est quasi-impossible de mesurer la valeur économique d'une bibliothèque, tandis que le second présente, au contraire, quelques études qui cherchent à calculer leur "retour sur investissement".

L'étude de cas sera pour un autre billet.

L'incommensurable économie des bibliothèques

L'économie de la bibliothèque a été pendant longtemps la grande oubliée des économistes de la culture. J'ai essayé de faire le point dans le texte ci-dessous (certaines parties de ce texte ont été reprises dans le premier chapitre du livre Vu, lu, su). Comme pour les sept piliers de l'économie du document de la première séance, je vous suggère de l'annoter afin que nous avancions collectivement sur cette question.

La mesure du retour sur investissement

Récemment des études, issues du monde anglophone, ont cherché à calculer le retour sur investissement des bibliothèques. Ces études, souvent méconnues dans la francophonie, posent de bonnes questions, même si les réponses proposées ont des limites. Elles méritent d'être prises en compte et aussi d'être discutées. Là encore, les commentaires sont donc ouverts.

Pour aller plus loin, on peut suivre les références proposées en bibliographie dans les deux articles. Pour une relation avec des exemples pris dans l'actualité, cliquer sur les mots clés en haut de ce billet.

jeudi 01 novembre 2007

Web-média : logiques publiques vs intérêts commerciaux

Je n'ai pas beaucoup de temps pour développer, mais plusieurs billets, études et analyses récents méritent d'être cités, car ils montrent que les logiques publiques et commerciales cherchent leurs marques pour structurer le Web-média :

  • du côté des logiques publiques, par exemple :
    • Le rapport de l'OCLC Sharing, Privacy and Trust in Our Networked World, 280p. Pdf, qui exhorte les bibliothèques à prendre toute leur place sur le Web 2.0.
    • Les hésitations des bibliothèques face aux sirènes de Google Books. Voir le billet du BBF.
    • Ou, plus ambitieuse, mais non encore assumée par les autorités gouvernementales, la proposition déjà signalée de stratégie canadienne sur l'information numérique, ici.
  • Du côté des logiques commerciales :
    • La stratégie de Google sur les standards ouverts et leur relation avec la publicité. On lira à ce sujet deux billets très éclairants, l'un de Olivier Ertzscheid, l'autre de Jean-Marie Le Ray. Il ne faut donc pas confondre standard ouvert et recherche ou non du profit. Dans certains cas les problématiques se contredisent, dans d'autres elles marchent ensemble. Tout dépend du contexte et de la stratégie. La volonté de Google en faisant ce choix me parait double : fluidifier le Web pour augmenter le trafic global (et donc valoriser le leader sur le marché publicitaire) et fragiliser son concurrent potentiel Microsoft, le seul à pouvoir le contrer en terme de puissance financière. Actu du 04-10-2007 : à complèter et actualiser avec ce long, très fouillé et nouveau billet d'Olivier.
    • L'évolution explosive du marché publicitaire en ligne. Voir le billet de D. Durand à ce sujet.
    • Ou encore, la difficulté à valoriser des contenus sur Internet. Les remarques d'E. Parody sur les revenus ridicules générés par DailyMotion pour les producteurs de vidéos sont particulièrement éclairantes.

De plus en plus clairement, mais non sans hésitation, le Web-média se construit entre le modèle télévisuel et le modèle bibliothéconomique et il semble bien que son économie sera mixte.

lundi 15 octobre 2007

Trois questions de B. Calenge sur le modèle bibliothéconomique

Bertrand Calenge, responsable de la prospective à la Bibliothèque municipale de Lyon, a posé dans le commentaire d'un précédent billet les trois questions ci-dessous. J'esquisse une première réponse, mais les questions s'adressent à tous les lecteurs de ce blogue. Alors n'hésitez pas à ajouter vos commentaires. Rappel du commentaire de Bertrand :

J'ai été très intéressé par les approches des différents médias (?) de diffusion ou d'appropriation des informations jugées utiles par leurs destinataires. Le modèle du polygone de l'appropriation de la mémoire, cité dans un des liens m'a conduit à réfléchir...

La différenciation des modèles économiques entre presse, édition, Toile et bibliothèque me semble très pertinente, mais non tant par sa version économique que par sa version culturelle. Étant bibliothécaire, l'étude des déplacements de points de vue m'intéresse dans la mesure où elle peut conduire à une action concrète. Or, j'ai pu constater dans l'établissement où je travaille, que la mise en oeuvre de nouveaux produits ou services ( le Guichet du Savoir (ici) puis le magazine Points d'actu ! () se heurtait non tant à une réticence gestionnaire ou - encore moins - à une réticence d'usage de la part des internautes, mais à des incompréhensions diverses - internes comme externes - de la part des bibliothécaires eux-mêmes.

Les réticences (et c'est tout le mérite des modèles que tu proposes) tiennent sans doute à une non-conformité de ces outils-services aux modes d'organisation fonctionnelle des bibliothèques : s'inscrire dans le 'lac' des savoirs comme pêcheur au gré des demandes (Guichet du Savoir), ou construire en fait un point de vue journalistico-éditorial sur des flots d'actualité, cela ne rentre pas dans le modèle que tu donnes de la bibliothèque. D'où deux questions livrées à toi et aux autres :

  1. à force de se fixer sur le "modèle" bibliothèque, ne risque-t-on pas de figer tant les bibliothécaires que leurs publics dans une fonction unique ?
  2. et la deuxième question explique la première : la BM de Lyon, selon ton modèle, s'égare avec les produits qu'elle a mis en oeuvre (cités plus haut) ; la bibliothèque (réelle et non modèle économique) ne peut-elle d'une part déplacer son objectif sur d'autres objectifs que la constitution-gestion d'une collection vivante ? Si l' "institution collective" bibliothèque s'intéresse d'abord à sa population (présente et à venir), ne peut-elle combiner plusieurs axes d'approches non exclusifs les uns des autres ?
  3. Et dans ce cas, comment un modèle économique du service public (pour autant que son action remporte les suffrages de la collectivité et des instances de tutelle, donc trouve d'une façon ou d'une autre les moyens de son financement à l'intention du plus grand nombre), s'inscrit-il dans ces questions d'accès, de diffusion, de polygone.... ?

Voici mes premiers éléments de réponse :

  1. Il y a deux mouvements en cours qui se concurrencent parfois. L'un sur la base de l'ordre documentaire traditionnel tend à renforcer le pentagone. Dans celui-ci, le Web-média trouve sa place entre TV et bibliothèque. L'autre, qui relève plutôt d'une redocumentarisation, fait exploser l'ordre en question en faisant muter son unité de base : le document. Dans ces changements, les frontières entre les métiers traditionnels évoluent. L'édition, quand elle passe réellement au numérique, construit des collections (au sens bibliothéconomique). La bibliothèque numérique emprunte, par exemple, à l'archivistique (en collectant des documents uniques issus de l'organisation) et à l'édition (en publiant). Il serait donc imprudent pour les bibliothécaires de s'enfermer dans une conception traditionnelle de leur métier, d'autant que d'autres, et de très gros, se sont donnés la même vocation. Cela pose, bien entendu, aussi la question de la formation.
  2. Donc la réponse de principe est oui, il est nécessaire de diversifier les services, d'autant que la relation à l'information se modifie très rapidement avec la redocumentarisation. Ensuite c'est une question de stratégie au sens marketing. Tout dépend du positionnement particulier de la bibliothèque en question dans sa collectivité. Je n'ai pas étudié de près celui de la BM de Lyon, mais on peut penser que compte tenu de sa taille, de sa tradition d'innovation, elle peut être ambitieuse et innovatrice dans les services à ouvrir. L'objectif est d'avoir un portefeuille de services qui dynamise la bibliothèque sans la dénaturer. Les services de bases restent et font le principal de l'activité, mais des services-vedettes, ou même ce qu'on appelle des dilemmes (car on n'est pas sûr de leur réussite) tirent la bibliothèque vers la modernité. Il ne faut évidemment pas que ces services soient confinés dans le modèle traditionnel. Je ne saurais répondre sur les deux exemples donnés. Il me faudrait les étudier plus précisément.
  3. Cette troisième question est la plus difficile, mais à mes yeux la plus importante. J'aurai deux réponses complémentaires, une locale et une globale. Une bibliothèque municipale a, comme son nom l'indique, vocation à servir une population locale. Mais le Web et l'internet, comme leur nom l'indique aussi, ne sont pas localisés. Il pourrait dès lors y avoir une contradiction : pourquoi une ville financerait-elle un service planétaire ? La réponse locale me paraît être la promotion de la ville. Plus un service est apprécié au delà de ses murs, plus l'image de la ville en bénéficie avec toutes les retombées possibles. Là encore, il s'agit d'une question de marketing. Pour les bibliothèques la stratégie est toujours double : en direction de son public et en direction de ses tutelles. En l'occurrence, il faut que l'élargissement du public par la valeur ajoutée du service proposé bénéficie à la ville. La seconde partie de ma réponse sera globale. Il est très important qu'une part des services développés sur le Web gardent une vocation de service public (au sens de leur financement). Cette importance est d'autant plus grande que le dit Web 2.0 tend à instrumentaliser à des fins mercantiles la mutualisation, le don, l'amitié, les échanges privés, etc. Aujourd'hui les bibliothèques, avec par ailleurs Wikipédia (et c'est une des raisons pour laquelle l'encyclopédie doit être défendue), sont parmi les rares acteurs à œuvrer sans ambigüités en ce sens. Ainsi, même s'il est parfois difficile de savoir quel service développer, il est très important que les bibliothèques prennent des initiatives ambitieuses sur le Web. Cela devrait faire partie de leur mission.

vendredi 28 septembre 2007

Quand la bibliothèque s'efface..

Si le jeu Clue devait se moderniser, le colonel Moutarde n'effectuerait plus sa sinistre besogne dans la bibliothèque. Il tuerait plutôt sa victime dans la salle d'ordinateur, quelque part entre l'imprimante et les haut-parleurs du iPod.

Ainsi commence un article de Cyberpresse qui constate qu'il y a de moins en moins de maisons privées disposant d'une pièce réservée à la bibliothèque au Québec, alors qu'autrefois il s'agissait d'un signe de distinction. (repéré par Bibliothécaire). L'article se conclut par la remarque optimiste d'un observateur :

«Il y a plusieurs facteurs qui expliquent que les propriétaires d'aujourd'hui ne consacrent plus de pièce fermée à la lecture, avance-t-il. Un des plus important est la disponibilité des livres aujourd'hui. Il y a 100 ans, le clergé mettait plusieurs livres à l'index, et nous n'avions pas autant de bibliothèques publiques qu'aujourd'hui. Les livres étaient précieux, et plus rares, donc les riches intellectuels les conservaient et les collectionnaient. Aujourd'hui, ils circulent plus.»

Peut-être, mais dans une réunion récente en France, un responsable en charge de la construction d'une école prestigieuse d'enseignement supérieur confiait qu'il y a dix ans il mettait sans hésiter la bibliothèque au centre de l'édifice.. et qu'aujourd'hui il ne savait plus très bien quel espace lui consacrer. L'information sera accessible partout dans le bâtiment par le réseau.

samedi 01 avril 2006

Livre, mots-clés

Les mots-clés renvoient aux billets du blogue correspondant aux différents chapitres, parties et sous-parties du livre.