Bloc-notes de Jean-Michel Salaün

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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Mot-clé - 133. AU COMMENCEMENT - LA BIBLIOTHEQUE ; Externalisations numériques ; Adaptations ou éclatement

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jeudi 08 mars 2012

Copy party et fin de parenthèse Gutenberg

L'avenir dira si le 7 mars 2012 restera comme une date importante dans l'histoire des bibliothèques françaises, mais ce qui est sûr c'est que la copy party imaginée par Silvère Mercier, Lionel Maurel et Olivier Ertzscheid à la bibliothèque universitaire de La Roche-sur-Yon a été un succès par sa tenue, son déroulement et plus encore par l'écho qu'elle a suscité dans les médias.

Il faut en féliciter les promoteurs et les remercier d'avoir montré par l'exemple et l'action que la parenthèse Gutenberg était bien en train de se refermer et que les bibliothèques, comme elles l'ont toujours fait dans l'histoire, avaient un rôle à jouer dans ce mouvement sans le subir ni s'y laisser enfermer, en laissant croire que l'interprétation étroite des uns du droit de la propriété intellectuelle était l'alpha et l'oméga, ou en courant sans réfléchir derrière les propositions numériques chatoyantes, mais verrouillantes des autres.

Avant l'arrivée de l'imprimerie, les bibliothèques étaient un lieu de conservation et de consultation des documents tout autant qu’un lieu de leur production. La copie était nécessitée par la fragilité des supports qu’il fallait renouveler et par la volonté de diffuser les documents. L'imprimerie à caractères mobiles a externalisé la production des documents et cette fonction a échappé aux bibliothèques qui se sont recentrées alors sur la collecte et la classification de documents dont le nombre explosait et dont la distribution s'éclatait. Puis avec le développement des médias et la montée de l'instruction publique, elles se sont largement ouvertes pour devenir un instrument de promotion sociale et culturelle tournées vers un large public.

Aujourd'hui une nouvelle page de leur histoire est en train de s'écrire. Silvère Mercier, Lionel Maurel et Olivier Ertzscheid en y inscrivant copy party ont suggéré une entrée stimulante qui a le mérite de maintenir la bibliothèque dans sa tradition de média du temps long, du partage, qui retire le document du circuit commercial pour le proposer à ses lecteurs, tout en l'inscrivant dans les développements du numérique à partir de la lecture et non de la diffusion. Ce n'est sûrement pas la seule piste à suivre, mais elle a le mérite supplémentaire de redonner l'initiative aux bibliothécaires. Souhaitons que ces premiers mots soient aussi le départ d'une pensée renouvelée de la profession.

mardi 18 octobre 2011

Bibliothèque et architecture de l'information

Voilà une esquisse de Marie Martel sur la bibliothèque comme projet qui entre tout à fait dans la perspective du Master sur l'architecture de l'information que nous sommes en train de monter à l'ENS-Lyon avec la collaboration de Montréal.

Espace-media-Marie-Martel.jpg

Cliquer sur l'image pour l'animation.

Actu 21 novembre 2011

À compléter avec cette présentation de Vincent Audette-Chapdelaine.

lundi 07 mars 2011

Bibliothèques publiques et développement local

Sans doute on aurait du mal à trouver l'équivalent dans le monde francophone où l'articulation de la culture avec l'économie est souvent considérée comme un blasphème. Et pourtant..

Un rapport américain, intitulé Making Cities Stronger: Public Library Contributions to Local Economic Development (ici), publié en 2007 apporte un éclairage intéressant sur la contribution des bibliothèques publiques des villes américaines au développement local. Il souligne quatre apports essentiels :

  1. Les services de lecture pour les jeunes qui sont le premier maillon d’une chaîne d’investissements indispensables pour construire une force de travail éduquée qui assurera une compétitivité locale dans l’industrie de la connaissance.
  2. Les ressources sur l’emploi et les carrières préparent les travailleurs aux nouvelles technologies. Grâce à leurs ordinateurs en accès libre, les bibliothèques sont le premier point d’entrée aux nouvelles technologies pour nombre d’usagers. Maintenant que la recherche d’emploi se fait en ligne, les bibliothèques se sont organisées, souvent en collaboration avec les agences locales, pour fournir des formations aux nouvelles technologies.
  3. Des ressources et des programmes pour les petites entreprises pour abaisser les barrières à l’entrée sur les marchés. Une des plus grandes difficultés classiques des petites entreprises est l’accès courant et clair aux données sur les produits, les fournisseurs et le financement. Les bibliothèques sont un point d’entrée permanent pour ces bases de données maintenant en ligne.
  4. Les bibliothèques, comme lieu, servent de catalyse pour le développement local. Par leur fréquentation importante, les bibliothèques animent des zones de chalandise.

Le rapport conclut (trad JMS) que les bibliothèques publiques sont bien placées pour alimenter non seulement la nouvelle, mais aussi la prochaine économie par leur rôle dans la construction des compétences technologiques, l’activité entrepreneuriale et leurs lieux vivants et accueillants. La combinaison entre un rôle plus important dans les stratégies de développement économique et leur omniprésence – 16.000 antennes dans plus de 9.000 systèmes – fait des bibliothèques publiques des outils stables et puissants pour les villes qui cherchent à construire une économie solide et résistante. (p.3)

Pour avancer dans ces directions le rapport propose aussi des outils d'analyse stratégique.

jeudi 13 mai 2010

«La pierre angulaire de la ville de savoir»

La ville de Montréal vient de publier un document-manifeste d'une trentaine de pages sur la Bibliothèque du XXIème siècle. C'est un document étonnant, constat, projet et même rêve, dans sa formulation à la fois analytique, précise, prospective et lyrique qui positionne la bibliothèque publique au centre des enjeux éducatifs, culturels et sociaux de la ville de demain.

Clairement Montréal, après avoir fêté les 5 ans de la très grande bibliothèque (ici), aime ses bibliothèques et a pris la mesure de leur impact sur le développement urbain. Ci-dessous la page de conclusion.

Bib-XXI-Montreal.jpg

L'étude sera présentée à la Commission permanente sur le développement culturel et la qualité du milieu de vie en séance publique le 3 juin à 19h à l'Hotel de ville ().

L'EBSI participe à cet élan, des nouvelles prochainement à ce sujet.

jeudi 12 novembre 2009

Bibliothèques : le livre d'abord

À l'occasion du premier congrès des milieux documentaires du Québec qui se tient en ce moment à Montréal (ici), les résultats d'une importante enquête sur la perception des bibliothèques ont été présentés :

Table de concertation des bibliothèques québécoises, Perceptions et satisfaction des Québécois à l’égard des bibliothèques, Léger Marketing, juin 2009, 205p. Pdf

Il s'agit d'un sondage réalisé en mars dernier auprès d'un échantillon de 1 736 Québécois(es) âgés de 16 ans ou plus, comprenant le français ou l’anglais. L'objectif était d'évaluer les éléments suivants :

  • Les habitudes de fréquentation des bibliothèques québécoises
  • La perception des bibliothèques québécoises et de leur rôle
  • Les habitudes d’utilisation des services offerts par les bibliothèques
  • La satisfaction à l’égard des bibliothèques
  • Les comportements futurs et les pistes d’amélioration
  • Les comportements et les styles de vie de ceux qui fréquentent vs ceux qui ne fréquentent pas
  • Le profil sociodémographique de ceux qui fréquentent vs ceux qui ne fréquentent pas

Le résultat est présenté en plus de 150 tableaux déclinant les réponses selon les types de bibliothèques et selon les régions. Plein de leçons dont beaucoup feront leur miel, sachant que 43% des Québécois sont actuellement abonnés ou fréquentent une bibliothèque. Parmi eux, 82% ont fréquenté une bibliothèque publique au cours des 12 derniers mois, 15% ont fréquenté la Grande Bibliothèque, 14% une bibliothèque universitaire, 12% une bibliothèque scolaire et 7% une bibliothèque collégiale.

La plus importante leçon me parait être contenue dans l'articulation des trois tableaux ci-dessous.

Motiv-bib-Quebec.jpgMotivation-frequentation-bib-Quebec.jpgLeger-Enq-Quebec-1.jpg

Ainsi les Québécois viennent principalement à la bibliothèque (en réalité évidemment la bibliothèque publique) pour emprunter d'abord des romans. Mais, c'est sur internet qu'ils se renseignent sur les livres. Un partage des tâches clair qu'il a le mérite de nous rappeler que les services de bases restent solides.

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