Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün)

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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Mot-clé - 421. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; La gestion de l’attention

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vendredi 03 octobre 2008

Quel auditoire pour la conférence d'Hervé ?

Suite à mon dernier billet (ici), plusieurs commentateurs ont fait des suggestions pour la mise en ligne de la conférence de Hervé Le Crosnier. Je voudrais d'abord les remercier, leur indiquer que le service informatique de l'EBSI avait déjà étudié ces possibilités, et aussi les rassurer. La conférence est, en effet, maintenant en ligne et vous pouvez la consulter :

Hervé Le Crosnier Web-Documents, réseaux sociaux et extraction sémantique : de la conversation à la bibliothèque, conférence donnée à l'école de bibliothéconomie et des sciences de l'information le 11 septembre 2008 ici. (message perso aux étudiants du cours : ne vous précipitez pas sur le visionnement, il est au programme dans 15 jours..)

En réalité le problème n'était pas tant de trouver une alternative externe pour diffuser la conférence, il en a plusieurs en effet, que de s'interroger sur l'opportunité et les conséquences d'un tel choix. Ce petit épisode nous a fait bien réfléchir. Et je crois qu'il y a deux dimensions à la réponse, une politique ou stratégique et une autre tactique.

La première a été soulignée par le commentaire de Hervé au billet précédent. Les universités (individuellement ou en coopération) doivent-elles abandonner la maitrise de la diffusion des savoirs ? À la réflexion, cette question est relative. On n'a pas attendu le numérique, loin de là, pour confier cette diffusion à des opérateurs privés, à commencer par les éditeurs de livres, qui mutadis mutandis ne font pas vraiment dans ce qu'on appelle aujourd'hui l'accès ouvert. Pourquoi en serait-il différemment sur un autre support ? Sans doute, la problématique est plus profonde, parce que les positions industrielles sont très puissantes et parce qu'elle dépasse la simple diffusion. Mais, il s'agit alors de bien autre chose que la question première de la mise en ligne d'une conférence.

La seconde dimension est plus tactique et, dans ce cas précis pour moi au moins, plus intéressante. Aller à la facilité en externalisant la diffusion de la conférence, c'est ne pas réfléchir à la réalité de notre objectif. Il ne s'agit pas de maitriser le système de diffusion, mais de maitriser la relation avec notre cible ou le contact avec ceux qui vont visionner la conférence. Déposer la vidéo sur YouTube, par exemple, aurait sûrement fortement élargi son audience, mais est-ce vraiment ce que nous souhaitons ? Pas sûr. Il est parfois préférable de toucher un auditoire plus restreint pour être mieux compris et mieux entendu. Il est aussi préférable de garder le lien étroit entre l'EBSI et la conférence. Nous ne cherchons pas à rivaliser avec les médias de masse, chacun sa mission. Nous n'avons pas non plus les moyens de gérer une trop large notoriété.

J'ai un peu la même attitude avec ce blogue. Sans doute je suis content s'il a du succès et s'il est lu en particulier par des lecteurs que je ne connais pas ou pas encore, mais pas trop. Je préfère un lectorat quantitativement modeste, mais de qualité. Je ne serai pas capable de gérer un vaste auditoire et la parole débridée qui l'accompagne. C'est pourquoi je reste très parcimonieux sur les référencements. Je n'ai pas dans les bandeaux de tous côtés toute la quincaillerie des blogueurs geeks, je ne suis pas sur les réseaux sociaux, ni abonné à twitter, etc.

C'est tout le paradoxe de proposer des documents «dans le ciel» comme dirait S. Harnad. Tout le monde peut les lire. Mais ici l'objectif n'est pas que tout le monde les lise, mais plutôt que les quelques individus dispersés, peut-être inconnus, intéressants et intéressés à ces sujets, puissent les lire et qu'ainsi ils entrent en contact avec nous. Alors, je crois qu'il est plus efficace de garder la maîtrise de ces outils, même si l'on se prive d'une expérimentation des soubresauts du Web2.0.

H. Simon parle des limites de l'attention. Celles-ci valent dans les deux sens, pour le destinataire, mais aussi pour l'émetteur. Et je crois que la meilleure politique, c'est de connaitre ses limites pour exploiter au mieux ses potentialités. C'est plus difficile quand apparemment les barrières tombent.

Belle mise en abîme en tous cas avec le sujet de la conférence de Hervé !

mardi 16 septembre 2008

Les journaux sous la coupe de Google

La World association of Newspapers a diffusé un communiqué alarmiste sur l'accord publicitaire Yahoo!-Google. Il mérite d'être lu en entier. En dénonçant l'accord, il montre clairement combien Google a réussi à vassaliser la presse par la captation de l'attention via la recherche vs la diffusion.

WAN Communiqué sur la proposition d’accord Google-Yahoo, 15 septembre 2008, ici.

Extraits :

(..) Il convient de souligner que la plupart des 18.000 journaux membres de l’AMJ sont, en fait, des clients réguliers de Google (et, dans une moindre mesure, de Yahoo). Ces éditeurs dépendent de Google (et de Yahoo) pour une grande partie de leurs recettes publicitaires en ligne et s’appuient sur les moteurs de recherche respectifs de chacune de ces sociétés (à la fois les résultats de leurs référencements naturels et de leurs référencements payants) pour stimuler le trafic vers leurs sites web. Jusqu’alors, la concurrence entre ces deux entreprises constituait un frein à tout abus potentiel sur le marché, et contribuait à assurer aux éditeurs et aux générateurs de contenu un rendement équitable sur leur contenu. (..)

“L’accord proposé affaiblira inévitablement Yahoo dans sa concurrence avec Google pour ces contrats,” a déclaré l’AMJ. “Les annonceurs migreront de plus en plus vers Google car ils constateront qu’ils gagnent moins s’ils font appel à Yahoo. Yahoo aura donc moins d’annonces propres à proposer et sera donc en moins bonne position pour offrir un meilleur accord que Google. Ce problème s’accentuera avec le temps car Google - en affichant ainsi sa véritable intention - a refusé de permettre à Yahoo de présenter les annonces de Google sur les sites web des nouveaux partenaires éditeurs qu’il acquerra après la finalisation de cet accord. En d’autres termes, Google a imposé à Yahoo une condition qui l’empêche d’exploiter une des dernières opportunités qui lui reste de concurrencer Google. (..)

En ce qui concerne les référencements payants, l’accord porte essentiellement sur un accord de fixation des prix. Aujourd’hui, Google fait payer généralement davantage que Yahoo pour le même lien sponsorisé - entre 20% et 35% de plus en moyenne, selon les estimations de l’industrie. C’est pourquoi les journaux qui achètent aujourd’hui des liens sponsorisés à Yahoo pour attirer des lecteurs seront obligés dans l’avenir d’acheter ces mêmes liens à Google - sauf qu’ils paieront plus cher. En effet, une récente étude a révélé que les prix sur Yahoo augmenteront de 22% en moyenne aux termes de cet accord. (..)

Cet accord pose également une menace à plus long terme en affectant la capacité des journaux à attirer des lecteurs à travers le référencement naturel. Aujourd’hui, la concurrence entre les moteurs de recherche les empêche de manipuler les résultats de la recherche. (..)

Le résultat est que cet accord obligera les journaux à devenir encore plus dépendants de Google qu’ils le sont aujourd’hui. En permettant à Google de contrôler jusqu’à 90% du marché de la publicité par référencement naturel et par annonces contextuelles, Google exercera un énorme pouvoir, aussi bien sur la capacité des journaux à atteindre les lecteurs que sur leur capacité à générer des revenus publicitaires en ligne. A l’exception de certains médias d’Etat, jamais dans l’histoire de l’édition une seule entreprise n’a menacé d’exercer un tel contrôle sur la destinée de la presse.

Il est particulièrement inquiétant que cette consolidation de pouvoir intervient au moment même où Google adopte des positions de plus en plus hostiles vis-à-vis des journaux et des autres concepteurs de contenus. Google possède déjà plusieurs sites de contenus qui concurrencent directement le contenu développé par les journaux et les autres créateurs - souvent en copiant simplement le contenu des autres sans autorisation. (..)

Complément du 1 octobre 2008

Les blogueurs français de ce petit monde s'interrogent beaucoup sur l'avenir de la presse. On peut démarrer une navigation par l'analyse d'E. Parody et suivre les liens :

Emmanuel Parody, “Des Etats généraux de la presse pour qui? ,” ecosphere, Octobre 1, 2008, ici.

samedi 30 août 2008

Temps libre.. et amnésie

La fondation Edge, dont l'objectif est de favoriser le débat intellectuel aux USA, a mis en ligne une conférence de Clark Shirky prononcée à Web 2.0 expo en avril dernier.

Clay Shirky, “Edge: GIN, TELEVISION, AND COGNITIVE SURPLUS,” dans (présenté au Web 2.0 Expo, San Francisco, 2008), ici.

Voici un extrait (trad JMS) qui en résume bien le propos :

A l'issue de la deuxième guerre mondiale, une foule de facteurs, comme la hausse du PIB, la hausse du niveau de scolarité et du niveau de vie, a forcé le monde industrialisé à prendre en compte quelque chose de nouveau : le temps libre. Beaucoup et beaucoup de temps libre. La taille agrégée de temps non organisé parmi la population éduquée a enflé, jusqu'à représenter des milliards d'heures par an. Et que nous faisions de ce temps là ? En général, nous regardions la télévision.

Tout d'abord, la société ne savait pas réellement quoi faire avec ce surplus (c'est ce qui en faisait un surplus). Alors nous avons du trouver quelque chose à faire avec ce soudain excédent d'heure de reste. Les séries TV ont été notre Gin, une réponse toute faite à la crise du temps libre. La télévision est devenu un travail à mi-temps pour la plupart des citoyens du monde industrialisé. à une moyenne de 20h par semaine, chaque semaine, pendant des dizaines d'années.

Aujourd'hui donc, pour la première fois de son histoire, les jeunes regardent moins la télévision que leurs ainés, et la raison de ce déclin est la concurrence du partage du temps libre avec un média qui autorise une participation sociale active, pas simplement une consommation passive et individuelle.

La valeur dans le média ne vient plus des sources, mais du flux; lorsque nous mettons ensemble nos surplus cognitifs, cela créé une valeur qui n'existe pas quand nous opérons seuls. Le déplacement de l'audience télévisuelle vient de personnes qui utilisent leur temps pour fabriquer des choses et de faire les chose, parfois seuls, parfois ensemble, et de partager ces choses avec d'autres.

La thèse est séduisante, et elle a visiblement séduit si l'on en croit son écho. Pourtant elle est, sinon complètement fausse du moins largement simpliste. Et surtout, comme c'est malheureusement courant chez les analystes actuels du numérique, persuadés que le Web fait table rase du passé et passablement agaçants, elle oublie de se demander si, par hasard, il n'y aurait pas eu des recherches sur ces questions par le passé. Or, il y en a eu, beaucoup et pas des moindres.

Le plus célèbre, peut être, des sociologues à avoir travailler sur le temps libre est Français : Joffre Dumazedier, mort il y a peu en 2002. Voici des extraits d'une conférence qu'il a donné dans un colloque en son honneur :

Il me faut rappeler tout d'abord l'énorme malentendu qui a accueilli mon livre de 1962 : va-t-on «Vers une civilisation du loisir?». La plupart des commentaires ont oublié le point d'interrogation pour traduire que nous sommes déjà dans une civilisation du loisir. Je n'ai jamais écrit cela. (..)

Ce livre a eu curieusement un grand succès fondé probablement sur un malentendu. Il a été tiré à environ un million d'exemplaires aux éditions du Seuil. (..)

C'est pourquoi j'ai abandonné provisoirement les problèmes d'une civilisation du loisir pour tenter de révéler d'abord les dimensions culturelles au sens anthropologique du temps libre dominé à plus de 80% par un loisir d'expression de soi.

C'est en 1988 que j'ai décidé de rassembler différents faits sociaux et statistiques autour de «La révolution culturelle du temps libre». C'était pour démontrer, révéler comment les valeurs et contre-valeurs du loisir en tant que temps social dominant du temps gagné sur le travail, changeait notre culture quotidienne au sens anthropologique du terme : une foule d'activités autrefois réprimées par la convenance, la politesse ou la loi, osaient s'exprimer dans ce que certains appelaient «une société permissive» qui aurait été, pour eux, l'expression d'un «individualisme» destructeur du lien social. C'était, pour la sociologie du loisir, une interprétation parfois fondée mais c'était aussi oublier que nous assistions à une promotion sociale du sujet lui-même, de son individualité, dotée d'une nouvelle légitimité sociale. Cette promotion sociale oblige les institutions familiales, scolaires, professionnelles, sociales, à se transformer pour laisser à leurs membres individuels plus de libertés compatibles avec les normes nouvelles de l'institution. (p.31-32)

Anne-Marie Green, Les métamorphoses du travail et la nouvelle société du temps libre, Autour de Joffre Dumazedier, Rencontres sociologiques de Besançon . (L'Harmattan, 2000).

Ainsi, non seulement il est abusif de considérer que la télévision a rempli l'ensemble du temps libre, même si son influence a été et est toujours considérable, mais encore l'émergence d'un individu actif dans son temps libre et ses conséquences sur la société dans son ensemble, sont bien antérieures à l'arrivée du Web, qui plus est du Web 2.0. On pourrait plutôt dire que ce dernier a joué comme une caisse de résonance pour un mouvement déjà bien présent.

Pour le dire autrement, il n'y a pas de déterminisme médiatique, mais plutôt un accompagnement par les médias de mouvements sociétaux. On peut même faire l'hypothèse que le succès du Web a été favorisé, sinon initié par les changements culturels qui l'ont précédé. N'oublions pas qu'à son origine, la radio était interactive et qu'elle s'est imposée comme un média de masse.

jeudi 28 août 2008

L'antagonisme diffusion/accès dans la télévision

J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer pourquoi, d'un point de vue économique, les logiques de la diffusion et de l'accès étaient antagoniques et créaient des tensions fortes aujourd'hui (voir ici et ). Deux informations récentes soulignent que ces tensions s'exacerbent dans la télévision. Elles permettent aussi de mieux repérer les différences entre les supports écrits et audiovisuel.

YouTube paradoxalement non rentable

La première est la confirmation des difficultés de Google à monétiser YouTube, malgré l'évident succès d'audience du service. On trouvera un résumé de la question dans un article du Monde, et plus précis et plus actuel, dans les billets réguliers de D. Durand sur le sujet :

Jeff Segal, “YouTube et Facebook font des bénéfices anémiques,” Le Monde, Août 25, 2008, ici.

Didier Durand, “Media & Tech | Youtube: très visité mais pas payé!,” Media & Tech, juin 27, 2008, .

J'en retiens les leçons suivantes :

  • La vente d'espaces publicitaires sur une multitude de programmes très courts est délicate. Le nombre disperse l'audience et la rend peu prévisible. Le format réduit la place du message publicitaire.
  • Il n'y a pas ou peu, semble-t-il, de synergie avec le moteur et donc pas non plus de retombées significatives indirectes par l'augmentation des requêtes et donc des rentrées publicitaires (Adwords).
  • Les coûts de stockage et de diffusion sont lourds. Le dernier chiffre annoncé, sans doute sous-estimé était de 1M de $ par jour.
  • Les principaux problèmes ne semblent pas, ou plus, relever des relations avec les télévisions ou le cinéma. Même s'il reste encore des négociations en cours et du piratage à éliminer. YouTube est une trop formidable caisse de résonance pour être réellement menacé.

Wizzgo, un symptôme

L'autre évènement a eu lieu en France et concerne un procès, gagné par le groupe de télévision M6 contre une jeune entreprise, Wizzgo, qui offrait un service cassant le flot des programmes. L'idée était d'offrir au téléspectateur la possibilité de se reconstruire son propre programme par un enregistrement présélectionné d'émissions, une sorte de super-magnétoscope. On trouvera chez Calamo un bon résumé du problème et une analyse détaillée de la controverse juridique :

Calamo, “Wizzgo stoppé net ?,” Post Scriptum, Août 19, 2008, ici.

Le service devait se rentabiliser par la publicité, mais il est évidemment impossible de savoir s'il aurait pu devenir viable. Néanmoins, on peut déjà faire les observations suivantes :

  • Au delà des interprétations juridiques, la multiplication explosive des chaînes, alliée aux développements informatiques ainsi qu'aux pratiques des internautes verra immanquablement apparaître tôt ou tard des services comparables, officiels ou sauvages.
  • Il s'agit ici de casser un flux pour le recomposer. Ainsi on ébranle rien de moins que la fonction pivot d'une chaîne de télévision : le programmateur dont la mission est de faire coïncider au mieux le déroulement des émissions avec la disponibilité des téléspectateurs.

La création de richesse par l'accès

La comparaison avec YouTube permet d'ajouter quelques leçons. L'un et l'autre créent de la richesse à partir de fonctions documentaires.

Pour ce dernier, la construction du service ressemble à celle d'une collection de bibliothèque : on réunit dans un même lieu des documents dispersés et on fournit à l'usager un outil de recherche. La différence tient à ce que la collection n'est pas construite à l'initiative d'un acquéreur, mais grâce aux dons spontanés.

Wizzgo agissait plutôt comme un documentaliste faisant une revue de presse. Il redécoupe l'offre de diffusion de plusieurs médias pour en reconstruire une personnalisée. La différence tient à ce que le système est piloté directement par l'usager, sans médiateur.

Alors, faut-il en conclure comme Eolas, cité par Calamo :

Certains modèles du « web 2.0 » reposent « je le crains, sur des mythes, le principal étant celui de la création de richesse à partir d'une matière première qui serait gratuite », et sans redistribution vers les « fournisseurs ». ?

Sans doute, il y a beaucoup de mythes dans le Web 2.0 et aussi de naïvetés juridiques et économiques. Néanmoins, il faut aussi admettre que la logique de l'accès est créatrice de valeur et qu'aujourd'hui elle a trouvé dans certains secteurs les moyens de sa rémunération. À l'évidence, cette rentabilité n'a pas été trouvée, encore, pour l'audiovisuel.

Par ailleurs, l'antagonisme diffusion/accès est encore fort, même s'il s'atténue (YouTube). On ne peut construire un modèle économique de l'accès sur une logique de diffusion. Il faut trouver un compromis entre les deux.

S'il y a beaucoup de mythes dans le Web 2.0, il y a aussi beaucoup de préjugés chez les médias traditionnels, à commencer par croire que l'on peut retarder l'expression d'une demande explosive.

samedi 14 juin 2008

Les arcanes de la publicité sur internet

La suite logique du billet précédent sur le tsunami internet est l'enjeu publicitaire qu'il constitue. Il est très clairement présenté dans un article publié hier qui détaille les arcanes, plus ou moins réjouissantes, de la publicité sur internet :

Martine Valo, “Comment la publicité envahit Internet ,” Le Monde 2 , juin 13, 2008. ici

Pour donner envie de le lire, voici le dernier paragraphe :

Pendant ce temps-là, Jean-Pascal Mathieu, du Lab – une équipe de recherche au sein de Nurun, une grosse agence internationale –, s'efforce d'anticiper les utilisations futures des nouvelles technologies. Ainsi, qu'est-ce que le marketing sera capable de tirer du livre électronique ? Il pourra l'offrir en prime, puisqu'Internet a "la capacité de distribuer sans coût des choses qui ont de la valeur", pour reprendre sa citation qui laisse rêveur. Autre piste de réflexion : si un ami est une personne dont l'avis compte, comment fournir à un consommateur un avantage qu'il pourra lui-même transmettre à un proche ? "Notre capacité d'absorption est atteinte depuis longtemps. Proposer des choses intelligentes est le seul moyen de s'insérer dans le temps de cerveau disponible de chacun", assure le vice-président stratégique. Cet homme-là, comme il le dit lui-même, est un optimiste.

Mais comme par ailleurs, une étape, peut-être décisive, a été franchie avec l'accord Yahoo!-Google dans le feuilleton de la tentative de rachat par Microsoft du premier, la position déjà très dominante de Adwords est encore renforcée. Aussi les sophistications décrites dans l'article pourraient bien se réduire à une seule modalité, simplissime dans sa présentation ultime : l'achat de mots-clé pour positionner des liens sponsorisés.

Sur ce sujet, voir par exemple le billet de Didier Durand :

Google-Yahoo: good for all? not really..., Média & Tech, 13 juin 2008.

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