Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün)

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - 422. L’ECONOMIE DU DOCUMENT ; Articulation des modèles ; Le Web entre flot et bibliothèque

Fil des billets

vendredi 04 janvier 2013

L'opérateur Free, la publicité et la neutralité du net

Petite réflexion en passant. La décision d'intégrer une application par défaut dans la dernière version de son modem une application visant à bloquer les publicités a suscité beaucoup de réactions indignées (voir ici).

Je relèverai un argument plutôt ironique. Certains accusent Free de violer la neutralité du réseau en coupant arbitrairement des contenus (la publicité). Mais on pourrait facilement retourner l'argument en se demandant si le principe même de la publicité, confisquant l'attention de l'internaute à son profit ne viole pas, à son tour, la neutralité du réseau.

Il n'est pas sûr que le modèle publicitaire perdure longtemps sur un web "neutre". Le principe y est en effet la liberté laissée à l'internaute de choisir ses applications et ce qu'il veut voir. Qui souhaite voir de la publicité ? C'est d'ailleurs l'analyse de ceux qui prônent une économie de l'intention.

Il est possible que Free dans son bras de fer avec Google, en faisant une large promotion aux logiciels ad-block ait ouvert une boite de Pandore. L'économie du web est encore loin d'avoir trouvé son équilibre.

6 janvier 2013

Pour bien comprendre les enjeux de l'affaire Free (hors question de la pub), Lire :

Lacroix, Dominique. « Jeux de coopération au bazar  ». Lois des réseaux, décembre 17, 2012.

Lacroix, Dominique. « Stratégies en haute mer  ». Lois des réseaux, décembre 17, 2012.

vendredi 14 décembre 2012

Economie du web (COOPT-Enssib-5)

Les cinquième et sixième séances de mon cours sur l'écosystème du document pour l'Enssib sont consacrées aux rapports de cet écosystème avec l'économie du web. En réalité le sujet dépasse largement ce que je peux présenter en si peu de temps, mon objectif est simplement d'attirer l'attention sur quelques mécanismes essentiels pour la compréhension des mouvements en cours dans la continuité des séances précédentes (1. Les sept piliers, 2. Modèles économiques, 3. Economie de la bibliothèque, 4. Etude de cas).

Pour ces dernières séances de ce cours ouvert, l’interaction en ligne passera par deux mécanismes : les commentaires sous ce billet sur les notions discutables ou à éclairer qui y sont présentées et, par la suite, des billets rédigés collaborativement par les étudiantes inscrites au cours.

Nous avons vu que le modèle du web se glissait entre celui de la bibliothèque et celui du flot. Du premier, il reprend la tradition de coopération et de mutualisation. Plusieurs penseurs ont proposé une interprétation de cette caractéristique du web, la présentant souvent comme inédite. J'en rappellerai brièvement quelques traits importants sous la dénomination économie de la contribution. Mais le web documentaire tire aussi la majorité de ses revenus de l'économie de l'attention en s'appuyant sur sa capacité à capter et fidéliser les internautes par un réseau électronique, tout comme l'ont fait avant lui la radio et la télévision (le flot).

En réalité, économie de la contribution et économie de l'attention s'articulent et conduisent à des stratégies industrielles fortes qui progressivement configurent le modèle du web en tentant d'en accaparer la valeur au profit de quelques firmes, non sans contradictions avec la nécessité d'ouverture du modèle.

Economie de la contribution...

Le terme économie de la contribution est dû à Bernard Stiegler (ici ou ). Il a, pour lui et ses collègues d'Ars industrialis, une acception très politique, marquée par une tradition française de philosophes engagés. Proche de ce courant, on peut aussi citer la notion de multitudes, proposée par Antonio Negri et reprise en France par Yann Moulier-Boutang (wkp) selon laquelle nous serions passés d'une organisation industrielle où les masses et les classes sociales fondaient la structure sociale à une organisation post-industrielle où la multiplication des consciences et actions individuelles serait le moteur du changement.

Je reprends ici le terme "économie de la contribution" d'une façon plus générique pour caractériser la pensée d'un mouvement plus large et ancien autour de l'économie des réseaux et de l'open source dont Yochaï Benkler est le représentant le plus célèbre suite à la publication de son livre :

Benkler, Yochai. La Richesse des réseaux. Marchés et libertés à l’heure du partage social. Presses Universitaires de Lyon, 2009 (première édition américaine 2006). (Introduction sur InternetActu)

Y. Benkler a résumé son analyse dans une intervention à TED en 2005 qu'il est indispensable de visionner (le texte de l'intervention est accessible en français sur le site).

Le tableau ci-dessous présente la clé de sa thèse :

Yochai-Benkler-TED.jpg

La colonne de gauche renvoie au raisonnement classique en économie depuis Ronald Coase (wkp) sur la nature de la firme. C'est lorsque les coûts de transaction augmentent qu'il devient avantageux de s'organiser pour produire en interne plutôt que d'acheter sur un marché les produits ou services, et donc le marché et la firme (ou l'entreprise) ne sont que deux manières complémentaires d'organiser les échanges économiques. L'originalité de Benkler (très largement en décalage par rapport à la pensée de Coase) est de tenter un raisonnement parallèle sur des transactions non-marchandes et l'économie sociale en montrant qu'avec le web il serait possible de coordonner des micro-actions non-marchandes à grande échelle.

ou économie de l'attention

Néanmoins cette vision généreuse de l'économie s'accompagne aussi dans notre domaine d'un déplacement des marchés, selon le principe vu dans les premières séances : plus l'offre documentaire s’agrandit, plus l'attention est sollicitée et devient un bien rare que l'on pourra revendre. Autrement dit, elle sous-estime l'importance du caractère multidimensionnel du document (vu, lu, su).

Un diaporama récent du cabinet de consultant Business Insider témoigne de l'importance du déplacement des marchés.

Future-of-Digital-Business-Insider-dec-2012.png

Pour vous faire mesurer ce phénomène à la fois sur le fond et par la pratique, voici un petit exercice.

Trouvez les diapositives qui vous permettront de répondre aux questions ci-dessous :

  1. Quelle proportion de la population de la planète est-elle connectée ? En quoi est-ce plus important qu'il n'y paraît ?
  2. Depuis quand les ventes de smartphones ont-elles dépassé celles des ordinateurs ?
  3. Quelle est la différence entre le marché américain et le marché chinois des smartphones ?
  4. Quels sont les principaux marchés médias pour la publicité ?
  5. Quelle a été l'évolution du marché publicitaire des journaux américains depuis les années 50 ?
  6. Pourquoi Facebook n'arrivera probablement pas à concurrencer Google sur la publicité en ligne ?
  7. Pourquoi le marché publicitaire sur le téléphone mobile est-il incertain ?
  8. Les usagers d'Androïd utilisent-ils les applications ?

Ces analyses sur les développements des marchés ne sont pas vraiment contradictoires avec l'économie de la contribution présentée plus haut, même si souvent ceux qui les portent paraissent s'opposer. En étant cynique on pourrait même dire que l'économie de la contribution joue le rôle que jouait l'économie de l'information auparavant : alimenter l'économie de l'attention, capter l'attention pour la vendre à des annonceurs intéressés. Mais à la différence de l'économie de l'attention précédente, dans l'économie de la contribution le lecteur est plus actif, tout comme le lecteur dans une bibliothèque est plus actif que le téléspectateur devant son poste de télévision. Ainsi, la captation de l'attention est plus efficace lorsque l'internaute est en train de chercher quelque chose puisque l'on pourra faire coïncider les annonces avec sa recherche (mots-clés de Google) que lorsqu'il échange avec ses amis, car les annonces viendront perturber la relation (difficultés de Facebook).

Stratégies industrielles

J'ai eu très souvent l'occasion de montrer que les principales firmes du web documentaire construisaient leur stratégie en privilégiant chaque fois une facette du document : la forme pour Apple, le texte pour Google et la relation pour Facebook.

On en trouvera un résumé sur cette vidéo, un développement dans la deuxième partie du chapitre 5 du livre Vu, lu, su. et une actualisation sur les billets de ce blog : Apple, Google, Facebook (lire au moins les deux derniers billets concernant chaque firme).

Questions d'actualité

Les prochains et derniers billets de ce cours seront rédigés par les étudiantes de l'Enssib autour de trois thèmes chauds de l'actualité de l'écosystème du document numériques :

  • La ville de Lyon a-t-elle eu raison de contractualiser avec Google ?
  • Google confisque-t-il la valeur créée par les journaux ?
  • Peut-on prêter des ebooks en bibliothèque ?

Vous pouvez les aider en suggérant références et réflexions en commentaire de ce billet.

mardi 07 février 2012

Le monde selon Facebook et selon Google

Pour rebondir sur la discussion d'un précédent billet voici deux images révélatrices des conceptions documentaires du monde par Facebook et par Google. Il reste à trouver celle qui représenterait le monde d'Apple. La comparaison des deux images est en effet instructive.

Facebook-P-Butler-14-12-2010.jpg

WebGL-Globe-Search-2012.jpg

On connait l'emblématique image des relations de Facebook, qui ressemble à une carte des lignes aériennes que l'on trouve dans les magazines disponibles dans les avions ou encore à celles des flux migratoires ou des échanges commerciaux des manuels de géographie de ma jeunesse. Facebook, chantre de la connexion, représente son activité sur une carte par des flux d'échanges.








Google propose de son côté un service expérimental de visualisation de données géolocalisées sur un globe terrestre, The WebGL Globe, et, comme exemple, il présente les recherches sur son moteur (search) colorée par langue dans le monde. On trouvera ci-contre une copie d'écran, mais l'image animée en 3D est beaucoup plus spectaculaire. Google présente ici son activité comme cumulative. Il ne s'agit plus de flux, mais de stock. La richesse d'informations accumulées en un lieu. Sans doute, la représentation est contrainte par l'algorithme qui organise de cette façon la visualisation des données, mais l'exemple n'est pas du au hasard, c'est aussi une image fidèle du modèle d'origine de la firme, issu de la bibliothéconomie. Dans la construction du modèle de Webmédia qui croise télé (-phone et -vision) et bibliothèque ou archives. Facebook penche plus, lui, vers la première origine.

Dans les deux cas, sur les deux cartes, on peut aussi visualiser l'implantation comparable des deux firmes américaines avec des déserts pourtant habités dus soit à l'absence d'activité sur l'internet dans ces zônes (Afrique), soit à l'existence de concurrents mieux implantés (Russie, Chine).

samedi 03 décembre 2011

Pourquoi Google est un média

Dans un commentaire du précédent billet, Piotr conteste ma proposition de considérer Google comme un média. Voici ses arguments :

J'ai du mal à assimiler Google à un média : il me semble qu'un média diffuse des contenus, ce qui n'est le cas de Google qu'accessoirement. Enfin, rapprocher une indépendance qui serait revendiquée par Google de celle qui l'est effectivement par le New York Times est malheureux car cela suppose que Google soit animé par une éthique journalistique, ce qui n'est évidemment pas le cas. J'ajoute qu'un média a pour effet de rémunérer la production de contenus, ce qui n'est pas non plus le cas de Google.

Je dois le remercier de son commentaire, qui me donne l'occasion de préciser les choses. Je crois, bien sûr, qu'il se trompe mais son propos mérite discussion car il me semble être assez largement partagé et risquer de brider l'analyse. Reprenons ses arguments les uns après les autres (en italique-gras).

Un média diffuse des contenus, ce qui n'est le cas de Google qu'accessoirement.

Le moteur de recherche de Google donne accès à du contenu et ne le diffuse pas vraiment au sens strict, en effet. La diffusion et l'accès sont deux activités différentes et qui peuvent être économiquement antagoniques. Je l'ai montré dans deux billets anciens (ici et). Pour autant, elles ont été déjà articulées dans l'histoire. C'était le cas des bibliothèques avant la popularisation de l'imprimerie à caractères mobiles qui a marginalisé les scriptoria et donc éloigné l'activité de diffusion de celle de l'accès. Et c'est aujourd'hui le cas des médias de diffusion qui proposent sur le web une activité d'accès en ouvrant leurs archives, et aussi en direct dès qu'un article est mis en ligne et ne sera lu que si l'internaute prend la peine d'y accéder.

Ainsi la différence entre diffusion et accès s'estompe sur le web, même si elle ne disparait pas (on la retrouve par ex dans la différence entre le pull et le push). Dès lors, définir le média par la fonction de diffusion et non celle d'accès était déjà discutable, c'est inopérant aujourd'hui.

Rapprocher une indépendance qui serait revendiquée par Google de celle qui l'est effectivement par le New York Times est malheureux car cela suppose que Google soit animé par une éthique journalistique, ce qui n'est évidemment pas le cas.

Oui, Google n'est évidemment pas animé par une éthique journalistique. Cela signifie-t-il pour autant qu'il ne revendique pas une indépendance, que cela ne relève pas d'une éthique de média et que cette dernière ne puisse être comparée à celle du journalisme ? Ma réponse est non à ces trois dernières négations.

Commençons par l'éthique journalistique. J'ai eu déjà l'occasion sur ce blogue de rappeler combien elle était relative et récente (tournant XIXe-XXe) et combien le web la faisait évoluer(ici et .

Google, de son côté, revendique clairement une indépendance et a ce qu'il faut bien appeler une éthique, même si on peut (doit) la discuter. Cela était perceptible dès le premier papier de Brin et Page (ici), et est exprimé aujourd'hui sur le site de la firme en dix principes dans la page intitulée ''Notre philosophie'', dont je ne reprends ci-dessous que quelques brefs extraits :

" 1. Rechercher l'intérêt de l'utilisateur et le reste suivra

Depuis sa création, la société Google concentre ses efforts sur le confort d'utilisation des internautes. Lorsque nous concevons un nouveau navigateur Internet ou lorsque nous apportons un plus à l'aspect de notre page d'accueil, c'est votre confort que nous cherchons à satisfaire, et non un quelconque objectif interne ni les exigences de résultats de la société.

2. Mieux vaut faire une seule chose et la faire bien

Le cœur de métier de Google est la recherche sur Internet.

3. Toujours plus vite

4. La démocratie fonctionne sur le Web

La recherche Google fonctionne, car sa technologie fait confiance aux millions d'internautes qui ajoutent des liens sur leur site Web pour déterminer la valeur du contenu d'autres sites.

5. Vous n'êtes pas toujours au bureau lorsque vous vous posez une question

6. Il est possible de gagner de l'argent sans vendre son âme au diable

Pour assurer un service à tous nos utilisateurs (qu'ils soient ou non annonceurs), nous avons défini un ensemble de principes sur nos programmes et nos pratiques publicitaires :

Google autorise la diffusion d'annonces sur ses pages de résultats uniquement si ces annonces sont en lien direct avec les résultats obtenus.

Nous pensons que la publicité peut être efficace sans être envahissante. Google n'accepte pas les publicités sous forme de fenêtres pop-up, qui gênent la lisibilité des pages consultées.

Sur Google, les publicités sont toujours clairement identifiées comme "liens commerciaux". (..) Nos utilisateurs font confiance à l'objectivité de Google et rien ne pourrait justifier la remise en cause de cette confiance.

7. La masse d'informations continue de croître

8. Le besoin d'informations ne connaît aucune frontière

Notre société a été fondée en Californie, mais notre mission consiste à faciliter l'accès aux informations dans le monde entier et dans toutes les langues.

9. On peut être sérieux sans porter de cravate

10. Il faut toujours aller de l'avant

Même si vous ne savez pas exactement ce que vous recherchez, c'est notre rôle de trouver une réponse sur le Web, et pas le vôtre. "

On peut discuter du bien fondé, de la sincérité et de l'application de ces principes, tout comme on peut discuter de l'objectivité des journalistes ou de la position d'un journal, mais il est difficile de ne pas y voir l'affirmation d'une indépendance, qui relève bien d'une éthique de média. On y retrouve les grands classiques : la démocratie, l'information pour tous, le rejet des pressions, la recherche sans fin de l'information.

En réalité, l'importance d'une éthique pour ce qu'on appelle maintenant l'activité de "curation" commence à être discutée et c'est bien normal (par ex ici ou ou encore ). On peut aussi remarquer et regretter l'absence d'allusion à la protection de la vie privée dans les principes de la philosophie de Google, qui montre qu'il reste encore des débats et des combats à mener pour que l'activité du web prenne sa juste place dans l'espace public médiatique.

Sans doute, journalisme et moteur de recherche n'ont pas la même posture par rapport à l'information, mais on peut constater que les modèles culturels y pèsent tout autant. Ainsi, l'idéal du journalisme à la française est marqué par le rôle de l'intellectuel dans la dénonciation des scandales (Panama, Dreyfus) avec une forte connotation littéraire, tandis que l'idéal américain s'appuie sur l'exemple de la science pour mettre en avant l'objectivité (Lippmann). Comment ne pas voir le même type de clivages dans les débats et polémiques autour de Google, tout particulièrement au moment des polémiques sur Google-Book lancées, il y a quelques temps, par J.-N. Jeanneney ?

Enfin même s'il y avait une part de provocation de ma part, la comparaison entre le NYT et Google se justifie pleinement. L'un et l'autre sont les symboles du modèle nord-américain dans leur domaine et veulent faire école. Nous manquons de comparaison internationale sérieuse avec d'autres modèles (Naver en Corée, Baidu en Chine, Yandex en Russie).

Un média a pour effet de rémunérer la production de contenus, ce qui n'est pas non plus le cas de Google

La plupart des médias, sinon peut-être tous, ont démarré en ne rémunérant pas ou peu les contenus, voire en les piratant (à commencer par l'édition de livres). Il est probable qu'à l'avenir Google soit amené à rémunérer les contenus pour la part de son activité qui s'approche le plus de la diffusion. Cela est sensible pour YouTube, et ce fut au coeur des discussions sur Google-Book.

Mais il est vrai que Google, pour sa part principale (la recherche), se trouve du côté de l'accès et non de la diffusion, dans la même position que les bibliothèques. Cela le conduit à considérer le contenu comme une donnée librement accessible, dans un modèle proche de celui de la bibliothèque qui retire les documents d'une relation commerciale pour les mettre librement à disposition. On pourrait pour cette raison mettre les bibliothèques et Google en dehors du secteur des médias, mais alors on s'interdit de poursuivre lucidement l'analyse, comme je l'ai dit plus haut, et comme je l'ai présenté, par ex ici.

mercredi 11 mai 2011

Le web est un média documentaire

AOL en partenariat avec Nielsen a réalisé une intéressante étude sur les échanges de contenu sur le web. L'étude porte sur un échantillon conséquent, amène des résultats sinon inattendus, du moins moins convenus que la vulgate habituelle et enfin elle affiche clairement son objectif (comment construire un dispositif publicitaire, et donc en retour une économie du web ?). Mais elle n'est évidemment pas désintéressée. AOL y souligne l'importance de ses services, notamment le courriel.

Content is the fuel of the social web Pdf. (il faudrait que les designers de AOL apprennent l'usage des couleurs, c'est pourquoi je n'ai reproduit ici qu'une diapo..)

L'étude s'appuie sur les outils et panels de Nielsen. 10,000 messages envoyés sur les médias sociaux ont été analysés, 1000 personnes ont été suivies pendant 10 jours consécutifs entre le 13 et le 23 décembre dernier. La marge d'erreur serait de moins de +/-10%.

Quelques leçons pour la thématique de ce blogue :

AOL-Nielsen-2011-Temps-Web.jpg

Ainsi la navigation sur le web, mesurée par le temps, est (reste) majoritairement documentaire.

Mais le plus intéressant est l'analyse des 30% consacrés à la communication interpersonnelle ou de groupe (médias sociaux et courriels). 23% des messages sur les médias sociaux incluent un lien vers du contenu (par contenu l'étude comprend des articles publiés, des vidéos et des photos, mais ni des vidéos familiales, ni les photos de fêtes) et si on ajoute les conversations sur ce contenu le pourcentage est certainement beaucoup plus élevé.

Lorsque l'on demande aux personnes quel est l'outil privilégié pour partager de l'information la réponse est à 66% le courriel. Les autres canaux sont loin derrière : 28% pour les réseaux sociaux, le reste est en dessous de la marge d'erreur.

Lorsque l'on demande les canaux privilégiés pour partager l'information selon l'audience. Tous les canaux sont utilisés vers les amis, un peu moins les sites de partage. Le courriel puis les réseaux sociaux sont privilégiés pour la famille, comme pour le partage entre collègues. Enfin ce sont les sites de partage qui sont privilégiés pour diffuser plus largement l'information.

Même s'il faut tenir compte du commanditaire, cette étude relativise quelques idées reçues :

  • la navigation sur le web reste très majoritairement documentaire,
  • le courriel n'est pas sur le déclin pour partager l'information,
  • le multicanal est la règle pour partager.

Cette structure ne facilite pas la construction d'une économie publicitaire. Même si, à l'évidence, l'information se diffuse et se partage, l'attention est éclatée.

Actu du 14 juin 2012

Voir le CR d'INA-Global qui élargi la perspective et donne d'autres références ici

- page 1 de 5