Bloc-notes de Jean-Michel Salaün

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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Mot-clé - 522. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie du texte : Google

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mardi 07 février 2012

Le monde selon Facebook et selon Google

Pour rebondir sur la discussion d'un précédent billet voici deux images révélatrices des conceptions documentaires du monde par Facebook et par Google. Il reste à trouver celle qui représenterait le monde d'Apple. La comparaison des deux images est en effet instructive.

Facebook-P-Butler-14-12-2010.jpg

WebGL-Globe-Search-2012.jpg

On connait l'emblématique image des relations de Facebook, qui ressemble à une carte des lignes aériennes que l'on trouve dans les magazines disponibles dans les avions ou encore à celles des flux migratoires ou des échanges commerciaux des manuels de géographie de ma jeunesse. Facebook, chantre de la connexion, représente son activité sur une carte par des flux d'échanges.








Google propose de son côté un service expérimental de visualisation de données géolocalisées sur un globe terrestre, The WebGL Globe, et, comme exemple, il présente les recherches sur son moteur (search) colorée par langue dans le monde. On trouvera ci-contre une copie d'écran, mais l'image animée en 3D est beaucoup plus spectaculaire. Google présente ici son activité comme cumulative. Il ne s'agit plus de flux, mais de stock. La richesse d'informations accumulées en un lieu. Sans doute, la représentation est contrainte par l'algorithme qui organise de cette façon la visualisation des données, mais l'exemple n'est pas du au hasard, c'est aussi une image fidèle du modèle d'origine de la firme, issu de la bibliothéconomie. Dans la construction du modèle de Webmédia qui croise télé (-phone et -vision) et bibliothèque ou archives. Facebook penche plus, lui, vers la première origine.

Dans les deux cas, sur les deux cartes, on peut aussi visualiser l'implantation comparable des deux firmes américaines avec des déserts pourtant habités dus soit à l'absence d'activité sur l'internet dans ces zônes (Afrique), soit à l'existence de concurrents mieux implantés (Russie, Chine).

lundi 23 janvier 2012

Récupérer le Web, version Google

Voici ce que l'on peut lire dans la dernière présentation des résultats financiers de Google (trad JMS) :

"Google a eu vraiment un solide trimestre cloturant une grande année. Le chiffre d'affaires de l'année a augmenté de 29%, et celui du trimestre a dépassé les 10 milliards pour la première fois" a déclaré Larry Page, président de Google, "Je suis très content de la croissance d'Android, de Gmail et de Google+, qui aujourd'hui a dépassé globalement les 90 millions d'usagers, bien au delà du double de ce que j'avais annoncé il y a juste trois mois. En construisant une relation significative avec nos usagers via Google+ nous allons inventer de surprenantes expériences croisant nos services. Je suis très excité par nos perspectives pour 2012, il y a d'énormes possibilités pour aider nos usagers et augmenter nos affaires".

Remarquons l'absence d'allusion à la recherche et l'insistance sur Google+, présenté comme le service fédérateur, celui qui relie les autres pour ouvrir des opportunités nouvelles.

C'est aussi l'occasion d'actualiser mon schéma.

Revenus-Google-2011Q4.png


On y constate encore une fois que l'écart entre les revenus publicitaires des sites propres à Google et ceux du réseau Adsense continue de se creuser. Sur une année, entre 2010 et 2011, la part des revenus issus de la publicité sur les sites de Google est passée de 66% à 69%, pour un chiffre d'affaires global de 37,9 Mds de $ et un bénéfice de 9,7 Mds soit une rentabilité commerciale intéressante de presque 26%. En 2004, la rentabilité n'était "que" de 12,5%, tandis que les revenus des deux réseaux faisaient pratiquement jeu égal. Autrement dit le recentrage de Google sur ses activités, ou - ce qui revient au même - l'enfermement de l'internaute dans ses services, n'est pas vraiment désintéressé.






Il est une autre façon de le repérer. J'ai déjà eu l'occasion de montrer combien l'évolution de la page d'accueil de Google reflétait les choix stratégiques de la firme (ici et ).

Page-Google-22-01-2012.jpg




La nouvelle page d'accueil de Google, telle qu'elle apparait en Amérique du nord est révélatrice de l'évolution de la stratégie, par son changement d'esthétique, comme par l'occupation nouvelle de l'espace de la page : moins de recherche (search) même si elle reste au centre, plus de services personnalisés... sans oublier Chrome dont on connait la place essentielle dans l'enfermement de l'internaute (v. Framasoft).

Et quand on passe la souris sur more, on obtient :

Page-Google-22-01-2012-_2_.jpg




C'est une façon très parlante de visualiser la dérive du coeur du métier de Google, autrefois moteur ouvert sur l'ensemble du Web, aujourd'hui de plus en plus un ensemble de services cernant l'espace documentaire de l'individu. On constate néanmoins que la culture première de la firme reste le texte, la deuxième dimension du document. On ne trouve sur cette page aucune image, sinon les icônes des services rangées en liste dans un tableau comme du texte et toujours documentées par leur nom.

Actu 26-01-2012

Sur la concurrence Google / FaceBook, voir :

Mathew Ingram, « Facebook picks fight with Google over who is more evil », GigaOM, janvier 23, 2012.

samedi 03 décembre 2011

Pourquoi Google est un média

Dans un commentaire du précédent billet, Piotr conteste ma proposition de considérer Google comme un média. Voici ses arguments :

J'ai du mal à assimiler Google à un média : il me semble qu'un média diffuse des contenus, ce qui n'est le cas de Google qu'accessoirement. Enfin, rapprocher une indépendance qui serait revendiquée par Google de celle qui l'est effectivement par le New York Times est malheureux car cela suppose que Google soit animé par une éthique journalistique, ce qui n'est évidemment pas le cas. J'ajoute qu'un média a pour effet de rémunérer la production de contenus, ce qui n'est pas non plus le cas de Google.

Je dois le remercier de son commentaire, qui me donne l'occasion de préciser les choses. Je crois, bien sûr, qu'il se trompe mais son propos mérite discussion car il me semble être assez largement partagé et risquer de brider l'analyse. Reprenons ses arguments les uns après les autres (en italique-gras).

Un média diffuse des contenus, ce qui n'est le cas de Google qu'accessoirement.

Le moteur de recherche de Google donne accès à du contenu et ne le diffuse pas vraiment au sens strict, en effet. La diffusion et l'accès sont deux activités différentes et qui peuvent être économiquement antagoniques. Je l'ai montré dans deux billets anciens (ici et). Pour autant, elles ont été déjà articulées dans l'histoire. C'était le cas des bibliothèques avant la popularisation de l'imprimerie à caractères mobiles qui a marginalisé les scriptoria et donc éloigné l'activité de diffusion de celle de l'accès. Et c'est aujourd'hui le cas des médias de diffusion qui proposent sur le web une activité d'accès en ouvrant leurs archives, et aussi en direct dès qu'un article est mis en ligne et ne sera lu que si l'internaute prend la peine d'y accéder.

Ainsi la différence entre diffusion et accès s'estompe sur le web, même si elle ne disparait pas (on la retrouve par ex dans la différence entre le pull et le push). Dès lors, définir le média par la fonction de diffusion et non celle d'accès était déjà discutable, c'est inopérant aujourd'hui.

Rapprocher une indépendance qui serait revendiquée par Google de celle qui l'est effectivement par le New York Times est malheureux car cela suppose que Google soit animé par une éthique journalistique, ce qui n'est évidemment pas le cas.

Oui, Google n'est évidemment pas animé par une éthique journalistique. Cela signifie-t-il pour autant qu'il ne revendique pas une indépendance, que cela ne relève pas d'une éthique de média et que cette dernière ne puisse être comparée à celle du journalisme ? Ma réponse est non à ces trois dernières négations.

Commençons par l'éthique journalistique. J'ai eu déjà l'occasion sur ce blogue de rappeler combien elle était relative et récente (tournant XIXe-XXe) et combien le web la faisait évoluer(ici et .

Google, de son côté, revendique clairement une indépendance et a ce qu'il faut bien appeler une éthique, même si on peut (doit) la discuter. Cela était perceptible dès le premier papier de Brin et Page (ici), et est exprimé aujourd'hui sur le site de la firme en dix principes dans la page intitulée ''Notre philosophie'', dont je ne reprends ci-dessous que quelques brefs extraits :

" 1. Rechercher l'intérêt de l'utilisateur et le reste suivra

Depuis sa création, la société Google concentre ses efforts sur le confort d'utilisation des internautes. Lorsque nous concevons un nouveau navigateur Internet ou lorsque nous apportons un plus à l'aspect de notre page d'accueil, c'est votre confort que nous cherchons à satisfaire, et non un quelconque objectif interne ni les exigences de résultats de la société.

2. Mieux vaut faire une seule chose et la faire bien

Le cœur de métier de Google est la recherche sur Internet.

3. Toujours plus vite

4. La démocratie fonctionne sur le Web

La recherche Google fonctionne, car sa technologie fait confiance aux millions d'internautes qui ajoutent des liens sur leur site Web pour déterminer la valeur du contenu d'autres sites.

5. Vous n'êtes pas toujours au bureau lorsque vous vous posez une question

6. Il est possible de gagner de l'argent sans vendre son âme au diable

Pour assurer un service à tous nos utilisateurs (qu'ils soient ou non annonceurs), nous avons défini un ensemble de principes sur nos programmes et nos pratiques publicitaires :

Google autorise la diffusion d'annonces sur ses pages de résultats uniquement si ces annonces sont en lien direct avec les résultats obtenus.

Nous pensons que la publicité peut être efficace sans être envahissante. Google n'accepte pas les publicités sous forme de fenêtres pop-up, qui gênent la lisibilité des pages consultées.

Sur Google, les publicités sont toujours clairement identifiées comme "liens commerciaux". (..) Nos utilisateurs font confiance à l'objectivité de Google et rien ne pourrait justifier la remise en cause de cette confiance.

7. La masse d'informations continue de croître

8. Le besoin d'informations ne connaît aucune frontière

Notre société a été fondée en Californie, mais notre mission consiste à faciliter l'accès aux informations dans le monde entier et dans toutes les langues.

9. On peut être sérieux sans porter de cravate

10. Il faut toujours aller de l'avant

Même si vous ne savez pas exactement ce que vous recherchez, c'est notre rôle de trouver une réponse sur le Web, et pas le vôtre. "

On peut discuter du bien fondé, de la sincérité et de l'application de ces principes, tout comme on peut discuter de l'objectivité des journalistes ou de la position d'un journal, mais il est difficile de ne pas y voir l'affirmation d'une indépendance, qui relève bien d'une éthique de média. On y retrouve les grands classiques : la démocratie, l'information pour tous, le rejet des pressions, la recherche sans fin de l'information.

En réalité, l'importance d'une éthique pour ce qu'on appelle maintenant l'activité de "curation" commence à être discutée et c'est bien normal (par ex ici ou ou encore ). On peut aussi remarquer et regretter l'absence d'allusion à la protection de la vie privée dans les principes de la philosophie de Google, qui montre qu'il reste encore des débats et des combats à mener pour que l'activité du web prenne sa juste place dans l'espace public médiatique.

Sans doute, journalisme et moteur de recherche n'ont pas la même posture par rapport à l'information, mais on peut constater que les modèles culturels y pèsent tout autant. Ainsi, l'idéal du journalisme à la française est marqué par le rôle de l'intellectuel dans la dénonciation des scandales (Panama, Dreyfus) avec une forte connotation littéraire, tandis que l'idéal américain s'appuie sur l'exemple de la science pour mettre en avant l'objectivité (Lippmann). Comment ne pas voir le même type de clivages dans les débats et polémiques autour de Google, tout particulièrement au moment des polémiques sur Google-Book lancées, il y a quelques temps, par J.-N. Jeanneney ?

Enfin même s'il y avait une part de provocation de ma part, la comparaison entre le NYT et Google se justifie pleinement. L'un et l'autre sont les symboles du modèle nord-américain dans leur domaine et veulent faire école. Nous manquons de comparaison internationale sérieuse avec d'autres modèles (Naver en Corée, Baidu en Chine, Yandex en Russie).

Un média a pour effet de rémunérer la production de contenus, ce qui n'est pas non plus le cas de Google

La plupart des médias, sinon peut-être tous, ont démarré en ne rémunérant pas ou peu les contenus, voire en les piratant (à commencer par l'édition de livres). Il est probable qu'à l'avenir Google soit amené à rémunérer les contenus pour la part de son activité qui s'approche le plus de la diffusion. Cela est sensible pour YouTube, et ce fut au coeur des discussions sur Google-Book.

Mais il est vrai que Google, pour sa part principale (la recherche), se trouve du côté de l'accès et non de la diffusion, dans la même position que les bibliothèques. Cela le conduit à considérer le contenu comme une donnée librement accessible, dans un modèle proche de celui de la bibliothèque qui retire les documents d'une relation commerciale pour les mettre librement à disposition. On pourrait pour cette raison mettre les bibliothèques et Google en dehors du secteur des médias, mais alors on s'interdit de poursuivre lucidement l'analyse, comme je l'ai dit plus haut, et comme je l'ai présenté, par ex ici.

jeudi 22 septembre 2011

Google et la publicité

Le plus grand ennemi de Google est sans doute Google lui-même. La place de plus en plus dominante qu'il a pris sur le marché publicitaire le rend vulnérable aux procédures antitrusts. E. Schmidt s'est expliqué hier devant le Congrès américain à ce sujet, sans vraiment convaincre semble-t-il (ici). Par ailleurs la Commission européenne a lancé une enquête pour abus de position dominante fin 2010 dont on trouvera une présentation très claire sur le Journal du Net (ici). En réalité, les relations entre la firme et la publicité ne sont pas nécessairement aussi mécaniques qu'il est souvent écrit.

La pression des annonceurs est un risque pour l’indépendance d’un moteur, risque très souvent souligné, y compris par Larry Page et Sergey Brin, fondateurs de la firme, dès leur première présentation du Pagerank en 1998 (voir Appendice A). Mais si on ne peut exclure que la firme favorise un annonceur dans les classements, le risque parait moins élevé que pour tout autre média construit sur l’économie de l’attention ou plutôt l’influence des annonceurs est plus indirecte. Dès les premières années de la firme, entre les années 2000 et 2002, Google a construit, en effet, un système original d'enchères pour organiser à son profit et sous son contrôle sa relation avec les annonceurs par la vente de mots-clés. De plus, l'enchère n'est pas le seul paramètre pour déterminer le gagnant, Google y ajoute un indicateur de qualité de l'annonce dont il détermine lui-même les critères. Sous l’impulsion d’Hal Varian qui a rejoint la firme comme économiste en chef en 2002, la firme a fait basculer la totalité de son marché sous ce système. On peut dire que Google a construit son propre système économique interne en contrôlant tous les paramètres du marché des annonceurs. Tout est clairement expliqué dans un article de ''Wired'' déjà commenté sur ce blogue (ici).

Cette organisation du marché publicitaire doit être mise en parallèle avec le développement de services ou le rachat d’entreprises visant à couvrir tout l’espace documentaire numérique et son suivi statistique selon tous les paramètres possibles. Le principal effet de la pression du marché publicitaire est sans doute d’avoir incité la firme à se développer vers les services documentaires. L’année 2005 marque une nette accélération. Cette année-là ont été ouverts coup sur coup : Google Earth, ... Maps, ... Talk, ...Video, ... Desktop, ... Book Search. Si ces services ont connu depuis des fortunes diverses, le mouvement général d’investir l’ensemble du système documentaire ne s’est pas ralenti, bien au contraire avec, entre autres, Android, Youtube, Chrome, Google +. Voir ici le déroulé des développements de la firme.

Pour bien comprendre la logique de la croissance de la firme et ses conséquences, il est utile d’observer l’évolution de son chiffre d’affaires. En 2010, Google a engrangé 29,3 milliards de dollars, un chiffre impressionnant pour une firme aussi jeune (moins de la moitié tout de même de celui de Apple.). J'ai déjà présentée sur ce blogue le graphique ci-dessous de l’évolution de la répartition du chiffre d’affaires, mesurée par trimestre depuis que la firme a clairement affirmé sa stratégie en 2005. Il est probable que le rachat de Motorola modifie la structure du CA à l'avenir.

Revenu-Google-Q2-2011.png

La courbe en bleu clair présente les revenus autres que la publicité. On constate qu’ils ne décollent pas. Google doit toute sa fortune à la publicité (97% du chiffre d’affaires du deuxième trimestre de 2011). Mais le plus intéressant est l’évolution contrastée des courbes jaune et mauve. La courbe jaune présente l’activité de régie publicitaire de Google, c’est-à-dire le placement de publicité pour des sites tiers (Adsense). La courbe mauve représente la publicité sur les sites propres de Google. En 2005, les deux rentrées publicitaires faisaient jeu égal. Puis tandis que la régie avait une croissance modeste, les activités propres de la firme décollaient, expliquant à elles seules la croissance générale du chiffre d’affaires. Le développement de Google sur l’ensemble des services documentaires porte ses fruits et peut se lire très directement dans son chiffre d’affaires.

Ainsi il est possible que Google favorise les résultats de ses propres services sur son moteur. Ce sera sans doute difficile à prouver, mais cela est tentant quand on détient tous les paramètres de la construction du marché. Mais on peut aussi interpréter la stratégie de la firme comme le contrôle à des fins publicitaires de l’ensemble de notre système documentaire personnel et c'est sans doute là le principal effet du système économique autocentré qu'elle a mis en place.

mercredi 20 juillet 2011

Google confirme sa stratégie (Apple aussi)

Les performances financières du deuxième trimestre de Google permettent d'actualiser mon graphique sur la structure de son chiffre d'affaires. Pour ce trimestre de 2011 plutôt morose pour l'économie mondiale, les bénéfices nets sont de 2,5 Mds de $US, on comprend l'enthousiasme des analystes financiers.

Revenu-Google-Q2-2011.png

L'évolution déjà notée s'accentue encore. Le chiffre d'affaires est toujours constitué en quasi-totalité par la publicité. La publicité sur les sites propres de Google, en forte croissance une nouvelle fois ce trimestre, constitue maintenant plus des 2/3 du chiffre d'affaires (6,2 Mds de $US, soit 69% du CA) tandis que les revenus de régie publicitaire (Adsense, noté Réseau sur le graphique) plafonnent et ne font «que» 2,5 Mds (soit tout de même environ le CA estimé de Facebook pour la totalité de l'année 2010..). Au premier trimestre de 2005, les deux revenus étaient quasiment à égalité (0,66 et 0,58 Mds de $US).

Pour nous, ces chiffres confirment la stratégie de ''Google'' de centrage sur ses activités en affermant les producteurs de contenu à partir de la deuxième dimension du document. C'est ainsi que l'on peut décrypter entre autres la campagne autour de Chrome ou le lancement de Google+ (voir par exemple les analyses de H. Verdier et de M-C Beuth), sans parler même d'Android.

Pour alimenter les paranoïas demandons-nous ce qui se passerait si un jour un clone de R. Murdoch prenait les rênes de Google. Don't be evil!

Ajout

Ce jour Apple a présenté ses résultats du trimestre, confirmant lui aussi sa stratégie gagnante fondée sur la première dimension du document, la forme. Extrait du communiqué (trad JMS) :

La société a vendu 20,34 millions d'iPhones au cours du trimestre, soit une augmentation de 142% par rapport au trimestre de l'année précédente. Apple a vendu 9,25 millions d'iPads, une augmentation de 183%. La société a vendu 3,95 millions de Macs, une augmentation de 14%. Apple a vendu 7,54 millions d'iPods, soit une baisse de 20%.

«Nous sommes ravis de présenter notre meilleur trimestre depuis la fondation de la firme, avec des revenus en hausse de 82% et des bénéfices en hausse de 125% », a déclaré Steve Jobs, PdG d'Apple.

Pour le trimestre, le CA de Apple est de 28,57 Mds de $US et le bénéfice net de 7,31 Mds de $US.

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