Bloc-notes de Jean-Michel Salaün

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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Mot-clé - 523. À LA RECHERCHE DU NEODOCUMENT ; L’élaboration d’un modèle commercial ; La stratégie du médium : Facebook

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jeudi 19 avril 2012

Instagram, pique et pique et colegram

Beaucoup d'observateurs se sont esbaudis ces derniers jours du prix payé par Facebook pour l'achat de Instagram (1 Milliards de $), se sont interrogés sur les subtilités stratégiques de cette acquisition ou encore se sont inquiétés des conséquences sur le service rendu aux usagers.

Mais plusieurs articles de la presse US qui éclairent les détails de cette transaction (NYT, WSJ, repérés par Le Monde) montrent aujourd'hui qu'il s'agit surtout d'un tour de passe-passe du Pdg de Facebook qui illustre jusqu'à la caricature la thèse présentée ici même dans un billet précédent sur le pouvoir absolu des ingénieurs managers (voir d'ailleurs dans le même temps une autre illustration chez Google Libé).

Instagram ne sera pas payée 1 Milliards de $

Sur la base d'un prix de 1 Mds, le rachat de la firme s'est fait pour 30% en cash et 70% en actions. Cela signifie qu'aujourd'hui dans ce deal personne ne peut dire combien vont toucher les propriétaires d'Instagram, mais Facebook, lui, ne paiera "que" 300 Millions de $.

La valeur finale du prix touché dépendra donc de la valeur des actions de Facebook qui doit entrer en bourse mi-mai. Il semble que le deal se soit construit sur une valorisation de 75 Mds, en dessous des prévisions actuelles des observateurs actuellement à 100 Mds. Il est donc possible que les vendeurs touchent plus que le milliard promis.

D'un autre côté, le cout payé par Facebook, 300 Millions, n'est pas une si mauvaise affaire puisqu'Instagram était valorisée juste avant l'opération à 500 Millions sur le second marché.

Ainsi les dirigeants des deux firmes touchent le jackpot, sur le dos des spéculateurs boursiers. Le vendeur en récupérant un joli pactole, l'acheteur en ajoutant au portefeuille de son entreprise des services complémentaires aux siens à un coût intéressant. Mieux en attirant l'attention sur Facebook à un moment propice, on favorise sa valorisation à venir. Ce qu'on appelle dans les affaires du win-win.

Les deux compères

Il est un peu vain alors, je crois, de tenter une analyse stratégique sophistiquée de cette histoire, qui ressemble plus à une combine qu'à un choix entrepreneurial.

L'opération, racontée par le WSJ, s'est réglée en un week end, dans un quasi tête à tête entre Mark Zuckerberg, 27 ans, et Kevin Systrom, 28 ans. Le premier détient 28% des actions de sa société, mais contrôle 57% des votes. Le second détient 45% des parts de la sienne. Tous les deux sont donc très directement intéressés, et n'ont pas besoin de l'aval de leurs investisseurs pour prendre des décisions. Du moins aujourd'hui.

Selon le WSJ, le pdg d'Instagram aurait demandé d'abord un prix de 2 Mds de $. Voilà l'argumentaire de la négociation selon le WSJ (trad JMS) :

On raconte que M. Zuckerberg, qui envisageait de payer principalement en actions, a demandé à M. Systrom ce qu'il pensait de la valeur de Facebook. S'il croyait qu'un jour Facebook vaudrait autant qu'une société comme Google, 200 Milliards ou plus, alors l'équivalent de 1% de Facebook serait suffisant pour atteindre son prix.

C'était un argument comme un autre, sachant que la façon traditionnelle d'évaluer une société, par son cash-flow ou la somme de ses parties, est sans fondement quand la société ne propose qu'un produit et le donne gratuitement.

Ce dernier paragraphe sonne curieusement dans un tel journal. Il montre à quel point la finance est fascinée par la croissance explosive en activité des médias sociaux. Croyant sans doute à un futur âge d'or de l'exploitation des données personnelles, elle a perdu tout esprit critique.

Drole de monde. En attendant, certains gamins astucieux savent profiter de la situation.

Bourre et bourre et ratatam...

mardi 07 février 2012

Le monde selon Facebook et selon Google

Pour rebondir sur la discussion d'un précédent billet voici deux images révélatrices des conceptions documentaires du monde par Facebook et par Google. Il reste à trouver celle qui représenterait le monde d'Apple. La comparaison des deux images est en effet instructive.

Facebook-P-Butler-14-12-2010.jpg

WebGL-Globe-Search-2012.jpg

On connait l'emblématique image des relations de Facebook, qui ressemble à une carte des lignes aériennes que l'on trouve dans les magazines disponibles dans les avions ou encore à celles des flux migratoires ou des échanges commerciaux des manuels de géographie de ma jeunesse. Facebook, chantre de la connexion, représente son activité sur une carte par des flux d'échanges.








Google propose de son côté un service expérimental de visualisation de données géolocalisées sur un globe terrestre, The WebGL Globe, et, comme exemple, il présente les recherches sur son moteur (search) colorée par langue dans le monde. On trouvera ci-contre une copie d'écran, mais l'image animée en 3D est beaucoup plus spectaculaire. Google présente ici son activité comme cumulative. Il ne s'agit plus de flux, mais de stock. La richesse d'informations accumulées en un lieu. Sans doute, la représentation est contrainte par l'algorithme qui organise de cette façon la visualisation des données, mais l'exemple n'est pas du au hasard, c'est aussi une image fidèle du modèle d'origine de la firme, issu de la bibliothéconomie. Dans la construction du modèle de Webmédia qui croise télé (-phone et -vision) et bibliothèque ou archives. Facebook penche plus, lui, vers la première origine.

Dans les deux cas, sur les deux cartes, on peut aussi visualiser l'implantation comparable des deux firmes américaines avec des déserts pourtant habités dus soit à l'absence d'activité sur l'internet dans ces zônes (Afrique), soit à l'existence de concurrents mieux implantés (Russie, Chine).

vendredi 03 février 2012

L'évangile selon Saint Marc (Zuckerberg)

Facebook a donc initié le processus de son introduction en bourse. Le point de départ est le dépôt d'un formulaire officiel, dit S1 qui fournit toutes les informations utiles aux futurs actionnaires, et donc enfin des chiffres indiscutables (mis sous Pdf par J. Battelle). Celui-ci a évidemment fait l'objet de très nombreux commentaires. On en trouvera un bon résumé sur le Journal du Net.

CA-Facebook-2011.png Pour l'aspect financier, je ne retiendrai que deux points dont il faudra surveiller l'évolution. Le chiffre d'affaires de Facebook, relativement modeste comparé à son implantation mondiale, montre deux sources de revenus : la première, attendue, est la publicité ; la seconde est le "paiement", c'est à dire les revenus issus de sa monnaie virtuelle, les Facebook Credits. Cette seconde source est récente mais prend de l'ampleur. Il semble que le principal de ces revenus proviennent des jeux et tout spécialement de Zinga. Difficile d'en tirer de grandes conclusions pour l'instant.








Mais le plus étonnant, pour moi, est le ton de la traditionnelle lettre du fondateur, Marc Zuckerberg, qui accompagne le dossier. On en trouvera ci-dessous de larges extraits (trad. JMS). N'oublions pas qu'il s'agit dans ce document de trouver de futurs actionnaires pour Facebook.

A l'origine, Facebook n'a pas été créé pour être une entreprise commerciale. Il a été construit pour accomplir une mission sociale : rendre le monde plus ouvert et connecté. (..)

Aujourd'hui, notre société a atteint un nouveau point de bascule. Nous vivons un moment où la majorité des gens sur la terre ont accès à l'internet ou à la téléphonie mobile, les outils de base pour commencer à partager ce que ils pensent, ressentent et font avec qui ils veulent. Facebook aspire à construire les services qui donnent aux gens le pouvoir de partager et les aider, une nouvelle fois, à transformer un grand nombre de nos principales institutions et industries.

Il y a à la fois un énorme besoin et une énorme occasion pour connecter tout le monde, pour donner à chacun une voix et pour aider à changer la société pour le futur. L'ampleur de la technologie et de l'infrastructure à construire est sans précédent et nous croyons que c'est le plus important des problèmes auquel nous devons nous atteler. (..)

A Facebook, nous construisons des outils qui aident les gens à se connecter avec les personnes qu'ils souhaitent et partager ce qu'ils souhaitent, et ainsi faisant nous élargissons les capacités à construire et entretenir leurs relations.

Le fait de partager plus, même simplement avec ses amis proches ou sa famille, crée une culture plus ouverte et conduit à une meilleure compréhension de la vie et des perspectives des autres. Nous croyons que cela crée un plus grand nombre et de plus solides relations entre les gens, et que cela aide les gens à être exposés à un plus grand nombre de points de vue différents.

En aidant les gens à réaliser ces connexions, nous espérons reorienter la façon dont les gens diffusent et consomment l'information. Nous pensons que l'infrastructure informationnelle du monde devrait ressembler à un graphe social, un réseau construit à partir de la base ou pair à pair plutôt que la structure monolithique descendante qui existe aujourd'hui. Nous croyons aussi que donner aux gens le contrôle sur ce qu'ils échangent est un principe fondamental de cette réorientation.

Nous avons déjà aidé plus de 800 millions de personnes à établir plus de 100 milliards de connexions, et notre objectif est d'accélérer cette réorientation. (..)



Comme les personnes partagent plus, ils ont accès à plus d'opinions de personnes en qui ils ont confiance sur les produits et services qu'ils utilisent. Cela rend plus facile la découverte des meilleurs produits et l'amélioration de leur qualité de vie.



Faciliter la découverte de meilleur produit permet de récompenser les entreprises qui les réalisent, les produits qui sont personnalisés et conçus autour des gens. Nous nous sommes aperçus que les produits qui sont "sociaux par conception" (social by design) ont tendance à être plus impliquants que leurs homologues traditionnels, et nous sommes impatients de voir plus de produits s'engager dans cette direction dans le monde. (..)

En donnant aux gens la possibilité de partager, nous commençons à voir qu'ils font entendre leur voix à une échelle différente de ce qui était historiquement possible. Ces voix vont augmenter en nombre et volume. Elles ne peuvent être ignorées. Avec le temps nous pensons que les gouvernements répondront mieux aux questions et préoccupations issues directement de leur peuple plutôt qu'au travers d'intermédiaires contrôlés par une élite.



Grâce à ce processus, nous croyons que les leaders émergeront dans tous les pays qui seront pro-internet et se battront pour les droits de leur peuple, y compris le droit de partager ce qu'ils veulent et le droit d'accéder à toute information que d'autres voudraient partager avec eux. (..)

Dis simplement : nous ne construisons pas des services pour faire de l'argent ; nous faisons de l'argent pour construire de meilleurs services.

Et nous pensons que c'est une bonne façon de construire quelque chose. Je crois qu'à notre époque de plus en plus de gens veulent utiliser les services de sociétés qui croient en quelque chose, au-delà de la recherche du profit maximum. (..)

A lire son fondateur et principal actionnaire, Facebook ressemble plus à une église qu'à une entreprise. Décidément, le Web est porteur d'une puissante idéologie, y compris là où on l'attendrait le moins. A méditer.

6 fev 2012

Et derrière les jeunes prophètes piaffent :

Réseaux sociaux: Tumblr détrônera-t-il Facebook ?

Au début du millénaire, on parlait de nouvelle économie. Aujourd'hui l'économie n'a plus la cote, la politique l'a remplacée :

"La génération qui a grandi avec internet montre que son monde est différent, et qu'elle contrôle les gouvernements", veut croire ce New Yorkais à la ligne de modèle -il a été choisi par la griffe japonaise de prêt-à-porter Uniqlo pour la campagne de lancement de son grand magasin de New York- dont la frange tombe juste au dessus de ses yeux clairs. (il s'agit de David Karp).

On est plus que jamais dans l'idéologie libertarienne. Mais j'ai peur que la désillusion soit la même.

27-02-2012

Sur les difficultés de la vente sur Facebook :

« Gamestop to J.C. Penney Shut Facebook Stores », Bloomberg, s. d., ici.

et :

Quand vous ne voyez pas le service, c’est que vous êtes le produit !, InternetActu

28-02-2012

Sur le don't be evil de Google (cf commentaires) :

« On Google & Being “Evil” ». Marketing Land.

jeudi 24 mars 2011

Les réseaux sociaux à la recherche d'un modèle économique

Henri Verdier a eu la bonne idée de mettre en ligne une réflexion de P. Belanger, fondateur de Skyrock, sur un sujet qu'il connait bien puisqu'il en fut un des pionniers en France : les réseaux sociaux. L'ensemble vaut vraiment qu'on s'y arrête ici, avec un œil critique. C'est à la fois le témoignage d'un acteur de l'intérieur et une vision de l'évolution du modèle, intéressants par les dimensions qu'il pointe, mais discutables pour ses raccourcis.

Ci-dessous quelques éléments et remarques :

Tout d'abord P. Belanger souligne que l'univers des réseaux sociaux est récent, a déjà beaucoup bougé et continuera de le faire dans les années à venir. Après les premiers réseaux «entre-soi» Facebook propose un hybride mutant entre la micro-socialisation et la globalisation planétaire en devenant le premier réseau social universel sous identité réelle. L’expérimentation et les évolutions d’identité de l’adolescent n’y ont pas leur place. La complexité des relations et l’hétérogénéité des contextes de socialisation d’un adulte ‐ lui‐ même à facettes ‐ n’y sont pas prises en compte.

Cela marche parce que le premier usage est à forte valeur ajoutée, par les retrouvailles et découvertes qu'il autorise et sa réactivité. Les difficultés du mélange public-privé ne viennent qu'après, mais il est difficile et coûteux d'en sortir et les sollicitations et recompositions sont continuelles. Facebook serait-il à terme voué à l'échec ? Non dit P. Bélanger car il ne joue pas sur la croissance, mais sur la métamorphose. Ainsi, « Facebook », dans sa forme actuelle de réseau social hybride fermé/ouvert n’est qu’une étape.

Il y aurait à l'avenir quatre fonctions possibles pour les réseaux sociaux.

La socialisation de la recherche

Il s'agit de définir des algorithmes de classements issus des réseaux sociaux plus performants que ceux des moteurs actuels.

JMS : Mais ce n'est pas d'hier que des recherches se mènent sur ce sujet.. sans résultats vraiment probants jusqu'ici.

Les transactions

Le réseau serait un État virtuel sous l’autorité et le contrôle de son propriétaire qui en édicte les lois d’usage, traduites en code informatique ; ce qui en garantit l’application. Le service en vient naturellement à assurer des fonctions régaliennes de sécurité et de police allant jusqu’à la peine de mort virtuelle : le bannissement du réseau social. (..)

JMS : La métaphore de l'État est souvent utilisée par les analystes pressés des réseaux. C'est évidemment un non-sens total, les membres de Facebook ne sont ni des sujets, ni des citoyens et l'administration du réseau n'a rien à voir avec celle d'une nation, sauf à avoir des positions extrémistes libertariennes qui réduisent le rôle de l'État à sa plus simple expression (ici).

L’objectif du réseau social est de réunir le plus grand nombre de personnes sous identité réelle, d’obtenir également leurs données bancaires ‐ en attendant de constituer sa propre banque directement ou sous licence ‐ et d’accueillir le maximum de boutiques et services virtuels au sein du réseau.

JMS : L'objectif est ainsi exprimé plus clairement, et on voit bien qu'il ne s'agit pas d'un objectif étatique, mais strictement commercial. Mais le problème pour Facebook est d'obtenir la confiance des différents acteurs de la transaction. Compte-tenu de son histoire et de ses changements réguliers et programmés, ce n'est pas gagné. D'autres sous d'autres horizons et dans un espace fermé par la langue et la culture ont pourtant réussi à développer ce modèle ici.

Les télécommunications

Un membre de réseau social rapporte 3 € par an en revenu issu de la publicité. Pour « Facebook », avec 600 millions de membres cela donne près de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Un abonné mobile, quant à lui, rapporte en moyenne 30 € par mois, soit environ 300 € par an : 100 fois plus.

Cette fonction est développée beaucoup plus longuement par P. Belanger et c'est celle à laquelle il semble croire le plus. Il s'agit de faire des réseaux sociaux un opérateur virtuel, effaçant les adresses (n de tél, courriel) au profit des identités, maîtrisant la facturation et gérant de la bande passante.

JMS : Il est clair en effet que les réseaux sociaux sont devenus des services de communication plus ou moins asynchrones et que le pas vers la téléphonie n'est pas loin. Mais ce terrain est déjà bien encombré et les concurrences sont féroces entre les telcos traditionnelles et les nouveaux venus de l'informatique comme Apple ou Google. Si Facebook a pour atout son nombre de membres, sa force de frappe en terme de cash est ridicule face aux autres joueurs. Néanmoins, à condition de ne pas rechercher un profit trop important, l'exemple de Skype montre qu'il y a de la place pour de nouveaux joueurs innovants.

La simulation du réel

L’idée est d’utiliser toutes les données du réseau social pour anticiper ce qui va se produire à t + 1, exactement comme avec les simulations météo, mais ici avec la société humaine. La première utilisation serait de prévoir les marchés boursiers, puis ceux de l'économie entière par l'analyse des données comportementales tracées.

JMS : Intellectuellement séduisante et depuis longtemps exposée, on ne perçoit pas bien comment cette fonction peut déboucher sur des transactions financières régulières sauf sur des domaines particuliers, comme la bourse, ou pour des consultants en marketing.

Cette énumération de fonction est intéressante autant pour les perspectives stratégiques qu'elle trace que pour les limites qu'elle montre. Personnellement rapportée à Facebook, on aura compris que je reste perplexe, d'autant que l'auteur s'appuie sur des métaphores et une rhétorique discutables : Le présent est improbable, mais c'est justement parce que des métamorphoses sont à venir que l'avenir sera radieux. Il est caractéristique que P. Bélanger ne place même pas la publicité, en théorie source première de revenus pour le réseau, comme fonction d'avenir.

En fait de métamorphose malgré ce que dit P. Belanger, le réseau FaceBook n'a en réalité pas vraiment évolué. Alors on peut lire aussi cette rhétorique comme une fuite en avant, reste à savoir combien de temps elle séduira les investisseurs.

Actu du 31 mars 2011

Voir itw du directeur du devt international de FB sur Le Monde ici.

Actu du 7 avril

Lire Technologie du mktg sur la valeur du contrôle des données ici plaidoyer pro domo, mais intéressant.

jeudi 03 mars 2011

Dérapages

L’Atelier de BNP-Paribas publie (ici) un petit billet sur la nouvelle opération spéculative dont on parle aujourd’hui. Prenant exemple sur l’opération lancée par la banque Goldman Sachs avec FaceBook (ici), une autre banque américaine JP Morgan cherche à investir dans Twitter. L’auteur du billet fait remarquer que dans ce cas les investisseurs de capital-risque sont court-circuités. Il conclut (trad JMS) :

Ce nouveau scénario a beaucoup de défenseurs, mais aussi certains contre. Que se passera-t-il si, comme beaucoup d’analystes commencent à le pointer, nous sommes au milieu d’une bulle géante pour les réseaux sociaux ? Bien, si les capitaux-risqueurs sont les principaux investisseurs, quelques gars riches seront moins riches. Mais si les sociétés d’investissement sont celles qui pilotent ces investissements, cela pourrait être bien pire.

Par ailleurs, FaceBook vient de lancer un nouveau système pour gérer les commentaires des sites web en les intégrant sur son réseau sans, comme toujours, demander l'avis des intéressés qui voient ainsi leurs données personnelles diffusées bien au delà de ce qu'ils avaient imaginé. L'objectif est évidemment d'augmenter l'audience et de phagocyter un peu plus le web. Mais, comme je l'ai déjà indiqué (), cette augmentation de l'audience n'est pas proportionnelle à celle du chiffre d'affaires et pourrait s'apparenter à une fuite en avant.

Voici comment le journaliste de Libé conclut ironiquement son article () en faisant référence à la chaîne de TV française qui cherche actuellement des témoignages de « victimes d’internet » pour une énième émission sur les effroyables dangers de la Toile. :

Cher TF1, quand vous réaliserez le prochain épisode de Près de chez vous, grâce aux précieuses informations que vous venez de lire, n’oubliez pas de conclure que les ENNEMIS, les véritables DANGERS publics d’Internet, sont les esprits vicieux et maléfiques qui développent Facebook.

Du côté des bibliothécaires branchés, il est de bon ton de prôner sans le moindre recul un engagement fort sur FaceBook. Personnellement, je crois qu’il faudrait être plus circonspect. D'abord pour des raisons d’éthique, mais aussi de stratégie.

Actu du 10 mars 2011

Sur FaceBook, voir le point de vue critique mais nuancé de F. Cavazza ici

Actu du 20 mars

Sur l'entrée fracassante en bourse de Linkedln voir Business Insider ici

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