Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün)

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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Recherche - web média

mercredi 31 mai 2006

Les moteurs réduisent-ils le Web ?

Voici un papier fondamental pour mieux comprendre le darwinisme documentaire et par conséquent l'économie du document. Une conclusion pour nous dont Roger avait déjà eu l'intuition : les moteurs relèvent plus de la bibliothéconomie que de l'édition.

The egalitarian effect of search engines Authors: Santo Fortunato, Alessandro Flammini, Filippo Menczer, Alessandro Vespignani

Comments: 9 pages, 8 figures, 2 appendices Subj-class: Computers and Society; Information Retrieval; Physics and Society ACM-class: H.3.3; H.3.4; H.3.5; H.5.4; K.4.m

Search engines have become key media for our scientific, economic, and social activities by enabling people to access information on the Web in spite of its size and complexity. On the down side, search engines bias the traffic of users according to their page-ranking strategies, and some have argued that they create a vicious cycle that amplifies the dominance of established and already popular sites. We show that, contrary to these prior claims and our own intuition, the use of search engines actually has an egalitarian effect. We reconcile theoretical arguments with empirical evidence showing that the combination of retrieval by search engines and search behavior by users mitigates the attraction of popular pages, directing more traffic toward less popular sites, even in comparison to what would be expected from users randomly surfing the Web.

Voir aussi des mêmes un billet résumant la problématique et les résultats.

Repéré par J. Battelle

Actu 23-11-2006 : un résumé en français

samedi 27 mai 2006

Polémique sur la visibilté de l'OA

Une violente polémique se tient entre S. Harnad et G. Eysenbach à propos des citations des articles en libre accès. L'affaire est partie d'une étude du second qui confirme le fait que les articles en accès libre sont plus cités (v. par ailleurs la bibliographie faites par l'Open citation project sur le sujet) et surtout d'un éditorial de PLoS qui insinuait que les articles des revues en libre accès ("gold journals") étaient plus cités que les articles archivés par les auteurs des revues en accès limité ("green journals").

Au-delà de la violence des propos et du caractère anecdotique des relations entre chercheurs, il y a plusieurs leçons à tirer pour l'économie du document :

1) Les conflits d'intérêts ne sont pas absents du monde des archives ouvertes, qui se définit comme un monde ouvert. Ils sont politiques (au nom de l'intérêt général de la science), ou même politiciens (confusion entre les positions personnelles ou de groupes et l'intérêt général). Ils se règlent par un argumentaire scientifique ou se voulant tel, mais en réalité la passion est sensible à chaque ligne. Les scientifiques sont mis en abîme dans cette affaire (ils se regardent travailler et analysent leur propres pratiques avec leurs propres outils) et leurs egos sont forts. C'est un peu comme lorsque les médias enquêtent sur les médias.

2) La notion de publication se précise et ce n'est pas trop tôt. La publication n'est pas la mise en publicité, ni la validation (révision par les pairs), mais aussi la promotion de l'accès ou, disons, la mise en visibilité. Dans ce processus, le rôle des revues, comme instrument de marketing, n'est pas négligeable et souvent mal compris par les scientifiques qui ne pensent qu'au facteur d'impact. Inversement, le "darwinisme" documentaire (voir Roger) joue maintenant à plein sur le Web et Dorothea Salo a raison de noter que les revues sont moins utiles pour les chercheurs confirmés (sauf sans doute ceux qui visent le prix Nobel ;-) que les archives. Ils n'ont besoin pas de reconnaissance (dans les deux sens : réputation et repérage), par contre la fluidité et la vitesse des échanges leur importent plus. Leur collège invisible fonctionne à plein.

3) Il reste une certaine confusion, justement sur les techniques Web de mise en visibilité /OA. Si un site ou une page sont d'autant plus visibles qu'ils sont consultés ou pointés, alors il y a clairement concurrence et non complémentarité entre archives et revues en ligne. En effet par exemple, un auteur de réputation qui met son article sur une archive ouverte va augmenter le pagerank de celle-ci au détriment de celui du site de la revue où il est publié. Sauf erreur de ma part, ces questions là n'ont pas été étudiées.

Sources P. Suber, Marlène

vendredi 12 mai 2006

Economie de l'Internet : la réussite de E-Bay

Médiamétrie vient de publier son baromètre trimestriel de l'audience des sites marchands français.

En résumé, tous les indicateurs sont à la hausse. Dans le le top 15 des sites de e-commerce les plus visités, on trouve #1 eBay, bien sûr, mais aussi les agences de voyages, les ventes par correspondance, les sites de discount et les ventes privées, et aussi, pour nous, les librairies et disquaires en ligne avec la FNAC (36% des internautes français l'ont consultée), Amazon (32%) et Alapage (21%). ''Le Figaro'' en propose sa lecture.

Extrait : "Il était temps. En 2005, l'e-commerce a dégagé un chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros en France, deux fois plus qu'en 2003. Ce montant représente seulement 3% du commerce de détail non alimentaire de l'Hexagone." E-commerce : des profits tout sauf virtuels, Valérie Collet, Le Figaro, 13 mai 2006,

On peut rapprocher cette vue du marché français de la présentation toute récente de la situation de eBay, #1 mondial du e-commerce et joueur de poids dans l'économie de l'Internet. par ses dirigeants à ses actionnaires : Analyst day de e-bay (Vidéo , rapport). Voici quelques éléments tirés du premier exposé, celui de son président J. Donahoe : 181 M de visiteurs uniques en 2005 (11M pour la France d'après Médiamétrie), 44,3 Mds$ de transactions dont 2,3 Mds de revenus pour eBay et dont 2,6 pour les livres, la musique et les films (le plus gros marché étant de loin "motors", tous les engins motorisés 13,6Mds, quasi absent semble-t-il en France, ou peut-être simplement non mesuré correctement ?). Un plan aggressif pour l'avenir, avec une arrivée sur le marché de la publicité et sur le paiement par clic. Un potentiel fort de croissance dans la mesure où le créneau de eBay est pour le moment principalement sur le début et la fin du cycle de vie des produits (C. Anderson dirait peut-être la longue traîne..) et que la maturité est encore à conquérir, de loin le plus gros des ventes. Enfin pour ceux qui croient encore que le Web 2.0 est un gadget de Geeks, je conseille la diapo 19..

Autre élément intéressant pour nous, l'analyse de Skype qu'en tire D. Durand dans trois billets et tout particulièrement son idée de "création destructrice" schumpéterrienne. L'innovation casse des marchés traditionnels en les déplaçant. Il donne l'exemple du téléphone ou des petites annonces, mais la discussion autour de la DAVSI et de la licence globale par ex relève d'un même raisonnement.

Et encore la bataille entre eBay et Google pour le marché de la pub : Google and eBay in Ad Industry Shoot-Out

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