Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün)

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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dimanche 21 juin 2009

17820

;-). 51 nouveaux abonnés pour une liste en théorie fermée depuis le 6 juin.

Voir ici, ou sur ce blogue, mais surtout et pour l'annonce de la fermeture de Biblio-fr et la discussion qui suit (tout particulièrement le propos de J. Kessler).

Je crois que la question maintenant posée dépasse largement l'histoire de la liste et pose bien des questions au cœur de la thématique de ce blogue. Rien que cette discussion, mise en regard avec celles éclatées des blogues sur le même sujet pourrait faire l'objet d'une recherche sur la communication de groupe via l'électronique.

lundi 15 juin 2009

Table ronde sur le livre Introduction aux sciences de l'information

Avant l'été, il faut préparer la rentrée. Celle de l'EBSI s'ouvrira le 31 août par une table ronde où cinq professionnels proposeront une lecture critique, fondée sur leur expérience, du livre « Introduction aux sciences de l’information ». :

Introduction aux sciences de l'information

  • Hélène Roussel, bibliothécaire

Directrice générale de la diffusion à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Elle y est responsable des services documentaires offerts par la Grande Bibliothèque aux usagers et aux bibliothèques québécoises. Antérieurement, elle a œuvré au sein du réseau des bibliothèques de la Ville de Montréal pendant près de 20 ans et elle a été chargée de cours à l’EBSI entre 1989 et 1993.

  • Diane Baillargeon, archiviste

Après un baccalauréat en histoire, une maîtrise en Bibliothéconomie et sciences de l’information et un certificat en archivistique, Elle entre aux Archives nationales du Québec où elle travaille pendant 14 ans. Depuis 2001, elle occupe le poste d’adjointe au directeur au Service de la gestion de documents et des archives de l’Université de Montréal. Elle est engagée activement dans l’Association des archivistes du Québec depuis 1987 où elle a occupé plusieurs fonctions, dont présidente en 1997-1998.

  • Martin Sévigny, architecte de l’information 

Conseiller principal et chef de projet pour la compagnie Irosoft, solutions en gestion intégrée des documents. Diplômé de l'EBSI, il a d’abord occupé divers postes aux Presses de l'Université de Montréal, chez Hydro-Québec, et comme travailleur indépendant, toujours dans le domaine de l'informatique documentaire. De 1999 à 2008, il a fondé et dirigé la compagnie AJLSM, en France, solutions et produits pour la gestion et la diffusion du patrimoine culturel numérisé.

  • Stéphanie Grenier, gestionnaire d’information stratégique

Directrice de la bibliothèque de droit chez Fasken Martineau. Elle a été chef du département Science de l'information, bibliothèque et archives chez AstraZeneca, équipe internationale, spécialiste en information chez Novartis, chef du centre d'information d’Algene Biotechnologies. Récemment, elle fut présidente de la SLA section de l’est. Elle détient une maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l’information de l’Université de Montréal.

  • Yvonne De Grandbois, responsable de formation  

Professeure à la Haute École de Gestion de Genève, au Département d’Information documentaire.  Elle a une large expérience dans les bibliothèques publiques, universitaires, régionales et internationales.  Son dernier poste était celui de Directrice de la Bibliothèque de l’Organisation Mondiale de la Santé. Elle est canadienne et suisse.

Le débat sera introduit par Gérard Boismenu, doyen de la Faculté des arts et des sciences.

Lieu : 3150, Jean-Brillant, Pavillon Jean Brillant, salle B-0215, Montréal, Canada.
Heures : 13h30 - 16h

Ce débat marque le lancement du livre et le début d'une série d'actions sur ce thème, j'aurai l'occasion d'y revenir.

PS : Pour rassurer déjà ceux qui pensent toujours que je ne comprends décidément rien à l'édition numérique (voir ici) ;-), nous réfléchissons à la mise en place d'un système simple d'annotations sur certains chapitres du livre avec la complicité des nouveaux admis à la maîtrise en sciences de l'information.

Présentation et extrait du livre ici

jeudi 11 juin 2009

Éloge du tracé

Comme me l’a fait justement remarquer une lectrice attentive et critique, ce billet est une sorte d'oxymore : la manière dont il a été écrit en contredit le propos. En tapant avec mes doigts sur un clavier ordinaire d’ordinateur et regardant l’écran où les lettres apparaissaient ou disparaissaient selon les commandes absconses du clavier, que j’ai intégrées avec plus ou moins de dextérité depuis bien des années aujourd’hui, je m’éloigne du «tracé» dont je voudrais pourtant souligner la grande vertu.

Le billet m’a été inspiré par une collègue de l’EBSI, Christine Dufour, qui a acheté récemment un ordinateur portable muni d’un écran convertible en tablette graphique. Depuis elle en est devenue fan, son nouvel outil ne la quitte pas. En réunion suscitant la curiosité de ses voisins, elle prend des notes directement dessus en écriture cursive avec son stylet, immédiatement reconnue et intégrée par le logiciel. Dans son bureau elle lit les documents typographiés et les annotent de la même façon, comme autrefois le papier à plat sur la table et la main dessus.. sauf qu’il s’agit de documents électroniques et de signes intégrés dans la mémoire de l'ordinateur. Et, tout à la préparation de ses cours à cette époque de l’année, elle expérimente la possibilité d’intervenir avec son stylet directement sur l’image projetée, réglant la difficulté que connaissent bien des professeurs d’avoir à choisir entre projeter un PPT ou écrire au tableau, difficulté aggravée généralement par la superposition de l’écran et du tableau dans les amphithéâtres.

On oublie souvent que l’on écrit d’abord avec la main. Je veux dire que pour apprendre l’écriture, il faut domestiquer sa main de façon à ce qu’elle accompagne le mouvement du signe que l’on veut représenter. Les calligraphes le savent et des civilisations entières, comme la chinoise ou l’arabe, ont valorisé fortement la beauté du geste et sa traduction par une trace. Le geste épouse la forme des lettres en les traçant. La lecture, du moins dans sa forme moderne et compétente, réduit l’importante du geste.. sauf dans les annotations à la main qui permettent sa réappropriation en le caressant, pourrait-on dire. Mais l’apprentissage de la lecture passe par l’écriture et les ardoises ou cahiers sur lesquelles les enfants inscrivent et effacent laborieusement des lettres et des mots de mieux en mieux formés. Ces souvenirs restent enfouis dans notre mémoire, mais ils lient définitivement dans notre inconscient geste et écrit.

On pourrait aussi refaire l’histoire des documents au travers de cette relation, depuis les scribes, les moines copistes, l’imprimerie qui coupe la relation pour les documents publiés, la machine à écrire qui la coupe pour les documents non publiés.. et les tablettes qui permettent de retrouver le geste dans sa conséquence immédiate sur le signe par le tracé. Et je saute bien des étapes et des dimensions de l’analyse.

Cette dimension numérique nouvelle, au sens où elle entre maintenant dans un quotidien possible, est, je crois, d’une grande importance pour l’analyse documentaire, mais elle me parait oubliée des analyses sémiologiques du domaine numérique focalisées sur les e-books, le papier électronique ou encore l’étude des sites Web.

mardi 09 juin 2009

Social ou bocal ?

Je ne prétends pas présenter ici une analyse très étayée, mais je suis frappé par le lieu et la teneur des réactions après l'annonce de la fermeture de Biblio-fr :

  • On ne compte plus les blogues qui lui ont consacré un billet avec souvent nombre de commentaires. Tous ceux que j'ai lu saluent le travail des modérateurs, et, à l'exception de celui-ci, approuvent leur décision et proposent des alternatives puisées dans les outils du Web 2.0. L'argumentaire est l'obsolescence de l'outil face aux développements du Web et aussi l'arrivée d'une nouvelle génération de professionnels.
  • Les messages forts nombreux aussi sur Biblio-fr (ici), dans leur majorité, proviennent d'une autre catégorie de professionnels, moins branchés, qui se plaignent de la perte de service, soit pour des questions pratiques en particulier les offres d'emploi, soit pour des raisons plus culturelles, garder un lien avec l'air du temps de la profession.

Au même moment, mon billet sur Twitter (), largement relayé par ce même canal, a rencontré un net succès d'audience. Il a été commenté, notamment par F Bon qui a fait remarquer que les internautes venaient maintenant sur son site par les réseaux sociaux. Il n'est pas le seul à faire cette constatation. Thomas Baekdal, parmi d'autres, montre qu'en 2005 la provenance des visiteurs de son site était à 60% de Google, alors qu'aujourd'hui ils viendraient pour 65% des réseaux sociaux (ici). J'ai d'ailleurs, moi-même, repéré ce billet via Facebook + Twitter..

Pour le dire autrement, la navigation serait de plus en plus sociale et de moins en moins documentaire. Je ne suis pas sûr de la réalité de cette constatation et encore moins qu'il faille s'en réjouir.

On peut en effet faire une toute autre hypothèse, que me parait corroborer l'épisode de Biblio-fr : l'effet de bocal. Au sein des réseaux sociaux, la navigation se fragmente par réseaux d'intérêt et se concentre sur l'actualité, sur l'écume et la vitesse. Sans doute, il y a beaucoup de clics, mais les communautés se forment, s'informent et s'enferment. Pour suivre les débats sur la fin de Biblio-fr dans les blogues, il faut passer de l'un à l'autre.. pour retrouver les mêmes débatteurs et tourner en rond dans le bocal. Il est bien possible que cette communauté là, lecteurs passifs compris ne dépasse pas quelques centaines, peut-être quelques milliers, impossible de savoir. C'est pourtant ceux-là qui considèrent détenir la solution et réussir à construire de nouveaux outils représentatifs de l'ensemble de la profession.

Inversement, les interrogations sur Google sont toujours aussi nombreuses, mais ne conduisent pas que sur les plateformes sociales. Aussi, il y a un important biais si l'on ne regarde que la fréquentation de ces derniers qui s'auto-alimentent très largement. Je crois que la bonne façon de voir les choses est de faire la différence entre les résidents et les visiteurs (voir ici), en gardant à l'esprit que les premiers sont beaucoup moins nombreux que les seconds, qu'ils ont tendance à accaparer les outils et à parler au nom de tous. Il leur faudrait pourtant se méfier, car ils discutent paradoxalement en cercles fermés. La posture des seconds est tout aussi respectable, peut-être même plus saine, et on verra dans l'enquête citée que cette partition ne correspond pas à un effet de génération, que je crois pour ma part et en fonction de mon expérience d'enseignant très surestimé.

Quant à la liste de discussion, elle joue un rôle très différent. Tout d'abord elle symbolise aujourd'hui une profession avec ses qualités et ses défauts, ensuite c'est un outil de service qu'il serait bien stupide de jeter (combien de temps faudra-t-il pour reconstruire un outil capable de toucher tant de monde intéressé par les bibliothèques ?), enfin c'est un lieu de paroles paradoxalement beaucoup plus ouvert que les blogues.

Le blogue dispose d'un grand avantage pour la qualité et la profondeur du débat : c'est une pensée personnelle qui s'affine petit à petit dans une conversation avec quelques uns. Mais la liste permet un débat et une diffusion des idées beaucoup plus large, même si cela est parfois plus laborieux.

lundi 08 juin 2009

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Depuis l'annonce de sa fermeture, la liste Biblio-fr a 33 nouveaux abonnés (voir ici). Difficile de croire à un média moribond ou dépassé. Les professionnels votent en s'inscrivant.

En alignant les lecteurs réguliers de tous les bibliologues (euh.. biblioblogues, voir ci-dessous commentaire d'Olivier ;-), pages Facebooks, univers Netvibes, abonnés Twitter du petit monde des bibliothèques, on arriverait à combien ? Peut-être en comptant très large 3000 ?

Mais il est bien difficile de l'évaluer, et rien que pour cela, fermer la liste serait absurde.

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