Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün)

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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mardi 22 avril 2008

Cercle vertueux

Tandis qu'une bonne part de l'économie américaine s'enfonce dans la crise et, par conséquent, les investisseurs dans les entreprises innovantes hésitent. Pour la première fois depuis trois ans, leur engagement s'est ralenti au premier semestre 2008 aux États-Unis.. mais pas dans tous les secteurs nous apprend l'Atelier :

Malgré cela, l'étude rapporte que l'industrie des technologies de l'information a enregistré un bon trimestre, avec près de 4 millions de dollars investis dans 373 opérations, soit 20 % de plus qu'un an auparavant.

Pour la première fois depuis que les résultats sont observés, le secteur des logiciels n'est plus le premier pôle d'investissement : il se trouve devancé par les services d'information.

Ainsi, si l'on rapproche ces chiffres des bons résultats pour le trimestre des firmes du secteur déjà notés (ici), l'économie de l'information est clairement devenue le moteur de la croissance.

Le secteur high-tech ne connaît pas de crise de l'investissement, L'Atelier BNP Paribas, 22 avril 2008, ()

dimanche 20 avril 2008

Le Web 2.0 expliqué aux pingouins et vice-versa

C'est ici. ;-)

repéré par TechCrunch .

vendredi 18 avril 2008

Éco-doc : révision séquence 5

Voici donc la suite des réflexions sur le cours sur l'économie du document, prévu à l'automne à distance (Plan et explications ici), après une interruption due à un manque de disponibilité.

Nous abordons maintenant la deuxième partie du cours, baptisée «Illustrations», dont l'objectif est d'approfondir les modèles industriels présentés dans la Séquence 3 (ici). Les deux séquences de cette partie, la première sur les modèles de diffusion, la seconde sur les modèles d'accès, seront chacune constituées d'une alternance entre un cours classique et un dossier présenté par un groupe d'étudiants.

Cette séquence-ci sur «Économie de la diffusion : le livre, la télévision» comprend, comme le titre le suggère deux sous-parties correspondant aux deux modèles classiques de la diffusion : l'édition, illustrée ici par le livre ; le flot, illustré lui par la télévision. Le cours insiste sur les caractéristiques traditionnelles des modèles : structure des firmes, structure du catalogue, relations titres/exemplaires, rentrées proportionnelles, appropriation de l'objet, poids de la distribution, évolution de la librairie, etc. pour le premier ; maillage du territoire, structure de l'audience, captage de l'attention, coût des prototypes et industrialisation, articulation spatiale et temporelle des marchés, etc. pour le second.

Ma difficulté principale n'est pas le contenu général du cours, un classique des industries culturelles, mais les exemples à choisir pour le concrétiser, tout spécialement pour un cours en ligne dont la clientèle peut-être internationale. Logiquement, les exemples devraient d'abord être pris au Québec, mais ce territoire est dans une situation culturelle particulière et la situation de ses industries n'est pas forcément très représentative d'un cas général. On peut aussi arguer que chaque territoire est spécifique, et que les modèles s'y déclinent différemment. Cela est vrai pour une part, mais ne m'aide pas beaucoup. La question est : comment illustrer un modèle, sans que l'illustration ne réduise sa portée générale ou qu'elle ne soit trop exotique pour les étudiants ?

Deux dossiers d'étudiants, réalisés selon les modalités décrites en séquence 2 (ici) ont été remis par deux groupes d'étudiants. Ils sont mis en ligne sur le site de partage du cours. Ils concernent des problématiques d'actualité permettant d'aborder l'ébranlement par le numérique des deux modèles décrits. Un débat en ligne est lancé à partir d'une ou deux questions proposées par le professeur sur chacun de ces dossiers. C'est à la suite de ce processus que chaque groupe pourra réaliser le billet à publier sur le blogue.


Séquence 5 : Économie de la diffusion : le livre, la télévision

Objectif général

À la fin de la séquence l'étudiant(e) devrait connaitre :

  1. Les principales caractéristiques des modèles de l'édition et du flot.
  2. Les problématiques des industries du livre et de la télévision.
  3. Les conséquences du numérique sur l'évolution de ces industries.

Objectif spécifique

À la fin de la séquence l'étudiant(e) devrait être capable de :

  1. Repérer dans des situations nationales simples les différents éléments présentés.
  2. Interpréter les réactions des industriels de ces modèles face au numérique.

Contenu de la séquence (base à réviser)

  • Économie du livre
    • Éditeurs, les gros et les petits
    • Vivier d'auteurs, best-sellers et fond
    • Nombre de titres/nombre d'exemplaires
    • Distribution, librairie
    • Permanence du livre
  • Économie de la télévision
    • Inertie de l'audience
    • Lois de la programmation
    • Industrialisation de la production
    • Hiérarchie des marchés
    • Générations

Évaluation

L'évaluation de cette séquence est différente selon les étudiants. Les auteurs du dossier sont évalués sur celui-ci. Les autres sur leur participation au débat en ligne.

Bibliographie (à venir)

Petits ruisseaux.. et grosses machines

Deux annonces récentes de résultats du premier trimestre nuancent mon billet précédent. Contrairement à l'économie générale américaine, E-Bay (voir ici sur La Tribune), puis Google (voir sur La Tribune), viennent d'annoncer des résultats insolents, trompant les prévisions plus pessimistes de la plupart des analystes.

Il semble que dans l'un et l'autre cas les mêmes facteurs aient joué :

  • un accrochage aux micro-transactions, on pourrait presque dire au petit commerce.

Extrait d'un article du New-York Times (trad JMS), qui confirme une nouvelle fois le positionnement Web-média de Google :

La société repose presque exclusivement sur des textes publicitaires courts qui apparaissent à côté des résultats de recherche et sur d'autres sites Web. Les analystes disent que c'est parce qu'ils sont mieux ciblés et utilisés par les commerçants pour orienter le trafic vers leur site qu'ils sont moins sensibles à la conjoncture que les bannières ou les autres publicités graphiques, qui cherchent à accroitre la notoriété de la marque.

Google Defies the Economy and Shows Profit Surge, MIGUEL HELFT, NYT April 18, 2008. ici

  • un positionnement transnational

Les deux entreprises profitent largement de leur implantation internationale, doublement même, d'une part en répartissant les effets néfastes des conjonctures locales difficiles, de l'autre en profitant largement des variations des changes, ici de la chute du dollar.

Ainsi ces deux entreprises se démarquent des tendances négatives de l'économie américaine. En ce sens elles ne sont pas des entreprises tout-à-fait comme les autres, contrairement à ce que je suggérais dans le billet précédent (ici). Mais suivant ce même billet clairement, leur puissance informatique est un élément clé de cette réussite. Sans elle, la gestion optimale d'un nombre considérable de micro-transactions serait hors de portée.

Les résultats, évidemment très attendus, de Yahoo! sont pour mardi prochain.

Actu du 20-04-2008

Comscore avait signalé une baisse des clics sur les mots clés sponsorisés de Google. C'est cette information qui avait incité le pessimisme des analystes. Voici sa justification après coup.. un peu alambiquée :

Reconciling comScore’s and Google’s Paid Click Data, Andrew Lipsman, Comscore, 18 avril 2008. (ici)

Par ailleurs, voici deux diapos tirées de la présentation officielle de Google, particulièrement parlantes :

Il ressort très clairement la part de plus en plus importante prise par les sites internes de Google et donc son affirmation de vrai média. J'en ai souvent parlé. J'y reviens prochainement lorsque j'aurai plus de disponibilité.

Il ressort la place prise par l'international. Mais, contrairement à ce qui est souvent dit, il n'y a pas une croissance manifeste de celle-ci depuis l'année dernière. En effet, la baisse du dollar joue ici à plein. Le calcul précis n'est pas évident à réaliser, mais je ne serai pas étonné qu'abstraction faite des variations de change, il n'y a pas une croissance plus forte de l'international que du marché US, même peut-être l'inverse.

Source : Google Q1 2008 Quaterly Earnings Summary, 17 avril 2008, Pdf ici.

Actu du 22 avril 2008

La suite de la justification de Comscore intéressante par les explications sur les limites des interprétations statistiques actuelles sur l'économie des moteurs, mais toujours embarrassée, normal Comscore a du faire perdre de l'argent à plus d'un boursicoteur..

Reconciling comScore’s and Google’s Paid Click Data Part 2: It’s the U.S. versus the World, Andrew Lipsman, Comscore 20 avril 2008. ()

En résumé, Comscore n'a pas tenu compte de l'augmentation des tarifs des «Pay-per-click» aux US, due à un nettoyage par Google des clics involontaires, ce qui réduirait la baisse de revenus anticipés par la simple baisse des clics et, par ailleurs, l'augmentation des revenus à l'international compenserait et au delà cette dernière.

Voir aussi sur la modification de l'attitude des annonceurs :

A Web Shift in the Way Advertisers Seek Clicks, STEPHANIE CLIFFORD, New-York Times, April 21, 2008. (ici)

dimanche 13 avril 2008

Le poids de l'immatériel

Juste un petit rappel pour ceux qui douteraient encore de l'insoutenable légèreté de l'immatériel et un complément d'informations déjà données dans un précédent billet sur les centres de données de Google (ici).

Map of all Google data center locations, Royal Pingdom, 11 avril 2008 (), repéré par Le Blog d'Abondance ()

Comme le titre l'indique, il s'agit d'une carte des 38 centres (vraisemblablement plutôt seulement des implantations et non des centres, voir commentaires) de Google dont 19 aux US et 12 en Europe. Le billet donne aussi quelques précisions supplémentaires. Extraits (trad JMS) :

Combien Google dépense pour ces centres de données ?

D'après les rapports d'activité de Google, ils ont dépensé 1,9Mds de USD pour les centres de données en 2006 et 2,4 Mds en 2007.

Google a annoncé quatre nouveaux projets de centre de données en 2007. Le coût estimé de chacun est de 600 M de USD, tout compris de la construction à l'équipement et aux ordinateurs.

Les critères de sélection du lieu d'implantation

  • Grande capacité d'électricité bon marché.
  • Énergie verte. Orienté sur des ressources renouvelables.
  • Proche de lacs et rivières. Ils utilisent une grande quantité d'eau pour le refroisissement.
  • Vaste terrain. Pour une meilleure sécurité et confidentialité.
  • La distance des autres centres de données de Google (pour des connexions rapides entre centres).
  • Facilités fiscales.

Vous avez dit nouvelle économie ? Capitalisme cognitif ? Allons donc, je crois qu'un patron des débuts de la «houille blanche» ou de la fin du XIXè siècle aurait trouvé très pertinents tous ces critères.

Actu du 5 mai 2008

Je n'avais pas repéré le livre de Nicholas Carr qui défend une thèse parallèle :

Carr N., The Big Switch: Rewiring the World, from Edison to Google, W. W. Norton, 2008. (présentation et extraits ici)

Repéré grâce à l'annonce de la conférence de Ch Fauré le 17 mai à Ars industrialis : Christian Fauré : La gigantomachie autour des data centers ().

Actu du 18 mai 2008

La conférence de Christian Fauré est en ligne : ici

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