Economie du document (Bloc-notes de Jean-Michel Salaün)

Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique

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lundi 06 avril 2009

La messe des données

Une façon d'enrichir le cours sur l'économie des documents est de prendre quelques évènements significatifs de l'actualité et de les passer au prisme des notions développées. J'ai l'ambition de permettre le décryptage des mouvements qui agitent le monde documentaire. Un repérage critique à l'avantage d'en faire la démonstration ou, inversement, de repérer des failles à réparer.

Pour éviter de trop longs développements, je coderai les références au cours de la façon suivante : SxDyA08, x étant le numéro de la séquence, y le numéro de la diapositive, A08 signifie qu'il s'agit de la version de l'automne 08. Par exemple, S1D7A08 fait référence à la diapositive 7 «Pilier2. Le prototype» que l'on trouve dans la séquence 1 du cours de l'automne 08. Pour la retrouver et écouter son commentaire, il suffira de suivre le lien qui conduit à la partie du diaporama concernée et de se rendre à la diapositive en question par son numéro : S1D7A08. Il est probable qu'avec le temps les liens vont se casser, mais d'ici là j'aurai peut-être trouvé une formule plus simple.

Illustration de la Séquence 1 : Particularités économiques du document publié

Commençons donc par la séquence 1 sur les particularités économiques du document avec un document emblématique : le discours de Tim Berners-Lee au congrès TED pour Technology, Entertainment, Design en février 2009 (le discours est sous-titré en français).

L'argumentaire de TBL pour «libérer les données» s'appuie clairement sur les particularités économiques de l'information : la non destruction qui permet à tous de se resservir des mêmes données sans les altérer ; le prototype, les données ne sont produites qu'une fois pour être partagées ; la plasticité qui permet de construire de nouvelles informations par la combinaison et le calcul des anciennes ; l'interprétation qui autorise l'utilisation des mêmes données à des fins diverses ; la résonance par les effets de réseau (S1D6,7,8,9,12A08).

Mais il en laisse de côté deux, et cet oubli n'est pas sans signification : l'expérience et l'attention (S1D10,11A08). En réalité , l'économie marchande de l'information est construite sur ces deux particularités là qui sont synonymes de rareté. C'est parce que l'on ne connait pas un document avant de l'avoir lu que l'on peut le vendre. C'est parce que l'attention est limitée que l'on peut la capter au profit d'annonceurs intéressés (S1D13A08).

Le discours de TBL est donc un discours d'économie publique. Cela est particulièrement flagrant dans les exemples qu'il prend : données gouvernementales, données scientifiques, Wikipédia. Mais cela peut être trompeur et ambigu quand il évoque les données privées, les traces de navigation ou encore les réseaux sociaux. Prenons l'exemple de Google qui s'est construit sur l'architecture de l'ancien Web, celui que TBL appelle le «Web des documents». Google a fait sa fortune en «libérant les documents», mais en enchaînant les données. C'est parce Google garde les données brutes, tout particulièrement celles sur les pratiques de navigation, mais aussi celles par exemple sur la géolocalisation, qu'il peut construire son marché de l'attention en détruisant celui des anciens médias. Il est tout à fait intéressant de voir que le déplacement du verrouillage était suggéré, il y a 10 ans dans le manuel de Shapiro et Varian (S1D16A08), Hal Varian qui est aujourd'hui Chief economist chez Google.

Quelques mots, enfin, sur la forme du discours qui est en cohérence avec les constatations précédentes, TBL semble avoir adopté le style du prêche Hi-Tech californien, dont Steve Jobs est la star inégalable (voir ici, l'introduction du iPhone) et qui n'est pas sans rappeler celui des pasteurs baptistes (p. ex ici), à la différence près que pour les gourous Hi-Tech, il n'y a pas d'enfer. La motivation est le bien de l'humanité sans la peur de la damnation. Nous sommes dans le «bien public» dans tous les sens du terme.

Cette forme n'est pas anodine, il s'agit de faire partager une utopie quasi-religieuse, ici une communion, au sens propre, des données, qu'il faut libérer pour sauver le monde. Je le dis en souriant mais sans vraie ironie. P. Flichy (, S2D41A08), parmi d'autres, a montré combien l'imaginaire était important pour l'innovation et combien il était présent dans le développement de l'internet.

Et après tout, le bien de l'humanité n'est pas une mauvaise motivation, optimiste mais peut-être angélique puisqu'elle gomme des volets importants du développement du numérique et des réseaux : les limites qui permettent justement la construction du marché, et aussi qui favorisent sa partie noire, obscure qui explose, elle aussi, le contrôle, la manipulation, l'escroquerie, le vol, le détournement, le mensonge, etc.

Par ailleurs, il y aurait bien des choses à dire sur le fait que TBL n'évoque pas le Web sémantique du moins dans ce prêche où le mot n'est pas prononcé. Passer du Web sémantique au Web des données n'est pas innocent. J'y reviendrai peut-être à l'occasion quand j'en serai à la révision de la séquence sur la redocumentatisation (ici).

Actu du 7 janvier 2010

Voir aussi l'importance de l'accessibilité des données dans cet article du NYT :

John Markoff, “A Deluge of Data Shapes a New Era in Computing,” The New York Times, Décembre 15, 2009, sec. Science, ici.

Actu du 12 mars 2010

Un an plus tard, TBL récidive avec, cette fois une démonstration par l'exemple d'utilisations, notamment sur des cartes, des données en accès libre ici.

jeudi 02 avril 2009

Formation à la gestion de l'identité numérique

Je reprends une discussion amorcée avec Martin Lessard sur un billet précédent (ici). Je signalais que nous réfléchissons à l'EBSI, dans le cadre de la nouvelle maîtrise, à la meilleure façon de former les étudiants à la gestion de leur identité. C'est en effet la moindre des choses pour des professionnels de l'information.

Sa réponse mérite d'être relayée :

La formation des étudiants à la gestion de leur identité, à mon avis, concerne 3 aspects:

  • Sensibilisation au phénomène (ou responsabilisation)
  • Création active (ou capitalisation)
  • Promotion (ou valorisation)

Cette gradation me semble souhaitable. Et la dernière est souvent un tabou chez les bibliothécaires plutôt portés à une discrétion légendaire. Sûrement avec raison.

On pourrait même ajouter un quatrième point : surveillance (ou mesure) mais il me semble transversale aux autres.

Il faut aussi bien identifier les territoires que l'on souhaite (ou que l'on est capable) de couvrir. Fred Cavazza avait défriché une partie du terrain (ici) et offert un beau panorama du territoire des médias sociaux () et je le cite particulièrement pour sa synthèse graphique.

Mais sur le point du contenu, je préfère une structure comme Documental.fr écrivait l'an passé (ici).

D'autres ont, peut-être, des expériences ou des idées sur le sujet à partager. Il me semble que cette dimension fait partie maintenant de l'Information literacy et que nous avons la responsabilité de bâtir une pédagogie adéquate.

Pour élargir :

Jean-Marc Manach, La vie privée, un problème de vieux cons ? InternetActu 12/03/09 ici.

Actu 9-04-2009 Voir aussi la suite :

Hubert Guillaud, “Vie privée : Où sont les régulateurs ? Où sont les régulations ?,” Internet Actu, Avril 6, 2009,

Actu 29-04-2009

Compte rendu d'un colloque par F Cavazza ici

Voir aussi les nombreuses références dans les commentaires.

Actu du 22 juin 2008

Concernant l'identité du chercheur, entre autres, voir aussi les ressources d'Olivier ici.

Actu du 12 août 2009

Howard Rheingold, “Identity and presentation of self | Social Media CoLab,” Présentation et Biblio du cours de Standford ici

mercredi 01 avril 2009

Structure du cours (révision)

Comme l'année dernière, je démarre une série de billets sur la révision du cours Économie du document. Je commence par sa structure, puis j'entrerai dans le détail de chaque section.

Rappel : le cours est consultable ici, son évaluation rédigée par Vincent Audette-Chapdelaine

La structure générale est bonne et a fait ses preuves, aussi bien dans le plan du cours que dans les modalités de transmission du contenu ou encore dans les contrôles (ici). Néanmoins certaines modalités peuvent être affinées. Le souci reste toujours le même : assurer la transmission la plus efficace pour les étudiants dans une économie de moyens maîtrisable par un professeur et son auxiliaire.

Forum

Il y a eu des échanges nombreux et nourris entre les étudiants, mais le statut des lieux d'échanges n'était pas toujours clair dans leur tête entre le forum fermé et les commentaires sur les billets du blogue. Il serait préférable sans doute de distinguer quatre lieux :

  • Échanges directs entre étudiants, en dehors du professeur qui peut tout au plus suggérer leur utilité. FaceBook ou toute plateforme sociale parait l'outil le plus adapté.
  • Forum sur les thématiques du cours, synonyme de la discussion en classe. Dès lors, le mieux est que la discussion soit amorcée directement dans le cours. Peut-être dans un clip vidéo très court à la fin du cours ? Mais il est indispensable de prévoir une règle du jeu : p ex deux étudiants désignés interviennent obligatoirement pour chaque session, et tous doivent intervenir au moins deux fois dans l'une ou l'autre session pour laquelle ils ne sont pas désignés.
  • Discussion sur les billets des étudiants, uniquement sur le blogue avec la même règle d'intervention.
  • Commentaire libre sur le blogue. 2 au minimum en dehors des billets d'étudiants.

Bien entendu, le professeur peut aussi répondre à des questions directes, soit sur le forum, soit par courriel au choix de l'étudiant.

Cours enregistré

La formule est intéressante par sa souplesse de réalisation, mais doit être affinée. Même si je reste sceptique face aux discours assimilant le jeu et la pédagogie, maintenant que j'ai l'expérience de l'outil il serait utile de rendre l'énonciation moins monocorde pour maintenir l'attention. On peut penser à des ruptures de ton, à un appel plus systématique à des vidéos extérieures, mais aussi à des Quizz pour vérifier que certaines notions essentielles ont bien été assimilées.

De plus, il faut inventer une méthode simple pour actualiser les parties du cours qui le méritent sans avoir à tout reprendre. Il faudra peut-être diviser le cours en éléments génériques à évolution lente (p ex tous les 3 ans) et éléments à reprendre chaque année, avec un protocole simple.

Enfin, j'étais au départ sceptique sur le clip vidéo d'introduction. Il semble pourtant apprécié des étudiants, sans doute parce qu'il a bien joué son rôle pour humaniser la relation au cours. Néanmoins, il mériterait aussi d'être un peu plus travaillé, par ex en accrochant la thématique du cours à un élément d'actualité traité par ailleurs dans un billet du blogue. Il y a là un jeu à explorer entre la vidéo sur le blogue et l'accès au cours.

Bibliographie

L'utilisation de Zotero est très efficace. La question ici est dans le choix des meilleurs textes et surtout dans leur lecture effective par les étudiants. Ceux-ci doivent sans doute être plus systématiquement articulés avec le cours enregistré, faire l'objet de question dans les quizz par exemple et sans doute de rebond dans les discussions sur le forum.

Étude de cas

Malgré quelques réticences au départ chez certains, l'étude de cas a bien fonctionné. Même si on peut, comme toujours, s'interroger sur l'inégalité des investissements dans les travaux de groupe, la reprise de questions sur le cas dans l'examen final a obligé chacun à s'y investir. Il faut peut-être simplement réviser un peu son calendrier.

Reste que la rédaction d'un cas est un lourd travail et il y a là une réelle difficulté car il est nécessaire de renouveler les problématiques et terrains. Peut-être pourrait-on imaginer, comme cela existe en gestion, une banque de cas mutualisés entre les formations francophones ?

Contrôles

Les contrôles ont très bien fonctionné alors même que c'est une des parties les plus délicates de l'enseignement à distance. En réalité, il suffit d'inventer des modalités appropriées.

mardi 31 mars 2009

Reprise et précisions éditoriales

Nous arrivons au mois d'avril et le moment est venu de reprendre le fil de ce blogue pour préparer la rentrée prochaine. Avant de se mettre au travail un rappel et quelques précisions seront utiles. Chaque blogue a sa propre ligne éditoriale, plus ou moins clairement assumée. Il est préférable de la rappeler de temps en temps.

Celui-ci est inséparable du cours sur l'économie du document, donné en ligne à l'EBSI (ici pour l'édition de l'automne 2008). Il sert à la prise de notes pour la préparation du cours, d'actualisation pour ceux qui l'auraient suivi, de près ou de loin, assidument ou par intermittence et enfin d'outil pédagogique au moment de la tenue du cours. Étant librement accessible sur le web, il peut avoir bien d'autres usages que je ne maîtrise pas, mais il me paraît sage de m'en tenir à l'objectif indiqué sans chercher à l'élargir

On y trouve donc des réflexions sur la pédagogie du cours, des éléments sur son contenu au fil des lectures et de l'actualité, une révision annuelle de chaque séquence du cours, quelques nouvelles de l'EBSI. Mais on ne trouvera pas de suivi systématique des évènements, des polémiques sur des sujets chauds ou encore des allusions à ma vie personnelle, comme souvent sur ce genre de publications.

Les commentaires sont les bienvenus dans la mesure où ils enrichissent la réflexion ou le matériel sur la thématique du cours. Et je remercie ceux qui l'ont fait avec beaucoup d'à propos jusqu'ici. Vos remarques et réactions m'ont souvent fait réfléchir et avancer. Mais les commentaires sont modérés sans état d'âme. Seuls sont conservés ceux qui me paraissent utiles. J'ai une préférence marquée pour les commentaires réellement assumés par leur auteur, c'est à dire signés sans masque de carnaval. Je sais que je suis à contrecourant sur ce point de la pratique habituelle du web, mais je préfère perdre quelques contributeurs que subir la complaisance gratuite qui teinte trop souvent les réactions des anonymes ou pseudonymes.

D'une façon générale, je ne cours pas après l'audience. Celle de ce blogue tourne actuellement entre 200 et 500 lecteurs réguliers (cad venant plus de 2 fois par semaine). Étonnamment, elle n'a pas beaucoup baissé depuis qu'il est en sommeil. Cette audience me suffit largement. Je ne suis pas sûr d'être capable d'assurer un trafic par trop supérieur avec toutes les conséquences médiatiques, pas toujours sympathiques, qui en découlent.

On peut alors s'interroger sur l'intérêt de travailler ainsi dans le ciel, à la vue potentiellement de tout un chacun. L'expérience m'a confirmé que j'en retirai un fort bénéfice :

  • travailler sans se cacher oblige à un standard de qualité ;
  • le phénomène du don-contredon marche à plein auprès de la petite, toute petite en réalité, communauté spécialisée sur ce domaine, soit directement sur ce blogue, soit par les échanges en dehors du blogue, mais souvent initiés par lui ;
  • participer à l'enrichissement de la réflexion collective, fait monter le niveau général et donc les facilités comme les exigences aussi pour son propre travail. Plus la barre est haute, plus on doit s'entraîner pour sauter, mais l'entraînement collectif est plus efficace que l'individuel ;
  • la visibilité induit une promotion pour le cours, pour l'EBSI et aussi, bien sûr, pour ma personne, aussi bien chez les étudiants de l'EBSI que plus largement ;
  • accessoirement, c'est aussi une expérimentation sur le sujet même du cours. La veille aujourd'hui passe par ce genre d'outil.

mercredi 04 mars 2009

Révision complète de la maîtrise en sciences de l'information

La maîtrise en sciences de l'information de l'EBSI a été entièrement révisée pour la rentrée 2009.

Extrait d'un article paru dans Forum, le journal de l'Université de Montréal, le 9 février 2009 :

La MSI, c'est la maitrise en sciences de l'information, qui peut conduire aux professions de bibliothécaire et d'archiviste, mais également à une panoplie de nouveaux métiers: architecte de l'information, administrateur de bases de données, édimestre, analyste stratégique, etc. En Amérique du Nord, l'EBSI est la seule école francophone à décerner ce diplôme agréé par l'American Library Association.

Pour Jean-Michel Salaün, la récente crise économique révèle à quel point les professionnels de l'information ont une mission sociale de taille. «Jusqu'à présent, ce qui dirigeait le monde, c'était la partie financière de l'économie, indique-t-il. On voit aujourd'hui qu'on est dans une impasse de ce côté-là. Est-ce que demain, ce qu'il nous faudra, ce ne sera pas justement une organisation différente de l'information, la mise en relation des connaissances, l'innovation en général?» C'est avec cette philosophie, calquée sur celle des information-schools américaines, que l'EBSI a procédé à la révision complète de son programme phare.

Le nouveau programme compte dorénavant 51 crédits (un cours de 45 heures équivaut à 3 crédits) au lieu de 54 et s’articule dans une structure beaucoup plus souple. Ainsi, les cours obligatoires du tronc commun passent de 9 à 6 et les options de l'orientation professionnelle sont abolies. Un étudiant pourra maintenant suivre 9 cours supplémentaires (au lieu de 3) qu’il puisera dans la banque de cours disponibles et définir ainsi lui-même son propre profil d’étude.

Le nouveau programme comprend trois orientations : une orientation professionnelle qui réunit traditionnellement la très grande majorité des étudiants, une orientation internationale (un an d'échange avec HEG-ID à Genève sur un programme de gestion) et une orientation recherche (mémoire). La description du nouveau programme est accessible ici.

Suite à la révision à laquelle l'ensemble du département a activement participé, nous avons créé 9 cours, apporté des modifications majeures à 7 cours, des modifications mineures à 25 cours et nous en avons aboli 12. Enfin, 20 cours n’ont subi aucun changement. On trouvera ici la présentation de l'ensemble des cours proposés. Les horaires des sessions d'automne 2009 et d'hiver 2010 sont aussi consultables (ici et , les cours de maîtrise sont ceux siglés SCI). Attention ces horaires peuvent encore subir des modifications consécutives au budget ou aux disponibilités des chargés de cours.

Les demandes d'inscriptions sont ouvertes. Attention, la dernière limite est le 1er mai pour des dossiers reçus complets et le programme étant contingenté, il est prudent de ne pas attendre pour enregistrer son dossier. On trouvera ici les modalités à suivre. J'attire l'attention des candidats français éventuellement intéressés sur la tarification particulière à laquelle ils ont droit. L'Université de Montréal facture pour les Français des frais d'incription similaires à ceux des Québécois. Cela est certes plus couteux qu'une université de l'Hexagone, mais sans concurrence avec le moindre établissement nord-américain.

Enfin je signale que le premier cours optionnel de la nouvelle maîtrise se tiendra dans nos locaux cet été du 13 au 24 juillet. Il s'agit du cours de Bruno Bachimont sur les Archives audiovisuelles et numériques, réalisé en collaboration avec l'Institut National de l'Audiovisuel en France. On en trouvera un avant gout grâce aux clips enregistrés l'année dernière (ici).

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